‹ Nouveau manuel complet du verrierChapitre 48 sur 194 · AVENTURINE A BASE DE CHROME · texte numérisé non relu

AVENTURINE A BASE DE CHROME

M. Pelouze a découvert, en 1865, qu'on pouvait préparera l'aide du bichromate de potasse une aventurine verte d'un très bel aspect, dans laquelle les paillettes sont des cristaux extrêmement brillants de sesquioxyde de chrome.

On sait que le sesquioxyde de chrome communique une couleur verte aux fondants et particulièrement au verre. Le bichromate de potasse jouit de la même propriété, ce qui doit être, puisqu'il se décompose par la chaleur en oxyde de chrome et en chromate neutre de potasse. Ce dernier sel est à son tour décomposé par la silice, d'où résultent de l'oxygène, du silicate de potasse et de l'oxyde de chrome.

Ainsi, en présence de la silice, tout l'acide chro-

(1) Henrivaui. — Le Verre.

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mique du bichromate alcalin passe à Tétat d oxyde de chrome qui reste dans le verre.

Si la proportion du sel est petite, le verre est transparent, d'une homogénéité parfaite et d'une couleur verte légèrement jaunâtre.

Si elle est plus forte, dans une certaine mesure, on trouve dans le verre des paillettes de sesquioxyde de chrome.

Les essais de M. Pelou:ie ont été pratiqués avec les dosages suivants, qui ont toujours été les mêmes, la proportion de chromate seule étant variable :

Sable STi

C^trbonate de soude 100

Spath calcaire 50

Bichromite de potasse 10 à aO

Premier essai, — Avec 10 grammes de bichromate, le verre fond, s'affine et se recuit bien. Il est homogène, transparent et d'une couleur verte légèrement jaunâtre.

Deuxiê-me essaL — Avec 20 grammes de bichromate, le verre se travaille et se recuit avec la même facilité que le précédent ; sa couleur est d'un vert très foncé ; on distingue facilement des petites paillettes de sesquioxyde de chrome.

Troisième essai. — Avec 40 grammes de bichromate, la fonte est sensiblement plus difficile. Le verre est rempli de cristaux extrêmement brillants.

Quatrième essai. — Avec 50 grammes de bichromate, la fusion est extrêmement ditlicile. Le verre est rempli d'une masse confuse de paillettes, et n'a plus 1 éclat et la beauté du précédent.

Il résulte de ce qui précède que le meilleur dosage,

138 PIERRES PRFyjEUSES ARTIFICIELLES

pour là préparation de Taventurine de chrome, est le suivant :

Sable 250

Carbonate de sou do 100

Carbonate de chaux 50

Bichromate de potasse 40

Le verre qui en résulte contient 6 à 7 pour 100 d'oxyde de chrome dont la moitié à peu près est combinée avec le verre et l'autre moitié reste à Tétat de liberté, sous forme de cristaux ou paillettes brillantes.

L'aventurine verte se prépare avec l)eaucoup plus de facilité que celle de Venise. Elle existe pendant la fusion du verre, tandis que cette dernière ne se forme que pendant le recuit.

Si Ton veut que les paillettes d'oxyde de chrome soient bien réparties dans l'aventurine, on doit la couler en plaques minces, car les cristaux ont tendance à se séparer de la masse et à se rassembler à la surface.

L'aventurine au chrome jette des éclats de lumière au soleil et dans les lieux fortement éclairés ; sous ce rapport, elle ne le cède qu'au diamant. Elle est plus dure surtout que l'aventurine de Venise, et sous ce dernier rapport dune plus grande valeur.

Au milieu des irrégularités que présentent dans leurs contours les paillettes disséminées dans l'aventurine au chrome. M, Daubrée y a reconnu avec certitude la forme de Vhexagone régulier^ forme appartenant au système cristallin du sesquioyyde de chrome.

