‹ Nouveau manuel complet du vétérinaire par m. LebeaudChapitre 72 sur 120 · DES PURGATIFS · texte numérisé non relu

DES PURGATIFS

Les purgatifs sont employés avec succès, dans la médecine vétérinaire, dans une foule de circonstances; autant l'emploi bien entendu des médicaments de cette classe peut être utile, autant leur abus peut devenir nuisible, surtout quand l'appareil digestif est déjà le siège d'une inflammation locale.

Lapurgation peut être nécessaire comme curatif ou comme préservatif, aux chevaux de toute espèse, depuis le cheval de manège jusqu'à celui qui traîne la charrette ou laboure la terre. Mais cette nécessité est subordonnée, jusqu'à certain

Eoint, à leur manière d'être et à leur genre de vie habituel, es chevaux nourris au sec, qui prennent plus de nourriture qu'ils ne travaillent; ceux qui sont épais, chargés de graisBe, sujets aux engorgements des jambes, ou qui mangent de mauvais aliments, demandent à être purgés aussitôt qu'ils perdent l'appétit; il vaudrait mieux cependant essayer d'abord des moyens hygiéniques appropriés à leur état : les chevaux de manège, les chevaux lins, qui ne sont pas surchargés de nourriture, et les chevaux de fatigue qui travaillent plus qu'ils ne mangent, éprouvent rarement ce besoin. En général on ne doit purger que quand il est évidemment nécessaire de débarrasser directement l'intestin. L'état de constipation, par exemple, ne demande souvent que la diète et quelques lavements.

Si l'on donnait une forte purgation à un cheval déjà échauffé par la maladie ou par une cause quelconque, sans l'avoir préparé préalablement, il pourrait en résulter des désordres incalculables, au lieu des bons effets que l'on s'en était proposés.

La veille ou l'avant-veille d'un jour de médecine, on retranchera de la ration du cheval le foin et l'avoine ; on lui donnera de la farine d'orge ou du son délayé dans de l'eau chaude .trois fois par jour, un ou deux lavements s'il est très-

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échauffé; on évitera de le faire travailler, et on le laisser* toute la nuit sans manger, si ce' n'est au plus un peu de pai! ie.

On fera prendre la médecine de grand matin; si c'est un breuvage, on le donnera tiède; si c'est une pilule, on la fera' suivre- d'un peu d'eau blanche chaude; Deux heures après, on donnera nu cheval un 1 picotin de son sur lequel on aura versé un peu auparavant un seau d'eau bouillante, et l'on 1 répétera ce mélange deux; ou trois'fois dans la matinée. On' tiendra l'animal chaudement, on le promènera dans un endroit sec et couvert ; mais on ne L'exposera ou froid sous aucun prétexte.

Si la purgation occasionne des tranchées, on administrera, quelques lavements simples ou huilent; si elle agit difficilement, on lu promènera au pas et on lui donnera autant d'eau blanche chaude qu'il un pourra boire; on tiendra la conduite contraire si elle agit trop. La ncurriture de la journée se composera d'un peu de bon foin, aviic une ration d'orge Je soir; il ne sera pas mal de continuer L'usage d-* l J eau blanche le lendemain, afin de calmer l'irritation causée par l'cH'et du purgatif, et de ménager le cheval pendant deux ou trois jours, tant sous le rapport du travail que sous celui du régime, quand mèrae il ne serait pas tout-à-fait malade. .

Les purgatifs occasionnent parfois des superpurgations ou évacuations excessives, soit parce que la dose aura été trop forte pour le tempérament du cheval, soit parce qu'on l'aura exposé au froid, nu pour toute autre cause : dans l'un ou l'autre eus, il faut administrer quelques lavements adoucissants et calmants, tels que ceux de graine de lin avec des têtes de pavot, et dus décodions émollientes en boisson. On pourra aussi lui faire avaler de temps à autre, selon la gravité des circonstances, un litre d'une forte décoction de têtes de pavot miellée : le cheval aura besoin d'être traité pendant quelques jours comme s'il venait de faire une maladie.

Vbyeï les formules de quelques purgations appropriées aux . divers tempéraments.

DESCRIPTION ET TRAITEMENT DES itALADIÉS IES FIUS ORDINAIRES AUX CHEVAUX.

Abattement. Diminution notable et subite des forces du cheval'. Symptôme vague qui précède 'quelquefois plusieurs maladies, ou- Se montre à leur début, et qui ordinairement fait connaître aux personnes qui soignent le chevttl, que celui'cl est malade. L'animai répugne a agir; les forces- musculaires lui manquent pour exécuter les mouvements; il est in-

différent aux excitations de la voix et de la main. Au lieu d'offrir de la nourriture au cheval ou de lui administrer des médicaments souvent plus nuisibles qu'utiles, il faut mettre le malade à la diète et se mettre à la recherche de la nature et du siège du mal, dont l'abattement n'est qu'un siimc précurseur ou accessoire, et auquel ou appliquera le traitement convenable.

Abcès. On nomme ainsi les collections de pus formées dans les parties du corps autres que les cavités naturelles. Voyez Tumeurs.

^galaxie. C'est ainsi qu'on désigne l'absence du lait dans les mamelles des juments nourrices. Celte circonstance ne se rencontre guère que dans les bètes âgées. Elle résulte le plus fréquemment de l'épuisement général des forces de l'animal, de sa faiblesse ou de l'inflammation des mamelles. Dans le premier cas, donnez k la jument une nourriture plus substantielle, plus nourrissante; dans le second, ayez recours aux moyens propres à calmer la phle^masie des organes sécréteurs du lait. Voyez Inflammation des mamelles.

Allonge. Voyez Entorse.

Amputation. Retranchement de quelque partie du corps, opérée d'une manière méthodique à l'aide d'instrument tranchant. On ampute quelquefois les oreilles da cheval, pour rectifier certain vice de conformation. On est quelquefois obligé d'amputer la langue dai,s le cas de lésion très-grave de cette partie, ou d'une solution de continuité fort étendue. On ampute aussi quelquefois la verge du cheval, quand l'intérieur du fourreau et le pourtour du pénis se trouvent recouverts, surchargés ou remplis d'excroissances devenues énormes, d'ulcérations profondes. L'étendue de cet ouvrage ne nous permet pas d'entrer dans tous les détails relatifs à ces opéralions. Nous allons faire connaître succinctement l'amputation de la queue à la française et à l'anglaise.

L'amputation de la queue consiste à en retrancher un ou plusieurs nœuds à l'aide du boutoir ou d'uu instrument nommé coupe-queue : lorsque l'on se sert du boutoir, ce qui est le plus ordinaire, on place sa partie tranchante eu dessous de la queue, après avoir préalablement coupé les crins qui pourraient embarrasser; et on frappe en-dessus un fort coup d'un morceau de bois assez pesant, puis on cautérise avec un fer rouge.

Si on veut que le cheval porto la queue avec plus de grâce, on la lui coupe à l'anglaise. Voici en quoi consiste cette opé- Vétérinaire. \%

ration, qu'il est boa de faire précéder et suivre de trois ou quatre jours de régime délayant, surtout si le sujet est irritable :

Après avoir noué les crins, mis les entraves aux pieds de derrière, et placé un torche-nez, on fera tenir par un aide la queue perpendiculairement ; et ayee un instrument tranchant dont la lame a la forme d'une serpette, on fera la section des deux muscles abaisseurs, qui doivent sortir en partie par chaque incision, sauf les deux dernières; ces incisions seront au nombre de quatre ou cinq de chaque côté ; les doux premières doivent être piacées à deux travers de doigt de l'anus : plus près, on pourrait attaquer le ligament suspenseur de l'anus, et les suivantes à pareille distance les unes des autres. Ou coupera chaque partie de chair sortante ; puis on fera rentrer l'animal a l'écurie pour lui mettre la queue à la poulie, c'est-à-dire qu'une corde fixée à l'extrémité des crins, passera dans des poulies attachées au plafond, et supportera un poids de quelques (ivres par son extrémité mobile. Cette manière a l'avantage d'en faciliter le port et de hâter la guérison des plaies, que le frottement continuel retarderait si on la laissait pendante. Cependant il ne faut point la charger d'uu poids trop considérable, qui, en la tirant trop fortement, pourrait occasionner des accidents graves. Il arrive quelquefois qu'èn faisant la section des muscles abaisseurs, on coupe l'artère coccygienne, ce dont on s'aperçoit à la sortie du sang, qui a lieu par jefs : on doit aiors appliquer un appareil composé d'étoupes et de ligatures, qu'on ne laissera que le temps suffisant pour arrêter l'hémorrbagie : six ou huit heures sont autant qu'il en faut, après quoi on l'ote; car si on l'y laissait quatre ou cinq jours, comme quelques personnes le recommandent, il pourrait en résulter des compressions telles que la chute de la queue ait lieu.

Les accidents qui peuvent accompagner cette opération sont : 1° un engorgement inflammatoire considérable, qui sera combattu par les saignées, les émollients, et par l'enlèvement de la presque totalité du poids placé à l'une des extrémités de la corde ; 2° la gangrène, qui est souvent la suite d'une vive inflammation, et qai donne lieu quelquefois à la chute de la queue, requiert l'emploi des toniques, tant à l'intérieur qu'a l'extérieur {vin de quinquina camphré), des scarifications et du feu; 3° les Gstules, presque toujours occasionnées par la carie des coccygiens, pourront être traitées par l'application du feu sur la partie de l'os qui les entretient, ou par des pausements avec des étoupes chargées de teinture d'aloès; 4 ,J enfin, les cerises, que les caustiques, tels

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que lo sulfate de cuivre (vitriol bleu), la potasse, etc.) feront disparaître si elles ne sont pas entretenues par quelque point carié.

Amulettes. Nous ne saurions trop éclairer les propriétaires d'animaux sur leurs véritables intérêts, sur les inconvénients sans nombre, sur les dangers auxquels ils s'exposent en abandonnant le traitement de leurs animaux aux vendeurs d'ingrédients, aux gens qui se disent possesseurs de recettes médicamenteuses ou autres, aux pratiques bizarres, absurdes ou superstitieuses auxquelles les charlatans attribuent des qualités, des vertus, des effets cachés, susceptibles de prévenir des maladies, de les guérir, d'empêcher les prétendus maléfices, et d'éviter les mortalités ou d'autres malheurs. Los 6onquistes, les devins, les maiges, les sorciers, etc., ne font que des dupes et causent souvent la ruine des malheureux qui, trop crédules, leur accordent leur conliauce.

Angine. Synonyme d'étranguillon, mal de gorge, esquinancie. voyez Esquinancie.

Ankylose. Maladie dans laquelle les mouvements des os qui composent une articulation sont entièrement empêchés ou extrêmement gênés. Ce mal paraît provenir essentiellement, soit d'une inflammation des ahouls articulaires, soit d'une blessure de l'articulation, soit par suite de vieillesse et d'épuisement. L'ankylose confirmée- est incurable ; lorsqu'elle n'est que commençante, on peut espérer de la guérir par l'emploi des résolutifs les plus énergiques, tels que l'onguent mercuriel double, soit seul, soit mélangé avec l'onguent de laurier; la pommade ammoniacale, le feu, etc. Ces moyens doivent être soutenus par un régime à la fois doux et substantiel, et un exercice modéré. Voyez Régime.

Anorexie. Inappétence, perte de l'appétit, état qui ne doit pas être confondu avec lo dégoût, et qui s'observe dans la plupart des maladies, principalement dans celles des voies alimentaires. Avant d'administrer des ioniques et des amers, on doit chercher à reconnaître les affections primitives ou secondaires qui peuvent y donner lieu; ce sont elles seules qu'il faut combattre.

Ântrax, Yoyeï Charbon.

Anus (maladie de Y). On voit quelquefois dus chevaux dont l'anus est considérablement dilaté, soit par l'effet d'une purgation violente, d'un long dévoiement, ou par toute autre cause capable de relâcher les muscles de cette partie. Il faut

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recourir d'abord à l'une des fomentations énaolhentes prescrites dans le cours de ce Manuel, telle que celle n° 72, et y substituer ensuite une forte décoction de plantes aromatiques ou d'écorce de grenade, dans le via rouge. 11 peut aussi se déclarer une fistule dans cette partie, soit par suite d'un coup, d'une blessure quelconque, ou après l'amputation de la queue à l'anglaise, si la première section des muscles a été pratiquée trop près du fondement. Si la fistule n'est pas trop invétérée, on peut tenter de la guérir en élargissant l'ouverture avec le bistouri pour y introduire des plumasseaux enduits de digestifs animés, de teinture d'aloès, ou de quelque autre préparation analogue. Voyez Fistule. Aphthes. Voyez Chancres.

Apoplexie. Les chevaux que l'on emploie aux travaux agricoles pendant les fortes chaleurs de l'été sont assez exposés à cette affection, connue plus particulièrement sous le nom de coup de sang. Elle se manifeste le plus souvent d'une manière subite, elle frappe le cheval comme d'un coup de foudre. L'animal tombe tout-à-coup sans sentiment, sans antre signe de vie que le battement des flancs et des sueurs abondantes. II meurt promptement. Lorsque la guérison a lieu, la convalescence est souvent longue. Le traitement doit être prompt et énergique. On place le malade dans un lieu frais; on fait sur la tôte d'abondantes lotions d'eau très-froide, ou de douches d'eau légèrement vinaigrée ; on pratique la saignée, et on la réitère si le cheval est jeune, pléthorique, chargé d'embonpoint. On se trouve très-bien de la saignée a la sapbène et de celle produite par l'amputation de la queue ; on houchonnera fortement le malade, on lut administrera des boissons et dos lavements nitrés. Lorsque l'irritabilité générale est diminuée, on peut avoir recours aux purgatifs, aux exutoires et aux excitants de la peau.

Arêtes. Les arêtes ou queues de rat, sont des croûtes écailleuses qui se forment le long du canon, dont elles font tomber le poil, et d'où suinte par fois une humeur àcre et infecte. La même éruption prend le nom de grappe quand elle se présente sous la forme de petits boutons groupés autour d'un point commun.

Cette maladie, qui se manifeste communément pendant la mauvaise saison, a pour cause immédiate la stagnation d'humeurs viciées, des eaux aux jambes, et provient presque toujours d'une disposition individuelle. Le meilleur moyen de la prévenir est de tenir les jambes très-propres, et de les frotter fréquemment pour entretenir la circulation.

Cette affection doit se combattre par tous les moyens propres à rétablir ou à régulariser la circulation et a redonner du ton aux parties : ainsi on aura soin de promener le cheval, de lui laver et frotter fréquemment les jambes ; on évitera soigneusement de le tenir dans une écurie humide ou malpropre. Les lotions d'eau saturée de sel ammoniac avec addition d'eau-de-vie camphrée, n° 79 bis; celle d'eau do Goulard, n° 74, le li ciment savonneux camphré, n° 79, pourront être employés avec succès; on peut retirer aussi de bons effets de l'onguent mercuriei double, et de la pommade ammoniacale sur la fin de la cure. Si la maladie résiste à ces divers moyens, il faudra recourir au traitement tant interne qu'externe, prescrit pour les eaux aux jambes.

Ars (cheval frayé aux). Vieux mot qui indique une sorte d'inflammation passagère accompagnée de gerçures, qui survient dans cette partie de l'avant-main aux chevaux serrés des épaules et qui ont été employés à un exercice fatigant. Il suffit ordinairement de bassiner la partie malade avec une forte décoction émollicnte tiède.

Astite. Hydropisïe abdominale. Elle se forme ordinairement peu à peu. et se décèle par l'augmentation du volume du ventre, l'œdematie des membres, et surtout par la fluctuation du fluide épanché. Cette maladie est souvent une conséquence de l'inflammation de la plèvre. L'hydropisic abdominale accompagnée de symptômes qui annoncent l'inflammation du bas-ventre, réclame le régime antiphlogistiquc. Dans le cas contraire, elle demande la provocation des sueurs, la sécrétion abondante des urines et des mucosités intestinales. L'ammoniaque dans les infusions aromatiques, les frictions répétées et les diurétiques, sont les moyens auxquels on peut avoir recours. La ponction ne réussit que dans un très-petit nombre de cas.

Atrophie. Voyez Maigreur.

Atteinte. Les chevaux sont sujets à se donner eux-mêmes en marchant,ou entre eux marchande compagnie, des coups sur diverses parties du pied. Ces coups ou meurtrissures se nomment atteintes au-dessous du boulet, et nerfs- ferrures au-dessus. L'atteinte est légère quand il n'y a que la peau d'entamée; compliquée quand les muscles ou autres parties sous-jacenles se trouvent divisées; encornée quand clic a pour siège le sabot. On emploie avec succès dans le premier cas, qui est très-peu grave, l'eau de Goulard, les lotions astringentes quelconques, l'onguent siccatif, n° 10, ou même la

céruse en poudre. L'atteinte compliquée demande à être traitée selon la nature de la plaie (voyez Plaie}. Le meilleur remède pour l'atteinte encornée récente, est d'appliquer légèrement le feu ; lorsqu'elle est invétérée, elle peut dégénérer en javards, et demande le même traitement. Les atteintes sont souvent le résultat d'une mauvaise ferrure, d'une ferrure trop longue ou qui fait prendre une fausse position au pied, ou bien de la faiblesse des jarabes; il importe donc avant tout de rechercher la cause du mal, afin d'y remédier sur-le-champ. Voyez Faiblesse, Ferrure.

