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PROCÉDÉS DE PEINTURE SUR VERBE

cas, les enlevages se pratiquent d'une autre manière. Le dessin devant être pur et correct, on substitue aux pinceaux durs des grattoirs en bois de différentes formes. La couleur sur laquelle on opère n'a rien de spécial : c'est un émail quelconque broyé à l'essence épaissie.

Enfin, la peinture sur verre autorise tous les artifices possibles dans le but de diminuer les difficultés ou d'arriver à des résultats qu'on n'obtiendrait pas autrement. Par exemple, on peint quelquefois des deux côtés du verre, pour se soustraire aux inconvénients de la superposition des couleurs. On agit de même dans l'emploi du jaune d'argent, parce que les substances qui le produisent ne peuvent être mises en rapport direct avec les émaux colorants. C'est ainsi qu'on obtient une coloration verte en développant une teinte jaune au revers d'un verre bleu, peint de l'autre côté. On suit la même marche pour donnerauxbruns-rouges de fer un éclat et une fraîcheur remarquables, en colorant en jaune le côté opposé.

Quel que soit le procédé que l'on suive, l'emploi des couleurs doit encore se faire dans certaines conditions. Il faut s'attacher à faire le moins possible de mélanges. A la température où ils sont portés dans la cuisson, les émaux tendent à se détruire mutuellement, pour former des combinaisons nouvelles. En évitant de les mélanger, on obtient des couleurs plus pures, moins fugaces, et d'un succès plus assuré. Au lieu de les mêler, il est préférable de les couvrir l'un par l'autre. Ainsi, pour produire un effet semblable à celui qui résulterait du jaune d'oére et du rouge de fer, on applique d'abord le jaune, et l'on glace avec le rouge.

Il importe aussi beaucoup de n'appHquep les émaux qu'en couches aussi minces que possible. Il y a plusieurs raisons à l'appui de cette ppescription. D'abord quand les couleurs sont appliquées en grande épaisseur, les substances adhésives qui s'y trouvent forment une masse qui conserve moins de souplesse et de flexibilité. Les mouvements de dilatation que subit le verre dans les changements de température, n'étant pas partagés par la peinture, finissent par vaincre l'adhésion des couleurs et les détacher de la surface du verre. C'est ce qui a lieu surtout lorsque des couches alternatives de couleur à Teau et à Tessence sont superposées Tune à l'autre, car Thétérogénéité des substances qui les fixent favorise encore ce résultat. Il suffit quelquefois de la simple dessiccation pour produire cet accident par l'inégalité de contraction de ces matières.

D'autre part, en séchant sur le verre, les couleurs à l'eau perdent leur eau, mais conservent le sucre qu'elles renferment; celles à l'essence abandonnent la partie volatile de ce liquide, tandis que l'essence grasse qui s'y trouve, ayant perdu la faculté de se réduire en vapeur, reste sur le verre. Il résulte de cela, qu'à la cuisson, ces substances entrent en combustion et laissent une certaine quantité de carbone interposé dans les émaux. Ce corps réagit sur certains composés, tels que les oxydes de fer et de plomb, qu'il noircit en leur enlevant de l'oxygène; et cela d'autant mieux que le carbone protégé par l'épaisseur de la couleur résiste plus longtemps à la combustion. Cette circonstance est au moins très importante à observer pour la coloration des chairs. Le dernier accident que nous venons de signaler

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D'aanit pss liea, si l'on employait U^ujours ooninio matière adbésive une substance solide, parfaiteineut volatile à une certaine température, comme le camphre, ou qui ne contint pas de carbone, comme le borax. Mais la première est encore à trouver, et la seconde ne serait pas toujours d'un usage conmuuie. Néanmoins il résnlte de ce que nous venons d exposer, que parmi les substances capables de faire adbérer la peinture sur verre, on doit pinHinvr celles dont la combustion laisse le moins de cju'httne et qui, en même temps, conservent une certaine ducti- Hté qui prévienne l'accident des gerçures et du grippage. Peut-être, sous ces deux rap{K)rts, fei*ait-on bon usage de la cire, dont une partie se volntiliso par la cbaleur, et qui, d'ailleurs, jouit d'une grande flexibilité. Il ne faudrait pour celn, (|ue la dissoudre dans l'essence de térébenthine.

Il serait puéril de décrire les diverses pratiques purement artistiques qui trouvent ici leur npplicution : c'est pourquoi nous nous en tiendrons aux spécialités. La peinture sur verre 8'exi'»cute toujours d'après des tableaux peints à Thuile ou dus dt^ssinH originaux composés exprès, et que l'on nomme rar^ tons. On lève sur le modèle, au moyen do pnpier transparent, un calque qui sert à reproduire le (Îchsin sur le verre. Pour cela, on applique ce dernier sur le calque étalé sur une table. Sa translucidité permet ainsi de suivre aisément les contours et les ombres du modèle ; mais si le verre est fortenunit coloré, et qu'il manque de transparence, on est obligé d'avoir recours au poncif : c'est une sorte de calque dont le dessin est mis à jour par de nombreux trous d'épingles, rapprochés les uns des autres. Au

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moyen d'un sachet de poudre de charbon que Ton agite en heurtant le papier disposé sur le verre, on obtient un tracé du dessin, suffisamment indiqué. 11 est utile, pour commencer, de dessiner son sujet à Tencre de Chine. La raison en est qu'on peut le corriger et le modifier comme on le juge à propos, afin de peindre ensuite avec plus de sécurité. En effet, les corrections faites après l'application des émaux, apportent toujours de l'inégalité et de l'imperfection dans le travail : ajoutez à cela qu'elles sont alors beaucoup plus difficiles. Du reste, pour peindre sur verre, on prend les mêmes dispositions que pour peindre sur toile. On se sert du chevalet aussi bien que de l'appuie-main. Le chevalet est d'une structure spéciale que nous décrirons plus loin. Les pièces qu'on y place doivent être consolidées avec une cire ductile et adhésive, préparée pour cet usage. En outre, pour mettre à profit la transparence du verre, le peintre place son tableau entre lui et la lumière directe. Il peut ainsi tout d'abord juger de l'effet de son travail.

Lorsqu'on veut dessiner au trait sur le verre, avec un émail, on emploie le pinceau ou la plume d'oie. La couleur qui conyient à l'usage de la plume est celle préparée à l'eau. La couleur à l'essence que l'on préfère pour les à-plats, parce qu'elle s'étend plus également au pinceau, ne se prête pas si bien à l'emploi de la plume, et ne prend pas si facilement sur le verre ; on en fait cependant un fréquent usage. Beaucoup de sucre rend le dessin plus facile. Il est néanmoins nécessaire d'en déterminer les doses. 30 centigrammes de sucre pour 4 grammes de couleur, suffiraient pour la faire adhérer assez

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