DE LA MANIÈRE DE FERRER , EN GÉNÉRAL
Après avoir attaché le cheval avec sa longe, le palefrenier ou un garçon maréchal prend le pied dans ses deux mains,- si c'est un de ceux du devant; ou, si c'est un de ceux de derrière, il se place contre la croupe, le dos tourné du côté de la téte du cheval, et descendant la main le long de la jambe par dessus le jarret, il va prendre le pied, qu'il lève doucement, et le pose sur sa cuisse, où il le maintient ferme avec ses deux mains, la sole tournée en l'air.
Il ne faut jamais trop écarter du corps du cheval, ni élever trop haut la jambe que l'on tient. S'il est difficile et malin, on emploiera tous les moyens que la patience et la douceur pourront suggérer, sans jamais le brutaliser; et l'on ne recourra au travail, aux murailles, au torche-nez et aux autres moyens de rigueur, que quand tous les autres seront épuisés.
Quand on se sera rendu maître du pied, l'homme chargé de le tenir s'affermira du mieux qu'il pourra pour n'être pas entraîné dans les efTorts du cheval, mais sans y mettre beaucoup do force, ni vouloir s'opposer trop à ses mouvements ; et quand l'opération sera finie, ii ne lâchera pas le pied brusquement, mais l'accompagnera doucement jusqu'à terre. Enfin, il faut prendre garde que la longe ne serre le nez du cheval ou ne lui passe dans la bouche, parce qu'en tirant sur elle, il pourrait s'oter la respiration ou se couper la langue.
Quand le pied est levé et tenu convenablement, le maréchal prend le rogne-pied, dérive les vieux clous, puis, avec ses triquoises, enlève le vieux fer, nettoie le pied avec soin, le pare, c'est-à-dire enlève les portions de corne superflue; et après en avoir pris la mesure, va choisir un fer qu'il fait chaulfer, l'ajuste, et revient l'appliquer pendant quelques secondes sur le pied, en appuyant légèrement avec les branches des triquoises. Ensuite il Je laisse refroidir, broche un clou