PROCÉDÉS 0E PEINTURE SUR TERRE
que celles-ci, les teintes jaunes qui peuvent se trouver dans le tableau, et on peut ensuite sans crainte peindre une seconde fois sur les couleurs ainsi fixées ;
7* Toutefois, les couleurs jaunes qui ne renferment pas de fondant, afin qu'après la cuisson on puisse enlever le résidu de leur véhicule ou Targile ferrugineuse, ne sauraient être portées sur une autre couleur et surtout sur les ombres avant que celles-ci ne soient cuites. Elles paraissent même exiger toujours un fond nettoyé avec le plus grand soin ; indépendamment de cela elles s'uniraient avec le fondant des couleurs sous-jacentes, y fixeraient leur résidu, et par conséquent leur enlèveraient leur transparence et leur beauté ;
8*» Il convient de donner à toutes les couleurs une nuance un peu .plus foncée qu'on ne le ferait dans tout autre genre de peinture, parce qu'elles perdent une partie de leur teinte à la cuisson ;
9*» Si une couleur a dépassé les traits qui devaient lui servir de limites, on enlève le surplus, après la dessiccation avec le couteau. C'est aussi en enlevant le fond avec le grattoir, sorte de couteau en bois d'un grain fin, pointu par un bout et plat par l'autre, qu'on parvient à produire les effets de lumière les plus brillants ;
iù° Quand les couleurs, après la dessiccation du tableau, ne sont pas parfaitement mates et sèches, mais brillantes et grasses, cet effet dépend d'un mauvais emploi ou d'un abus de l'essence, toujours nuisible à la beauté des couleurs lors de la cuisson ;
11° Il n'est pas nécessaire ni même prudent, après avoir chargé les couleurs, de les laisser sécher pen-
dant plus d'un jour, et on fera bien de procéder à la cuisson aussitôt après cette période écoulée ;
12<» Enfin, pendant le travail, il faut veiller avec le plus grand soin à ce que le pinceau et la palette soient d'une propreté parfaite ; garantir le tableau de la poussière, etc. Par conséquent, on doit éviter de peindre dans un atelier ou de cuire dans un local où il se dégage des vapeurs, des poussières, etc.
Relativement à la peinture exécutée avec des verres teints dans la masse, ou mieux, celle faite partie avec ces verres et partie avec ceux peints à la jfnain, on peut lui appliquer les principes généraux précédents pour le cliargement des couleurs à leur surface.
PEINTURE KOSAÏQUE
La peinture mosaïque sur verre exige deux cartons. L'un sert de modèle et d'exemple au peintre, et est par conséquent coloré et terminé. Il donne en même temps les formes et les subdivisions des morceaux de verre, ainsi que la couleur qu'ils doivent avoir, et la place des plombs suivant les contours du dessin. A cet effet chaque morceau porte un numéro d'ordre qui lui est propre. L'autre carton dont le dessin ne porte seulement que les contours en noir des plombs, et dont les diverses divisions portent les mêmes numéros que le premier, est découpé suivant ces contours, et les morceaux, rognés tout autour de la demi-épaisseur des plombs, sont ensuite peints et servent de patrons pour découler les morceaux de verre blanc ou coloré.
La valeur des vitraux dépendant de deux choses, premiôrement du mérite d@s cartons, secondement
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Taptiste donne au peintre-vitrier une rédaction de sa verrière où il marque les couleurs qu'il doit assigner aux draperies, aux têtes, etc. C'est d'après ces données que l'on assortit les verres de couleur teints dans la masse. Il faut éviter généralement les tons très foncés qui feraient trou dans le vitrail. Gala fait, on passe à la coupe du verre.
Le découpage du verre s'opère, soit au moyen du diamant, soit avec le gresoir ou grugeoir, ou bien on détermine dans le verre une petite fissure qu*on conduit ensuite dans la direction voulue au moyen d'un charbon brûlant ou d'un fer rouge.
Espèce de verre. — On emploie actuellement, dans la peinture sur verre ou plutôt dans la fabrication des verrières, deux sortes de verres : les uns peints dans la masse, composés d'une ou plusieurs couches, ce qui permet les enlevages et facilite l'application du jaune au pinceau ; les autres blancs verdâtres, sur lesquels on superpose une couche de verre coloré par les procédés analogues à ceux de la peinture en émail.
Au moyen des verres de fabrique à deux couches, tels que ceux qui sont rouges ou bleus d'un côté, et blancs de l'autre, on peut produire des tons variés, en enlevant, par le frottement avec de Témeri, une épaisseur plus ou moins considérable de la couche colorée, dans les limites des traits du dessin. Ou bien on use cette couche colorée jusqu'à celle qui est blanche, ce qui produit des ornements colorés sur fond blanc ; on se sert particulièrement du dernier moyen, pour représenter des étoffes damassées. On peut encore ainsi peindre en couleur quelconque le côté opposé, dans les eQclroits (}u verre ainsi usés
ou pBfOT ^•viicr 'aiiïiioi et- Tijusiru:**' iDfr*rMii.\ àf vemf ^ smtoir: i<i?^Diif r-^ri*' mir^f- rônieur ^.ui. d'a^^ 1** exisences- au taîiieau, S( pari iiifl'^ «Ans
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La. mise eo plomb est ordîoairenient contî^n^ à un vitrier.
m. crissoN de la pelntire
Lorsque le verre est peiat, il reste encore î\ lui faire subir une température capable de faire foiuUv les émaux de manière à ce qu'ils fassent corps cl s'identifient avec lui. Pour cela, on dispose les feuilles de verre dans une sorte de caisse en term iV»fruotaire appelée moufle^ placée dans un fourneau, et Ton chauffe jusqu'à ce que les émaux soient en fusion.
