MANIÈRE DE MENER LES CHEVAUX
dont la main sera mauvaise, mettra lui et ses chevaux en sueur.
On doit se servir du fouet, tantôt comme aide, tantôt comme châtiment,. mais surtout que ce soità propos : comme pour soutenir un cheval qui se laisse aller dans un tournant, k remettre sur les hanches quand il s'abandonne trop sur les épaules; pour faire tirer de concert un cheval qui se néglige, etc.; il faut donner le coup de fouet au moment même de la faute, afin que le cheval sente pourquoi on le châtie, et l'appliquer vigoureusement; du reste, il ne faut user de ce moyen que quand la nécessité l'exige, autrement les chenaux s'y habituent.
Lorsque l'on conduit en ville, il faut prendre toutes les précautions pour éviter les accidents, ralentir le pas aux approches d'un tournant, et tourner du plus loin possible, pour éviter de donner dans quelque autre voiture. Quand l'an tourne trop court, surtout en allant vite, on s'expose à verser, ou tout au moins à voir le cheval de dedans s'abattre; enfin, si l'on se trouve inopinément engagé dans quelque embarras où il faut reculer, c'est là qu'il est essentiel d'être bien maître de la bouche de ses chevaux, sans quoi, au lieu de reculer proarptement et droit, on risquerait de se mettre en travers, d'être soi-même froissé, ou d'occasionner quelque accident.
En voyage, il est bon de mener alternativement au trot et au pas pour ménager les chevaux quand ils doivent faire tiae longue route ; de les soutenir dans les mauvais chemins, de crainte qu'ils ne s'abattent; de mettre le timon sur l'ornière, apn que les chevaux marchent sur le bon terrain, etc.; mais dans les beaux chemins, il n'est pas mal de les laisser aller à leur fantaisie. Il faut avoir soin de traverser de biais les ruisseaux pavés, car si on les prenait en travers, on éprouverait une secousse qui pourrait casser l'essieu, ou tout au moins incommoder fortement les personnes enfermées dans la Toiture.
Les montées fatiguent beaucoup, mais les descentes sont plus dangereuses; c'est pourquoi il faut ralentir le pas aux approches d'une montagne, afin que les chevaux aient plus d'haleine pour la monter, et les laisser reposer un peu au sommet, s'ils sont essoufflés : quand il s'agit de descendre une pente rapide, il faut soutenir les chevaux d'une main ferme, ne pas négliger d'enrayer une des roues de derrière, afin de diminuer l'impulsion donnée à la voiture, et éviter avec soin les cailloux et ornières, le moindre choc suffisant
en pareil cas pour faire -verser ; ii est même quelquefois nécessaire de dételer une partie des chevaux.
Dans ies attelages de plus de deux chevaux, le postillon doit suivre attentivement l'impulsion du cocher, afin de ne pas- faire aller ses chevaux dans un sens contraire à ceux du timon ; ne pas fatiguer son porteur, se préparer à tourner d'aussi loin qu'il le pourra, et ne pas faire trop tirer, afin de ne pas forcer le cocher à tourner court. Quand la voiture se met en marche, le postillon part le premier, et, quand il faut reculer, il ne doit pas le faire trop précipitamment, dans la crainte que les traits traînant à terre, les chevaux ne s'y embarrassent; les chevaux du timon doivent retenir la voiture dans les descentes, et ceux du devant, tirer dans les montées.
Le postillon qui conduit une chaise à deux chevaux n'a d'autre attention à avoir que de bien diriger la roue droite ; car la gauche se trouvant précisément derrière la croupe de son chevai, passera partout où il aura passé; il pourra tourner court s. gauche ; mais à droite, il faudra qu'il prenne le tournant de loin : quand il voudra retenir son cheval de brancard, il lui soutiendra la tête eu levant la longe de main aussi haut qu'il sera nécessaire; il fera tirer son porteur en montant, pour soulager le cheval de brancard ; mais hors de là, le plus grand effort viendra de celui-ci; enfin, un postillon adroit doit éviter avec soin les pierres et les ornières.
Les postillons qui ont la prétention de mener avec grâce, fout aller leur porteurau petit galop; tandis que l'autre cheval ne fait que trotter : comme cette allure fatigue le premier plus que le trot ordinaire, on y renonce quand les chevaux ont une longue route à faire et que l'on veut les ménager. Les bidets de poste vont le petit galop, mais cette allure finit bientôt par faire place chez eux à celle que l'on désigne sous le nom A'aubin.
Le charretier distribuera sa charge de manière que le poids soit eu équilibre sur l'essieu, c'est-à-dire qu'il porte également du devant et du derrière; il ménagera ses chevaux en bon chemin, afin de les trouver plus frais quand il faudra donner un vigoureux coup de collier : il doit veiller à ce qu'ils tirent tous également; ne monter ni sur ses chevaux, ni sur ses voitures ; observer toutes les précautions indiquées plus haut à l'égard des ruisseaux, montées, descentes, etc.
Quand une charrette est tirée par plusieurs chevaux, on les attelle communément à la file les uns les autres, et l'on