Avalure. Ou désigne ainsi la régénération apparente d'une nouvelle corne dans une partie seulement, ou dans toute l'étendue de la muraille. Celte régénératiou commence à l'endroit où le sabot s'unit à la peau, et se prolonge de haut en bas, en poussant, chassant l'ancienne corne jusqu'au bord inférieur de ia paroi; elle est marquée par des irrégularités, des bourrelets, des cercles, uno dépression ou une désunion. Le cheval fuit pied neuf ou quartier neuf, suivant que l'avalure est générale ou bornée au quartier. Il convient de tenir le sabot souple, en parant et en ferrant souvent, et en appliquant des corps gras sur la partie malade.

Avant-cœur. On désigne ainsi une tumeur inflammatoire, située au poitrail, qui acquiert souvent un volume énorme, et qui dégénère presque toujours en kyste ou en squirrhe, quand on ne peut en arrêter les progrès. La première indication qui se présente est de diminuer l'inflammation à l'aide d'un régime couvenable (voyez Inflammation), et de tenter la résolution au moyen de l'eau saline alcoolisée, n° 73 bis, de l'eau de Goulard, du Uniment savonneux camphré, ou de toute autre préparation analogue employée en frictions et fomentations. Si ces moyens ne suffisent pas et que la tumeur persiste, il faudra provoquer la maturation, et lorsqu'elle sera arrivée à son point, pratiquer méthodiquement l'ouverture de l'abcès avec l'instrument tranchant ou mieux avec le feu. Lorsque la tumeur est squirrheuse, on réussit assez souvent en faisant pénétrer dans son intérieur quelques cautères e* pointes chauffés à blanc. La partie s'engorge d'abord ; les eschares se détachent, la suppuration survient et produit la disparition de la tumeur. Voyez Tumeur, Kyste.

Avives. Inflammation subite et gonflement de ces glandes connues sous le nom de parotides, qui sont situées en haut de là ganache, a li jonction de la tète avec le cou. Cette maladie, qui est quelquefois la suite d'une gourme mal, guérie, d'un coup, etc., se traite comme un abcès ordinaire ; mais il

faut attendre qu'il soit entièrement mur avant d'en faire l'ouverture. La diète, l'eau blanche, les cataplasmes émoKicnts, les lavements, s'il y a lieu, sont les premiers moyens à employer.

Les maréchaux donnaient le. nom d'avivés à des tranchées accompagnées d'une grande difficulté d'uriner, qui attaquent parfois les chevaux auxquels on a fait boire de l'eau trèsfroide étant eo sueur. Un préjugé très-ancien leur faisant croire qne la cause première de ce mal esl.dans les parotides, ils prenaient ces glandes à pleine main, les maniaient, avec force, allaient même jusqu'à les battre pour les écraser, d'après le conseil de La Guerinière, ou les extirpaient.. On sent aujourd'hui tont le ridicule et la cruauté de semblables manœuvres, ainsi que d'introduire un insecte ou du poivre dans le' canal de l'urètre, dans l'espoir do faire uriner l'animal ; de lui mettre dans les oreilles des orties pilées avec du vinaigre, etc. Il est bien plus convenable de lui jeter de la paille fraîche sous le ventre, de le mettre à la diète et a l'eau blanche, et de se comporter, du reste, comme dans tous les cas de tranchées inflammatoires.

Avortement. Part prématuré. Cet accident peut avoir lieu à toute époque de la gestation, par suite d'un coup, d'une chute, d'un écart, d'un exercice immodéré, ou par un vice d'organisation. Tous les efforts de l'art doivent tendre à le prévenir quand il eu est encore temps, ou à hâter la délivrance lorsqu'il ne reste plus d'autres ressources. A cet effet, il faut, dès les premiers symptômes, tâcher de s'assurer si le fœtus est vivant ou non; dans le premier cas, pratiquer tout de suite la saignée, mettre la jument en liberté dans une écurie où elle soit-seule; lui donner une bonne Litière, de ■l'eau blanche pour boisson, un peu de son ou d'orge écrasée pour nourriture, quelques lavements s'il y a lieu, et attendre l'événement. S'il n'y a plus lieu de douter de la mort, il faut pratiquer des frictions sur le ventre pour faciliter l'expulsion, promener doucement la jument, administrer au besoin 31 grammes Afi thériaque ou 62 grammes de poudre cordiale aans du vin ; introduire même, mais avec ménagement, la main dans l'utérus pour retirer le corps devenu étranger. Si la bête est ruinée, soit par l'âge ou la mauvaise nourriture, il faut, au lieu des moyens débilitants ci-dessus, chercher à ranimer ses forces par de bons aliments et quelques cordiaux. Si le poulain natt viable, il faut se conduire, tant envers loi qu'envers sa mère, comme dans le part naturel (voyez chapiffe IV).

Barbes. - On prend quelquefois pour des excroissances ma-

ladives, auxquelles on donne le nom de larbes, l'espèce de protubérance que forment les orifices des glandes maxillaires, surtout quand, par une cause quelconquej il y a un peu d'inflammation et que le cheval n'a pas bon appétit. On coupe ou on cautérise ces excroissances, pour remédier à un mal imaginaire. Il n'est pas besoin de démontrer l'absurdité de cette méthode.

On nomme improprement lampas ou fèves, et l'on cautérise aussi. quelquefois un engorgement du palais, dans le voisinage des incisives supérieures. Cet état pathologique ne demande d'autre traitement que le régime, et quelquefois une saignée locale.

Barres blessées. Les barres peuvent être blessées par un mauvais mors ou par l'action d'une mauvaise main. Il suffit de laisser reposer le cheval et de bassiner les parties affectées avec du vin tiède étendu d'eau, avec du via miellé, ou de lui mettre dans la bouche un billot composé de miel et de poudre de guimauve. Mais si l'os esta découvert ou qu'il y ait plaie de mauvaise apparence et carie, il faut cautériser la partie avec un fer chauffé à blanc.

Bleime. Sorle de meurtrissure, avec ou sans épanchement de sang, qui se forme sous la sole près du talon, et dont la cause la plus ordinaire est la compression de cette partie par le fer : les talons bas et forts y sont les plus exposés. Lorsque ce mal ne s'annonce que par une tache rouge à la sole, il suffit ordinairement de parer cette partie un peu profondément chaque fois que l'on ferre; il faut d'ailleurs en .rechercher la cause afin d'y remédier. Mais dès qu'il y a suppuration ou exhalation de sang, il est urgent d'enlever avec une feuille de sauge toutes les parties gâtées, et de panser avec des plumasseaux chargés d'eau-de-vie ou de teinture d'aloès, et un peu pressés afin d'empêcher la formation des bourgeons ou cerises.

Blessures. Les chevaux sont sujets à se blesser à une foule d'endroits, soit par l'effet de leur harnais, soit par une infinité de causes accidentelles. La plupart de ces accidents, tels que les blessures sous la selle, au jarret, au poitrail, aux épaules, à la gourmette, etc., pourront être prévenus en observant avec soin ce qui a été dit ailleurs sur le gouvernement des chevaux. A l'égard des blessures que l'on n'aura pu éviter, il faudra y porter remède aussitôt que l'on s'en apercevra. «"

Si elles sont légères, il suffira de les bassiner avec de l'eaude-vie camphrée, de l'eau de Goulard, et de tenir sur la par-

tie malade un papier brouillard imbibé du même liquide ou enduit de l'onguent numéro 84. On recherchera en même temps la cause de la blessure pour y remédier. Les blessures plus graves doivent être traitées comme les autres plaies (voyez Plaie).

Blessures au pied. Les chevaux peuvent être blessés au pied soit par des clous de rue, des tessons de verre ou de poterie, des chicots ou éclats de bois, soit par d'autres corps. Aussitôt que l'on a connaissance de l'accident, il faut extraire le corps étranger, mettre bien à découvert le fond de la plaie, en enlevant la corne qui la recouvre, et panser avec plumasseaux chargés d'eau-de-vie ou de teinture d'aloès.

Si la blessure est profonde, on sera forcé d'enlever une partie ou la totalité de la sole; puis on appliquera un fer léger fixé par quatre clous, après avoir recouvert la plaie d'étoupes mouillées d'eau-de-vle étendue d'eau, lesquelles seront contenues par des éolissei. S'il y a formation de pus, ce qui arrive lorsque le corps étranger est resté plusktits jours dans le pied., ou que, l'ayant retiré, on n'a pas aussitôt traité convenablement, on doit enlever toute la corne soulèvée et panser comme ci-dessus. Quand le corps vulnérant a pénétré dans l'intérieur de l'articulation du petit sésamoïde, il convient d'enlever la pointe de la fourchette, de chair, afin de parvenir au fond de la plaie. Les pansements, dans ce cas, doivent être faits avec précaution. Cette opération et les soins qu'elle exige nécessitent une grande habitude et des connaissances étendues de l'organisation du pied. Elle ne peut être faite que par un homme qui a fait de la médecine vétérinaire l'objet de ses études.

Brûlure. Les chevaux ne sont guère exposés aux brûlures que dans le cas d'incendie des écuries. Le plus souvent .alors, ils périssent de suffocation, tant 11 est difficile et même impossible de les éloigner du danger. Quand la brûlure est superficielle, légère et surtout récente, on tente d'obtenir l'avortement de l'inflammation par l'application renouvelée et prolongée des réfrigérants, comme l'eau glacée, la neige, la glace pilèe, ou par celle des liquides très-volatils, comme l'esprit-de-vin, l'éther, l'ammoniaque affaiblie. On recouvre ensuite la partie malade avec des compresses imbibées de la mémo eau, à laquelle on ajoute avec avantage de l'acétate de plomb. Quand l'inflammation est développée, on a recours aux émollients; s'il y a des pblyetènes, on les ouvre et on recouvre la plaie de cêrat ordinaire ou de saturne. Les es- * chares doivent aussi être couvertes de cérat, et après leur ■

chute, la surface malade être soignée comme une plaie qui suppure.

Bubon. Tumeur inflammatoire des glandes qal se manifeste souvent à la suite de la gourme ou de quelque autre maladie ; dans ce cas-là, il est moins une maladie proprement dite, qu'une crise salutaire qu'il ne faut pas troubler. Il n'en est pas de même du bubon charbonneux, qui demande des secours prompts et efficaces (voyez Charbon). Le bubon simple n'exige que l'emploi des maturatifs, et doit se traiter comme toute autre tumeur du même genre.

Callosité. Les bords de certaines plaies de mauvais caractère deviennent souvent durs et calleux. Quand on ne parvient pas à les faire disparaître en écartant les causes de l'irritation qui les perpétue, et en tâchant de les ramollir à l'aide des applications émolli entes, on a recours aux applications d'alun calciné, de précipité rouge, après avoir préalablement aminci l'excrottsjnce avec le bistouri. Cette excision et une légère cautérisation sont souvent le meilleur moyen à employer.

Capelet. Tumeur lymphatique et flottante, de la nature de l'œdème, qui se manifeste à la pointe du jarret à la suite d'un coup ou d'un frottement violent ou prolongé; il suffit communément de frictionner la partie avec de l'eau-dc-vie camphrée ou une forte solution d'alun, pour dissiper le mal récent; mais s'il augmente au lien de diminuer, il faut y appliquer les vésicants ou le feu.

Carie. Ulcération des os. Il n'est pas rare de voir cet accident se déclarer quand le périoste a été entamé à la suite d'une plaie, ou rongé par le pus d'un ulcère ou la matière d'un abcès que l'on a trop tardé à ouvrir. Ce mal fait des progrès rapides et détruit successivement les parties saines si l'on ne s'y oppose pas à temps. La première indication qui se présente, est de circonscrire les effets de la carie, et de faire tomber les portions qui en sont frappées, au moyen des caustiques, tels que la pierre a cautère, la pierre infernale, Je feu, etc. ; on panse en môme temps avec del'étoupe sèche et l'on achève le traitement comme celui des plaies simples quand la carie est tombée. Lorsque le mal est tellement invétéré, que ces moyens ne peuvent suffire, on a recours à la rugine pour emporter toute la partie gâtée ; mais le feu est préférable, en ce qu'il ne met pas la portion spongieuse de l'os à nu.

Castration. Opération qui consiste à enlever aux mâles les testicules, et aux femelles les ovaires, dans l'intention de les

rendre impropres îi la reproduction, plus dociles, plus soumis; et enfin, pour guérir certaines maladies dont sont atteints ces organes.

On attend ordinairement, pour châtrer le cheval, qu'il ait acquis tout le développement dont il est susceptible, et c'est entre trois et cinq ans qu'on l'opère le plus souvent : plus jeune on nuit beaucoup à sa beauté et à sa lorce; son encolure et sa croupe sont surtout les parties qui en souffrent : plus vieux, il est bien plus exposé aux accidents qui sont les suites de cette opération. La castration peut s'opérer par les casseaux, par arrachement, ligature, râclement, section simple du cordon, le feu, ou enfin par bistournage ; la première de ces méthodes étant celle qui est le plus généralement employée en France, et qui réussit le mieux, nous la décrirons ici avec quelques détails.

Le sujet ayant été préparé par quelques jours de dicte, et par la saignée s'il est irritable, on l'abat du coté gauche sur un bon lit de paille ; on fixe la jambe droite de derrière à l'encolure, de manière à bien mettre à découvert les bourses : puis on saisit de la main gauche le testicule qui est placé inférieurement, dont on incise les enveloppes d'un seul coup de bistouri courbe sur tranchant, de manière à es qu'il puisse sortir facilement; et on place le casseau (1) au-dessus de l'épididyme, ayant bien soin de ne point prendre avec le cordon sperraaliime quelque portion du scrotum, delà fait, on le serre fortement; puis on coupe l'organe, dont on laisse une partie pour empêcher le casseau de tomber. Souvent on éprouve beaucoup de difficulté à saisir le second testicule, qui est rétracté ; dans cette circonstance, un aide frappe sur le bout du nez de l'animal avec le bout de la louge, oh le pique avec une épingle.

11 est quelques personnes qui ne font pas l'incision delà membrane péritonéale pour prévenir la hernie, d'autres pensent qu'il vaut mieux aller jusqu'au cortex. Les casseaux seront retirés trente-six ou quarante-huit heures après l'opération ; pendant tout le cours de la guérison, il sera nécessaire de promener l'animal au moins deux heures par jour, a l'époque la plus chaude, si c'est en hiver, et la plus fraîche, si c'est pendant les grandes chaleurs. .

fi) On nooimo alml uo morceau ie bail su <to lunai fendu an deux partiel iga\a, njnni, à 97 millimètre! Je chaque extrémité, une entaille circulai™ detllnée h maintenir lu ficelle qui doit réunir les doux pièce»: quelquefois k-ifucu liacbuquo pièce qui doiTcal élio en contact, mit pnurroes d'une rainure dam laquelle on mat du aubllms : l'eilremite do cet ttcvi doit priwutsr un lilwau pour ou faciliter l'ecar-

Les accidents qui peuvent être les suites de la castration sont :

lo L'hémorrhagie, qui peut ôtre occasionnée par la fracture des casseaux lorsqu'ils sont trop secs; leur trop de flexibilité, qui ue permet point de faire une compression assez forte; leur arrachement par l'animal, que Von devra attacher très-court pour prévenir cet inconvénient; enfin, parce qu'on les enlève trop lot : on y remédiera en faisant, s'il est possible, la ligature de l'artère/ autrement on brûle du crin sur la partie, ce qui ne réussit pas toujours. .

2° La hernie. Il faut faire rentrer la partie d'intestin sortie, mettre le malade sur le dos vingt-quatre heures au moins ; puis, lorsqu'il est relevé, le placer de manière à ce qu'il ait te devant beaucoup plus bas que le derrière.

3° Les coliques se traitent comme la péritonite.

4° La péritonite ou inflammation du péritoine se reconnaît aux mouvements désordonnés de l'animal, et nécessite l'emploi de saigaées copieuses, de vésicatoires aux fesses, ainsi que sur la plaie, lorsque la suppuration a été subitement supprimée; la diète sera observée rigoureusement.

b° L'engorgement du scrotum et du fourreau est inévitable, mais il peut devenir gangréneux ; daos ce cas, les scarifications, les fomentations aromatiques, et quelquefois le feu, seront mis en usage ; quand l'engorgement est cantonné au fourreau, il est peu grave.

6° Les champignons sont des tumeurs qui viennent au cordon sperma tique. Ils s'établissent du sixième au douzième jour, rarement plus tard, et se reconnaissent à la raideur du membre correspondant, que l'animal traîne lorsqu'il marche; ils doivent être amputés après avoir placé une ligature au-dessus.

7° Le tétanos. Payez celte maladie ou mal de cerf.

La castration dans lus- femelles est peu usitée.

Catarrhe. Inflammation des membranes muqueuses accompagnée d'une sécrétion surabondante de mucosité. Oit sait que les membranes muqueuses sécrètent constamment une humeur destinée à les lubréfler : dans l'ordre naturel, l'abondance de cette sécrétion est en rapport avec les besoins de la nature ; mais que, par une cause accidentelle, cellesci s'enflamment, elles sécrètent bientôt en plus grande abondance une humeur plus fluide et plus acre qu'à l'ordinaire.