Le fourneau est constitué par quntre murs eu briques, formant une enceinte divisée en trois partie» :
la supérieure renferme le moufle ; elle est ouverte sur le devant pour introduire le verre et le retirer; cette ouverture doit être murée après chaque enfournement ; la partie moyenne est le foyer ; Tinférieure est le cendrier. Une grille de fonte sépare le foyer du cendrier : elle est formée de barreaux fondus séparément, pour faciliter les réparations ; on les place simplement l'un à côté de l'autre. Des arceaux, au nombre de deux ou trois, placés transversalement à égale distance l'un de l'autre, en haut du foyer, servent à supporter le moufle. La voûte, en terre cuite, est percée de trous pour donner issue à la flamme et aux produits de la combustion. Le moufle off*re une large ouverture à sa partie antérieure pour le passage du verre, et une autre circulaire, peu étendue, placée à la voûte pour la sortie des gaz qui se développent dans l'intérieur. La porte qui clôt la grande ouverture présente ordinairement, vers son milieu, une sorte de conduit par lequel on introduit les pièces d'essai ou le pyromètre, et qui permet en même temps de surveiller la température. Nous préférons deux ouvertures disposées comme on le verra tout à l'heure.
Disposition du verre dans le moufle et conduite du feu, — Gomme les émaux doivent être mis en fusion, les feuilles de verre ne sauraient être superposées l'une à l'autre, en contact immédiat, sans se coller ensemble; c'est pourquoi on les dispose par couches isolées l'une de l'autre, au moyen de tablettes en terre réfractaire, ou en lave d'Auvergne, ou en fonte de fer, placées horizontalement et parallèlement, de manière à laisser entre elles un petit intervalle. Elles sont tenues écartées l'une de l'autre par de petits
parallétîpîpèdes eu terw «mi-j» p'i.»»rs a'iA •î^*:?^ coîos. D'antres foc*, oo !•?« ipo lîe >C7 j*?^ î^ii^fse^ en fer, ao nombre de •i«?Ti\ >: ,• .-^ fc:»::^ lar >«e, l'une à one e-\tr«n'*.é. rirjtn? à Tai^r»?. «h: l\^-r^ par les boots dans les cri?fiiarlfr>?î* p .ii>e* ï ^acus d-e* angles da moufle: iiai> 'e pr»?r.i:«?r s- y^a est pr*?fêrable.
Avant d>ofo«mer \f T^rr^. il t-<t Q^v<s:^:rv de recoovTÎr les tablettes d'ane «-M'jche de b!an«.* d^Es^ pa§pne simplement délayé à l'ean, dan? !e but dVnipécher le verre, qui p.yjrra:t ^ raan. îlir au feu, d'adhérer à leur surfaee. <.>n les fait ï^^her avet» s^nn, puis on y dispose les feuiîîes de verre peint Tum» à côté de l'autre, mais sans qu'elles se touchent, en laissant à chaque an^e des tablettes une place libre pour les petits supprirCs d«»nt nous avons parlé. Quand le moufle est rempli, on !e clnt hermétiquement, en lutant sa porte avec de Tar^ile réfraetaire, et l'on mure avec des briques la partie antérieure du fourneau. Ainsi renfermé, le verre peut être chauffé sans que les émaux soient exposés à l'action de la flamme et des vapeurs du foyer.
Il est bon d'observer que pour présenter toute sécurité et mieux assurer le succès des opérations, il faut, quand un moufle sert pour la première fois, ou quand il a été longtemps sans servir, le préparer à ce service, en le portant jusqu'à un point voisin du rouge blanc, exactement comme s'il était chargé de verre, puis, après que le feu est tombé, en le laissant lentement refroidir dans le fourneau. Lorsqu'il est complètement refroidi, il est propre alors au service particulier auquel on le destine.
Le fourneau doit être chauffé avec du bois, parce Verrier, Tome II. 13
que l'échaiiffemeat du moufle se fait moins par le rayonnement du foyer que par le contact de la flamme. On doit donc préférer le bois qui donne une flamme longue et claire, tel que le tremble, le bouleau, le peuplier, amenés à l'état de dessiccation aussi complète que possible. Le feu doit être conduit lentement, de manière que le moufle puisse arriver au même point de température dans toutes ses parties. Il faut pour cela donner le temps au calorique de se propager. Si on agissait autrement, quand le verre placé au centre du moufle aurait acquis une température convenable, celui qui serait plus rapproché des parois aurait supporté un degré de chaleur capable non seulement d'altérer les émaux, mais encore de faire fondre le verre lui-même. Pour échapper sûrement à cet accident, il faut procéder de la manière suivante : après avoir, dès le commencement, entretenu le feu avec modération, dès que le moufle proprement dit est porté au rouge vif. il faut suspendre le feu. La chaleur se propage à l'intérieur, et le moufle revient au rouge sombre. On ranime alors le feu, et dès qu'il est revenu au rouge vif, on le modère de nouveau. On continue ainsi jusqu'à ce que le centre du moufle soit à la température qu'on désire : par ce moyen, il ne peut jamais arriver que l'extérieur soit porté à une température trop élevée, sans que l'intérieur soit convenablement échauffé.
La température voulue est ordinairement le rouge ceiise modéré. On l'apprécie en appliquant l'œil aux différentes ouvertures du moufle. Toutefois, les observations que l'on fait par la simple inspectioQ du moufle sont sujettes à erreur, parce qu'on n'est pas