DE LA NOS TE ET DU PART
Un cheval fin ne devrait pas faire le service d'étalon avant l'âge de six ans révolus, et il pourrait durer alors jusqu'à, dix-huit, vingt, et même vingt-cinq ans. Il no faut pas s'attendre néanmoins qu'il donne, dans cet Age avancé, d'aussi beaux rejetons que dans sa jeunesse. Les chevaux communs acquérant plus promptement que les autres la vigueur nécessaire, peuvent être employés à cet usage un an ou deux plus tôt, mats ils durent aussi beaucoup moins. Quant aux juments, on peut les faire saillir dès l'âge de quatre ou cinq ans, jusqu'à quinze ou seize. ,
Les poulains participant essentiellement des qualités de leurs pères et mères, les personnes jalouses de faire de beaux élèves ne peuvent apporter trop de soins dans le choix des individus destinés à produire race.
On fait cas d'un étalon dans la force de l'âge, d'une belle encolure, bien ouvert entre les bras et les jarrets, réunissant l'élégance des formes à la vigueur; on rejette ceux qui auraient quelques défauts'essentiels de conformation, quelque maladie réputée héréditaire, telle que la disposition aux fluxions, les yeux faibles ou lunatiques, les éparvins ou la pousse. Outre qu'un cheval ramingue, ombrageux, malin ou attaqué de quelque autre vice de même genre, serait dangereux dans un haras, il serait à craindre que sa progéniture ne s'en ressentit. Ces défauts suffiraient donc pour faire rejeter un étalon qui réunirait d'ailleurs toutes les qualités physiques requises.
SE LA MORTE ET DO PART. 59 Quoique la nature du poil n'influe en rien sur la bonté intrinsèque d'un cheval, on ne doit pourtant pas dédaigner dans un étalon Un la beauté de la robe. Les plus estimés Bont le noir ou le gris, le bai et l'alezan ; en général, les couleurs franches, et non celtes qui sont lavées ou mal teintes.
Quoique le poulain emprunte ordinairement plus des formes du père que de celles de la mère, il ne faut pas s'attendre à voir sortir d'une jument grossière ce que produira celle qui descend d'une race distinguée. On obtiendra au contraire de très-beaux produits si l'on appareille un étalon de race avec une jument de race déjà croisée.
Une bonne poulinière doit avoir le 'coffre et la croupe larges : celles qui ont les côtes aplaties, et par conséquent le ' ventre resserré, mettent le phis souvent au monde des poulains chétil's et grêles ; il faut de plus qu'elle soit bonne nourrice, et qu'elle ait un bel avant-main, parce que, quand elle prête quelque chose de sa figure à son fruit, c'est plus particulièrement cette partie. Les juments anglaises, allemandes et normandes, de bonne race, sont réputées les meilleures, et donnent de très-beaux produits si elles sont convenablement accouplées.
Les juments entrant communément en chaleur vers la fin de mars ou le commencement d'avril, la saison de la monte commence à la même époque, et dure deux à trois mois ; mais il ne faut pas attendre qu'elle soit trop avancée, parce qu'il est bon que les juments soient couvertes plusieurs fois à quelques jours d'intervalle, ce qui ne pourrait plus avoir lieu si on laissait passer leurs premières chaleurs sans les présenter à L'étalon.
Il ne conviendrait pas de faire couvrir celles qui entreraient eu chaleur avant ou après la saison, parce que, dans le premier cas, le poulain viendrait au monde pendant les froids et avant la saison des herbes; et que, dans le second cas, il aurait trop à souffrir de la chaleur, des mouches, et n'aurait pas le temps d'acquérir les forces nécessaires pour résister a l'hiver. Il est cependant beaucoup de poulains venus dans l'arrière-saison, c'est-à-dire vers novembre ou décembre, qui n'en réussissent pas moins bien, et qui font de bons et beaux chevaux. On reconnaît qu'une jument est au point convenable pour être couverte, à l'émission par la vulve de cette humeur visqueuse connue sous le nom d'hippomane, et aux signes qu'elle donne à la vue d'un mâle. On a, dans les haras, un étalon d'essai ou boute-en-train, qui est un mauvais cheval ayant l'habitude de hennir fréquemment,
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et que l'on présente souvent aux juments que l'an Teut es-
W ?>utre ies qualités générales que l'on doit rechercher dans les individus destinés à la reproduction de- leur race, il en est de particulières et de relatives au produit que l'on Veut obtenir, qui mettent dans la nécessité de combiner en conséquence l'accomplissement des races et celui des figures, de manière à produire, dans le rejeton qui doit en résulter, les proportions que l'on désire, en évitant les contrastes trop prononcés, qui ne donneraient que des produits diuormes.
Toutes les pratiques indiquées et recommandées par 1 quelques auteurs pour provoquer la chaleur de la jument et assurer la fécondité deTétalon, sontinutiles, quelquefois même nuisibles. Lorsque le moment de la monte approche, il suffit de donner à celui-ci une nourriture meilleure et plus abondante: de la bonne avoine, quelques féverolles, peu d'orge, de la bonne paille, et de le promener tous les jours. On peut leur donner quelques jointées de froment, outre leur ration habituelle, mais rien qui puisse les échauffer d'une manière surnaturelle; les juments demandent à peu près le même Té-
îa'monte se pratique de deux manières, en liberté ou à la main. Dans la première, on lâche l'étalon dans un enclos avec toutes les juments qu'il doit saillir, et il les sert autant de fois qu'il veut; ou bien on lui en donne un certain nombre tous les jours, ce qui le fatigue beaucoup moins.
Dans la monte à la main, deux hommes tenant chacun une longe attachée au caveçon, conduisent l'étalon à la jument : celle-ci est tenue par un troisième qui a soin de lui parler et de la tranquilliser si .elle s'agite. Les hommes employés àte service connaissent les moyens de s'opposer aux mouvements désordonnés que l'étalon ou la jument peuvent faire dans cette circonstance; mais afin d'éviter que ces animaux ne se blessent, il est bon de les déferrer de ïlerrifire (2).
Aussitôt que' l'étalon a fini sa fonction, on le -rentre prompfoment à l'écurie pour lui abattre la sueur et le bouchonner; on le couvre, et on le laisse tranquille pendant deux on- trois heures, après lui avoir donné un peu d'avoine. Qooi-
fi) C'est un moyen qu'on nu mol pi al que rarement en ontgé.
(i) il «ni encore beaucoup roîeai enliser let pledi de deniers irec det etrtrûTdn» qui terom aifacbet, h l'aida de cordel, 1 une bricole que l'on pane au cou de ta Jument. Comme la queue peut uunl mettre oUilacte n la copulation, on l'améliora par ' le ironffnarecnnnrardeqnlleraforiemoat flièeà la brftole; i!, maigri œt roojini. : la jument no ru.ti.it pal tranquille, on Inlplonatair nn torche- o«.