CHAPITRE II
Conformation organique du cheval.
DE l'aNATUMIE ET DE LA PHYSIOLOGIE.
On ne peut bien distinguer les beautés et les imperfections extérieures du cheval; on ne peut bien connaître les causes qui peuvent influer d'une manière quelconque sur la santé de cet animal et sur les services que l'on en retire, si l'on ce possède des notions d'anatomie et de physiologie.
L'anatomie est l'étude particulière des parties qui composent la machine animale : elle traite de leur structure, leur forme, leur situation, leurs usages, leurs rapports respectifs. La physiologie considère ces mômes parties en action : elle recherche les causes des phénomènes de la vie, explique les lois en vertu desquelles ils s'exécutent, et décrit ces mêmes phénomènes.
Tous les animaux se composent de parties dures, de parlies mnlles et de liquides. Les premiers sonl : les os, les cartilages et la corne ; les secondes comprennent la peau, le lisçu cellulaire, les membranes, les muscles, les vaisseaux, les nerfs, les glandes et les viscères ; les liquides sont : le sangla lymphe, le chyle, la bile,le lait, la semence, l'urine, l'humeur de la transpiration, et quelques humeurs particulières qui jouent un rôle moins important. La totalité de ces liquides forment envirou les huit neuvièmes de la masse; mais celte proportion, plus grande encore dans l'enfance,, décroît en avançant vers la vieillesse.
On donne le nom de fibre à la partie la plus déliée des solides : ce sont ces libres élémentaires qui, réunies etaggioiniréescn forme de faisceaux plus ou moins serrés, composent, pur la variété de leur arrangement, de leurs disposions, de leur cousistaucc, les divers tissus qui entreut dans la composition de la machine animale.
L'atiaLomie se divise en plusieurs branches principales, qui sont : l'ostéologie, ou l'étude des os; la myologie, ou
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l'étude des muscles; la névrologie, ou l'étude des nerfs; l'angiologic, oa l'Étude des vaisseaux; la splanchnologie ou l'élude des viscères; l'adénologie, ou l'étude des glandes; l'hygroiogie, ou .l'étude des liquides, etc., etc.
Les os forment' la charpente de la machine animale : ils en sont les leviers et les poulies, outre qu'ils servent de support- et de poiut d'appui à toutes les autres parties; rougeàtres ( t mous dans l'enfance, blancs et solides chez l'adulte, ils deviennent secs et cassants dans la vieillesse.
Les muscles complètent l'ensemble de l'appareil locomoteur; ce sont les cordes et ressorts qui meuvent les leviers, et par suite toute la machine. Couchés autour des os, et inégalement répartis dans les diverses parties du corps, ils en déterminent les contours, les formes variées, et complètent avec la charpente osseuse les grandes cavités.
Les vaisseaux, les nerfs et les glandes, quoique jouant aussi un grand rôle dans l'économie animale, frappent moins l'attention, parce qu'ils sont moins apparents que les autres parties. Les vaisseaux sont des canaux qui reçoivent et distribuent le sang et les autres fluides. Les nerfs sont des cordons blanchâtres qui portent dans toutes les parties du corps la faculté de sentir. Les glandes sont des organes particuliers pl is ou moins volumineux, composés de vaisseaux et de nerfs entrelacés et pelotonnés sur eux mêmes, qui se trouvent répandus soit dans les grandes cavités, soit sous la peau, erdans le voisinage des articulations.
Leur principal usage est de séparer du sang certaines humeurs qui, après avoir été élaborées dans ces organes, doivent être répandues dans In circulation, ou rejetées au dehors par les voies naturelles. Lorsque l'émission de ces humeurs est ralentie par une cause quelconque, elles séjournent dans les glandes et y occasionnent des engorgements plus ou moins rebelles, ainsi qu'on le remarque dans une foule de maladies.
Les glandes principales sont : la laerymtle, Isa salivaires, le foie, le pancréas, les reins, les testicules, les mamelles. On désigne plus spécialement bous le nom de follicules, des petits corps glandulaires répandus en grand nombre dans la peau, les membranes, et préposés à la sécrétion des humeurs destinées à lubréfier ces surfaces; ot sous celui de ganglions, une sorte de noyaux giauduleux flottant suus la peau, spécialement formés par les ranjuscules lymphatiques, auxquels ils servent de point de réunion. On les trouve en grand nombre le long du cou, dans le voisinage de la tête, entre les branches de la mâchoire postérieure, dans la région du gosier, dans le pli des principales articulations, aux aines, aux ors, dans le
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mésentère, le médiastin, le voisinage des bronches, etc., etc.; ils s'engorgent dans la morve, le farcin, la gourme, certaines affections calarrliales, et acquièrent parfois un volume extraordinaire.
Les viscères font des appareils compliques renfermés dans les grandes cavités, la tète, la poitrine, le ventre ou l'abdomen, et chargés d'exécuter les grandes fonctions de la vie.
Après les viscères viennent plusieurs organes secondaires, qui sont le siège d'autant de sens particuliers, ce sont : l'œil, organe de la vue ; la bouche, organe du goût; l'oreille, organe de l'ouïe; et la peau, organe du toucher.
Les liquides sont très-nombreux, et leurs usages multipliés. Les uns, tels que le sang et la lymphe, servent à alimenter la circulation, a entretenir la chaleur et la vie; d'autres, tels que le chyle, sont préposés à réparer les pertes de ceux-là; d'autres, tols que la salive, la bile, le suc pancréatique, servent à ramollir, délayer et dissoudre les substances alimentaires; d'autres, tels que l'urine et l'humeur de la transpiration, rejettent au dehors les humeurs inutiles ou nuisibles; d'autres servent à entretenir la souplesse dus surfaces qu'ils baignent, comme l'humeur dos membranes séreuses, ou à les garantir du contact des corps étrangers, comme l'humeur qui lubrefie les muqueusen de l'appareil respiratoire et des intestins.
Les diverses parties énumérées ci-dessus forment plusieurs groupes principaux -qui composent autant d'organes ou appareils chargés de fonctions propres à chacun d'eux. Les fonctions se rapportent à trois chefs principaux : 1° les fonctions de relations; 2° les fonctions nutritives; 3° enfin les fondions génératrices; Dans la première série, on range lus sensations internes et externes, la voix, la prosopose et les mouvements de locomotion, Parmi les fonctions nutritives, se trouvent la digestion, la respiration, la circulation, les Sécrétions, la nutrition et l'absorption. Les fonctions généra- Iriees comprennent cinq grandes opérations, qui sont : la copulation, la fécondation, la gestation, le part et la lactation. L'ensemble de ces diverses fonctions constitue la vie, et les dérangements que l'une ou plusieurs peuvent éprouver, constituent la maladie.
Telles sont, en peu de mots, les principales généralités de l'anatomie et de la physiologie. Une étude détaillée de ces sciences sortirait entièrement du cadre d'un livre plus spécialement destiné aux amateurs et propriétaires de chevaux, qu'aux élèves d'hippiatrique; mais une courte description des organes chargés des fonctions animales les plus importantes
ne sera pas inutile pour compléter l'ensemble des connaissances nécessaires à un homme de cheval.