Le catarrhe pulmonaire ou rhume se manifeste par tous les symptômes d'une inflammation plus ou moins étendue : là respiration devient difficulté use, il se fait une évacuation abondante de mucosité par les naseaux, la gorge, les yi>ux ;

tous ces symptômes sont accompagnés de toux, et quelquefois d'un peu de fièvre. Le traitement doit tendre à calmer

"l'irritation, rétablir petît à petit le cours de la transpiration, diviser et expulser l'humeur visqueuse et collante qui obstrue les organes de la respiration. Ces diverses indications seront convenablement remplies par un régime approprié à la circonstance, parles eaux blanches miellées chaudes, auxquelles on pourra ajouter 8 a 15 grammes de sel de nitre, et 125 grammes d'oxymel scillitique par seau. On pourra en outre administrer deux ou trois doses de !a composition n° 110, en bols ou délayée dans une boisson chaude ; si la saignée peut être utile dans un pareil cas, c'est principalement dans le commencement de l'invasion. Oans tous les cas, il faut s'abstenir soigneusement des médicaments échauffants et irritants, auxquels on a encore trop souvent recours sous le vain prétexte de ramener la transpiration. Quoique cette maladie ne soit pas dangereuse quand elle est traitée convenablement, elle a souventdes suites funestes si on la néglige : la pousse,

"le cornage, la pulmonie, en sont souvent une conséquence.

"Voyez Toux chronique.

Cerises. On se sert de cette expression, en médecine vétérinaire, pour désigner de petites excroissances charnues,

.pied du cheval. Elles dépendent le plus souvent des compressions exercées par la corne au bord ou au pourtour des plaies .sur lesquelles on n'a pas tait une compression régulière et méthodique. Quand elles sont petites et au milieu des plaies de bonne nature, elles disparaissent par la compression. Quand .elles sont grosses, on les enlève avec la feuille de sauge, et on exerce ensuite sur la plaie qui résulte de leur excision, une compression susceptible de prévenir de nouveau leur développement. On est quelquefois obligé d'enlever une petite portion de la corne qui les avoisine.

On a rarement recours aux caustiques.

Champignon. Voyez Castration.

Chancres. Plaies blanchâtres ou brunes livides, qui se manifestent sur la langue et dans les diverses parties de la bouche, par suite de la malpropreté du mors, ou par quelque autre cause interne ou externe, et qui finissent par s'ulcérer si l'on n'y porte remède. On peut frotter le dedans de la bouche avec l'eau saturée de sel ammoniac ou de sel de cuisine, avec une forte dissolution de sel dans du vinaigre ; mieux encore avec l'oxymel ou l'eau d'orge acidulée ou miellée, et toucher plusieurs fois par jour les parties affectées avec un tampon

Vétérinaire.

imbibé delà mixture n° 46. Ces moyens suffisent pour les chancres bénins; mais il en est d'une autre espèce qui tiennent du charbon et demandent à peu près le même traitement après toutefois les avoir effleurés avec le tranchant du bistouri, et cautérisés soit avec ie vitriol ou l'esprit de sel.

Chancre du pied. Voyez Crapaud.

Charbon. Cette maladie est une des plus graves qui affectent le cheval. Elle consiste dans le développement, sur différentes parties du corps, de tumeurs qui tendent à la gangrène. Le principe de cette affection parait être une altération des liquides et notamment du sang, et une modification particulière de l'inervation.

Le charbon peut se développer spontanément ou par contagion. II se communique également du cheval qui en est affecté, aux animaux de la même espèce, à ceux d'espèce différenteet à l'homme, par contact médiat et immédiat. I) peut être sporadique, enzootique ou êpùootique. Ses causes ne «ont pas toujours bien connues. En général, il résulte des vicissitudes des saisons, des longues sécheresses et des longues pluies, de l'usage d'aliments avariés et d'eau altérée, de la malpropreté des écuries, des travaux forcés et de toutes autres causes susceptibles d'appauvrir l'économie et d'apporter une modification profonde dans l'inervation, la circulation, la nature des liquides et notamment des fluides circulatoires.

Quand le charbon se montre à la surface du corps, il apparaît ordinairement tout-à-coup. Quelquefois la tumeur est dure, rénitente et présente un bourbillon à son centre ; la douleur est excessive; la chaleur, d'abord peu marquée, devient àerc; lorsque la tumeur est parvenue à son plus haut degré d'accroissement, la chaleur etla douleur s'évanouisscDt, et le sphacèle se manifeste par des phlyctè nés, l'insensibilité et le froid de la partie. D'autres fois, le charbon se montre sous forme de tuméfaction qui acquiertavec promptitude un développement considérable , bientôt suivi de la mort du cheval. La tumturcède alors à la pression et fait entendre la crépitation de l'emphysème. Les éléments du sang paraissent s'être séparés en deux parties parfaitement distinctes : l'une (le sérum) infiltrée dans les mailles du tissu cellulaire sous-cutané et intermusculaire; l'autre (la matière fibrine use et le cruor)j déposée autour des fibrilles musculaires, donne aux muscles l'aspect de la chair brûlée ou charbonnée. Quand le charbon apparaît sur les membres, il occasionne une claudication pins ou moins forte. A la cuisse, il est connu sous le nom de trousse-galant. L'infiltration fait de progrès ra-

pîdes, et l'animal meurt quelquefois en moins de douze à vingtquatre heures. Quand il se développe dans le pied, il occasionne la chute du sabot et la mort de l'animal dans an espace de temps très-court. Dans ce cas, il se développe quelquefois spontanément; mais ilesl le plus souvent la suite des piqûres et des enclouures. Le charbon de la bouche est connu sous les noms de glossanthrax et de chancre volant. C'est une espèce de pustule maligne qui affecte la langue et le palais. La langue tombe quelquefois en lambeaux; la gangrène gagne de proche en proche le larynx et le pharynx, et l'animal meurt promptement.

Les symptômes généraux du charbon apparaissent quelquefois avant l'apparition des tumeurs; on dit alors que c'est la fièvre charbontieuse. D'autres fois ils ne se montrent que lorsque celles-ci ont déjà acquis le tiers ou la moitié de leur accroissement; c'est alors ce que l'on appelle le charbon cjsentiel. Les premiers symptômes annoncent ordinairement une irritation du système nerveux et circulatoire, une lièvre plus on moins violente. Les yeux sont ardents, très-enflammés, hagards ; le pouls est fort, très-accéléré. Cette première période est ordinairement de courte durée. Les symptômes c-.i succèdent aux précédents et qui accompagnent la mortification des tumeurs extérieures annoncent que toutes les forces sont anéanties; le pouls est affecté, lent et intermittent; les yeux sont abattus; un relâchement et un affaissement général se font remarquer dans toftte l'économie ; à la fin, les Yorces se raniment ordinairement pour un instant : ce sont les présages d'une mort prochaine.

La saignée, les boissons émollientes et tempérantes {l'eau blanche seule ou celle à laquelle on ajoute 125 à 250 grammes' d'oxymet par seau), et les lavements émollicnts sont souvent efficaces au début du charbon, surtout lorsque les animaux sont forts et vigoureux et que la maladie ne résulte pas de causes qui ont agi pendant longtemps et altéré profondément l'économie. Mais en général la saignée doit être pratiquée avec discernement; car il est des circonstances où elle a paru plus nuisible qu'utile. Les substances toniques et cordiales {une ou deux pilules n° 91, ou le breuvage n° 7) conviennent quelquefois au début, et presque toujours après la diminution d'intensité des symptômes fébriles. Le traitement local varie un peu suivant le siège des tumeurs. Celles qui ont un bourbillon à leur centre doivent être enlevées avec l'instrument tranchant, et la plaie qni résulte de l'opération, cautérisée avec un cautère chauffé à blanc. Si l'ablation ne peut être pratiquée, il faut avoir recours à la cautérisation

profonde de la tumeur et de l'infiltration qui l'environne, avec des cautères en pointes. On peut recouvrir la tumeur ainsi cautérisée avec de l'onguent vésicatoirc. Après la chute des eschares, si la suppuration est louable, on panse avec de» plumasseaux imbibés d'alcool camphré. Le charbon qui se.moctre sous forme de tuméfaction plus ou moins étendue doit se traiter aussi par la cautérisation profonde, qui a le. double avantage de donner écoulement au liquide infiltré et, de changer le mode de vitalité de la partie. Le charbon de; l'intérieur du sabot réclame promptement l'enlèvement de laportion de corne qui recouvre le mal, ainsi que les parties sphacélées.Leffiosson/hraa:, dont on ne s'aperçoit souvent que lorsqu'il a déjà fait des progrès, réclame un traitement, prompt et énergique. Il faut sur-le-champ scarifier la langue et les tumeurs, enlever les parties gapgrénées et lotionner les parties malades avec l'acide sulfurique étendu d'eau, ou., une solution de sel de cuisine dansle vinaigre. Voyez Chancre.

Cette maladie est d'autant plus terrible, que souvent elle ne laisse pas le temps d'apporter les premiers remèdes. Aussitôt qu'elle se déclare dans une contrée, il faut redoubler de soins à l'égard de la nourriture, de la propreté, des soins journaliers à donner aux chevaux ; leur faire faire de , l'exercice en évitant toutefois de les exposer à la grande chaleur ou de les excéder de travail; les espacer convena.blement; isoler entièrement les malades; laver à l'eau bouillante et ensuite à l'eau chlorurée tout ce qui aura servi a ceux qui seront morts de la maladie; désinfecter leur écurie, etc. 11 sera même bon d'employer, comme préservatifs-, suivant les circonstances, tantôt la saignée et l'eau blanche seule ou acidulée avec l'oxymel j tantôt la poudre d'aunée,. de valériane ou de gentiane. Ce mal, très-contagieux, se communiquant très-rapidement, non-seulement entre les. animaux, mais d'eux aux hommes chargés de les soigner, ceux-ci doivent se laver fréquemment les mains avec du vinaigre, et bien prendre garde de s'inoculer, par quelque coupurej l'humeur qui sort des tumeurs ou des plaies qui résultent de leur ablation ou de leur cautérisation ; si un pareil accident leur arrivait, il faudrait de suite cautériser la plaie, soit par le feu, soit par un caustique quelconque.

Clou de rue. On désigne ainsi les blessures faites à la sole, soit par un clou ou autre corps pointu qui pénètre dans le pied à travers la sole de corne. Il est simple, quand il n'attaque que la sole ou la fourchette, et n'exige ordinairement d'autre traitement que l'extirpation; grave, quand il offense l'os du pied, le petit eésamo'ide ou os de la noix,

JULADIES DES CHEVAUX. 149

et l'expansion aponévrotique du muscle fléchisseur, ou lorsque les cartilages sont endommagés.

Si le clou a blessé légèrement la sole charnue, le cheval guérit ordinairement de lui-même ; mais il vaut mieux découvrir le fond du mal par une ouverture infundibuli forme faite à la corne, panser avec des plumasseaux imbibés d'eaude-vie étendue d'eau, et enduire la. sole d'onguent de pied ou la recouvrir d'une charge émolliente. On reconnaît, au moyen de la sonde, quand l'os du pied est attaqué;, il faut alors ouvrir largement la blessure en enlevant une portion de la sole, ruginer l'os s'il est carié, et panser comme cidessus, en ayant soin de ne lever le premier appareil qu'au . bout de cinq à six jours. Lorsque le tendon a été percé, il faut commencer par enlever la fourchette de corne et le coussinet plantaire, mettre bien à découvert le fond de la plaie, en exciser les bords frangés, la couvrir d'abord avec des bourdonnets et ensuite avec des plumasseaux. Cet appareil sera levé au bout de cinq à six jours, pendant lesquels on aura eu soin de le tenir toujours imbibé. 11 ne faut pas confondre le clou de rue avec l'enclouure, dont il sera parlé plus loin. Quand les cartilages sont cariés, il faut avoir recours a l'opération du javart encorné.

Coliques. Voyez Tranchées.

Constipation. Lorsqa'elie ne tient pas a une maladie essentielle, il suffit ordinairement de retrancher le foin et une portion de l'avoine, et de recourir à l'eau blanche chaude, aidée de quelques lavements et d'un peu d'exercice. Les purgatifs énergiques administrés en pareil cas sans discernement, pourraient produire un effet contraire à celui que l'on se proposerait.

Contagion. Transmission, communication d'une maladie, d'un individu à un autre au moyen du contact. Celui-ci peut être médiat ou immédiat. La matière fournie par l'animal malade peut être fixe, ou volatile et susceptible de se mêler à l'air et de former autour du malade une atmosphère contagieuse plu3 ou moins étendue, qui devient pour l'animal sain qui se trouve en rapport avec lui, un véritable mode de contagion par contact médiat. La gale, le charbon et plusieurs autres maladies contagieuses, peuvent se développer spontanément. La rage, daDs le cheval, parait toujours être le résultat de la contagion. Considérées sous le rapport thérapeutique, les maladies contagieuses présentent deux in-, dications : prévenir ou borner leur propagation, et traiter les animaux qui en sont atteints.

Toutes les fois qu'une maladie contagieuse quelconque se manifeste, il faut en prévenir sur-le-champ l'autorité locale, afin qu'elle prenne les mesures de précaution nécessaires; et pour circonscrire le mal, autant que possible, on doit isoler entièrement les chevaux qui en sont atteints; blanchir à l'eau de chaux l'écurie qui leur aura servi, qu'ils y soient morts ou non. Enfin, laver à l'eau seconde des peintres les objets susceptibles d'être lavés ; gratter les objets en bois, les blanchir à l'eau de chaux, et ne pas s'en servir sans les avoir laissés plusieurs jours à l'air. C'est encore ici le cas d'apporter le plus grand soin à tout ce qui concerne le pansage, la propreté, et la qualité des eaux et fourrages.

Contusion ou meurtrissure. Résultat du choc d'un corps dur. La contusion dKIere de la plaie en ce que la peau est entamée dans celle-ci, ce qui n'a pas lieu dans la simple, meurtrissure. Lorsque la contusion est simple et légère, il suflit communément de frotter la partie malade avec l'eaude-vie camphrée, ou d'y faire des embrocations d'eau de Goulard, ou d'eau saline alcoolisée, n°73 bis; mais si elle est compliquée, soit en raison de la grande quantité de sang extravasé sous la peau, ou qu'elle intéresse quelque partis essentielle, il faut pratiquer de suite une ou deux saignées, selon la gravité du mal; mettre le cheval au régime et a l'eau blanche, et le laisser reposer jusqu'à ce qu'il soit à peu près guéri, le tout sans préjudice des frictions et embrocations ci-dessus ; il sera même bon de joindre le cataplasme résolutif n° 32, s'il y a lieu. C'est ici le cas de rappeler que les coups sur Ja tête, au poitrail, dans le ventre ou sur les reins, peuvent causer les accidents les plus graves et même la mort. Les abcès et tumeurs qui peuvent survenir à la suite de contusion, se traitent pomme toutes les autres.

Convalescence. Epoque qui suit immédiatement la cessation des symptômes d'une maladie grave. A mesure que le cheval avance dans la convalescence, il faut lui rendre peu à peu la nourriture, en commençant d'abord par quelques poignées d£ foin de la meilleure qualité, auquel on joindra progressivement quelques jointées d'orge et d'avoine mélangées et écrasées. On le sortira tous les jours pour le promener, sans le fatiguer ni l'échauffer; on lui continuera l'eau blanche pour boisson habituelle, et on le pansera avec soin : les chevaux en convalescence sont très-sensibles aux intempéries de l'atmosphère. Lorsque l'appétit et les forces ont de la peine a revenir à la suite d'uue maladie grave, on pont admiuistrer.quelques prises de thériaque, de poudre d'au-

née, cordiale, Ou toute autre préparation analogue mélangée dans du via.

Cornage, sifftage ou halley. Bruit sonore particulier, plus ou moins éclatant, que le cheval fait entendre en respirant.. Ce n'est pas une maladie spéciale, mais un symptôme particulier de plusieurs affections aiguës ou chroniques des. voies et des organes respiratoires, de quelque défaut dans l'arrangement ou la disposition naturelle des voies de la; respiration, ou de la présence de quelque corps introduit dans ces voies.

Quand le cornage est le symptôme de quelque maladie aiguë des voies respiratoires, comme le coryza, l'angine, la gourme, le catarrhe pulmonaire, quelques pleurésies ou péri pneumonies, certains engorgements inflammatoires de l'auge, il disparaît ordinairement avec elles. Ce sont donc ces affections qu'il iaut chercher à reconnaître et à guérir. Si l'inflammation aiguë qui constitue ces diverses maladies passe à l'état chronique et laisse dans les tissus quelques points d'induration ou une augmentation permanente de volume dans la partie affectée, l'animal peut rester corneur avec une apparence de bonne santé et se trouver dans une position pareille à celle dans laquelle le cornage est dû à quelques vices de conformation des voies aériennes.

Quand le cornage n'est pas le résultat d'une maladie aiguë, il n'est pas ordinairement continu, et n'affecte le cheval que pendant un exercice plus on moins fatigant on plus ou moins prolongé : le cheval fait entendre le bruit du cornage, les naseaux sont dilatés, ses flancs agités; quelquefois il est près de tomber. Le cornage cesse souvent quand l'animal s'arrête, ou au moins quelques instants après.

On peut se servir de quelques chevaux corneurs, quand ce défaut est léger, et en ne les soumettant pas à des travaux fatigants ou à des exercices précipités. Quand la difficulté de respirer est très-grande, et si l'on veut tirer parti de l'animal en le laisant travailler, il faut pratiquer la trachéotomie et placer un tube à demeure dans l'ouverture artificielle faite à ia trachée. 11 faut avoir recours à un vétérinaire pour cette opération.

