‹ Nouveau manuel complet du vétérinaire par m. LebeaudChapitre 41 sur 120 · OBSERVATIONS SUR LA MAKIÈRE DE MENER · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS SUR LA MAKIÈRE DE MENER

L J art de bien mener est plus essentiel que l'on ne pourrait le croire, puisque c'est le seul moyen de conserver les chevaux pendant longtemps en bon état et de prévenir une foule d'accidents graves qui peuvent se présenter a chaque pas. Il y a trois manières principales de mener : en cocher, en postillon et en charretier.

Deux vices principaux, et malheureusement trop communs, sont à éviter dans le choix de tout serviteur préposé, sous quelque 'dénomination que ce soit, à la conduite des chevaux : l'ivrognerie et la brutalité.

L'ivrognerie rabaisse l'homme au-dessous des animaux dont le gouvernement lui est confié, obscurcit sa raison, étouffe son jugement, et lui ôte le libre exercice de ses sens physiques et moraux, dont l'intégrité lui est si constamment nécessaire. La brutalité d'un conducteur compromet à chaque instant la yie et la santé des chevaux, et peut donner naissance à une foule d'accidents graves.

L'art de conduire demande encore un bon jugement, un conp-d'œit just% uijp vue bonne, une main sûre, de l'inteîll-

Îence, de l'activité, une certaine force et de la dextérité, out voiturier devrait avoir sans cesse présente a l'esprit la fable du Charretier criibourbé; alors, au lieu d'accabler son cheval de coups, il commencerait par rechercher auparavant la cause qui l'empêche d'avancer, afin de la détruire.

Les carrosses sont attelés de deux, quatre, six ou huit chevaux. Les deux premiers se nomment les deux chevaux de timon ; les deux d'ensuite, chevaux de volée ; les deux autres, chevaux du devant; et lés derniers, chevaux de sixième. Le cocher tient dans sa main l'es guides de tous ses chevaux; mais 11 ire conduit seul que ceux de volée. Quand il y en a Vétérinaire. ' 8

un plus grand nombrej les autres sont conduits par un postillon qui monte le cheval de gauche et eouduit l'autre avec la longe de main, qu'il attache à sa selle ou tient dans sa main gauche, ayant le fouet dans la droite.

Le cocher ne doit pas attendre le moment d'atteler pour examiner si les roues ou les autres parties de sa voilure sont en bon état, si les chevaux sont bieu pansés ou n'ont pas besoin d'être ferrés; enfin, ne pas prendre son fouetavant de s'assurer par lui-même qu'il ne manque rien à leur attelage.

Il doit être assis sur son siège, d'aplomb, avec aisance, le corps droit sans raideur; avoir tous ses mouvements libres, tenir les coudes rapprochés de son corps; ne pas s'agiter sur son siège, se pencher sans nécessité de côté ou d'autre, ni tendre ses bras en avant; être tout entier à ce qu'il fait, sans s'occuper d'autre chose que de ses chevaux et de sa voiture. Un bon cocher, quelque mouvement qu'il exécute, doit, sans y regarder, juger exactement où sa roue va passer.

Le défaut le plus commun des cochers est d'avoir la main mauvaise, c'est-à-dire, de ne savojr pas ménager convenablement l'action du mors. D'autres, croyant l'avoir très-légère, laissent flotter entièrement les guides; en sorte que s'il faut souvent tenir promptement un cheval pour l'empêcher de s'abattre, pour tourner, reculer, ils ressaisissent précipitamment les guides, et donnent de fortes saccades qui, souvent réitérées, finissent par endurcir la bouche et la rendre insensible : le même inconvénient arrive quanti Ton tient les guides habituellement tendues, vainement alors augmente-ton la force du mors; ainsi on ne fait qu'endurcir de plus en plus la bouche du cheval, au point qu'il devient impossible de le gouverner et qu'il peut à chaque instant prendre le mors aux dents.

Un bon cocher doit savoir rendre, et retenir alternativement la bride à ses chevaux par urrmouvement moelleux de la main, afin de rafraîchir les barres cLentretenir leur sensibilité ; mais cela de temps en temps et point coup sur coup ni brusquement, car on impatienterait ainsi des chevaux ardents, et l'on ferait arrêter court ceux qui seraient naturellement nonchalants. 11 y a des cochers dont la main est si délicate et si moelleuse, que, sans quitter les guides, ils ne font sentir le mors que d'une manière presque imperceptible, et rendent ou retiennent la bride quand il le faut, sans que l'on voie pour ainsi dire remuer leurs mains. C'est ce moelleux de la main qui fait reculer sans difficulté, et c'est au reculer que l'on connaîtra un cocher qui a la main bonne ; car celui- ci le fera avec aisance, tandis qu'utt autre

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