‹ Nouveau manuel complet du vétérinaire par m. LebeaudChapitre 50 sur 120 · DU PANSAGE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DU PANSAGE EN GÉNÉRAL

Le cheval est un animal très-délicat, qui demande nonseulement une nourriture convenable, mais encore nu bon pansage., c'est-à-dire, la réunion d'une multitude de soins minutieux, non moins nécessaires à la conservation de sa santé qu'à la propreté.

En effet, il est à remarquer que de deux chevaux, dont l'an sera parfaitement nourri mais mal pansé, et l'autre pansé régulièrement, quoique moins bien nourri, celui-ci se conservera en meilleur état que le premier, toutes choses égales d'ailleurs. Le pansage doit se faire régulièrement malin et soir, et les personnes très-soigneuses le répètent dans le milieu de la journée, mais moins à fond.

On prend d'abord l'étrille de la main droite, et on la promène légèrement sur tout le corps du cheval depuis la naissance de la queue, en suivant successivement la croupe, la hanche, les côtés, les épaules et l'encolure, jusqu'aux oreilles. On procède de même de l'autre côté, et on la fait agir jusqu'à ce qu'elle n'amène plus de crasse : alors on la quitte pour répéter la mémo opération avec un bouchon de paille légèrement humecté que l'on promène à poil et contre-poil sur toutes les parties du corps, notamment celles où l'étrille n'a pas pu passer; on lisse ensuite le poil avec l'époussette, et l'on frotte avec soin le dedans et le dehors des oreilles, le dessous de la ganache, entre les jnmhes, les cuisses, etc. Quelques personnes se contentent de l'époussette sans se servir du bouchon.

Cela fait, prenant la brosse d'une main et l'étrille de l'autre, on brosse à poil et contre-poil, le front, les yeux, les sourcils, en un mot toute la tête, et l'on passe de là aux diverses parties du corps, ayant soin de frotter de temps en temps la brosse sur l'étrille, et de coucher le poil dans son

sens en terminant. Cette opération sert à enlever la crasse que l'étrille a laissée.

Quelques personnes commencent par les pieds de derrière, en frottant successivement la couronne, le paturon, le boulet, le canon, le jarret, et passent de là aux autres parties du corps, en terminant par la tète; l'étrille doit toujours marcher a rebrousse-poil. Il est bon d'avertir le cheval avant de l'approcher, s'il estombraf;eux.

11 est surtout essentiel de frotter avec soin les jambes, du haut en bas, et du bas en hauteur, le long des nerfs et aux jointures. Cette opération, que l'on peut faire soit avec la brosse, soit avec le bouchon, concourt non-seulement à tenir les jambes propres, mais encore à faciliter la circulation dea humeurs et prévenir les engorgements.

Après ces divers pansements, on prend un seau d'eau fraîche et une éponge très-propre que l'on y trempe à plusieurs reprises pour laver et bassiner le tour des yeux, l'ouverture des naseaux, le fourreau de la verge, le fondement, et enfin les jambes, que l'on aura soin de sécher après cette opération; le lavage des jambes peut encore se faire avec une brosse.

Enfin, prenant le peigne d'une main et l'éponge de l'autre, on démêle avec précaution les crins de la queue et ceux de la crinière, en commençant par le bas et remontant à mesure vers la racine; ensuite, on peigne dans le sens contraire, c'est-à-dire, de la racine en bas, en tenant l'éponge élevée, et faisant couler de l'eau dans les crins à chaque coup de pel-

Sie, et l'on finit par tremper la queue dans le seau pour la ver, si elle est trés-sale. Dans ce dernier cas, on peut la frotter avec du savon noir. On finit par couper l'extrémité des crins à la hauteur du fanon ou à peu près.

11 y a des chevaux si chatouilleux qu'ils ne peuvent endurer ni la brosse ni l'étrille ; on se contente alors de les frotter en tous sens avec la main humide, que l'on plonge dans l'eau de temps en temps pour la laver; c'est ce que l'on nomme panser à la main. On a vu plus haut que les poulains se pansent de cette manière jusqu'à un certain âge.

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