DBS AIDES ET CHATIMENTS
Les aides sont divers signes utiles pour avertir le cheval des mouvements qu'il doit exécuter; les châtiments sont les moyens employés pour le corriger quand il fait quelque faute. Il y a quatre sortes principales d'aides : les divers mouvements de la main de la bride, la cravache ou la gaule, l'appel de la langue, les diverses manœuvres des cuisses et des jambes du cavalier.
Les mouvements de la main de la bride sont le moyen d'avertissement que l'on emploie le plus fréquemment, et l'action que la bride produit clans la bouche du cbeval est l'effet des différents mouvements de la main. La main bonne doit être légère, douce et ferme, qualités qui dépendent non-seulement de son. action , mais encore de l'assiette du cavalier sur sa selle; car lorsque le corps n'est pas assuré, le main ne peut l'être. Il faut encore que les jambes s'accordtint avec la main, autrement l'action de lui-ci nu serait jamais juste : cela s'appelle, en termes de l'art, accorder la main et les talons, ce qui est la perfection de toutes les aides.
La main légère est celle qui ne sent pas l'appui du mors sur les barres ; la main douce, celle qui sent un peu l'effet de l'embouchure sans donner trop d'appui; la main ferme est celle qui contient le cheval dans un appui à pleine main. Il est esseiiï'el de savoir accorder ces trois divers mouvements de la main selon la nature de la bouche de chaque cbevat> sans contraindre et sans abandonner tout à coup le véritable appui de la bouche; c'est-à-dire , qu'après avoir rendu la main , il faut la retenir doucement pour chercher un peu l'appui du mois, et reprendre ensuite l'appui à pleine main. H ne faut jamais passer brusquement de la main ferme à la main légère, ni de celle-ci à la première, parce qu'eu agissant ainsi, oo ruinerait bientôt la meilleure bouche.
La main doU toujours donner le premier avertissement, et les jambes doivent accompagner ce mouvement ; car il est
MOYENS DE DRESSER LES CHEVAUX. 269 de principe général que dans toutes les allures du cheval, la tète et les épaules doivent partir les premières. Or, comme le cheval a quatre allures pï-ïncipales . qui sont d'avancer, de reculer, d'aller ou à droite ou à gauche, la bride doit aussi produire quatre effets différents : rendre la main, retenir la main, la tourner à droite ou à gauche.
Il y a deux manières de rendre la main : la première est de baisser la main en tournant un peu les ongles en dessous; la seconde est de prendre les rênes avec la main droite en les lâchant un peu dans la main gauche, ce qui fait passer le sentiment du mors de celle-ci dans l'autre; et enfin, de laisser tomber la main droite sur le cou du cheval, en lâchant tout-a-fait les rênes de la main gauche , ce qui s'appelle descendre ta main. L'action de rendre ou de descendre la main est pour pousser le cheval en avant. Le vrai temps do l'exécuter utilement est après avoir murqué un demt-arret, et lorsque le cheval plie les hanches, mais non tandis qu'if est sur les épaules.
L'action de retenir la nmin se fait en rapprochant la main contre l'estomac, les ongles un peu tournés en dessus; elle a pour but d'arrêter le cheval, de marquer un demi-arrêt, ou bien de reculer, Il faut, pendant ce mouvement, ne pas trop peser sur les étriers, et mettre en même temps les épaules un peu en arrière afin que le cheval arrête ou recule sur les hanches.
Les troisième et quatrième mouvements sont de tourner la main à droite on à gauche : les ongles doivent être en dessus dans !e premier cas, afin de faire agir la droite. Le chevaf obéissant à la main, est celui qui eu suit aisément tous les mouvements.
Il y a trois manières de tenir les rênes : séparées dans les deux mains; égales dans la main gauche; ou l'une plus longue que l'autre selon le côté où l'on travaille le cheval.
Les rênes Séparées sont nécessaires pour les chevaux qui ne sont pas encore accoutumés aux effets de la main de la bride, ou pour ceux qui s'en défendent et qui refusent de tourner aune seule main. Il faut alors baisser la main gauche quand on lire la rêne droite pour tourner de ce côté, et réciproquement; autrement le cheval ne saurait à quelle rêne obéir.
On tient les rênes égales dans la main gauche pour con- . du ire, dans quelque circonstance que ce soit, un cheval obéissant. Mais au manège, on tient la rêne de dedans un peu raccourcie, afin de placer la tète du cheval du côté où il va; car un cheval qui n'est pas plié, a mauvaise grâce dans
un manège : il est beaucoup plus difficile de plier un cheval à droite qu'à gauche, tant parce que la plupart des chevaux sont plus raides à la première main, que par rapport à la disposition des rênes dans la main de la bride; il y a même fort peu de personnes qui sachent bien se servir de la rêne droite.
Il faut tenir la main un peu haute pour les chevaux qtti portent bas, afin de leur relever la tète; elle doit être plus basse et i approchée de l'estomac pour ceux qui portent le nez au vent, afin de les ramener et de leur faire baisser la tête. Lorsque l'on porte la main en avant, cette action lâche la gourmette et dimioue l'effet du mors; le contraire arrive lorsqu'on la rapproche de l'estomac, ce qui est bon pour les chevaux qui tirent à la main. Tout écuyer qui ne connaîtrait pas parfaitement les divers effets des rênes de la bride, travaillerait sans règles et sans principes.
L'appel de la langue, que tout le inonde connaît, réveille l'attention du cheval, l'anime et le rend attentif aux autres aides, et aux châtiments qui les suivent s'il n'y répond pas : mais il ne faut appeler ni trop fort ni trop fréquemment. C'est une impolitesse choquante d'appeler de là langue en présence d'une personne à cheval, quand on est soi-même à pied.
La cravache est, selon l'oncurence, aide ou châtiment : elle est aide, lorsqu'on la fait siffler dans la main pour animer le cheval, lorsqu'on lui en fait légèrement sentir la pointe à l'épaule pour le relever, sur la croupe pour réveiller les mouvements de celte partie, etc. Dans le manège, on tient la cravache du côté opposé à celui où l'on mène le cheval, parce que l'on ne doit jamais s'en servir alors que pour animer les parties de dehors. Il faut aussi la tenir de manière à ce qu'elle ne touche pas le cheval sans nécessité.
Le cavalier tire cinq aides particulières du mouvement de ses jambes : la pression des cuisses, celle des genoux et des jarrets; celle dos gras de jambes; le pincer délicat de l'éperon, l'action de peser Sur les étriers.
L'aide des cuisses et des jarrets se fait en les serrant des deux côtés à la fois pour chasser le cheval en avant, ou seulement d'un seul côté pour l'avertir qu'il s'abandonne trop sur ce côté. Celte aide, employée un peu vigoureusement, est souvent plus efficace que l'éperon pour les chevaux chatouilleux, qui se reticunent par pure malice ; celle des gras de jambes, qui se fait en les approchant du ventre, avertit le cheval qui n'a pas répondu à la première, que l'éperon n'est