DO CHOIX DES ALIMENTS
On nourrit les chevaux au vert et au sec. Le vert est plutôt un régime de circonstance qu'une nourriture habituelle : il se donne aux chevaux que l'on veut rafraîchir ou relâcher, à ceux qui sont épuisés, ruines, ou atteints de quelque maladie qui rend sou usage nécessaire , aux jeunes chevaux qui ont besoin de prendre du corps. On reconnaît qu'il opère favorablement, lorsqu'apiôs avoir été fortement purgés par son usage, on voit les chevaux reprendre de l'embonpoint ainsi qu'un poil frais et luisant.
Le printemps est la saison la plus convenable pour mettre les chevaux au vert. Il faut !e couper le matin tandis ( qu'il est encore couvert de l'humidité de la rosée, parce qu'il lâche mieux le ventre; et le donner par poignées; car si on le jetait en tas devant les chevaux, Us s'en dégoûteraient dès qu'ils auraient souillé dessus (1).
Quand le cheval est très-maigre, il faut en même temps lui donner une ou deux fois par jour du son humecté. C'est une erreur commise par quelques auteurs, de croire que le foie d'antimoine donné dans le son empêche les dents de s'agacer et prévient la formation des vers et la ïburbure pendant l'usage du vert; mais lorsque l'on remet le cheval au sec, on peut lui faire prendre, pendant huit à dix jours, 16 ou 32 grammes de cette poudre, avec 4 grammes d'éthiops minéral. Il faut tenir les chevaux chaudement pendant ce régime, les faire travailler modérément et de manière à ne les point fatiguer; mais c'est encore une erreur de croire qu'il faille s'abstenir de les panser et les laisser croupir dans la malpropreté. M. Huzard recommande, au contraire, de les bouchonner au moins deux fois par jour si on ne les panse à fond, précaution d'autant mieux indiquée, que l'usage du vert fait beaucoup transpirer.
Le meilleur vert est l'orge avant que l'épi sorte du fourreau ; plus tard, il passe pour provoquer la fourbure : il y en a de deux espèces, l'escourgeon, qui se sème en hiver et se coupe en avril, et l'orge proprement dite, qui se sème en mars et se coupe en mai. L'escourgeon est regardé comme plus nourrissant que l'orge commune, et celle-ci comme laxalive.
On donne encore en vert le sainfoin, le trèfle, la luzerne et
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