Ces paillettes ont d'ailleurs la plus grande ressem-

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Le mélan^çe suivrait pemeî t' Miî»*iir me -r;:-' î^prase vert pomme 'STmaiiiiîîiie. i in i«in -îf-'

CrisiaL de cn«:iieL ........ *

Cariwoace (b* -Hiude <<«!«'. . . . ^'

Borax calirine.. . ^

Uininin. '

Salpêtre- ........ . ^

O* ealcHifi* in bkuiir- . -*• Carboiate verr i^ «tuiv^^ . . jiZ

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CarbcMHte de danam ....... . «^

Ce mélange dtxine une ■îh.^v-H.çrirîe '«.rir'^^t. T.;L:^ on obtient one couleur nt'i^ ! .1 j- i^**: r : .-l"^ î"^ trois derniers 03tyde» m»^u.L«: ir** p^'jt i.l-l*^ j-^ 'li-^Ti*^ proportions, de sorte qu' mtl pe^.: :,.?«-•: jL?»t- ^':e V». **■ de nuances.

%TI. DLUIA>T

De toutes les pierres pr»^rieu*e^ ^e lijic: i:.' «etî: ..* plus estimée. L'Inde est le premier i-irti •.•- ^ a. *c^jc trouvé; on le rencontrvî pKn.:i^Lrm«efit •îa/i* i-r-ï royaumes de Golconde et de Vi*ap«>»ir. dir** 1.* ♦il*' trict de Serra-do-Frio, au Brésil, au Ben^itr. etc. l^

140 PIERRES PRKCIEirSES ARTIFICIELLES

diamants existent toujours dans des terrains de transport, ordinairement composés de substances terreuses et de cailloux quartzeux roulés, ayant pour ciment un mélange argilo-ferrugineux et quartzeux.

Le diamant est incolore ; on en trouve cependant de colorés en bleu, brun, jaune, gris, noir, rouge et vert ; ces deux dernier.=i sont très rares. Sa forme primitive est l'octaèdre, et sa molécule intégrante le tétraèdre régulier. Il se présente en morceaux roulés et sous plus de quinze formes cristallines diflTérentes qui constituent autant de variétés.

Le diamant est le plus dur de tous les corps ; les faces naturelles possèdent cette propriété à un degré plus élevé que les faces taillées; on ne peut l'user qu'avec sa poussière. Lorsqu'il est ainsi taillé, il décompose les rayons solaires, et offre un jeu agréable de couleurs irisées. Il a cet éclat vif qui lui est propre ; sa cassure est lamelleuse, les fragments ont la forme de l'octaèdre ou du tétraèdre ; il raie tous les corps connus, développe l'électricité positive par le frottement, tandis que le quartz produit la négative ; par son exposition au soleil, il devient phosphorescent : son poids spécifique est de 3,4 à 3,6.

C'est le plus transparent de tous les corps, celui qui réfracte le plus fortement la lumière.

L'opération de la taille du diamant est récente ; elle ne remonte qu'au xv« siècle. Pour l'effectuer, on le dégrossit en frottant deux morceaux l'un contre l'autre ; la poussière qui se dégage est recueillie soigneusement et sort à tailler des diamants de choix. Une fois qu'on s'est procuré le diamant dégrossi, on achève de lui donner la forme et le poli qu'il doit avoir ; pour obtenir ce résultat, on le fixe avec de

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rétain dans une griffe en cuivre et on Tuse sur une plaque d'acier saupoudrée de poussière de diamant, et animée d'un mouvement de rotation très rapide. Les diamants de rebut qu'il serait impossible de tailler sont pulvérisés dans un mortier d'acier et leur poussière est utilisée pour la taille des diamants de choix.

On taille les diamants soit en rose, soit en brillanl. Dans la rose, le dessous du diamant est plat, le dessus s'élève en dôme taillé à facettes au nombre de vingt-quatre.

Dans le brillant, le pourtour de la table offre huit pans partagés en faces triangulaires ou losangées. Cette partie comprend le tiers du diamant. Le dessous ou la culasse, formée des deux autres tiers, se compose de facettes symétriques, qui correspondent à celles de la partie supérieure.

On imite le diamant à l'aide du strass incolore (voir page 127).

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