CHEVAUX VICIEUX
On nomme taches de ladre les portions de peau ayant une teinte rosée, qui sodI recouvertes d'une espèce de duvet court; ces taches *e remarquent particulièrement au pourtour dos ou v c r tu re s na tu r elles .
La beauté d'un cheval dépend beaucoup de la nature de sa robe : il n'en est pas de même de la bonté, malgré l'opinion de beaucoup de personnes qui croient pouvoir juger de la pureté des races et du degré de vigueur par la couleur du poil ou les marques particulières ; mais on peut supposer avec probabilité qu'un cheval souffre lorsqu'il n'a pas le poil frais, c'est-à-dire uni et luisant. On peut dire cependant avec vérité que les robes foncées sont très-souvent compagnes d'une conslitution robuste et de beaucoup de vigueur, tandis que c'est le contraire pour les nuances claires.
HES CUEYÀUX VICIEUX.
L'éfnde du caractère des chevaux est pour le moins aussi utile que L'examen de leurs formes extérieures, car un cheval de chétive apparence pourra bien être d'un très-bon service, tandis qu'un cheval de très-grand prix n'en peut quelquefois rendre aucun s'il a dans le caractère des défauts essentiels que l'on ne sache pas corriger. .
De même qu'un sa'je instituteur parvient, à force de patience, à maîtriser l'écolier le plus indocile, de même aussi n'esUl poiut de cheval, tel vicieux qu'il soit, dont un habile écuyer ne puisse venir à bout. Mais il faut pour cela être homme de cheval, c'est-à-dire connaître à fond les mœurs, le caractère, l'instinct de cet animal; car un homme étranger à cette connaissance, loin de réussir à corriger le cheval le motos vicieux, Cnira par Faire une rosse d'un cheval excellent.
Les défauts les plus ordinaires du cheval sont d'être paresseux, lâche, timide, colère, impatient, malin, ombrageux, rétif, ramîngue, vicieux, etc.
La paresse provient souvent d'une constitution faible et molle, mais de grands coups de chambrière parviennent quelquefois à la dissiper. Les chevaux paresseux sont en général mélancoliques.
La timidité exige beaucoup de douceur de la part de l'écuyer.
La poltronnerie rend un cheval peu propre au manège et encore moins à la guerre ; ce défaut cède ordinairement aux moyens conseillés contre la paresse. Quant aux chevaux na- Vétérinaire. 3
turellement lâches, il est rare que l'on parvienne jamais "à en tirer aucun parti. ,
V impatience rend le cheval ardent, fougueux, prêt à tout i entreprendre : ceux de ce caractère sont difficiles à manier ; mais avec de la douceur et beaucoup de patience, on parvient à les maîtriser et à en faire de très-bons chevaux. 11 ne faut ni les brusquer ni les contrarier.
Le cheval colère s'offense de la moindre correction, et eu conserve la rancune pendant longtemps. 11 veut être conduit avec ménagement, mais avec fermeté, car si on lui cède et qu'il sente qu'on le craint, il deviendra intraitable.
Le cheval ombrageux est d'autant plus dangereux, qu'il fait des pirouettes et sauts de côté au moment où l'on s'y attend le moins. 11 ne faut pas. brusquer ces sortes de chevaux, mais les caresser, les flatter de la main en les rapprochant doucement de l'objet qui les effarouche : les chevaux que l'on brutalise sont pour la plupart ombrageux.
Le cheval malin est traître et rusé. Souvent il est trèsdocile en apparence; mais lorsqu'il n'a plus là crainte du châtiment, il se révolte et se défend avec opiniâtreté : on voit des chevaux de cette sorte retenir leurs forces et refuser le service par pure mauvaise volonté. Ce défaut demande do vigoureuses corrections et des services compliqués qui, forçant le cheval à prêter sans cesse attention, ne lui laissent pas le temps de combiner ses malices.
Le cheval rétif s'obstine a ne pas bouger de place quand il est dans ses moments de caprice, et n'obéit ni ù la bride ni aux éperons. C'est ici qu'il faut redoubler de patience et de fermeté : ce vice est très-fréquent chez les chevaux a qui l'on a passé trop de fantaisies, ou qui ont été battus sans raison ni discernement.
Le cheval vicieux n'a aucun attachement pour celui qui le soigne, rue et mord toutes les fois qu'il en trouve l'occasion. ■ Ce n'est qu'avec beaucoup de peine et avec des- punitions appliquées a. propos, qu'on parvient quelquefois à corriger les chevaux vicieux; du reste, ce défaut est souvent le ré- | sultat des mauvais traitements plus que l'effet d'un caractère catu relie ment mauvais.
On ne saurait trop rappeler aux amateurs et propriétaires de chevaâx, que l'éducation de ce précieux animal demande beaucoup de douceur, de patience, d'habitude, mais en même temps de fermeté ; qu'un cheval a assez d'intelligence pour conserver le souvenir des bons comme des mauvais
ANÀTOHIE ET PHYSIOLOGIE.
traitements; qu'une punition injuste, trop sévère, ou appliquée mal à propos, produit un effet tout différent de celui qu'on en attend; enfin, que les meilleurs chevaux Se perdent promptem'eut, et que ceux qui sont naturellement vicieux le deviennent davantage s'ils sont brutalisés, forcés de travail, ou confiés à des gens incapables de les gouverner.