‹ Nouveau manuel complet du vétérinaire par m. LebeaudChapitre 49 sur 120 · DE LA RATION CONVENABLE A CHAQUE ESPÈCE DE CHEVAUX · texte numérisé non relu

DE LA RATION CONVENABLE A CHAQUE ESPÈCE DE CHEVAUX

La ration d'un cheval doit être proportionnée à sa taille, à son appétit naturel, à son âge, mais surtout à son genre de vie ; car il est évident que celui qui travaille beaucoup doit manger davantage que celui qui reste à l'écurie ou qui n'en sort que pour traîner pendant quelques instants un léger cabriolet ou un brillant équipage.

Un cheval bien en chair, ni trop gras, ni trop maigre, a ■ plus d'haleine, plus de liberté dans ses mouvements, et résiste mieux à la fatigue que celui qui est surchargé d'embonpoint. Ainsi donc, quand un cheval a été épuisé par le manque de nourriture., la fatigue, les maladies ou toute autre cause, il est nécessaire do le forcer un peu en nourriture pour le remettre en chair, après l'avoir saigné et purgé s'il y a lieu; mais arrivé à ce point, il ne faut pluslui en donner que ce qui lui est nécessaire pour l'y maintenir. On ne doit pas perdre d'ailleurs de vue, que des chevaux nourris outre mesure sont très-sujets à la pousse, au farci"», à la gras-fondure et à plusieurs autres maladies.

Les chevaux de manège ont besoin de peu de nourriture, parce qu'ils sont très-fins et ne font qu'un exercice très-borné. Celle des chevaux de selle est subordonnée à leur taille et au service qu'on leur fait faire : les chevaux de carrosse en demandent davantage, et ceux de charrette encore plus, parce qu'ils sont très-épais et travaillent beaucoup. Ces diverses proportions peuvent être réglées, par approximation, de la manière suivante :

Pour un cheval de selle de bonne taille ou de cabriolet, 5 kilog. de foin, 6 kilog. de paille et 25 litres d'avoine ou quatre picotins.

Pour un double bidet, 4 kilog. de foin, A. k 5 kilog. de paille, 19 litres d'avoine.

Pour un simple bidet, 3 kilog. de foin, 4 kilog. de paille, deux picotins ou 12 litres et demi d'avoine.

Pour un attelage de carrosse, 12 à 15 kilog. de foin, environ autant de paille, et 75 à 100 litres d'avoine.

Deux forts chevaux de chaîrette, travaillant beaucoup, peuvent manger jusqu'à 100 ou 125 litres d'avoine, du foin et de la paille en proportion. On pourrait économiser beaucoup de grain sans nuire à la santé des chevaux, en le mélangeant avec de la paille hachée.

DU PASSAGE EN GÉNÉRAL. 99 Quand les chevaux cessent de travailler, il faut retrancher une portion de leur nourriture, mais graduellement et non tout-à-coup ; de môme que lorsque l'on remet un cheval au travail après l'avoir laissé reposer pendant longtemps, il faut l'y habituer petit à petit et augmenter son ordinaire dans la môme proportion.

Si l'on s'aperçoit qu'un cheval soit sujet à suer dans l'écurie sans cause apparente, c'est ordinairement un indice qu'il est trop nourri, et it faut diminuer sa ration; ou bien qu'il mange sa litière, ce qu'il faut encore empêcher, parce que cette paille échauffée passe pour disposer à la pousse.

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