DU «ODS DE FERRURE PROPRE A CHAQUE FORME DE PIED
Après avoir examiné d'une manière générale les préceptes relatifs à l'art de la ferrure, il est bon de jeter un eoup-d'œil sur les moyens d'approprier la chaussured'un cheval au genre de service auquel il est employé, et sur la manière de ferrer certains pieds d'une conformation particulière.
Les chevaux de labour ou de charrette, ayant le pied trèsfort et marchant presquo toujours sur des terrains mous ou dans la boue, demandentà cet égard beaucoup moins d'attention que tous les autres.
Pour ceux de carrosse, surtout quand ils ont le pied grand et ample il faut empêcher qu'il ne s'élargisse davantage. A cet effet, ne voûtez pointle fer, n'abattez pas trop les talons, et blanchissez simplement la sole. Ferrez juste, ne brochez pas trop haut dans la crainte d'éclater la corne. Pour affermir d'autant les fers dont il s'agit, on y fait un pinçon.
Les chevaux de selle doivent être ferrés à la légère. Pour ceux de manège, il faut employer des fers légers et trèsdécouverts.
Aux chevaux pînçarts, c'est-à-dire qui appuient beaucoup sur la pince, on met de forts pinçons , et l'on cloue le plus près du talon : a eaux qui forgent, c'est-à-dire qui attrapent en marchant leurs fers de devant avec la pince de ceux de derrière, on met des fers très-courts d'éponge au-devant et à pince tronquée au derrière.
Aux chevaux qui se coupent en marchant, il faut laisser déborder un peu de corne en mamelle s'ils se coupent avec cette partie ; et se servir d'nn fer dont la branche de dedans soit courte, étroite et incrustée dans la muraille., s'ils se coupent des quartiers.
Aux pieds plats, il faut examiner d'abord l'état des quartiers et des talons : si les quartiers sont mauvais, il faut avoir des branches longues, et faire en sorte que t'éponge porte dans l'endroit le plus fort du talon ; si, au contraire, le quartier est bon et les talons mauvais, on raccourcit les éponges de manière à ce qu'elles portent à l'endroit le plus fort du quartier. Il faut, dans tous les cas, faire en sorte que la fourchette porte à terre, malgré l'avis contraire de quelques maréchaux.
Ces pieds deviennent assez souvent combles, surtout chez les chevaux élevés dans des terrains marécageux, ou dont la ferrure a été négligée pendant que leur pied n'était encore que plat. Il faut épargner le plus possible la corne des quartiers; ne blanchir la sole que très-légèrement pour ne pas la rendre trop sensible; employer un fer couvert, en prenant garde qu'il ne comprime la sole; ferrer a fruid, percer trèsmaigre ; graisser de temps à autre le sabot pour faire pousser la corne; et laisser reposer le cheval pendant quelques jours, chaque* fois qu'on l'a ferré à neuf. Les chevaux qui ont les pieds très T combles ne peuvent plus guère servir que pour la charrue.
hespieds encastelés ou qui sont très-serrés des talons, le sont ou par vice naturel de conformation, ou par accident. Danses dernier cas, il faut parer les talons à plat sans les
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creuser non plus que les quartiers, et ferrer court, afin que ïa fourchette porte à terre.
Aux talons àns et faibles,, il faut des fers un peu couverts, et assez longs pour protéger les tâtons, qui seraient foulés et meurtris s'ils portaient à terre. Le fer à planche convient beaucoup dans ce cas.
Aux chevaux qui ont la corne mince; faible ou éclatée, il faut des fers don Lies branches soient longues, des clous bien affilés et déliés de lame ; ahaltre toute la corne qui sera éclatée, parce qu'elle ferait fendre la bonne, et disposer les étampures du fer de manière qu'elles correspondent aux endroits où !a muraille est boune et susceptible de donner implantation aux cious.
Il y aurait une foule d'autres remarques à. faire sur les indications particulières qui peuvent se présenter dans là pratique de la ferrure. Mali un véritable al-lisie, qui aura quelques connaissances de l'aniitomic du pied el qui ue sera pas Slraofrer à la théorie de son art, slftra apercevoir ces indications, et se conduira en conséquence.
Les auteurs s'accordent généralement à blâmer le mode de ferrure adoptée pour les mulets. C'est une grande plaque de fur presque ronde, appelée planche, et percée d'un trou dans le milieu , ou bien un large fer plus long et plus couvert que les autres, appelé flenrentine ; dans tous les cas, le fer déborde Le Snbot de beaucoup, surtout en plnre.
La ferrure en question a de nombreux inconvénienls : elle rend le pus des mulets extrêmement lourd; quand ils marchent dans les terres fortes, leurs fers sont sujets à y rester, ou en emportent des masses énormes; ils trébuchent à chaque pas dans les chemins pierreux et raboteux, parce que leurs fers étant beaucoup trop larges, portent à faux a chaque instant; la même cause les empêche aussi démarcher dans les montagnes, où ils ne trouvent que des sentiers étroits. v