Cor. Sorte de tumeur qui se forme souvent sous la selle, le bat, et dans les autres parties sujettes au frottement ou à une pression continue. Lorsqu'il n'y a qu'enflure pure et simple, il faut se conduire comme il est dit précédemment pour les blessures sous ia selle, ou appliquer soit des étoupes, soit une forte compresse imbibée d'eau-de-vie camphrée,

152 DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE Vil.

d'eau de Goulard ou de toute autre liqueur vulnéraire et résolutive. Si le gonflement, au lieu de céder, parait vouloir dégénérer en abcès et que la formation du pus soit évidente, 11 faut employer sur-le-champ les maturatifs et ouvrir la tumeur aussitôt qu'il en sera temps. Lorsque la peau est sèche et transformée en eschares gangréneuses, il faut les recouvrir d'onguent populéum, de beurre ou de tout autre corps gras; puis, quelques jours après, et lorsque cette portion de peau tend à se détacher, l'enlever ou faciliter sa chute au moyen de l'instrument tranchant. La plaie qui résulte de cette petite opération ne réclame ordinairement d'autres soins que ceux d'une plaie simple. 11 est inutile de rappeler ici les précautions à prendre pour éviter les cors et blessures en question, il en a été parlé daus la première partie de ce manuel.

Coryza. Ce mot emprunté à la médecine de l'homme est employé en vétérinaire pour désigner l'inflammation de la membrane muqueuse du nez, avec écoulement par les nafieaux; c'est cette maladie qui est aussi connue sous les noms de mor fondement, morfondure, enchifrènement, refroidissement, rhume de cerveau, catarrhe nasal. Le cheval est d'abord un peu triste et nonchalant dans ses allures; sa peau est Bêche; la membrane du nez est plus rouge qu'à l'ordinaire; la sécrétion muqueuse, d'abord suspendue, devient plus abondante. Le produit de cette sécrétion d'abord

Cs aqueux, incolore, limpide, tombant par gouttes ou flt en plus- ou moins grande abondance, devient blanc, consistant, visqueux, et tombe par flocons. Cette maladie dure ordinairement de quinze àvingt jours. Quand elle dure davantage, il est à craindre qu'elle passe à l'état chronique, et qu'elle occasionne les altérations organiques qui constituent la morue.

Si le coryza est léger, il suffit ordinairement de ne plus exposer le cheval a l'air froid ou humide, de le placer a l'abri des courants d'air, aune température douce, de le bouchonner fréquemment, de le couvrir avec soin, de lui présenter de l'eau blanche tiède, de diminuer un peu sa nourriture, et de faire dans les narines quelques fumigations d'eau de mauves tiède. Quand l'inflammation est fortement développée, quand il y a fièvre, rougeur de la bouche, injection de la conjonctive, il faut saigner le cheval, le mettre à la diète, lui donner des électuaîres adoucissants, et passer des lavements émollicnts. Le coryza devenu décidément chronique est difficile à guérir; il sè manifeste par l'écoulemeut nasal, avec disparition des symptômes inflammatoires. Une

bonne nourriture, le pansement de la main bien exécuté , une légère promenade, des fumigations aromatiques, et quelques purgatifs, sontles moyens qui réussissent assez souvent.

Courbature. Expression vague, inexacte, vulgaire, employée pour désigner l'ensemble des symptômes des maladies de la poitrine. Quand ces maladies sont aiguës, on dit que la courbature est aiguë; quand elles sont chroniques, c'est la "vieille courbature. Voyez Pleurésie, Péripneumonie, Catarrhe.

Courbe. Tumeur osseuse développée à la fate interne du. jarret, à l'endroit qui correspond à la partie inférieure de l'os de la jambe. Elle commence ordinairement son apparition par un engorgement chaud, douloureux, accompagné d'une claudication légère qui cède en partie aux applications émollientes; mais quand cet engorgement a disparu, la tumeur osseuse seule persiste, fait de? progrès, occasionne une boi-. terie d'abord intermittente, qui devient permanente. Dans le commencement, oc applique sur le mal des cataplasmes émollients. Plus tard, quand elle est dure, il faut frotter la, partie avec le uniment savonneux camphré, ou l'onguent résolutif -fondant. Le feu est le meilleur moyen, encore ne réussit-il pas toujours.

Couronné (genou). Ou appelle ainsi une contusion, avec ou sans déchirure de la peau, qui résulte d'un coup ou d'une chute : il faut de suite laver la partie avec soin, et, remettre les lambeaux de peau à leur place si elle est en-, tamée; dans tous les cas, appliquer une compresse imbibée, d'eau-de-vie , et serrer un peu fortement la jambe; sans pourtant gêner la circulation. S'il se forme une plaie, il: faudra la déterger avec soin , âBn de la cicatriser promptement ; si, après cela, il reste du gonflement , on pourra appliquer le vésicatoire ammoniacal ou le "vésicatoire ordinaire,.

Cours de ventre, diarrhée, dévotement. Tant que le cours de ventre n'ote ni la force ni l'appétit, ce n'est qu'une indisposition légère, qui cesse ordinairement d'elle-même. Si le mal devient sérieux, on mettra le cheval à l'eau blanche, on pratiquera une saignée et on donnera des lavements émollienta; au bout de quelques jours, on donnera, matin et fioir, une prise de la poudre numéro 113, en bol ou en boisson, surtout si la maladie parait vouloir prendre un caractère de chronicité. Si la diarrhée succède à une indigestion, on pourra administrer du vin tiède et diminuer pendant quelques jours le travail et la nourriture du cheval. Voyee Entérite.

Crampe. Contraction musculaire involontaire qui survient ordinairement tout-à-coup et se fait sentir plus particulièrement dans les membres postérieurs du cheval. Elle arrive surtout lorsque l'animal sort le matin de l'écurie.; la raideur est quelquefois si grande , que le cheval a beaucoup de peine à fléchir la jambe. Elle passe ordinairement lorsque le cheval a fait quelques pas. Pour en abréger la durée, on a recours aux frictions sèches à rebrousse-poil, avec la brosse ou un bouchon de paille.

Crapaud ou fie. Tumeur ulcéreuse, sut" gêner is, qui affecte la peau ou le tissu réticulaire de la fourchette , dénature la corne en cet endroit, altère le coussinet plantaire, se propage quelquefois aux parties environnantes, et désorganise insensiblement tout le pied.

Nous ne saurions mieux faire que d'extraire du Traité dut pied, de M. Girard, ce que nous allons dire de cette maladie.

Dans le commencement du crapaud , la fourchette est tuméfiée, sa corne est molle et filandreuse. Une humeur noirâtre et d'une odeur fétide s'écoule des commissures du vide de la fourchette et de dessous les paquels fibreux de cette portion du pied. Au fur et à mesure que le crapaud fait des progrès, les talons s'écartent et se dévient; la muraille se dilate, se renverse eu dehors et se désunit en plusieurs endroits d'avec la sole; l'excrétion de l'humeur du crapaud augmente, le dessous du pied présente un aspect hideux et exhale une odeur infecte; la paroi se dessèche et se désunit d'avec le tissu feuilleté ; cette espèce de cancer pousse de profondes racines et attaque les cartilages latéraux ou le tendon perforant , ou l'os du pied , ou toutes ces parties en même temps.

Le crapaud peut se compliquer de poireaux , d'eaux aux jambes et de javarls ; dans quelques circonstances, il est consécutif aux eaux des jambes et devient alors très-rebelle ou incurable, de même que quand il est très-ancien, inhérent à la constitution, et qu'il forme une sorte d'émonctoire qui ne saurait être supprimé sans inconvénient.

Les chevaux élevés dans des pâturages bas et aquatiques, ou qui habitent des écuries humides, sont très-exposés à contracter le crapaud. Le séjour des pieds dans l'urine , dans le fumier , dans les boues âcres, peut ooeasionner le développement de cette maladie , qui s'établit aussi quelquefois sans cause bien connue. C'est ce qui a fait distinguer deux variétés de crapaud, l'une accidentelle } l'autre constitutionnelle.

MALADIES DES CHETADX.

Le crapaud oon invétéré , non entretenu par une disposition particulière de l'individu, est susceptible de guérison. Lorsqu'il est ancien , compliqué d'eaux aux jambes ou de javarts, la cure est incertaine et très-rarement ou presque jamais rndicalc. Lorsque l'on veut tenter la cure de cette maladie, il faut pratiquer l'opération , qui consiste dans la, section de la corue détachée et l'amputation des parties filandreuses et fougueuses. On prépare un fer à dessolure, des éclisses et une traverse; on pare le pied à plat, jusqu'à la. rosée; on place une ligature "dans le paturon ; on enlève la portion de corne décollée , en la coupant un peu au-delà ■de sa désunion , et on met à découvert toutes les parties fongueuses et filandreuses, qttël'OD ampute successivement avec une feuille de sauge bien tranchante; on rattache le fer, et on courre toute la surface de la plaie de longs plumasseaux imbibés d'eau-de-vie. On place d'abord deux plumasseaux sur les cotés de la fourchette, puis de petits sur les parties vives, et l'on remplit tous les vides du pied avec d'autres plumasseaux secs, minces, doux*, parfaitement unis, bien gradués et rangés de manière à établir la pression la plus uniforme possible ; on fixe l'étoupade au moyen des éclisses et de la traverse. Au second pansement , qui doit se faire le troisième ou quatrième jour, l'on essuie bien doucement, avec un peu d'etoupe , la matière purîforme qui recouvre la plaie; l'on enlève, sans effusion de sang, la pellicule blanche qui peut.s'être formée ; on couvre les points fongueux avec de petits plumasseaux chargés £œgyptiac, tandis que l'on n'en place que de secs partout ailleurs; et Ton se dirige, quant au reste, de la même manière que dans l'application du premier appareil. Les pansements suivants doivent se renouveler tous les jours, jusqu'à ce que la corne soit bien formée, et que les parties reprennent une consistance bien décidément louable; à cette époque, ils doivent être moins fréquents et devenir toujours plus rares jusqu'à parfaite guérison. Ils exigent constamment les mêmes soins que ceux prescrits pour les' deux premiers, et Lis requièrent en outre certaines pré-autions subordonnées à l'état du mal. On doit d'abord essuyer la plaie; puis, avec une feuille desauge, et bien doucement', on enlève les pellicules résultant des eschares, elles petites couches de corne qui, pour ainsi dire, soaievéos par la sérosité , sont peu adhérentes et se détachent facilement. Lorsque, malgré l'application de l'jegyptiac, les fongosités persistent, on les recouvre de poudre de sulfate de cuivre ou de Rousseau , on bien l'on augmente l'énergie de l'œgyptiac par une addition de sublimé corrosif.-

Lorsque l'on entreprend la cure du crapaud, II n'est pas indifférent d'avoir recours aux moyens propres à diminuer l'influence de la prédisposition du sujet. La poudre diurétique à l'intérieur, des sétons au poitrail ou aux fesses, quelques purgatifs, peuvent être efficaces.

Crapaudine , teignes , peignes , mal d'âne. Maladie de la couronne qui a beaucoup de rapport avec la gale et les eaux aux jambes. Elle se montre le plus ordinairement au-dessus de la partie antérieure du biseau. Les poils sont hérissés on réunis en petits tas entre lesquels suinte une humeur fétide. L'animal éprouvant de là démangeaison ec cette partie, se gratte ordinairement avec l'autre pied. Quand ce mal est ancien, la peau se sé[iarc de l'Ongle, se tuméfie et devient ulcéreuse. Les bains et tes cataplasmes émollients conviennent dans le commencement. Quand l'engorgement et la douleur sont diminués, on leur substitue quelques applications astringentes , la liqueur n° 74 ou l'onguent n° 84. Quand il y a désunion du biseau, pincement à la couronne, matière sous la muraille, il faut enlever la portion de corue désunie, exciter les tissus boursouffiés et panser méthodiquement eu exerçant une compression suffisante.

Crevasses. Gerçures ou fentes qui se forment quelquefois aux paturons chez les chevaux qui ont marché longtemps dans la boue sans que l'on ait eu soin de leur tenir les jambes propres. On devra, dans ce cas, comme il y a ordinairement de vives douleurs qui font boiter ranimai, nettoyer plusieurs fois par jour les paturons attaqués avec des décoctions de mauve ou de graine de lin, couper les poils, et frotter la ■partie avec l'onguent populcum, auquel on substituera l'onguent siccatif n° 84, quand l'inflammation sera tombée.

Les crevasses qui sont la suite des eaux ou de la crapaudine , sont de mauvais caractère et demandent le même traitement que ces maladies. L'onguent n° 10 est très-utile pour dessécher toute sorte de crevasse, vieux ulcères, grappes ou arêtes, ou autres maladies analogues, quand il n'y a pas une vive inflammation.

Cystite. Inflammation de la vessie. Le cheval trépigne souveut des membres postérieurs; il se campe fréquemment pour uriner; il boit avec avidité: il regarde ses flancs, agite sa queuo. La saignée convient dans cette maladie; il ■vaut mieux la faire légère et la réitérer. On donnera des lavements muciiagincux et on administrera des boissons de même nature : on mettra sur les reins un cataplasme de son boufili. En cas d'accumulation d'urine dans la vessie, on

cherchera à la vider en exerçant sur elle,avec toute la surface de la main préalablement introduite avec précaution dans le rectum, une douce pression dirigée d'avant en arrière. Vers le déclin de la maladie, on peut administrer quelques breuvages d'infusions amères mirées. Quand la cystite résulte de la présence d'un calcul , elle réclame l'opération de la taille, qui ne peut être faite que par un vétérinaire habile.

■Cul de poule. La chirurgie vétérinaire désigne ainsi les ■ulcères farcineux dont les bords sont renversés en-dehors. {Voyez Farcin.)

Dartres. Cette maladie, de même que toutes celles qui affectent la forme d'éruptions à la peau, peuvent provenir d'un ■vice interne, ou être produites par toutes les causes capables ■de gêner ou supprimer la libre transpiration.

Les dartres proprement dites se divisent en simples ou bénignes, et en vives ou malignes ; celles-ci dégénèrent quelquefois en ulcères. Les premiers symptômes qui en font supposer l'existence sont un poil hérissé, terne, déteint, toujours recouvert d'une crasse pulvérulente qui semble se renouveler à mesure que l'étrille la fait tomber; à ces premiers signes se joignent parfois des pustules de diverses natures, des boutons purulents, des croûtes quelquefois sèches, quelquefois iiumeclées d'une humeur corrosive, 1ère et puante ; l'ulcération de la peau et des démangeaisons si vives, qiie le cheval s'écorche lui-même en se frottant contre tous les objets qui l'entourent. Ces derniers symptômes caractérisent toujours les dartres vives.

Il suffit presque toujours de rafraîchir le cheval, de le panser avec soin, et de lui donner au besoin une légère purgation, pour dissiper les dartres légères ou volantes : à l'égard des autres, il faut, après avoir préparé le cheval par la saignée, les moyens généraux, et une ou deux purgations, assouplir la peau pendant deux ou trois jours par lés lotions éuiollk'u tes d'eau de mauve ou de graine de lin ; puis frictionner une fois par jour les parties malades avec l'onguent mercui ici citrin, le Uniment n° 81, ou l'eau sulfureuse n° 68; faire boire, immédiatement après, de l'eau de son chaude dans laquelle on pourra mélanger 62 grammes de gayac en poudre, et tenir l'animal chaudement. Si l'on emploie les onctions grasses, il faudra avoir soin de laver tous les jours' les parties malades avec une eau de sa^ou chaude ou une lessive légère de cendre : si le mal est invétéré, on joindra aux moyens ci-dessus à peu près le même traitement interne que pour les eaux et le larcin. Les dartres ulcérées sont très- Vétérinaire. 14

difficiles à guérir ; on les traite à l'extérieur comme les ulcères* "et à l'intérieur comme les autres dartres.

Dégoût. Le dégoût n'est pas une maladie particulière, mais -un symptôme commun à presque toutes. Lorsqu'un cheval refuse les aliments sans donner aucun autre signe de maladie, il suffît de le mettre pendant quelques jours au régime; de lui faire prendre de l'exercice, et lai donner, si le manque d'appétit persiste, quelques prises de gentiane ou d'aunée dans du vin.

Dessolure. Opération qui consiste à enlever la sole de corne, afin de mettre à découvert une plaie de la sole charnue. Le» cas les plus ordinaires qui nécessitent cette opération sont; le clou de rue grave, les bleimes suppurôes, les lies. On ne doit jamais dessoler pour l'enclouure, à moins qu'à la longue la matière n'ait fini par fuser entre les deux soies, ce qui est rare, parce que l'enclouure n'intéresse ordinairement que la chair cannelée.

Quelle que soit la cause qui rende cette opération nécessaire, voici la manière d'y procéder : après avoir, autant que possible, commencé par humecter la sole en y appliquant de la bouse do vache ou un cataplasme de farine de lin, on abat du pied autant qu'il est nécessaire, et on pare la sole, surtout à la circonférence, afin de l'amincir et de la rendre plus facile à'détacher en cet endroit. Cela fait, on présente et on essaie le fer destiné à maintenir l'appareil ; il doit être étroit, peu couvert, ayant peu d'ajusture et les éponges droites; on dispose aussi les autres parties de l'appareil, consistant en quatre ou cinq clous courts, quelques plumasseaux et une ligature.

