‹ Nouveau manuel complet du vétérinaire par m. LebeaudChapitre 34 sur 120 · DES PRÉCAUTIONS A APPORTER DANS LE CHOIX D'UN CBEVAL · texte numérisé non relu

DES PRÉCAUTIONS A APPORTER DANS LE CHOIX D'UN CBEVAL

On exige tant de qualités d'un bon cheval, qu'il est bien difficile d'en trouver un sans défauts ; mais, d'un autre côté, cet animal est si précieux, que l'on ne saurait apporter trop de soins à le choisir tel; encore aura-t-on bien de la peine a Échapper aux. ruses des maquignons, de ces hommes qui, sans être positivement marchands de chevaux, achètent à vil prix des rosses, qu'ils revendent le plus cher qu'ils peuvent après les avoir façonnées à leur manière.

Dès qu'ils ont entre les mains une bâte dont ils ne sauraient le défaire avantageusement dans l'état où elle se trouve, il n'est pas de stratagème qu'ils n'inventent pour lui donner, par des procédés qu'eux seuls bien souvent peuvent reconnaître, une belle apparence. Ils parviennent même, à force d'eau et de son, a redonner à un rliimal etique et épuisé, une sorte d'embonpoint factice qui tient de la bouffissure, mais qui ne tarde pas à tomber.

Lorsque lo moment de vendre un cheval qu'ils savent défectueux est arrivé, ils ne manquent pas de le faire monter par un homme a eux, qui, connaissant tous ses faibles, a frand soin de le faire trotter, galoper, tourner et manœuvrer de la. manière la plus propre à éblouir l'acheteur; tandis que le maître se tient auprès de celui-ci pour détourner son attention, sans cesser pour cela d'avoir l'œil sur son cheval, pour être a portée de faire jouer la chambrière s'il est nécessaire. Quels que soient les défauts d'un cheval, un habile maquignon parviendra presque toujours à les déguiser, ou il

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déroutera si bien l'acheteur s'il a affaire à quelqu'un qui ne s'y entende pas parfaitement, qu'il parviendra à l'empêcher de les voir.

H faut donc, quelque belle apparence que puisse avoir un cheval, ne se laisser séduire ni par la première impression, ni par les paroles du maquignon ; mais, au contraire, faire oter de suite bride, selle, couverture, et procéder immédiatement à un examen attentif et minutieux de chacune des parties du cheval, en procédant dans Tordre où elles sont décrites au commencement de ce Livre, afin de n'en omettre aucune.

Il est bon d'examiner auparavant le cheval tranquille à. l'écurie, afin de voir comment il se tient sur ses jambes : s'il se repose tantôt sur Tune, tantôt sur l'autre, ou qu'il en porte une en avant, c'est preuve qu'il les a faibles et fatiguées. On le faif.arrèter sur le seuil de !a porte, pour examiner les yeux au moment où il sort la tète au grand jour. Quand il est sorti, on lui regarde la bouche, pour voir si elle est en bou état, et reconnaître en même temps son âge ; oc jette un coup-d'œil général sur son individu, et l'on passe ensuite à l'examen particulier s'il y a lieu.

Il faut manier attentivement la ganache, pour voir si elle est bien ouverte, sèche et point glandée ; voir s'il n'y a point de chancres dans les naseaux, ce qui ferait présumer la morve ; palper successivement le garrot, les épaules, les reins, les jambes, les jarrets, les canons, les pieds, etc. ; frapper sur . la sole pourvoir si le cheval n'est pas difficile à ferrer - examiner si le flanc n'est pas altéré, s'il ne bat pas d'une manière irrégulière, si la respiration est libre et facile, si le poil est lisse et bien net; promener la main sur les côtes, le ventre, les flancs, afin de voir s'il n'y a pas dans quelques-unes de ces parties des défectuosités cachées, et si le cheval ne montre pas une sensibilité surnaturelle, dont il faudrait alors rechercher la cause.

Si Ton est satisfait du résultat de ces diverses recherches, on ne s'en tiendra pas là, mais on fera trotter le cheval à la main, afin de voir s'il ne boite pas et s'il trotte 'bien; on le fera monter, non par .le valet du maquignon, mais par un homme à soi, pour lui faire parcourir plusieurs fois de suite une certaine distance, d'aboi d au pas, puis au trot et au galop. On l'essaiera ensuite soi-mémo pour plus de sûreté, et si c'est un cheval de trait, on finira par l'atteler au charriot ou à la charrette, soit seul, ou avec celui qu'on lui destine pour compagnon si c'est pour le carrosse. Pour dernière épreuve, après l'avoir reconduit à l'écurie, on lui jetera un peu d'avoine dans la mangeoire, et on examinera s'il la mange

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