‹ Nouveau manuel complet du vétérinaire par m. LebeaudChapitre 24 sur 120 · DES, RACES ET DES CROISEMENTS · texte numérisé non relu

DES, RACES ET DES CROISEMENTS

Les pâturages gras fournissent des races de chevaux d'une grande taille, mais lourds et ûpais^ chargés de tête et d'encolure, forts en épaules. Les terrains humides et marécageux ont en outre l'inconvénient d'attendrir la corne, de

produire des pieds plais et combles, de grosses jambes. On doit conclure de là, et l'expérience le confirme tous les jours, que les chevaux nourris dans les pâturages secs et môme arides des pays méridionaux seront petits de taille, nerveux, peu chargés de chair, pleins d'ardeur et de feu; que ceux qui sortiront d'un terrain ni trop sec ni trop gras réuniront la taille a la vigueur ; enfin, que ceux des pays marécageux sont grossiers et mous.

C'est daus l'Arabie que l'on doit chercher le type et la souche des plus belles races. Les chevaux.de ce pays passent h juste titre pour les plus parfaits de tous (1), et sont trèsrecherchés pour le service des haras ; aussi se paient-ils extrêmement cher. Les provinces batbaresques produisent de très-bons chevaux de chasse et de manège.

L'Espagne est plus renommée pour ses belles mules que pour ses chevaux. Cependant les andalous sont très-estimés pour la beauté des formes et les autres qualités que l'on recherche dans les chevaux fins.

On trouve en Italie, et surtout dans le royaume de Naples, quelques races estimées, surtout pour le carrosse. L'île de Corse, qui n'en est pas éloignée, fournit des chenaux trèsbien faits, pleins de vivacité et durs à la fatigue; mais la petitesse de leur taille les rend propres à un très-petit nombre d'usages.

Les chevaux anglais ont de l'haleine; ils sont généralement nerveux, légers et excellents coureurs, très-propres à' lâchasse ou à disputer le prix dans les courses.. Mais ceux qui possèdent toutes ces qualités ne sont pas indigènes; ils proviennent pour la plupart de chevaux barbes. On connaît d'ailleurs le soin extrême avec lequel les Anglais s'attachent au perfectionnement et à la conservation des races.

Enfin, plusieurs contrées d'Allemagne, notamment le Mecklembourg, le Uolstein, fournissent beaucoup de chevaux estimés pour le carrosse et la grosse cavalerie.

L'éducation des chevaux avait été fort négligée en France pendant longtemps ; aussi ne sommes-nous pat aussi riches en ce genre que nous le devrions, eu égard aux autres avantages dont la nature de notre sol et dé notre climat nous a favorisés. Cependant le gouvernement a adopté quelques mesures qui, tout imparfaites qu'elles sont, ne peuvent manquer do produire tôt ou lard d'heureux effets en répandant une salutaire émulation parmi les propriétaires de chevaux.

- (i) Ceci doit l'emeodre de lu boni/, car lu cbetaoï srabai n'ont pu de telle» format! ouït 11» »o« d'uno rigueur et d'une mliJiiù dont rien n'approthe.

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En attendant, dous tirons annuellement des pays Toisins plusieurs milliers de ces animaux, soit pour les usages domestiques ou pour ceux de la guerre.

Les chevaux normands sont grands et robustes; on les emploie communément au carrosse et pour la grosse cavalerie, concurremment avec ceux d'Allemagne : il en vient aussi quelques-uns du'Poitou et de l'Auvergne.

La race limousine, quoique altérée par des mésalliances, est aussi distinguée sous le . rapport de la ligure que sous celui de la finesse et de la légèreté; il faut les attendre cinq, six et môme sept ans, mais ils durent souvent jusqu'à vingtcinq ou trente.

La Bretagne fournit à la Normandie un grand nombre de. chevaux, qui sont ensuite vendus comme normands, et résistent mieux au travail que ceux-ci, quoique moins beaux, Les doubles bidets du Morbihan sont très-recherchés pour le service des postes, et ne suffisent pas aux besoins de ce genre de service.

Le Poitou, l'Aunis, l'Angoumois, l'Anjou, la Saintonge, produisent beaucoup de bons chevaux, qui vont s'engraisser dans les pâturages de la Normandie avant d'être livrés au commerce

La Perche, la Touraine, élèvent beaucoup de chevaux propres au trait et à la cavalerie légère ; ceux des bords de la Satihe sont les plus renommés. ,

La. Guienue, le-Béarn, le Roussillon et quelques autres, provinces méridionales, fournissent une . excellente race de . chevaux qui se ressent de so&iorigine espagnole. Les.navarreins jouissent surtout d'une grande réputation pour le manège et la guerre.

La Bourgogne, le Bourbonnais- et le Nivernais élèvent un assez grand nombre de chovaux propres à divers usages.

Les ardennois sont neryeux, sobres,, durs, au travail et d'un excellent, service.

Les basvnormands, ceux du- Cotentin et les flamands sont excellents pour le carrosse ; les comtois et les bourbonnais, pour la, charrette. Les flamands ont la téte grosse et les pieds plats.

Les. meilleures races dégénèrent quelquefois dans leur propre pays, à plus forte raison dans les pays où elles se trouvent transplantées, si l'on, n'a soiu de les renouveler en les croisant avec des races supérieures; ce moyen est aussi le plus efficace pour améliorer les races médiocres.

Quatre règles. principales sont à observer dans le mélange des racés : la première, que les races du HMj améliorenti

celles du Nord ; la seconde, que les races se relèvent principalement par les étalons; la troisième, que les races croisées se détériorent après plusieurs générations, et ont besoin d'être renouvelées par de nouveaux croisements, et que l'accroissement progressif de taille n'est un signe réel d'amélioration qu'autant qu'il est accompagné de la perfection des formes ; la quatrième, que l'on ne doit employer pour le croisement que des races pures et non mélangées.

On doit conclure de ce qui précède, que, pour conserver les belles races d'une contrée, il faut n'accoupler que les plus beaux individus de ces races; que des races bâtardes, mélangées ensemble, ne feront que s'éloigner encore plus de leur origine; enfin, que l'on doit toujours clioisir, pour le croisement, un étalon provenant d'une contrée plus méridionale que celle de la jument ; et qu'ainsi l'arabe, le barbe, le persan, l'espagnol, améliorent nos races indigènes.

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