Les choses étant ainsi disposées, on abat le cheval, et on lui fixe convenablement le pied ; on passe une corde autour du paturon , afin d'empêcher l'hémorrhagie ; et l'opérateur s'armant du boutoir, ou prenant le bistouri s'il a la main assez exercée, détache la sole des parois de la muraille, en l'amincissant tout autour et commençant toujours en pince : il introduit ensuite entre les deux soles l'instrument nommé lève-sole, et le pousse avec précaution pour ne pas déchirer la sole charnue, jusqu'à ce que celle de corne soit détachée dans l'étendue d'environ 14 millimètres. Prenant alors des triquoises mousses, il saisit la portion soulevée, et achève de la détacher tout du long, en renversant sur la fourchette, et après avoir détaché un coté il passe à l'autre. Quand la sole ne tient plus qu'à la fourchette et aux talons, il ne reste qu'à tirer en droite ligne de devant en arrière pour achever de

l'emporter ; il reste alors tout autour de la sole charnue, un léger cercle de corne que l'on enlève avec la feuille de sauge : on lâche la corde du paturon, afin de le laisser saigner, s'il y. a lieu; on serre de nouveau la corde du paturon, on. attache le fer, on pose plusieurs plumasseaux les uns sur les autres dans toute l'étendue de la sole, aOn de faire une compression égale et modérée; on pose les éclisses, on recouvre le talon d'un plumasseau, retenu, ainsi que les éclisses, par une bande: . enfin, on ôte la corde du paturon, on fait relever le cheval, et on le place sur une bonne litière.

Les plumasseaux peuvent Être, selon les circonstances, ou Becs ou humectés d'eau-do-vie étendue d'eau. Gn peut laisser le premier appareil pendant une huitaine de jours, si rien' n'exige qu'on le lève plus tôt; il est nécessaire de faire sur toute la surface de la plaie une compression égale et modérée, parce que, trop légère, elle laisserait pousser des cerises, trop forte, elle pourrait occasionner la gangrène. C'est surtout Mrs la pince que cet accident est à craindre. Un repos plus ou moins long est nécessaire pour le rétablissement des chevaux qui ont été dessolés.

Diarrhée. Voyez Entérite.

Digestions défectueuses. Lorsque le mauvais état des digestions ou la perte de l'appétit ne sont pas l'effet d'une maladie essentielle, elles peuvent être causées par la quantité ou la. qualité de la nourriture : il suffira alors d'un meilleur choix d'aliments, d'un peu d'exercice et de diète, pour rétablir, l'appétit et le bon état des digestions. Les moyens prescrite à- l'article Convalescence sont aussi applicables ici,

Dyssenierie. Voyez Entérite.

Eaux. On appelle eaux aux jambes une maladie érysipélateuse qui attaque fréquemment la partie inférieure des membres des chevaux, principalement de cfux qui, provenant de pâturages gras et humides, ont les jarrets gros et chargés de poils, ou de ceux qui marchent beaucoup dans la boue et sont mal soignés.

Ce mal, qui se jette d'abord sur le paturon et gagne petit à- petit le boulet et le canon, s'annonce par un gontlement douloureux qu'accompagne le suintement d'une humeur corrosive et puante. L'enflure, la douleur et l'écoulement augmentent plus ou moins rapidement; la peau se soulève, se gerce; il survient parfois des arêtes, grappes, poireaux, et le' sabot finit par se détacher si on laisse vieillir la maladie.

Trois indications principales se présentent dans le traite-

ment des eaux : dissiper l'inflammation quand elle existe, modérer l'écoulement en. redonnant du ton aux parties, et dépurer en même temps les humeurs par un traitement interne approprié.

Après avoir préparé le cheval, selon la gravité du mai, par le régime, l'eau blanche et quelques lavements, des bains et des cataplasmes émollients, et la saignée, s'il y a fortes douleurs, on tiendra les jambes très-propres, on rasera le poil si la gravité du mal l'exige, on étuvera plusieurs fois par jour les parties affectées avec l'eau de Goulard, n° 74, l'eau salée D° 73 bis, ou la préparation n*> 70, et l'on substituera à ces lotions, quand le mal tirera à sa fin, les lotions de vin aromatique chaud, ou d'eau-de-vie camphrée chargée de savon. On peut aussi se servir avec succès des compositions n 09 71 et 114. Il est convenable d'appliquer des sétons au poitrail si le mal attaque les jambes de davant, ou aux fesses, si ce sont celles de derrière. On emploiera à l'intérieur les amers ou les EudoriDques, combinés avec les antimouiaux, tels que la poudre de gentiane avec le kermès, celle de gayac avec l'antimoine diaphorétique, etc. ; on terminera la cure par une ou deux purgalions ; et afin de redonner aux parties affectées la tonicité nécessaire pour prévenir ou éloigner les rechutes, il sera bon de faire appliquer le feu.

Ebvllition. On appelle ainsi, une éruption de petits boutons plus ou moins douloureux qui se manifestent sur plusieurs parties du corps, mais particulièrement aux côtés de la poitrine, aux épaules et vers l'encolure. Les jeunes ehe- Taux, et quelquefois les vieux qui mangent beaucoup de fourrages nouveaux au printemps, y sont plus exposés que les autres.

Un régime rafraîchissant et adoucissant, quelques soins, une légère saignée selon les circonstances, ou une purgation, suffisent pour combattre cette légère indisposition.

Ecart. Voyez Epaule {Effort à*).

Echauffement des poulains. Les jeunes étalons qu'on laisse en liberté avec les femelles sont sujets à avoir la verge et les testicules enflés, mal qui s'accroît généralement par la malpropreté. 11 faut approcher le jeune animal d'une jument, afin de lui faire sortir la verge du fourreau, et la bien déterger en la lavant avec une décoction émolliente ebaudey additionnée d'un peu d'extrait de saturne. Si ces lotions ne suffisent pas pour dissiper l'enflure en quelques jours, on étuvera soir et matin les parties malades avec la décoction n° 67, et on les frottera ensuite avec le Uniment n* 50.

ta maladie en question est quelquefois accompagnée, chez, les poulains poussés de nourriture et tenus à un régime trop échauffant, d'une émission de semence qui les riiinery.it bien4 tôt si l'on ne se hâtait d'y porter remède; H faut retirer a l'animal toute nourriture échauffante, lui donner de l'eau blanche nitrée pour boisson pendant quelques jours, et lè mener souvent à l'eau si le temps le permet.

Effort. Voyez Entorse.

Encasielure. Resserrement du sabot a la partie supérieure des deux quartiers jusqu'aux talons; les quartiers sont hauts, le sabot est étroit et très-dur; la fourchette petite, resserrée et tres-éloignée du sol. Ce défaut ne se remarque guère qu'aux pieds de devant et principalement sur les chevaux fias. L'cncastclure dépend ordinairement de la conformation du sabot. Plusieurs auteurs pensent qu'elle n'est jamais accidentelle. Elle est incurable. Une ferrure convenable et tous }es moyens propres à assouplir i' ongle peuvent néanmoins permettre au cheval de rendre quelques services. On parera le pied à plat, ayant soin de ne point laisser les talons trop hauts; on appliquera un fer court, à lunette ou à éponges tronquées; on graissera souvent la corne avec de l'onguent de pied ; on emplira souvent la sole de terre glaise humide.

Enchevétriire. Plaie que le cheval se fait quelquefois aux paturons quand il s'enchevêtre dans sa longe (voyez Plaie). Celle-ci doit être cicatrisée promptement-

Enclouure. Accident qui arrive quelquefois pendant le ferrage, quand le clou étant mal chassé fait fausse route et pénètre dans la chair cannelée. Lorsque l'on s'aperçoit de cet accident à temps, il n'a pas de suite fàuheuse : il suffit d'enlever la cause pour faire cesser le mal ; mais s'il y a déjà du pus de formé, il faut déferrer, faire brèche à la muraille pour pénétrer jusqu'au fond de la blessure, et panser ensuite avec des plumasseaux chargés d'eau-de-vie étendue d'eau et maintenus par une bande. Si la matière avait fusé jusqu'au haut du sabot vers la couronne, il faudrait se hâter de lui donner issne par cette voiej au lieu d'employer les caustiques pour Tumpâ cher de se faire jour. On sera, obligé d'enlever une partie de la sole, ou dessoler si la matière a fusé sous la face plantaire, (Voyez Dessolure\)

Engorgement des jambes. Les chevaux nourris dans les lieux humides ou qui restent trop à l'écurie, sont sujets à cet accident, qui n'est souvent que l'avant-coureur des eaux,

queues de rat et autres maladies de ce genre. On prévient l'engorgement et toutes les autres maladies des jambes, par la grande propreté,' l'exercice et les frictions répétées, soit à la main ou à la brosse. Toutes les lotions astringentes et résolutives prescrites dans quelques-uns des articles précédents, employées en frictions, sont très-bonnes pour donner du ton à cette partie et en prévenir l'engorgement.

Entérite. Inflammation des intestins. Quand elle se montre brusquement, elle est sur-aiguë; elle constitue les coliques sanguines, les tranchées rouges. Le malade éprouve de» douleurs de ventre des plus violentes; il s'agite continuellement et se tourmente sans cesse; il frappe du pied, gratte le sol, regarde son ventre, se couche et se relève précipitamment, se livre à toutes sortes de mouvements désordonnés. La respiration est fréquente et courte ; les naseaux sont dilatés et les yeux hagards. Le corps se couvre de sueur; le pouls est plein et élevé; il n'y a pas d'évacuations stercorales; l'urine est souvent rougeatre et ne sort qu'avec peine; les douleurs sont ordinairement plus violentes que dans toutes les autres coliques ; elles vont en augmentant sans laisser derepos au malade. Il faut chercher à reconnaître s'il n'y a pas ,de hernie vers l'anneau inguinal, si le cheval est entier; car dans ce cas, il faudrait avoir recours a un vétérinaire Jiour procéder à la réduction de la portion d'intestin hernié. L'entérite sur-aiguë est souvent mortelle. La première chose à faire, c'est de chercher à faire avorter la congestion intestinale par la saignée, qu'il est presque toujours nécessaire de répéter plusieurs fois. Les breuvages de décoctions mucilagincuscs à peine tièdes, les lavements émollients, la diète la plus sévère, le bouchonnement et ta promenade, sont les moyens auxiliaires des évacuations sanguines.

L'inflammation des intestins ne se montre pas toujours avec un appareil de symptômes aussi alarmants : le principal consiste quelquefois dans l'évacuation, par l'anus, de matières alvines copieuses, liquides, délayées; c'est ce qu'on appelle diarrhée, foire, cours de ventre. La maladie est aiguë ou chronique. Dans le premier cas, l'expulsion des excréments est précédée et accompagnée de borborygmes et de douleurs d'entrailles plus ou moins intenses. Les matières évacuées sont ordinairement muqueuses et plus ou moins fétides. LV nimal a grande envie de boire; il refuse ordinairement les aliments solides. La maladie chronique fait dépérir insensiblement les animaux, qui, pendant son existence, sont moins robustes, plus mous; les évacuations al vines sont expulsées sans douleurs apparentes, et principalement pendant le tra-

MALADIES DES CHEVMIX. 163

vail. Lorsque l'inflammation est aiguë, la saignée convient ordinairement. On retranche au malade une partie de sa nourriture solide ; on lut offre des boissons émollientes ou on lui administre des breuvages de même nature, dans lesquels on ajoute l'opium ou des décoctions de têtes de pavot; on donne quelques lavements pou copieux et préparée avec la graine de lin. A mesure que la diarrhée diminue, on remet le cheval à son régime accoutumé et par degré. Quand l'affection est chronique, la saignée n'est pas utile. 11 convient d'activer les fonctions de la peau par le bouchonnement et les couvertures, d#ne donner que des aliments de facile digestion et en petite quantité à la fois, de diminuer le travail et de faire choix de l'eau dont le cheval s'abreuve. 11 est souvent avantageux, vers la fin de la, diarrhée, d'ajouter à l'avoine un peu d'orge grillée ou des fèverolles, et de donner de temps en temps quelques breuvages de vin tiède.

Quand l'entérite est accompagnée d'épreintes, de vives douleurs de ventre, de violents efforts pour satisfaire au besoin fréquent de rendre des excréments ou seulement des matières muqueuses sanguinolentes, ressemblant quelquefois à dn sang pur, on dit que l'animal a la dyssenterie. Le traitement de cette variété d'entérite est analogue à celui de l'entérite diarrbéique aiguë. Seulement, il est quelquefois nécessaire d'insister davantage .sur l'emploi des moyens antipblogistiques.

L'entérite accompagnée d'expulsion par l'anus de matières muqueuses semblables à de la graisse, est connue sous le nom de gras-fondure. Nous avons consacré un article à cette maladie. Voyez Gras-fondure.

Entorse, Mémarchure. Effort vicient par suite duquel les tendons et ligaments d'une articulation quelconque se trouvent froissés et meurtris. Ce mot s'applique spécialement à la distension de ceux du boulet. Les causes les plus ordinaires de cet accident sont: les faux-pas, les chutes, dés efforts que le cheval aura faits pour retirer son pied engagé dans un bourbier, entre deux pavés, etc. Le mal s'annonce par un gonflement douloureux qui fait boiter le cheval, et qui augmente rapidement si l'on n'y porte pas un prompt remède.

Si l'on s'aperçoit de l'effort à l'instant même, et avant que l'inflammation n'ait eu le temps de se développer, il faut tâcher de faire entrer le cheval dans l'eau jusqu'au-dessus de la partie offensée, s'il n'est pas en sueur, et l'y laisser une heure ou plus si on le peut. On le saignera ensuite, s'il y a lieu, soit à l'ars, soit au plat de la cuisse, selon le siège du

mal, et on frottera la partie souffrante avec le baume vulnfrraire ou toute autre préparation analogue.

Si le mal est déjà ancien et l'enflure déclarée, il faut débuter de suite par la saignée, la diète, les lavements; appliquer des fomentations émollientes ou des cataplasmes do même nature arrosés d'extrait de saturne, et passer aux frictions ci-dessus aussitôt que les symptômes inflammatoires se^ ront dissipés. Les bains froids seront très-utiles pour compléter la cure. Le repos sera nécessaire jusqu'à parfaite guérison.

Eparvin. Tumeur calleuse, analogue à la courbe, qui se forme à la partie inférieure interne du jarret (voyez Gourde}., On nomme improprement éparvin mou, une tumeur molle, élastique, qui se forme en dedans du jarret à la suite d'un, effort de cette partie; on le traité, en général, comme les efforts et entorses quand il est récent.

Enfin, on nomme improprement éparvin sec, une disposition qui fait que le cheval harpe, c'est-à-diic fléchit le jarv ret en marchant, beaucoup plus que dans l'état naturel.

Epaules [cheval pris des). Lorsqu'après un exercice force, Surtout dans les grandes chaleurs, on rentre à l'écurie un cheval baigné de sueur sans avoir soin de le sécher, la transpiration, coulant de l'épaule le long des membres, s'y refroidi V, et ces membres se raidissent bientôt au point de rendre la locomotion extrêmement dlfficul tueuse. On dit alors que le cheval est pris dans les épaules. Tous les moyens propres à ranimer la circulation et à redonner du ton aux solides devront être employés : on promènera le cheval d'abord à trèspetits pas, en ayant soin d'accélérer un peu la marche à mesure que les membres se dégourdiront; et, en rentrant à l'écurie, on les lui frottera longtemps et en tous sens, avec une brosse ou un bouchon de paille. On lui bassinera fréquemment les membres avec des décoctions aromatiques chaudes, en ayant également soin de frotter en tous sens, longtemps, et de ne pas laisser refroidir le liquide sur la partie. Les stimulants actifs, tels que le Uniment résolutif ou la pommade ammoniacale, seront employés avec succès en cas d'insuffisance des autres moyens.

Du reste, le plus bût moyen de prévenir cet accident toujours très-sérieux, est de bouchonner Je cheval avec soin toutes les fois qu'on le rentrera couvert de sueur ou mouillé.

Cet état des membres n'est pas le seul qui fasse donner à l'animal le nom de cheval pris des épaules. Dans le plus grand nombre des cas, les pieds sont douloureux, atterrés,

resserrés. Le cheval ne fait son appui que sur la pince; les muscles des membres antérieurs se fatiguent, s'alrophient, les articulations perdent de leur jeu, le mal envahit tout te membre. Une ternire appropriée, sans guérir le malade, le met à même de rendre encore quelques services ; c'est celle qui convient aux pieds encastelés.

Epaule [écart à V). On nomme ainsi une hoiterie résultant d'un tiraillement violent occasionné dans les parties qui fixent le membre antérieur au thorax, par suite d'un fauxpas, d'une glissade, ou de toute autre cause tendant à écarter cette partie du poitrail. On reconnaît que le cheval s'est donné un écart, au gonflement douloureux, accompagné de chaleur, qui se manifeste dans la partie lésée ; â la difficulté qu'il éprouve âla mouvoir, et à ce qu'il marche en fauchant. Si l'on s'aperçoit de l'accident à l'instant même et avant l'invasion des symptômes inflammatoires, il faut appliquer de suite des étoupes trempées dans de l'eau de Goulard trèsfroide ou dans telle autre solution résolutive cl saline, et les humecter de nouveau à mesure qu'elles s'échauUeron t. Si l'inflammation est déclarée, il faut pratiquer de suite une saignée à l'itrs, et appliquer des cataplasmes émollienls jusqu'à la cessation des symptômes inflammatoires; alors seulement on aura recours aux résolutifs ci-dessus.

Un repos plus ou moins long est toujours nécessaire à la suite d'un accident de ce genre, et il convient de mettre le cheval au pré si les circonstances le permettent.

Lorsque la maladie résiste aux moyens ci-dessus indiqués, on peut avoir recours au cautère appliqué a la pointe de l'épaule, au séton, aux charges résolutives, et enfin à l'application du feu.

