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PROCÉDÉS DE PEINTURE SUR VERRE S

lieu de ce pupitre en verre, se servent, mais avec moins d'avantage, d'un cadre en bois qu'on étend à volonté et qu'on arrête à une grandeur déterminée par de» vis ; c'est ce cadre qui présente devant l'artiste et à sa main la feuille de verre à peindre, qu'on a introduite dans ses feuillures.

L'huile essentielle la plus convenable pour la peinture sur verre est l'essence de térébenthine rectifiée qu'on a laissée un peu épaissir par le repos et à laquelle on ajoute un peu d'essence de lavande. Ce mélange donne d'un coté aux couleurs la fluidité nécessaire, et de l'autre s'oppose à une trop prompte dessiccation ou à l'épaississement de celles-ci sur la palette. La palette consiste en un disque épais de glace dépoli au moyen du sable fin et d'une molette en verre.

Avant de les mélanger avec l'essence et de les charger, les couleurs qui exigent un fondant doivent être préalablement broyées finement à l'eau avec celui-ci, puis séchées, à moins que la formule ou recette ne prescrive des manipulations différentes. Les fondus, c'est-à-dire les couleurs où l'oxyde se trouve déjà fondu et vitrifié avec le fondant, et qui forment déjà des verres translucides, tels que les couleurs que fournissent le cuivre et le cobalt, n'ont besoin, avant d'être chargées, que d'être réduites en poudre grossière, car plus on les broierait finement plus elles deviendraient opaques et imparfaites à la cuisson. Quant aux couleurs qui n'admettent pas de fondant, ou qui peuvent être chargées associées à on véhicule terreux, comme les jaunes et les rougeàtres qu'on tire de l'argent, elles constituent une exception absolue relativement à l'gsage de Tes-

sence, et se chargent après avoir été réduites avec de l'eau en une bouillie épaisse.

La première de ces trois espèces de couleurs exige rigoureusement qu'on charge en couleur mince ; la deuxième et la troisième, au contraire, en couche épaisse et en empâtant. Pour toutes trois, c'est de l'épaisseur ou de la ténuité de la couche suivant laquelle on les charge sur le verre que dépend la transparence plus ou moins grande ou le ton saturé de la couleur.

Le chargement des fondus présente plus de difficultés que celui des autres couleurs de la peinture sur verre. Ces dernières, en effet, s'appliquent tout simplement avec un pinceau comme dans la peinture ordinaire, en faisant seulement attention de charger aussi également que possible, ce à quoi on ne parvient, pour les surfaces de quelque étendue, qu'en faisant usage du gros pinceau. 11 n'y a, ainsi qu'il a été dit, que les couleurs fournies par l'argent qu'on traite autrement et qui doivent être chargées sur le verre au moins do l'épaisseur du dos d'une lame de couteau. Dans tous les cas, les fondus se chargent sur la surface du vitrail à l'état de masse visqueuse, assez molle pour couler et s'étendre, mais d'une consistance suffisante pour bien couvrir le verre. Cette opération s'exécute en portant sur le carreau de verre la couleur par petites portions avec le pinceau ou une petite cuillère, en la conduisant sur la surface avec les o:tils, et en penchant le carreau de différents côtés pour la faire couler dans les limites des traits marqués sur l'esquisse, f.orsqu'on se propose d'obtenir un ton foncé avec les couleurs chargées de cette manière, dans quelque point du carreau de

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verre, il convient de pencher pendant plus longtemps celui-ci dans la direction du point, afin que le fondu puisse, avec la dessiccation, s'y accumuler sous une plus forte épaisseur. C'est également par ce moyen qu'on obtient des modifications variées dans les nuances d'un seul et même fondu.

Les autres principes relatifs au chargement des couleurs, dépendent plus ou moins des différentes manières au moyen desquelles on peint sur verre ; on en connaît trois principales :

Dans l'une, on peint tout le tableau d'un côté du verre suivant ses contours et ses ombres en couleurs noires, brunes ou grises, et de l'autre côté on donne l'enluminage dans certains points avec les couleurs convenables.

Dans l'autre, on procède en peinture sur verre d'après les mêmes procédés que pour la peinture à l'huile, et comme si on faisait un tableau ordinaire.

Enfin dans la troisième, qui est celle qu'on pratique le plus communément, on réunit les deux manières, c'est-à-dire qu'on applique séparément chacune d'elles dans divers points et suivant l'exigence des elfets qu'on veut obtenir.

Ces trois manières ont des principes communs qu'on peut résumer ainsi :

1° Les ombres et les traits portés en couleurs foncées, ainsi que ce qu'on appelle les couleurs nuancées, sont placés presque constamment sur la face antérieure du verre, c'est-à-dire celle tournée du côté du spectateur ;

2<* Tous les enluminages et les fondus, surtout les teintes principales, sont rejetés sur la face postérieure ;

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3° Les demi-teintes, les dégradations, les transitions, s'appliquent communément sur la face antérieure, mais parfois nécessairement aussi sur la face postérieure, principalement quand elles alternent sur le fond, attendu qu'il serait impossible de les charger ainsi l'une à côté de l'autre sur un même côté sans qu'elles coulassent l'une dans l'autre et sans produire des teintes différentes et manquées ;

4° Les couleurs jaunes et rougeâtres que fournit l'argent se placent constamment sur la face postérieure ;

5° Dans quelques cas on charge les deux faces dans des points correspondants pour que leur mélange produise, par transparence, des nuances particulières ; c'est ainsi qu'on se procure une teinte écarlate magnifique, en plaçant du pourpre d'un côté et du jaune de l'autre. De même, du bleu et du jaune fournissent, d'après leurs intensités respectives, différentes nuances de vert. Cette dernière couleur, dégradée à son tour par du bleu placé du côté opposé, donné des lointains parfaits, etc., etc. C'est également par des mélanges de couleurs différentes qu*on obtient les demi-teintes les plus variées, et qu'à cet égard le peintre sur verre possède autant de ressources que le peintre à l'huile ;

6° Afin de pouvoir nuancer les couleurs et en élever le ton sur une feuille déjà peinte, par exemple dans les endroits qui ont reçu les traits et les ombres, on fait sécher à une chaleur douce et égale pour éviter la rupture du carreau de verre, puis on peint de nouveau dessus dès qu'elle est refroidie. Ou bien on met les couleurs sombres qui ont été chargées les premières, et autant que possible, en même temps

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