II. VERRE DE CRYOLITHE
On préfère aujourd'hui, à Témail préparé au moyen du phosphate de chaux, celui qu'on obtient à l'aide du spath-fluor (fluorure de calcium), ou de la cryolithe (fluorure double de sodium et d'aluminium). C^e nouveau produit est d'un prix moins élevé et d'une meilleure qualité au point de vue optique que le verre opale au phosphate de chaux.
D'après Williams, on obtient le verre de cryolithe en fondant le mélange suivant :
Silice 100
Cryolithe 35à3ti
Oxyde de zinc 12 k 14
Weinrcb donne l'analyse d'un verre de cryolithe autrichien :
Acide silicique 78
Alumine 3,12
Oxyde de fer traces.
Protoxyde de manganèse traces.
Chaux'. 3,87
Soude 9,46
Potasse 4,35
Fluor 3,77
La composition vitrifiable devait renfermer d'après le calcul :
VERUR DE CRYOLITHE 2 H
SiO« 100
(Al^FieCNaFl) 15,91
Na^CO» 8,12
GaC03 8,55
Ce calcul de la composition, d'après l'analy&e, n'est qu'approximatif, parce que, à la température du four de fusion, une partie des alcalis se volatilise. Pour décider la question de savoir quel est l'élément de la cryolithe qui produit l'opacité du verre, on dut eflectuer des expériences synthétiques, desquelles il résulta que le fluor et l'aluminium sont nécessaires pour la formation du verre de cryolithe. Il se forme probablement du fluorure d'aluminium, qui se dissout dans le verre fondu et qui, lors du refroidissement de ce* dernier, se sépare, comme le phosphate de chaux, dans un état de division extrême et rend le verre laiteux (i).
M, Henrivaux a fait quelques essais de verres opaques en employant la cryolithe et il a obtenu de bons résultats, même en mélangeant simplement la cryolithe au sable.
« Si l'on mélange une partie de cryolithe avec i , 2, 3 parties de sable, on obtient des produits identiques entre eux comme aspect et comme propriétés ; avec i et 5 parties de sable, les produits obtenus ont la même teinte et le même aspect laiteux, mais l'apparence est plus vitreuse; en un mot, ces deux séries de produits présentent l'aspect du verre, tandis que les séries 1, 2, 3 ont plutôt l'aspect de marbre parfaitement poli. Quant aux autres propriétés, dureté,
(1) Wagner et Fischer, Dictionnaire de Chimie induttrielle. Verrier. Tome II.
ténacité, elles augmentent avec la proporJ;ioa de sable entrant dans les mélanges ; quant à la fusibilité de ces mêmes mélanges, cette propriété diminue proportionnellement à la quantité de sable qui les compose.
. a La recuisson de ces produits est assez délicate, et exige une température assez forte. Lorsque Ton retire du feu un creuset plein de ces matières en fusion, le verre tapissant les parois supérieures du creuset, — où il est déposé en couches minces, — présente çà et là quelques rares filets diaphanes ; il en est de même si on coule ces mélanges en couches très minces : le même phénomène se présente sur les cassures nouvelles de ces couches. Suivant nous, ce phénomène est dû au refroidissement trop rapide de ces surfaces minces, qui n'ont pas le temps de perdre leur diaphanéité en se dévitrifiant. » (lienrivaux.)