‹ Nouveau manuel complet du vétérinaire par m. LebeaudChapitre 101 sur 120 · DE LA SELLE ET DE SES DIVERSES PARTIES · texte numérisé non relu

DE LA SELLE ET DE SES DIVERSES PARTIES

Un cavalier doit appporter d'autant plus d'attention dans la conformation et le choix -Je la selle, qu'elle peut non-seu-* lement blesser son cheval d'une manière dangereuse, mais lui causer à lui-même de grandes fatigues et des souffrances aiguës. Une selle, pour être bonne, doit être, quelle que soit sa forme, juste à la tailte du cheval, pour ne pas causer de frottements, peu rembourrée, mais bien unie, afin qu'elle porte également partout et ne cause point de meurtrissure, il faut aussi, pour qu'elle soit commode au cavalier, qu'il s'y trouve assis à l'aise, que le siège soit bien uni, un peu dur, pas plus haut sur le devant que sur le derrière, et qu'il y ait peu d'épaisseur entre ses cuisses et le corps du cheval.

Les parties dont une selle se compose sont : les arçons, les bandes, les baies, le pommeau, le garrot, le siège, les panneaux, li^s quartiers, les contre-sanglons. Ses parties accessoires sont ; la croupière, le poitrail, les sangles et les étrivières ou porte- étriers.

Les arçons sont deux pièces de bois de hêtre, tournées en rond pour embrasser le dos du cheval; ce sont eux qui donnent la forme à la selle et supportent les autres parties. L'arçon du devaut se compose du pommeau, des mamelles et

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des pointes; le pommeau est cette partie arrondie qui surmonte le garrot ; les mamelles sont les côtés de l'arçon ; les extrémités des mamelles forment les pointes. L'arçon de derrière est plus évasé et plus arrondi que celui du devant, en raison, de la forme plus large des reins; il est surmonté, dans les selles françaises, d'une espèce de rebord qui entoure les reins du cavalier, et que l'on appelle troussequin.

Les bandes sont deux petites planchettes de bois, larges de trois ou quatre doigts et de la longueur de la selle, qui lient et assujctiNsenl ies arçons. Elles doivent porter exactement le long du dos au-dessous de l'épine, afin d'empêcher que les arçons ne portent sur le garrot et sur les reins.

Les panneaux sont deux coussins de toile rembourrés en crin, en poil de vache ou de cerf, qui garnissent les deux cotes do la selle. On doit les faire de toile fine, parce qu'elle ne s'imprègne pas de la sueur autant que la grosso ; la bourre de crin ou de poil de cerf est aussi celle qui convient le mieux.

Le siège est le dessus de la selle. On a vu au commencement de cet article les qualités qu'il doit avoir; il est à remarquer qu'un siège trop rembourré échauffe et ocorehe plus promptemeot ies fesses du cavalier.

Les quartiers sont les Côtés extérieurs de la seile; quelle que soit la matière dont on les compose, il faut qu'ils soient ^larges et longs; car des quartiers trop courts incommodent beaucoup le cavalier, et lui écorchent quelquefois le jarret.

Les bâtes ou lièges sont un rebord que l'on remarque à chaque côté du pommeau des selles françaises, et qui sert à soutenir les cuisses du cavalier.

Les contre -sanglons sont de petites courroies clouées aux bandes des arçons, au nombre de trois de chaque côté, et qui servent à attacher les sangles.

Les sangles servent à fixer et assujélir la selle sur le dos du cheval; elles doivent être larges et asse* fortes pour résister à tous les efforts qu'il pourrait faire. Elles sont généralement au nombre de trois; mais l'on emploie de plus quelquefois un surfaix : c'est une quatrième sangle qui passe par-dessus la seile et s'attache sous le ventre, afin de renforcer les sangles.

Le poitrail est une pièce de cuir à trois angles, à chacun desquels est une petite courroie, dont deux servent pour l'attacher aux côtés de l'arçon de devant, et la troisième passe entre les jambes pour aller s'attacher à la première sangle sous le ventre. Le poitrail sert à empêcher que la selle ne se porte en arrière et ne blesse les reins : il ne

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doit pas descendre au-dessous de la jointure de l'épaule, pour n'en pas gêner les mouvements.

La croupière est une courroie attachée à l'arçon de derrière, et terminée par une sorte d'anneau dans lequel on passe le tronçon de la queue ailn de retenir la selle et d'empêcher qu'elle ue porte sur le garrot et les épaules. L'espèce de bourrelet dont cet anneau est formé se nomme aileron; il doit être un peu gros, afin de ne pas blesser le cheval sous la queue, accident qui arrive assez souvent en été, particulièrement aux chevaux lias du devant.

Les étrivières, ou porte- ètriers, n'ont pas besoin de description.

On appelle rase, la selle qui n'a ni bâtes ni troussequin. On agénéralcment reconnu la commodité et l'agrément des selles de cette forme, et l'on n'en emploie presque pas d'antres aujourd'hui ; telles sont les selles anglaises : mais toutes' les fois que l'on est dans le cas de placer derrière soi un porte-manteau, il est bon d'avoir un troussequin pour garantir les reins. Comme la sueur dont s'imprègnent les panneaux de la selle les durcit au point de blesser quelquefois ie cheval, il est bon de garnir cette partie d'une peau de veau ou de chevreuil, pour les chevaux qui transpirent beaucoup.

- manière de selieii et de desselle».

Après avoir relevé sur Te siège les sangles, les étrjvières et la croupière, on passera la main gauche sous le garrot, eft la droite sous le troussequin, pour enlever la selle et la poser doucement sur le dos du cheval, uu peu en arrière; on passera alors derrière le cheval, pour prendre de Ja main gauche la queue et la tortiller autour du tronçon, alin de la passer dans la croupière, en ayant soin de dégager tous les crins de dedans le culeron , pour qu'ils ne se cassent pas ou ne blessent pas le cheval. Revenant ensuite du côté du montoir, on soulèvera la selle pour l'avancer vers le garrot, en observant toutefois que l'arçon de devant se trouve à trois travers de doigt des épaules , et que la croupière ne tire pas trop, auquel cas il faudrait la desserrer. On attachera le poitrail par devant, et l'on finira par attacher les sangles.

Si l'on place sur le dos du cheval une Couverture ou une schabraque, il faudra bien prendre garde qu'elle ne fasse aucun pli. Il faut observer aussi que si la selle était placée trop en avant ou trop en arrière, elle blesserait le garrot ou les reins et gênerait le mouvement des épaules ou des hanches.

Pour desseller, on commencera par détacher le poitrail et les sangles; on tirera la selle en arrière pour retirerla queue de dedans le culeron ; on relèvera sur le siège les élrivières, la croupière et les sangles, après les avoir nettoyées si elles sont malpropres ; on soulèvera la selle eu la tirant a soi pour l'enlever, et ou l'emportera de la même manière qu'on l'a apportée : on s'occupera alors de laver les jambes du cheval, 4e le bouchonner, après quoi oo lot mettra sa couverture et on le conduira à l'écurie.

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