Eruption, maladies éruptives. On désigne sous ce nom générique, toute affection du système cutané qui se manifeste à l'extérieur sous la forme de boutons, pustules, taches écailleuses, etc.; tels sont les dartres, la gale, l'érysipèle, les eaux et autres maladies analogues. Chacune de ces affections est décrite particulièrement dans le cours de ce vocabulaire; mais comme elles reconnaissent toutes les mêmes causes, exigent à peu près le même régime et un traitement basé sur les mêmes principes, il convient de jeter un cnup-d'œil rapide sur ces malidii s en général, afin rt'êvttcr des redites inutiles dans les articles particuliers.

On ne doit nimpmidp: sous le nnm de maladies éruptives que celles qui alfcctcnt la superficie de la peau sans intéresser les parties sous-jacentes. Elles reconnaissent pour causes

tout ce qui peut intervertir le cours des évacuations naturelles, notamment la. transpiration, ou altérer la nature des. fluides : de ce nombre sont la malpropreté et le défaut de pansage, le séjour d'écuries malsaines, toute transition subite du chaud au froid, notamment une boisson très-froide: pendant la sueur ; lo défaut d'exercice, une nourriture trop: abondante, ou l'usage habituel d'aliments échauffants ou dé mauvaise qualité ; la dégénérescence ou la guérison trop brus-, que d'une maladie primitive.

. Tous tes efforts doivent tendre à prévenir les maladies en. question, en écartant toutes les causes qui pourraient les faire naître, ne que l'on obtiendra facilement par l'exacte observance des soins hygiéniques ; et quand l'on n'aura pu écarter ces causes, du moins les faire cesser le plus tôt possible, en rappelant l'évacuation supprimée ou corrigeant l'altération des fluides. Un pansage méthodique et soigné, une grande propreté; une écurie saine, spacieuse, bien aérée, quoique chaude ; un exercice journalier, sans exposer le cheval autfroid ni à la grande chaleur; des frictions assez fré-, qttentes sur les diverses parties du corps; de bons aliments* dont le foin formera la moindre partie ; quelques boissons, farineuses chaudes, rempliront la première indication. On remédiera à l'altération des fluides, par l'emploi à l'intérieur des poudres ameros et aromatiques, des diaphoniques, des sudorifiques , des préparations antimoniales, des purgatifs, mercuriels administrés à petite dose et souvent répétés; à, l'extérieur, dans certains cas, les topiques susceptibles de modifier l'irritation cutanée; dans d'autres, ceux propres à. redonner du ton à la peau, à déterger et dessécher les excoriations dont elle peut être affectée; telles sont les prépara-, tions mercurielles, sulfureuses, saturnées, astringentes et styptiques. Quand l'on emploie des corps gras en friction, il est bon de laver de temps à autre les parties affectées avec une lessive de cendre ou une eau de savon chaude. Lorsque l'éruption est accompagnée de symptômes inflammatoires intenses, il faut débuter par la saignée, le régime adoucissant, les topiques émollients, et n'appliquer le traitement excitant ci-dessus qu'après y avoir dûment préparé l'animal. Ce n'est qu'à l'aide d'un traitement sagement combiné, tant a l'intérieur qu'à l'extérieur, que l'on peut se flatter de guérirradicalement la plupart des maladies éruptives : en se foor-. nant a l'emploi de quelques topiques énergiques, on parvient souvent, à la vérité, à faire disparaître le mal, mais pour reparaître plus tôt ou plus tard avec une nouvelle énergie : beaucoup de maladies incurables ont dû naissance à une éruption répercutée et mal traitée.

VALABIES DES CHETAttX. 167

Erysipèle. Inflammation superficielle do la peau, par suite de l'une des causes mentionnées dans l'article ci-dessus. L'érysipèle occupe une surface plusou moins Étendue, et change quelquefois de place; il peut être simple, phlegmon eus, œdé- •matcux ou gangréneux. L'érysipèle simple se reconnaît à Ja rougeur jaunâtre de la peau, sans gonflement bien apparent, avec une démangeaison vive accomp^iu'i; de chaleur, et une multitude de petites vésicules remplies d'une sérosité corrosive : il cède ordinairement à l'emploi de la saignée et d'un régime délayant. Quoiqu'il ne convienne pas de pousser trop fortement à la peau, il faut pourtant garantir te cheval du froid, dans la crainte de voir rentrer l'érysipèle, terminaison teujours très-fàcheuse : il est bon de bassiner la peau avec des décoctions émoilienles tïèdes, afin de diminuer des démangeaisons; mais il ne faut employer ni répercussifs ni corps gras. Là purgatiou est presque toujours nécessaire sur la fin de la maladie.

Pour les autres genres d'érysipèle, voyez les mots Gangrène, Œdème, Phlegmon.

Esquinaneie, angine. Inflammation aiguë do la membrane muqueuse de la gorge, qtli suffoque promptement le cheval Bi l'on ne s'oppose à temps à ses progrès. Les moyens généraux propres à combattre l'inflammation, est la saignée principalement; les cataplasmes émollients de farine de lin, l'eau d'orge miellée et acidulée, en boisson et en injections dans la gorge, les fumigations émoliientes, la diète, etc., doivent être employés sans retard. L'angine gangréneuse est trèsmeurtrière, et demande le même traitement que toutes les maladies analogues, mais surtout les boissons acidulées. Voyez Gangrène.

Elonnement. Ebranlement produit dans le sabot par un choc quelconque. Cet accident se reconnaît à la ditliculté que le cheval éprouve à s'appuyer sur le pied affecté; à lachaleur de cette partie; àla sensibilité que témoigne l'animal,quand frappant légèrement tout autour de la muraille, on arrive à l'endroit malade. 11 faut saigner en pince dès le début du mal, et baigner le pied dans une forte solution d'extrait de saturne ou sulfate de fer (vitriol vert) ; mais si l'inflammation locale a eu le temps de se développer, il faut employer de préférence les bains et cataplasmes émollients.

Etranguillon. Vieux mot, synonyme û'esquinancie . Faiblesse. Beaucoup de chevaux restent faibles et valétudinaires, soit pour avoir été mal soignés pendant une longue

maladie, exténués de fatigue, soit par toute autre cause. Une nourriture peu abondante, mais substantielle; un exercice modéré et un pansage régulier, sont les meilleurs fortifiants. On peut y joindre les bains quand la saison le permet, les frictions fortifiantes sur les membres, quelques prises de thériaque ou de poudre cordiale simple ou composée, dans du Tin; les mêmes moyens, et surtout les frietions, seront utiles pour les jeunes chevaux dont les jambes n'ont pas encore toute leur force.

Farcin. Maladie du système lymphatique, analogue aux scrophules de l'espèce humaine , et qui se montre chez le cheval sous diverses formes : tantôt ce sont des boutons arrondis, rétrécis à leur base, plus ou moins volumineux, d'un tissu dur et serré, blancs dans 1 leur intérieur, indolents pour l'ordinaire , occupant indistinctement plusieurs parties du corps, et se terminant soit par résolution, soit par suppuration ; tantôt des boutons moins gros, rangés les uns à côté des autres sur une même ligne, et formant une sorte de cordon ou de chapelet qui suit le trajet des veines lymphatiques, laissant suinter parfois une humeur séreuse, Acre, corrosive, qui finit par amener l'ulcération, gt venant très-difficilement à suppuration; tantôt des boutons isolés, rougeatres, nombreux, parsemés ça et là sur diverses parties du corps, logés dans le tissu même de la peau, et dégénérant promptement en ulcères de très-mauvais caractère, et dont la guérison est presque impossible. D'autres fois, enfin, la maladie affecte diverses autres formes : la peau se couvre de gerçures d'où découle une humeur visqueuse, extrêmement acre, qui dessèche à la surface; de plaies c arc i no ma te uses, de dartres ■rives, d'ulcères rongeants, et la maladie faisant de rapides progrès, l'animal ne tarde pas à succomber.

On peut assigner pour causes au farcin toutes celles mentionnées à l'article des maladies éruptives. Ce mal n'est dangereux que quand il atTecte dès le principe de mauvais caractères, ou qu'on l'a laissé dégénérer par négligence : dans cet état it est d'une guérison très-difficile, et demande l'application prompte d'un traitement actif et méthodique, basé principalement sur l'emploi des préparations sulfureuses, antimoniales, mercurielles, des amers, des diaphoniques, des topiques résulutifs, fondants, astringents; d'un régime tonique; en un mot, de tous les moyens propres à- corriger la nature de la lymphe, activer la circulation, et redonner du ton aux systèmes lymphatique et cutané. Mais l'emploi de ces moyens doit être précédé de la saignée, du régime délayant, et des applications émolliontes, s'il existe des sym-

ptomes inflammatoires et que le sujet soit fort et vigoureux.

Il y a peu de chose à faire dans la première espèce de farcin : il suffit ordinaire me ut d'ouvrir les boutons avec l'instrument tranchant, et d'y appliquer ensuite le feu. Dans les autres cas, il faut, si on est appelé à temps, tenter la résolution au moyen des applications résolutives fondantes. Si l'on ne peut parvenir a obtenir la résolution, il faudra, sans perdre trop de temps en efforts infructueux, appliquer sur les tumeurs le liniment n° 77, afin d'amener les tumeurs à suppuration : parvenues à cet état, on se hâtera de les ouvrir ; on les traitera ensuite selon la nature de la plaie (voyez Plates, Ulcères). En même temps on fera usage des cols n° 97, que l'on remplacera, de quatre en quatre jours ou plus rarement, selon les circonstances, par une purgation composée principalement de mercure doux, d'aloès et de savon. On auia soin de faire avaler par-dessus chaque bol de l'eau blanche dans laquelle on pourra mélanger de la poudi^ de genièvre, ou bien le breuvage n° 13. Ce traitement, aidé d'un régime couvenable, sera continué jusqu'à parfaite guérison ; mais s'il occasionnait trop d'irritation, on Je suspendrait momentanément pour recourir, selon les circonstances, aux moyens propres à faire cesser les sym- . 'ptomes inflammatoires. Encore une fois, le farcin négligé peut devenir incurable ou donner naissance à la morve ou à toute autre maladie analogue, et ne souffre poiut de retard dans l'emploi des moyens destinés a le combattre.

Fatigue. Les chevaux exténués de fatigue sont exposés à devenir fourbus, morveux, ou à contracter une foule de maladies graves si on ne leur donne de suite tous les soins que leur état exige. Voyez, à cet égard, la manière de conduire les chevaux en route et au retour d'un voyage.

Fie. Voyez Crapaud.

Fièvre. Accélération du pouls, élévafion de la chaleur générale, accompagnée de malaise. En général, la fièvre est moins une maladie qu'un symptôme qui les accompagne presque toutes : elle est le résultat des efforts que la nature fait pour se débarrasser des causes qui gênent et entravent sa marche. On reconnaît qu'un chev.il a la fièvre, lorsqu'on posant la main sur la région du cœur ou le trajet de quelque gros vaisseau, on le sent bien distinctement battre plus fort et plus vite qu'à l'ordinaire ; la chaleur et l'aridité de la peau sont un signe auquel il est difficile de se méprendre. On remarque, en outre, une chaleur plus on moins forte; le Vétérinaire. 15

cheval est triste, inquiet, abattu ; son haleine est brûlante et ses yeux enflammés ; il perd le sommeil et l'appétit.

La fièvre doit se traiter par les moyens généraux propres à calmer l'effervescence du sang (voyez Inflammation) ; et les personnes qui croient devoir administrer force stimulants et force purgatifs avant que les symptômes inflammatoires ne soient entièrement dissipés, font précisément tout le contraire de ce que la nature réclame.

Fièvre charbonneuse. Voyez Charbon.

Fistule. Sorte d'ulcère plus ou moins.profond, quelquefois sinueux, dont l'ouverture est souvent plus étroite que la cavité; et ordinairement tapissé dans son intérieur d'une sorte de pellicule membraneuse qui s'oppose à la réunion des chairs. Le traitement varie suivant la cause qui entretient la ■fistule. [Voyez Plaie?). Quand il y a formation de fausse membrane dans le trajet fistuleux, il faut tenter l'injection de substances irritantes, propres à produire une inflammation capable de détruire la membrane en question efcramener l'ulcère, à l'état de plaie simple, sinon cautériser avec les caustiques ou le feu.

Fluxion. On se sert généralement de ce mot pour désigner l'irruption subite du sang sur line partie quelconque, ,'soit interne, soit externe, où il occasionne, par sa stagnation, dés accidents plus ou moins graves. Les Uuxions extérieures s'annoncent par un gonflement plus ou moins apparent et accompagné de tous les signes d'une inflammation locale. Celles qui se jettent sur quelques-uns des organes internes ne sont pas aussi aisées à reconnaître.

Les chevaux sont sujets à des fluxions sur les yeux, qui tantôt sont accidentelles et passagères, et tantôt reviennent à des époques à peu près périodiques. Voyez Maux d'yeux, Lunatique; voyez aussi pour le traitement des fluxions en général, Inflammation.

Forme. Tumeur osseuse développée à la couronne, sur le devant ou sur les côtés. Elle est toujours accidentelle; elle dépend quelquefois de l'ossification du cartilage latéral de l'os du pied. On emploie ordinairement le feu pour en arrêter les progrès.

Portraiture. Sous ce nom insignifiant, on désigne vulgairement toute maladie dans laquelle la lassitude générale, la raideur des lombes et des membres, l'abattement, la tendance à l'inaction, la rétraction et la tension des parois abdominales, l'irritation des voles respiratoires, sont marqués.

MALADIES DES CHEVACX. 171

Le repos, la diète, l'eau blancbe nilrée, les boissons émollienteSj les lavements de même nature, la saignée quand il y à réaction fébrile, sont les moyens auxquels on doit avoir recours dans le plus grand nombre des cas. Le traitement doit être modifié suivant la maladie principale d'où émanent les symptômes à la réunion desquels on donne le nom de fortraiture. Voyez Fièvre, Fourbure, Courbature.

Fourbure. Congestion sanguine dans le tissu réticulaire do pied ou inflammation de ce tissu. Cette affection parcourt ses périodes tantôt avec rapidité, tantôt avec lenteur; de la sa distinction en aiguë et ebronique. La fourburo aiguë est toujours accompagnée de fièvre, de dégoût, et entraîne par fois la chute du sabot; parfois aussi elle engendre une substance fibreuse, lardacéc, qui s'établit sous la muraille, ou une humeur séreuse qui s'insinue à travers les feuillets delà corne. La fourbure ebronique donne lieu à la fourmillièrej au croissant, aux cercles, etc.

' L'animal fourbu a les jambes raides, marche difllcilementj reste volontiers en place, jette les pieds en marchant, de' manière à faire son appui sur les talons ; il porte presquo tout le poids de sou corps sur les jambes qui ne sont pas malades; les sabots sont très-cbauds, les muscles du bra3. et de la jambe tremblent quelquefois.

Les marches 'forcées sur un terrain dur ou raboteux, le trop long séjour a l'écurie, l'appui trop prolongé du poids, du corps sur un seul pied, l'autre étant malade ; la mauvaise ferrure, les plantes vertes; l'avoine et l'orge mangées en trop grande quantité, les arrêts de transpiration, les boissons froides pendant la chaleur, etc., sout autant do causes qui peuvent déterminer cette maladie. Les sabots petits, étroits, minces de corne, y sont plus exposés que les pied? larges et gros. %

Oter le fer pour ne le rattacher qu'à quatre clous, faire une bonne litière, donner de l'eau blanche nitrée pour boisson et la paille hachée pour nourriture principale, sont les premiers moyens a mettre en usage.

Les saignées à la jugulaire, plus ou moins répétées Selon la gravité du mal : les bains en eau courante ; les cataplasmes astringents de suie de cheminée délayée dans le vinaigre, ou d'argile pétrie avec une forte solution do sulfate de fer; les scarifications à la couronne; les frictions dérivalîves d'essence de lavande aux genoux et aux jarrets (l)j doivent

moniacal.

compléter le traitement de la fourbure récente. Lorsqu'elle est ancienne, les cataplasmes émollients, les rainures de la paroi ou muraille, ou son amincissement à l'aide d'une râpe, peuvent être employés* mais ne réussissent pas toujours s'il y a de très-grands ravages.

Fourchette échauffée, pourrie. On appelle fourchette échauffée celle d'où suinte une humeur noirâtre, fétide; et fourchette pourrie, la même affection parvenue au point de désorganiser cette partie du pied, et d'amener l'exfoliation de la corne. Cette maladie attaque spécialement les chevaux qui ont constamment tes pieds dans l'urine et la malpropreté, surtout s'ils ont la fourchette naturellement serrée. Lorsque l'affection est légère et que le cheval ne boite pas encore, 11 suffit de tenir dans la fente de la fourchette des étcupes saupoudrées d'alun calciné, d'un mélange de vitriol bteu et de sublimé corrosif, ou imbibées de la mixture n° 78; mais si la fourchette est déjà pourrie, il faut enlever avec le ïïstouri toutes les parties gâtées, mettre la plaie à vif, et la panser ensuite comme toute autre. Le meilleur préservatif de ce mal est une grande propreté, et de faire faire de l'exercice aux chevaux. La fourchette pourrie dégénère quelque- Ibis en crapaud.

Fourmillière. Sorte de décollement par suite duquel il se forme un intervalle entre la chair du pied et la muraille, soit que le sabot ait été heurté fortement, ou desséché par l'application d'un fer trop chaud; cette affection est trèssouvent la suite de la fourbure. L'écartement entre la muraille et la pince de l'os du pied est rempli par un tissu de nature cornée, formant de nombreuses aréoles ; l'os du pied lui-même fait quelquefois saillie infêrieurement, ce qui constitue (•"croissant. Une bonne ferrure faite de manière à ce que le talon appuie, peut hâter la guérison. Quand le mal M'est pas sérieux, on peut essayer d'obtenir la régénération d'une corne de bonne nature, en enlevant la portion de muraille séparée de la face antérieure de l'os du pied.

