UI. GRAVURE A L'ÉMERI
La gravure à l'émeri est d'une exécution facile, à la portée de tous les artistes. M. de Graffigny a décrit, dans les Industries d' amateurs j un procédé très simple, que nous recommandons à nos lecteurs :
« Pas d'outillage, ou tout au moins un outillage rudimentaire : tout l'attirail se compose d'une livre d'émeri un peu gros, d'une livre de plomb de chasse et d'une boîte rectangulaire de 25 à 30 centimètres de longueur.
Une boîte à cigares, dont l'un des côtés serait muni de charnières et l'autre d'un crochet de fermeture, remplirait parfaitement le but; n'oublions pas d'ajouter que le bord de cette fermeture doit être recouvert d'une bande de feutre ou de drap pour ne pas laisser filtrer la poudre d'émeri.
Cette boîte est destinée à agiter et à rouler le plomb et rémeri sur la surface du verre ou du cristal qui est installée au fond de la boîte ou sur l'un des côtés, suivant ses dimensions.
Si la surface à attaquer était plus grande que la boîte, on modifierait ses dimensions.
Si la surface était courbe comme les parois d'un verre ou d'un gobelet, on s'ingénierait à installer cet
objet à une des extrémités de ia botte, hoit en |»ratiquant une ouverture appropriée^ i»oit en Fy niaiaU'' nant avec des bandes de caoutchouc.
On découpe dans du papier la ligure à çrav<*r« et ou colle celui-ci avec de ia gomme^ f^ur hi pitM|iie de verre qu'on veut mettre en oeuvre: il laut ♦'Oëuite laver la surface, enlever avec soin la goiiiuie fjui aurait pu se répandre sur les parties laii^i^éeë à fju« aijn qu'elles soient bien nettes ^1 .
Quelques personnes usent d'un auti*e procédf* : quand la finesse du dessin rend le découpage du papier trop difficile, elles établissent leur^^ réservf*ii> avec un vernis gras et épais, c'est-à-dire qu'ell^-s recouvrent de vernis toutes les parties qui ne doivent pas être attaquées, après avoir décalqué leur modèle sur la surface polie.
Les deux procédés sont également employés, mais le dernier a l'avantage de se prêter à la gravure de» lignes les plus légères, à la reproduction exacte d'une dentelle.
Tout ce qui n'est pas recouvert de papier ou de vernis est vivement attaqué par le plomb et par rémeri, et la netteté du dessin dépendra de la régularité des couvertes, qui doivent être dans l'un et l'autre cas de la plus scrupuleuse régularité de lignes et de formes.
Tous les genres de dessin peuvent être reproduits par ce procédé sur les verres et cristaux, les initiales, les chiffres, les inscriptions et tous les genres d'ornementation, à plat bien entendu.
(1) Le patron ajouré est fait en papier épais. Le collage doit être irréprochable.
Verrier. Tome II. 3
Quand les objets sont installés et fixés dans la boîte, on y introduit la poudre d'émeri et le plomb de chasse, on referme le couvercle et on secoue fortement et longtemps dans le sens vertical, aQn que plomb et émeri attaquent directement en retombant la surface à dépolir.
Dans toute cette opération, le plomb n'est qu'un agent conducteur, mais nécessaire ; les grains de plomb, les parcelles d'émeri viennent ensemble frapper la plaque ou la surface à graver, au bout d'un instant les parcelles d'émeri s'incrustent dans le métal mou et chaque grain de plomb prend l'aspect d'une petite meule sphérique, hérissée d'aspérités ; ces grains armés, et les parcelles libres d*émeri, attaquent bientôt avec plus de violence les surfaces découvertes de la plaque.
L'opération se prolonge plus ou moins suivant le degré de dépolissage ou d'incrustation à obtenir ; c'est œuvre de patience.
Si l'on emploie de l'émeri plus gros et du plomb plus fort, l'opération marche plus hâtivement, mais le dépolissage est plus informe ; si au contraire on désire une gravure plus douce et plus uniforme, on réduira la grosseur du plomb et de l'émeri (i).
L'usage et la pratique en diront plus sons ce rapport que tous les renseignements.
Après l'opération, la plaque est retirée de la boîte,
(1) Lorsqu'on veut obtenir certaines parties plus profondes que d'autres, on recouvre les parties suffisamment gravées avec l'une des compositions suivantes :