GÉNÉRALITÉS SUR LES SUBSTANCES COLORANTES
La plupart d«s substances colorantes des émaux sont des oxydes métalliques. Tantôt ils sont simple-
ment mêléB à la matière vitreuse, tantôt ils sont combinés à la silice» et forment probablement des sels doubles avec les silicates et les fondants. Ce qui vient à Tappui de cette dernière hypothèse, c'est l'analogie des émaux avec les autres verres. On sait que dans ces composés, tels silicates alcalins qui sont sol u blés dans l'eau, quand ils sont isolés, deviennent complètement insolubles, s'ils sont unis à d'autres silicates, comme ceux de chaux, de plomb, d'alumine, etc.
Or, il n'y a que le fait de la combinaison de ces corps entre eux qui puisse modifier ainsi leurs propriétés.
Dans les émaux colorés par mélange, ou n'emploie pas toujours un oxyde colorant seul ; quelquefois, on en fait entrer pl'isiours préalablement combinés ensemble. Mais les combinaisons qu'ils forment entre eux sont toujours indépendant 's du fondant.
Les oxydes qui se trouveut réunis dans un émail de ce genre ne se colorent pas comme le ferait le mélange de leurs couleurs propœs ; mais ils lui donnent des nuances spéciales qu'ils tiennent de leur état de combinaison.
Dans les émaux de la deuxième classe, on emploie souvent plusieurs oxydes; mais ils ne sont pas unis l'un à l'autre, et la teinte produite n'est que le résultat du mélange des couleurs qu'ils développent, chacun en particulier.
La combinaison des oxydes entre eux offre, pour la préparation des émaux, des ressources précieuses. Tantôt ces combinaisons donnent aux oxydes plus de résistance à l'action du fondant, tantôt, au contraire, elles favorisent leur dissolution dans ce dernier. On comprend d'avance comment les unes sont
mises à profit pour les émaux de première classe» et les autres utilisées pour ceux de la deuxième. Dans le premier cas, par exemple, on combinera le peroxyde de fer avec l'oxyde de zinc, parce que le premier, en vertu de celte union qui jouit d'une grande stabilité, sera beaucoup plus rebelle à l'action du fondant, et qu'il pourra ainsi donner à l'émail une coloration particulière.
Dans le deuxième cas, au contraire, on combinera l'oxyde de cobalt avec l'oxyde de plomb, afin que leur union qui a peu de stabilité, mette le premier de ces corps dans un état de division favorable à l'action du fondant. On remplira cette indication d'une manière très simple, si au lieu de préparer d'avance un fondant pour l'unir à la matière colorante en le faisant fondre une seconde fois, on chauffe l'oxyde colorant mêlé avec des substances qui doivent composer le fondant; car l'oxyde de plomb, qui en fait partie, dissoudra cet oxyde colorant, et le préparera ainsi à s'unir à la silice avec plus de facilité. G*est pourquoi nous n'hésitons pas à prescrire cette méthode pour la préparation des émaux de la deuxième classe en général. Nous ne connaissons pas de raison grave qui exige l'emploi des fondants vitrifiés d'avance, comme pour les émaux colorés par mélange.
L'union de deux oxydes constitue un véritable sel, dans lequel l'un joue le rôle de base, l'autre celui d'acide. Nous allons présenter une série de ces corps où sont rangés dans l'ordre de leur énergie ceux qui remplissent le rôle de base et ceux qui servent d'acide :
EMAUX COLORES
Oxydes acides ....
Oxydes indifférents
Acide antimonique.
Acide antimonienf .
Acide stannique.
Protor\-de d'étain.
Ox^'de d'antimoine.
Oxyde de chrome. * Sesquioxyde de manganèse.
Peroxyde de fer.
Oxyde d'aluminium.
Oxyde do zinc.
Protoxvde de fer.
Protoxvde de manganèse.
Protoxyde de plomb.
Oxyde d'argent.
Oxyde de bismuth.
Protoxyde de cobalt.
Bioxyde de cuivre.
Nous citerons quelques exemples des composés dont nous venons de parler, parmi ceux qui sont fréquemment mis en usage :
Oxydes basiques. .
Antimonite de plomb '— de cobalt.
— de cuivre.
— de peroxyde de fer.
— de zinc.
Zincate de fer.
Jaune.
Vert foncé.
Vert pistache.
Jaune de cire.
Jaune.
Jaune d'ocre.
On conçoit qu'on peut former un grand nombre de combinaisons analogues à celles que nous venons de rapporter. On obtient avec ces composés une foute de nuances mixtes que Ton appelle, en peinture, des tmis rompus, et qui sont d'une grande ressource pour l'artiste; tels sont ;
Le ferrate de manganèse.
— de chrome.
— de cobalt.
— de cuivre.
Le manganate de cobalt.
— de cuivre.
— de chrome.
Le cupratc d'argent, etc.