Gale. Maladie éniplkc, contagieuse, accompagnée de prurit, de démangeaisons qui portent le cheval â se frotter contre les corps qui l'environnent. Les petites pustules arrondies, ordinairement très-nombreuses et très-rapprochées, s'agglomèrent entre elles de manière à figurer des espèces de plaques plus ou moins larges, s'ouvrent ou se déchirent, laissent échapper un liquide séreux et forment une espèce d'ulcère qui suppure peu, fait place à des croûtes sèches plus

ou moins étendues, qui dégénèrent en écailles ou en poussière. La. gale de l'encolure constitue le Rouvieux.

Les causes les plus ordinaires de la gale sont la malpropreté et toutes celles mentionnées à l'article des maladies éruptives; aussi les chevaux de trait, qui sont généralement mal soignés et mangent beaucoup de foin, y sont-ils trèssujets. L'action souvent répétée de la brosse, les lotions frè> quentes, soit avec la solution sulfureuse, l'eau salée ou la décoction do tabac , les frictions mercuiielles, une ou deux purgations légères, suffisent presque toujours pour dissiper la gale simple. Lorsqu'elle est plus compliquée, il faut assouplir la peau par des lotions émollientes si elle est rude et écailleusc,, sinon employer l'eau de savou ou la lessive de céudres; ensuite on frottera fortement avec l'onguent citrïn ou avec l'onguent anti-psorique u°" 82 ou 83. On emploiera h, l'intérieur quelques dépuratifs selon les circonstances, et on terminera la cure par les purgatifs. Voyez Dartres, maladies éruptives.

Ganglion. Tumeur dure, plus ou moins volumineuse, qui se forme le plus ordinairement sur la région tendineuse du canon, à la suite d'un coup ou d'un clibrt, et qui fait boiter l'animal. On peut essayer de résoudre le ganglion récent au moyen du Uniment savonneux camphré, après avoir ramolli la tumeur pendant quelques jours par les cataplasmes émollients; mais lorsqu'il est déjà ancien, ii ne reste plus d'espoir que dans les résolutifs les plus énergiques, tels que le Uniment n° 77, la pommade ammoniacale, les vésicatoires, le

flot. -. » ■■ ■ '. -V ; : ■

Gangrène. Cessation partielle de la vie dans une partie qui aura été frappée d'inflammation, ou meurtrie de manière à désorganiser les tissus et détruire le ressort des solides. Lorsque la gangrène se déclare au dehors, la peau, prend une teinte rouge, livide, qui passe au violet et au noir à mesure que le mal fait des progrès; il s'y forme quelquefois des phlyelènes ou vésicules remplies d'une sérosité eorrosive roussatre. Les plaies se recouvrent de chairs baveuses, de taches noires qui finissent bientôt par se réunir en s'élargissant; il en découle un pus liquide, noirâtre, infect. Les chairs putréfié;:* se détachent par lambeaux; la sensibilité locale s'éteint h mesure que les autres symptômes so développent, et elle cesse tout-à-fait quand la mortification est arrivée à la dernière période. On reconnaît la gangrène des intestins à la couleur noire et à l'odeur infecte et cadavéreuse des excréments.

J74 DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE Vit.

Lorsque la gangrené se déclare, il n'y a pas un instant à perdre pour tenter d'en arrêter les progrès. Si elle n'est encore qu'incomplète, ii faut étuver fréquemment les parties gangrenées avec le chlorure de chaux ou de soude étendu d'eau, qui neutralisera à l'instant même la mauvaise odeur et arrêtera la gangrène , et recouvrir l'appareil avee des compresses ou des étoupes imbibées de l'une ou de l'autre des liqueurs susdites. Si la sensibilité est tout-a-fait éteinte, il faut extirper toutes les chairs gâtées, pratiquer même des searili cations jusqu'au vif ; mais comme ce moyen nécessiterait quelquefois de trop grands délabrements, on préférera dans ces circonstances le feu employé en assez grande quantité pour produire une inflammation de bonne nature qui sépare les parties vives de celles qui sont mortes. Lorsque ïeschare sera tombée, on pansera avec le suppuratif jusqu'à, ce que la plaie soit parfaitement nette. Si les parties environnantes s'enflamment pendant le traitement, ce qui est à présumer, on les recouvrira de compresses imbibées dans la décoction n° 73. Il sera bon d'appliquer en même temps le traitement interne de la fièvre charbonneuse.

Glandes (engorgement des) . Il arrive fréquemment que les ganglions lymphatiques , surtout ceux de la ganache , s'engorgent et acquièrent, un volume et une dureté surnaturels. Cette disposition est moins une maladie proprement dite, qu'un symptôme commun à beaucoup de maladies, telles que le larcin, la gourme, la morve, et est quelquefois même une crise salutaire; elle se manifeste souvent aussi sans autre cause apparente chez les jeunes chevaux qui n'ont pas jeté leur gourme. Dans ce dernier cas, et danE tous ceux où l'engorgement des ganglions ne coïncide avec aucun autre symptôme de maladie essentielle, il faudra mettre l'animal au régime et à l'eau blanche, lui faire faire de l'exercice, ie pan- ser régulièrement, frictionner une fois par jour tes parties affectées avec l'onguent mercuriel, lui administrer même,, au besoin, quelques prises de la poudre diurétique fondante et Quelques purgatifs.

Gtossanthrax. Voyez Charbon.

Gourme. Maladie inflammatoire de la muqueuse des naseaux et de l'nrri ère-bouche, avec engorgement des glandes de la ganache, qui attaquent un peu plus tôt ou un peu plus tard presque tous les jeunes chevaux, surtout quand on les fait passer trop brusquement du régime relâchant des pâturages a l'usage plus substantiel des fourrages secs-; car elle est bieu moins commune dans les climats où les chevaux sont

nourris au sec dès leur bas-âge, ou accoutumés, au contraire, Il ne manger jamais que de l'herbe. L'âge du cheval, la toux, la tristesse du malade, la nature du jetage, peuvent faire distinguer cette maladie de la morve, avec laquelle elle a plusieurs points de ressemblance.

La gourme se déclare ordinairement entra la deuxième et la cinquième année : on la distingue ordinairement en vraie on bénigne, en fausse et en maligne. La première est moins une maladie réelle qu'une dépuration nécessaire à tous les jeunes chevaux qui quittent les pâturages.

Quand rien ne vient troubler la marche de la nature, la maladie s'annonce et se développe de la manière suivante : perte d'appétit, fièvre ordinairement légère, tôte pesante ; le ' tissu cellulaire et les glandes de la ganache s'engorgent; l'auge s'emplit, se tuméfie ; les naseaux jettent en abondance une humeur blanche, muqueuse et floconneuse; bientôt l'animal commence à recouvrer l'appétit ainsi que la galté, et la maladie est terminée dans une vingtaine de jours. Quelquefois l'écoulement par les naseaux, peu abondant d'abord, augmente de plus en 1 plus, et il se forme sous la ganache une tumeur volumineuse qui perce plus ou moins promptement, et fournit une grande quantité de pus. Dans l'uu comme dans l'autre cas, il y a peu de chose à faire : un régime léger, un exercice modéré, un pansage régulier, une température douce; quelques boissons adoucissantes, telles que l'eau blanche édulcorée ou l'eau miellée additionnée de poudre de guimauve ou de réglisse ; les moyens propres à favoriser la rupture et la suppuration de l'abcèa, etc., suffisent dans le cas de gourme bénigne telle que l'on vient de la dépeindre, et l'animal acquiert bientôt une santé florissante.

D'autres fois les symptômes inflammatoires sont fortement prononcés et compliqués ; la peau est brûlante, la tête trèslourde, l'animal abattu, la respiration difficile, l'air échappé des poumons, très-chaud ; la bouche se remplit d'une bave visqueuse; le poil est terne et piqué. Cette variété de gourme,

Suoique plus sérieuse que la précédente, se traite à peu près e même; mais c'est ici le cas d'insister sur les boissons adoucissantes miellées. On pourra, s'il y a complication d'affection de poitrine, avoir recours à quelques-unes des préparations bachiques; on devra pratiquer, en outre, deux sétons au poitrail; la saignée est nécessaire dans les cas d'inflammation très-vive.

Les chevaux d'une constitution débile, qui ont souffert ou que l'on a rainés par un travail prématuré, sont sujets à uub troisième variété de gourme, dont le début et la marche sont

beaucoup plus lents, irréguliers, et les suites souvent plus graves. Ici le pouls est tantôt mou, petit, intermittent; tantôt fort et accéléré ; la respiration est gônée, les membranes muqueuses à peine colorées; la ganache infiltrée, et lècheval linit souvent par tomber dans quelque maladie chronique, si l'on ne se liàte d'accélérer la marche trop lente de la maladio en relevant les forces de l'économie animale. Dans ce double but, on tiendra le cheval chaudement, sans cesser de lui taire taire de l'exercice ; on ne négligera pas le pansage de la main ; on lui fera respirer la vapeur des plantes aromatiques bouillies daus le vin ou dans l'eau aiguisée de vinaigre: sa nourriture sera légère et substantielle; ou emploierai l'intérieur les toniques et quelques sudorillques, tels que la poudre cordiale ou la thériaque dan9 du vin, les poudres ou les extraits de genièvre, d'aimée, de gentiane, combinés avec l'antimoine diaphorétique ou le kermès, et administrés soit sous forme de bols ou d'opiats, soit délayés daus le vin, Onv erra que la maladie prend un meilleur caractère, et l'on Continuera le même traitement, aussitôt que les naseaux commenceront à jeter, ou l'abcès de la ganache à. se former. Quand la gourme ne suit pas une marche régulière, quand l'animal ne jette qu'imparfaitement, il arrive souvent que la maladie principale dégénère en une maladie organique du poumon, qui emporte l'animal plus tôt ou plus tard, ou le jette dans le marasme. On appelle fausse gourme celle qui, ayant été mal guérie une première fois, reparaît, ou une affection du même genre qui se manifeste quelquefois chez les poulains au-dessous de deux ans, et ne les affranchit pas de la véritable gourme. Lorsque l'humeur qui découle des naseaux est tellement épaisse qu'elle a de la peine à se détacher, ou quand la xoembrune qui les tapisse est très-enflammée, il faut, pour

. empêcher que cette humeur ne les corrode, les injecter plusieurs fois par jour avec de l'eau de guimauve tiède, ou avec de l'eau d'orge à laquelle on ajoutera du miel rosatet 31 à 62 grammes de vinaigre par litre.

Gras-fondure. Inflammation de la membrane veloutée des intestins, pendant laquelle l'humeur muqueuse destinée à les lubrêfier s'échappe avec les excréments. Cette maladie, pltjs commune en été qu'en hiver, attaque surtout les chevaux de

■ fatigue. Le cheval atteint de gras-foudure fiente avec peiné, et ses excréments sont mélangés et recouverts de glaires quelquefois sanguinolentes, assez semblables à de la graisse fondue, ce qui a fait donner à cette maladie le nom qu'elle porte, dans la persuasion où on était autrefois que ces matières n'étaient autres que de la graisse. L'animal est dévoré d'une

maladies des chevaux. 177 fièvre ardente, regarde son flanc, qui bat avec violence ; perd la vivacité, l'appétit, l'embonpoint, tombe dans le marasme s'il n'est point traité à temps.

11 Tant saigner de suite une ou deux fois, selon la gravité des circonstances; supprimer toute nourriture solide, donner force décoctions émôïlientes blanchies et miellées; insister mr les lavements émollients. Quand les accidents seront dissipés et que le cheval entrera en convalescence, on lui donnera soir et malin une prise de thériaque dans dn vin, et on le tiendra pendant quelques jours à la paille hachée avec de l'orge écrasée, avant de lui rendre ie foin et l'avoine. Les purgatifs et les cordiaux, que beaucoup de maréchaux s'empressent de donner dans la gras-fondure, sont contre-indi- <més par la nature même du mal, qui est inflammatoire, et par conséquent demande un traitement antlphlogistique.

Hématurie. Yoyez Pissement de sang.

Hémopfitysie, Voyez Hémorrhagie.

Hémorrhagie, Ecoulement du sang hors des vaisseaux destinés à le contenir, avec ou sans rupture de leurs parois, ce qui établit deux variélés, l'une spontanée, et l'autre traumatique. La première est rare à l'extérieur ; elle s'effectue le plus ordinairement à la surface ou dans l'épaisseur des organes contenus dans les grandes cavités. La seconde peut dépendre de la blessure des artères, de celle des veines, ou de la division capillaire des vaisseaux. Les hémorrhagies artérielles sont les plus graves. Les hémorrhagies veineuses sont en général moins alarmantes. Les hémorrhagies capillaires sont les plus faciles à arrêter.

Tout ce qui peut donner lieu à la pléthore dispose aux hémorrbagies spontanées. La diète, le repos, les émissions sanguines, l'application des émollients sur les tissus qui sont le siège des irritations, les révulsifs dans un lieu éloigné du siège de l'hémorrhagie, sont les moyens généraux à leur opposer. La saignée ne convient qu'au début. Elle devient inutile ou nuisible quand une hémorrhagie abondante a beaucoup affaibli le cheval. Les corps froids, les acides étendus d'eau sont souvent utiles lorsqu'ils sont employés avec discernement.

Les moyens employés pour mettre un terme aux hémorrhagies traumatiques, sont les réfrigérants, les absorbants, les astringents, le cautère actuel, la compression et la ligature. Les réfrigérants (l'eau froide, la glace, la neige) privent la partie de sa chaleur naturelle. On ne les emploie danB le» hémorrhagies externes que dans le dessein de hâter la cessa-

tion d'un écoulement de sang qui tend naturellement à sa fin. Ils ne seraient point suffisants pour arrêter une héraor-' rbagie provenant de l'ouverture d'un ou de plusieurs vaisseaux, importants ; mais ils sont avantageux lorsqu'il s'agit d'une bémorrhagie interne a laquelle la compression, la ligature ei la cautérisation ne pouvant être opposées, il ne reste d'autres" moyens que de chercher à exciter directement la contractilité du tissu de la peau, afin de déterminer le resserrement des extrémités vasculaires intérieures. On les emploie avec avantage dans les hémorrhagies nasales, en les appliquant sur' le chanfrein et les injectant dans les narines. Les absorbants le plus souvent employés sont la charpie Ou la filasse, l'amadou et l'éponge sèche. Ils sont utiles dans |a plupart des cas où une plaie fournit un écoulement de sang en nappe, et qui pourrait devenir dangereux par sa continnatiou. Les astrin~. Cents s'emploient sous forme de liquide ; les solutions de sulfate de fer, de sulfate de cuivre, l'eau de rabel, et surtout l'eau alumiueuse et l'eau vinaigrée, sont les plus employées. On y a recours dans les mômes cas que les réfrigérants; on en fait usage de la môme manière ; leur action est plus Énergique et plus continue, mais ils ont l'inconvénient de causer de l'inflammation dans les lieux de leur application. La cautérisation des vaisseaux se pratique au moyen du fer chauffé, à blanc, que l'on applique aussitôt que l'on a retiré l'étoupe ou la charpie avec laquelle on dessèche la partie ; elle est impuissante contre les hémorrhagies fournies par de trèsgrosses artères. La compression faite sur les parois de l'artère ouverte ne convient guère que pour celles qui ont un point d'appui solide, et qui sont voisines de la peau; telles, sont plus particulièrement la temporale, la palatine et l'intercostale. La compression faite sur l'extrémité do l'artère coupée eu travers doit être bornée à certaines hémorrhagiea pour la suppression desquelles on emploierait inutilement tout autre moyen. La ligature des vaisseaux est le moyen lia plus simple, le plus sûr que l'on puisse opposer aux hémorrhagies des vaisseaux de quelque importance; ce n'est que lorsqu'il est impossible de le mettre en usage, qu'il convient d'employer ou la cautérisation ou la compression.

Hydrojiisic. Accumulation de sérosité dans l'intérieur de l'une des cavités du corps ou dans le tissu cellulaire. Le,8 chevaux dont la fibre est lâche, la constitution molle et lymphatique, soiit plus sujets aux hydropisk-s, surtout s'ils ha-, itent des localités basses et humides. Les principaux symptômes appréciables de l'état d'hydropisie, sout la pâleur dé la conjonctive et de toutes les membranes muqueuses appa-

MALADIES DBS CHEVAUX .

rentes, la sécheresse de la peau, la diminution de la sécrétion de l'urine; quelques symptômes particuliers caractérisent lds différentes espèces. Voyez Hydrothorax, Ascite, Œdème.

Hydrotkorax. Hydropisîe de poitrine. Le cheval respire avec difficulté, surtout après l'exercice. Pendant l'acte de la respiration, les côtes se soulèvent avec force; la respiration est courte, fréquente, la poitrine rend un son mat par la percussion. Il y a souvent œdème. Souvent on entend la sérosité Ballotter dans la capacité de la poitrine. Les membranes muqueuses sont pâles. Cette maladie, qui résulte, dans le plus "grand nombre des cas, de l'inflammation des plèvres, est très-souvent mortelle. La ponction ne réussit que rarement. ■Les diurétiques secondés par l'application des vésicatoire! -sous la poitrine ont été employés avec quelques chances de fcuccès.

Indigestion. Voyez l'article Tranchée.

