‹ Nouveau manuel complet du vétérinaire par m. LebeaudChapitre 33 sur 120 · BES ANES ET DES MULETS · texte numérisé non relu

BES ANES ET DES MULETS

SI le cheval semble plus spécialement consacré au service de l'opulence, l'âne possède des qualités qui, pour être moins brillantes, n'en sont pas moins réelles. Patient, sobre, laborieux, il ne coûte presque rien Ji nourrir, no demande aucun soin, et supporte aisément la fatigue et les intempéries de l'atmosphère :, compagnon du pauvre, il partage ses privations, ses travaux, et lui sert de gagne-pain : le riche même trouve la tante dans le lait de la femelle de cet utile animal. A la vérité, on peut reprocher à l'âne d'ôtre entêté et capricieux; mais de bons coups' de gaule et quelques poignées de chardons suffisent pour le rendre traitable.

L'ânesse peut être présentée au mâle dès l'âge de deux

Vétérinaire. 7

ans : elle porte à peu près aussi longtemps que là jument, et met bas un petit, rarement deux. L'ànon, quoique moins délicat que le poulain, demande à peu pris les mêmes soins: on commence il le faire travailler dès sa troisième année, et souvent plus tôt; mais il vaudrait mieux l'attendre jusqu'à trois ans et demi ou quatre ans.

Cet animal est aussi utile comme béte de trait 'que comme bôte de somme : son allure lento et douce en fait encore «ne monture agréable pour les dames ou pour les malades qui ont besoin d'un exercice modéré. Quoique dans beaucoup d'endroits on ne soit pas dans l'usage de ferrer les ânes, il convient de le faire pour ceux qui travaillent beaucoup, afin de leur conserver le sabot en bon état: mais ils marchent avec plus d'assurance dans les terrains extrêmement escarpés quand ils ne sont pas ferrés. Quant à leur nourriture, l'herbe qu'ils broutent le long des chemins, le foin ou la paille que rejettent les chevaux, quelques chardons, voilà tout ce qu'il leur faut.

Ceux du Poitou sont de haute taille et ont le poil très-long; ils ne servent guère qu'à la production des mulets; ils sont d'un abord dangereux.

On appelle mule ou mulet tout animal provenant de l'accouplement de deux animaux d'espèces différentes; mais on donne plus spécialement ce nom à la progéniture de la jument couverte par un àne; on appelle bardot le produit plus rare de l'étalon avec l'Ancsse. Il ne faut pas croire à l'existence des jumars, qui sont, au rapportde quelques auteurs, des muleta provenant de l'accouplement d'une vache 'avec un cheval, ou d'une jument avec un taureau : quelques productions informes de la jument ou de la vache ont donné lieu à cette fable.

Le mulet ordinaire est plus fort que le cheval, aussi sobre que l'Ane : il a, comme ce dernier, le pied excellent, la jambe ferme, un tempérament robuste ; Son pas est sec, son allure dure; il galope sous lui et ne trahie pas volontiers; mais, comme béte de somme, il porte de très-lourds fardeaux et ne craint pas les plus mauvais chemins.

Les départements de la France qui produisent les meilleurs mulets, sont ceux des anciennes provinces d'Auvergne, du Poitou et du Mirebalais. En Espagne, où les mules sont spécialement employées au carrosse, on en trouve des attelages qui se paient fort cher.

Quand on veut avoir des mulets, on présente au mâle que l'on emploie une femelle de son espèce, et quand il est prêt a couvrir, on y substitue la femelle avec laquelle on veut l'ac-

CHOIX DES CHEVAUX. 75; coupler. On emploie plus souvent l'âne pour couvrir une jument, que le cheval pour une ànesse. Il est à remarquer que tout mulet, quel qu'il soit, bien que doué en apparence de tous les organes génitaux, est impropre à la reproduction •■ de son espèce (1).

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