GÉNÉRALITÉS SUR LA PRÉPARATION DES ÉMAUX
La préparation des émaux, qui comprend une foule de particularités pour chacun d'eux, se résume cependant en deux modes généraux, suivant qu'ils sont colorés par mélange ou par combinaison.
Dans le premier cas, on fait choix, comme nous l'avons dit, d'un fondant riche en base, et, dans le même but, on fait en sorte que l'oxyde colorant soit le moins longtemps possible en contact avec le fondant en fusion. A cet effet, on ne les mêle ensemble
que parla porphyrisation, et le mélange n'est chauffé que quand il est mis en œuvre sur le verre : encore n'y fait-on entrer que la quantité de fondant strictement nécessaire pour que l'émail ait du corps, soit lisse et glacé après la cuisson.
Dans le deuxième cas, 1** il faut choisir un émail cil les acides dominent autant que possible ; 2° il est nécessaire, en outre, de les fondre préalablement ensemble à une forte chaleur, pour faciliter la réaction ; 3° il faut aussi que le fondant y soit en aussi grande quantité que possible, sans nuire à la richesse de la coloration ; 4° enfin que l'oxyde soit libre de toute combinaison qui pourrait rendre difficile son union avec le fondant.
Telles sont les différences capitales qui existent entre les émaux, sous le rapport de leur composition et de leur préparation. Nous devons ajouter à cela quelques considérations qui leur sont communes, sur les moyens de modifier leurs qualités, suivant les circonstances.
Eu égard à la transparence, les émaux colorés par mélange se distinguent remarquablement des émaux colorés par combinaison. On imagine facilement qu'une matière colorante, opaque, disséminée dans une masse vitreuse, diminue la translucidité de celle-ci, de sorte que l'émail qui en résulte, est moins perméable à la lumière que celui qui se colore par une matière dissoute dans le fondant, qui lui sert de véhicule. 11 est évident aussi que, dans le premier cas, la matière colorante opaque diminue la transparence du fondant, en raison de la quantité qui s'y trouve. Donc, on augmente la transparence des émaux en diminuant la quantité relative de la matière colo-
rante. Mais ce ne peut être qu'aux dépens de la coloration ; et de plus, dans les circonstances où celle-ci n'a pas besoin d'être d'une grande intensité, ce sera aussi porter atteinte à la stabilité de sa coloration ; car nous savons que plus le fondant abonde, plus il a d'action sur les acides colorants. Quant à la transparence des émaux de deuxième classe, elle ne peut être diminuée qu'en y ajoutant des corps qui lui donnent de l'opacité.
La dureté des émaux croît avec la quantité de silice, toutes choses égales d'ailleurs. Il en est de même de leur résistance à l'action des agents chimiques. On produit par conséquent l'effet opposé en faisant dominer la base.
Il nous reste à parler de la dilatabilité. Cette propriété, qu'il est bon de mettre en harmonie avec celle du verre, se modifie assez facilement dans les émaux. Nous croyons avoir observé, à ce sujet, dans les borates, silicates et borosilicates de plomb, que la base produit ordinairement l'effet opposé à celui de l'acide. .Nous ne saurions dire de quel côté est le plus ou le moins : si celui-ci augmente la dilatabilité, ou si celui-là la diminue; il nous suffît de savoir que qttand un émail se gerce, on le ramène facilement à la dilatabilité convenable, tantôt en diminuant, tantôt en augmentant la quantité d'oxyde de plomb. Presque toujours le premier moyen est celui qu'il convient d'employer.