Inflammation. Engorgement des extrémités capillaires des vaisseaux sanguins, accompagné de douleur, chaleur, fièvre jet gonflement. Tout ce qui peut tendre à gêner la libre circulation du sang, et à déterminer sa stagnation dans les vaisseaux capillaires, dispose à l'inflammation. Les causes les plus ordinaires de cet engorgement sont donc toutes celles .qui peuvent augmenter le mouvement et la quantité du .sang, pu diminuer sa fluidité. De ce nombre sout : le trop de nourriture et de repos, qui augmente tout à la fois la quantité de Cette humeur et ['épaissit; un exercice trop violent, qui l'échauffé, le dessèche en même temps qu'il augmente son mouvement; la chaleur extérieure, qui appelle le sang à la peau en trop grande abondance : un froid subit, en produisant l'effet contraire, peut déterminer l'inflammation d'un organe interne ; l'application du feu, des caustiques , d'un irritant quelconque, détcrmine-l'inflammation en diminuantla capacité des vaisseaux; une forte contusion amène le même résultat en détruisant leur ressort.

L'inflammation peut être générale ou partielle, interne ou externe. Cette dernière se divise en phlegmoneuse et en érystpélateuse, en simple et en compliquée. L'érysipélateusc est une élévation superficielle de la peau avec chaleur et douleur; la phlegmoneuse est une tumeur douloureuse, dure, accompagnée d'une grailde chaleur. L'inflammation est simple quand elle n'est compliquée d'aucune autre maladie.

L'inflammation peut se terminer de plusieurs manières différentes : par résolution, quand le sang, accumulé dans les extrémités capillaires des vaisseaux, est rappelé danslamasse;

par induration, quand la chaleur et la douleur diminuant et disparaissant, la tuméfaction s'accroît lentement; par délitescence, quand l'inflammation disparaît du point où elle s'était primitivement fixée pour se reporter sur une autre partie ; par métastase, par suppuration, par gangrène. Il est évident que la première de ces terminaisons est la plus salutaire.

Les signes de l'inflammation externe sont trop évidents pour avoir. besoin d'être décrits ici. Ceux de l'inflammation interne sont généralement un état de fièvre et un sentiment de chaleur dans la partie affectée, sentiment qui ne se manifeste pas toujours par des signes extérieurs faciles à saisir.

Le traitement de toute inflammation doit tendre, en général, à diminuer la trop grande quantité du sang, à le rafraîchir, rétablir la régularité de son cours, fui rendre la fluidité nécessaire. Il faut saigner le cheval une ou plusieurs fois, selon la gravité des symptômes; lui retirer le foin, l'avoine, et même toute nourriture solide s'il y a lieu ; lui donner de l'eau blanche tiède en abondance, et quelques lavements. En même temps, si quelque partie externe est affectée, ou la fomentera fréquemment avec une forte décoction tiède d'herbes émollientes, que l'on remplacera un peu plus tard par celle de camomille et de fleur de sureau.

A l'égard du phlegmon, s'il ne parait pas vouloir se résoudre après l'emploi des moyens généraux, il faudra employer les cataplasmes émollients et maturatife pour l'amener à suppuration, et le traiter ensuite comme tonte tumeur eu suppuration : il faut éviter l'application de tous corps gras tant que l'on conserve l'espoir de voir résoudre l'inflammation, parce qu'ils obstruent les pores de la peau, augmentent la chaleur, et disposent à la suppuration.

Il est inutile de faire observer que l'emploi des moyens généraux dans le traitement des maladies inflammatoires, doit être coordonné d'après la gravité des symptômes, et qu'il faut éloigner en même temps les causes extérieures qui ont occasionné ou pourraient entretenir l'inflammation. Ce qui vient d'être dit dans le courant de cet article sur le traitement général de l'inflammation, peut s'appliquer, sauf quelques modifications, à toutes les maladies de nature inflammatoire, sous quelque nom qu'on les désigne.

Jardon. Tumeur calleuse qui occupe la partie inférieure externe du jarret. Lorsque le mal est accidentel, on peut espérer de le résoudre à l'aide des topiques énergiques et du feu ; mais il n'y a rien à faire quand il est héréditaire.

Javart. Tumeurpblcgmoneuse qui se manifeste parfois le long des tendons du canon ou du paturon, on dans lu pied, ce qui donne lieu de le distinguer en .javart cutané, javart tendineux, javart encorné et javart cartilagineux. Les boucs acres, le séjour prolongé des pieds dans l'urine, l'humidité et la malpropreté, sont les causes les plus ordinaires des javartscutané et tendineux; les deux autres sont le plus souvent occasionnés par des coups, des atteintes, ou par du pus qui a souillé au poil dans quelque maladie du pied.

Le javart cutané oe demande que des soins de propreté, et tout au plus quelques applications émollientes; c'est une sorte de furoncle qui a sou siège dans la peau, et se termine par suppuration. Il faut l'aire usage des cataplasmes émollients jusqu'à la chute du bourbillon, et panser ensuite avec des compresses trempées dans du vin chaud. Le javart tendineux cause parfois de vives douleurs, et donne lieu a une abondante collection de pusilansles coulisses ou gaines tendineuses des articulations inférieures dus membres, collection à laquelle il faut se bâter de donner issue afin rie prévenir l'cxfolialiOD du tendon. On emploiera avec sucrés les applications émollientes, que l'on continuera jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'inflammation; après quoi on ouvrira l'abcès, en ayant soin d'expulser toute la matière purulente, on fora des ipjeclious dVau liéile, cl on nauscra de manière à préserver la plaie du contact des corps étrangers.

Le javart encorné a son siège clans le sabot, et formé parfois, au biseau de la couronne, des fistules par lesquelles la matière s'écoule : souvent aussi cette matière, au lieu rie s'écouler au-dehors, fuse eu-dessous de la corne, la soulève, détache le sabot, du gagne même l'os du pied, et dégénère en javart cartilagineux. Dans le cas où la matière se montre à la couronne, un bouton de feu appliqué sur la fistule suffit souvent pour déterminer une bonne suppuration et amener une guérison prompte ; mais quand les choses ne se passent pas ainsi, il faut se hâter de pratiquer l'opération, dite du javart encorné, qui consiste à enlever la portion rie corne soulevée ainsi quo les parties désorganisées, afin défaire une plaie simple que l'on pansera avec ries étoupes imbibées d'eau-de-vie étendue d'eau. Dans le javart cartilagineux, il faut enlever le quartier du sabot, soulever la peau qui recouvre le cartilage, sans la lacérer, emporter avec un instrument convenable tout le cartilage, et même les portions- rie l'os du pied atteintes de carie. Si l'opération a été' bien faite, oa pourra obtenir une cure complète en assez peu de temps ; il n'en serait pas de même si l'on avait laissé par mégarde Vétérinaire. lli

182 DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE Vil.

qielqiie portion de carie, ou offensé la capsule synoviale de l'articulation. Le javart cartilagineux se reconnaît aa gonflementdonlourcuxdelacouronne,ainsiqu'à la présence d'une ou plusieurs fistules, laissant échapper une matière puriforme souvent parsemée de parcelles verdàtrcset d'une odeur propre à la carie.

Il est bon de remarquer que les javarts, surtout cutané et tendineux, sont sujets à reparaître a diverses reprises, ce qu'il . faut tâcher d'éviter en purgeant une fois ou deux sur la fin de la maladie.

Jaunisse. Infiltration de la bile dans le tissu des diverses parties du corps. Les signes de cette maladie sont : une teints jaune très-prononcée, répandue dans le blanc des yeux et sur toute l'étendue muqueuse des narines et de la bouche; l'urine est d'un jaune-brun très-foncé ; le crottin dur et sec ; le cheval est constipé, triste, lourd, abattu, et perd l'appétit.

Il faut débuter par une saignée copieuse, scion la force de l'animal ; administrer deux ou trois lavements dans la soirée du môme jour; doDner le lendemain une pilule pnrgative, que l'on répétera une ou plusieurs fois à quelques jours d'intervalle. On pourra employer pour boisson ordinaire la décoction de racine d'asperge ou de fraisier, additionnée de 30 grammes de sel de nïtre et de quelques poignées de farine d'orge; et administrer, soir et matin, les jours où on ne purgera pas, de 15 a 30 grammes de rhubarbe en poudre, réduite en pilules ou délayée dans'le vin blanc; le son ou la farine d'orge, la paille hachée et les carottes formeront la hase de la nourriture. La saignée, recommandée au commencement de cet article, ne produit ordinairement de bons effets que dès le début de la maladie.

Kyste. Tumeur indolente consistant eu un sac membraneux rempli d'un liquide ordinairement huileux et jaunâtre, quelquefois aussi d'un aspect différent. Le kyste peut se ter- i miner par résolution, quand l'humeur enfermée dans la poche est absorbée. Cette terminaison étant la plus favorable, on doit la tenter par l'application des résolutifs les plus éaergiques, tels que les vésicatoires, les onctions ammoniacales: lorsque ces moyens sont insuffisants, ce qui arrive souvent, . il faut ouvrir la tumeur, enlever avoc soin tout ce qu'elle contient, et panser ensuite comme une plaie simple.

Lampas. Voyez Barbes.

Langue coupée. La langue du cheval peut être coupée quelquefois, soit par l'effet d'un mauvais mors^soit par la

ÏÀLiDlES DES CHEVAUX. 183 longe si on la laisse par mégarde dans la bouche, et qu'il vienne à tirer dessus. Si le mal n'est pas très-grave., il faut bassiner la langue avec le vin tiède miellé et donner du repos au cheval; mais lorsque la langue est coupée trop profondément pour que l'on puisse espérer la réunion, il faut achever de t'enlever, afin d'en prévenir la mortification.

Loupe. Tumeur d'abord molle et indolente, qui se forme quelquefois entre la peau et les muscles aux environs des parties membraneuses. Tant que la loupe est mobile sous la peau, on peut espérer de la voir céder à l'emploi des résolutifs énergiques, mais l'extirpation devient à peu près le seul remède, quand la tumeur est Irès-volumiueuse, fixe et adhérente.

Lunatique (cheval lunatique, yeux lunatiques]. Fluxion périodique sur les yeux. Cette maladie revient périodiquement ii des époques plus ou moins éloignées : beaucoup de jeunes chevaux y sontsujets. Les yeux se couvrent d'un nuage obscur; les paupières gonllées, rouges, sont presque toujours fermées. Le cheval finit par perdre la vue au bout d'un certain nombre de retours périodiques. Il faut, aussitôt que la maladie 3e déclare, laisser reposer le cheval, lui retirer les aliments échauffants; et même toute nourriture solide si la gravité des circonstances l'exige ; pratiquer une ou deux saignées, établir des sétons a la partie supérieure de l'encolure; recourir en outre aux boissons rafraîchissantes, telles que l'eau blanche nitrée ou la décoction de laitue blanchie; aux lavements, auxpurgalifs doux si l'état du ventre l'exige; aux cataplasmes émollicnts anodins, auxquels on pourra substituer le? collyres résolutifs quand l'inflammation sera un peu dissipée. On remplacera la dicte par de bons aliments de facile digestion à mesure que la convalescence approchera, et l'on terminera par une ou deux purgations, si on n'en a pas fait usage pendant le traitement.

Maigreur. Voyez Faiblesse, Convalescence.

ilalandre. Sorte de crevasse qui se forme au pli du genou, et qui fournil une humeur âcre et corrosive. Ce mal qu'il faut s'attacher à cicatriser de suite, se traite comme les autres crevasses et gerçures. L'onguent dessiccatif astringent serait très-propre a consolider la cicatrisation, après avoir bien détergé la plaie par les lotions émollientes.

Mal de cerf ou Tétanos. Contraction spasmodique et permanente des muscles d'une ou plusieurs parties du corps.

causée le plus souvent par une douleur vive et prolongée, par la lésion ou la compression d'un nerf, par une plaie grave qui suppure mal, quelquefois par une suite delà castration . par bistournage ou par les casseaux; en un mot, par toutes les causes capables de produire uue vive irritation du système nerveux.

Cette affection commence ordinairement par la contraction des muscles de la mâchoire, et gagne de proche en proche ceux de toutes ou plusieurs autres parties du corps. Les muscles ainsi retirés ne peuvent plus reprendre leur extension naturelle; le cheval est frappé d'une immobilité générale ou partielle, et finit par tomber comme une masse pour ne plus ■ se relever. Ce mat est ainsi nommé, de ce que le cheval qui en est atteint est raide comme le cerf au moment où il vient j d'être forcé. L'animal ne peut remuer ni le cou ni la téte, ni ] desserrer les mâchoires; il est raide sur ses jambes lorsqu'elles sont prises, et exposé à tomber au moindre mouvement qu'on veut lui faire faire. Il a le nez teudu vers le râtelier, les oreilles droites, la queue retroussée; l'encolure est si raide qu'il peut à peine la mouvoir; tous ses muscles sont si fortement contractés, que l'on dirait, en lui voyant les jambes écartées et immobiles, qu'il est cloué sur le pavé. Tous les moyens, tant internes qu'externes, propres à amener un relâchement, doivent être employés; c'est surtout sur les antispasmodiques les plus puissants et l'opium à hautes doses, que l'on doit le plus compter. Bien entendu que l'on doit rechercher avant tout la cause du mal pour la détruire s'il est possible. Les fomentations éiriollieutes sur les parties attaquées, les lavements de même nature, les frictions d'huile camphrée; les boissons tempérantes mirées, le bouebonnement, l'opium administré a l'intérieur, à la dose de 8 a 15 grammes et môme plus, jusqu'à la convalescence, sont les moyens à mettre en usage; la saignée est souvent bien indiquée. Administrés à temps, ils peuvent produire de bons effets : si le resserrement de l'œsophage ne permet pas d'introduire les médicaments dans l'estomac, il faut les administrer sous forme de lavement et y revenir à plusieurs reprises.

Mal de taupe ou de nuque. Tumeur phlegmoneuse qui survient au sommet de la tète et s'étend quelquefois assez loin le long de la crinière. Ce mal est presque toujours le résultat d'un coup sur la tête, d'un frottement réitéré, d'une pression prolongée; en un mot, de tout ce qui peut froisser et meurtrir les tissus de celte partie du corps. Il se reconnaît aux signes communs aux autres tumeurs phlegmoneuses, ainsi qu'à sa position, et devient daugereiix quand on le néglige.

parce qu'il peut attaquer le figament cervical ou amener U carie des vertèbres du cou. On rencontre cette maladie principalement chez les gros chevaux sujets au rou vieux et mal soignés, qui se frottent quelquefois la tète contre des corpi environnants, au point de produire la meurtrissure en question, et etiez ceux de trait qui reçoivent souvent des coups de manche de fouet sur la tète.

Aussitôt donc que l'on aperçoit une légère tuméfaction sur le haut de l'encolure, il faut lenter la résolution au moyen des embrocations résolutives salines et alcoolisées. Mais si le mal fait des progrès au lieu de diminuer, ou que l'on s'aperçoive que les parties sont fortement meurtries, il faut se lutter de provoquer la formation de l'ahcès au moyen des maturatifs, et en pratiquer l'ouverture sans délai aussitôt qu'il sera mu^afin de préserver les tendons et les os, en ayant soin d'ouvrir tous les sinus qui pourraient s'être formés et d'enlever toutes les portions cariées d'os ou de tendons ; ensuite, faire des injections d'eau-de-vie affaiblie, et terminer le traitement comme celui d'une plaie ordinaire. La taupe exige des secours d'autant plus prompts, que souvent, sans Être apparente, elle sillonne profondément, ce qui a fait donner à cette maladie le nom qu'elle porte, et gagne les vertèbres si l'on îe se hâte de donner issue au pus.

Mal de tête. Céphalalgie. Ce mal est presque toujours le symptôme ou l'avatit-coureur d'une maladie principale; le cheval qui en est atteint a la tête lourde et brûlante, et il ne faut pas perdre de temps pour s'assurer de la véritable maladie dont il est menacé. Dans tous les cas, on ne risque rien d'appliquer de suite le régime antipldogistique, et de pratiquer même la saignée si la gravité des circonstances l'exige .

Mal de têie contagieux. Ce n'est autre chose qu'une lièvre charbonneuse, dans laquelle la tête se trouve fortement embarrassée. Cette partie du corps est brûlante, enllée; les yeux sont gonflés, larmoyants, et sortent de leur orbite; une matière jaune coule des naseaux ; on reconnaît tons les symptômes d'une fièvre des plus fortes, ét le mai se termine bientôt par la mort, si l'on n'y apporte de prompts secours. Celte maladie dcmamle le môme traitemwt que la fièvre charbonneuse, et les mêmes mesures de précaution que toute contagion. Voyez Contagion.

Maux de reins. Un coup, une chute, une charge trop pesante, peuvent occasionner un effort de reins. Ce mal se traite comme tous les autres du même genre ; mais s'il est très-sé-

Tfeux, il convient de saigner préalablement le cheval, de lui «ter toute nourriture échauffante, et de lui donner quelques lavements pour empêcher que les gros intestins ne se remplissent. Un sachet de plantes émollicntes placé sur les reins., calmera les fortes douleurs, et ou pourra le remplacer par un cataplasme fortifiant sur la Tin de la maladie. S'il reste de la faiblesse, on appliquera le feu; dans tous les cas, on ne fera pas travailler le cheval avant qu'il ne soit entièrement guéri.

Les chevaux faibles de reins doivent être traités comme il est dit au mot Faiblesse; on pourra, en o«tre, frotter matin et soir la partie faible avec le Uniment savonneux camphré ou tout autre analogue.

L'inflammation interne des reins peut donner lieu à dés accidents graves, et il se forme parfois, dans la cavité de ces organes, des pierres et graviers dont la présence est fort dangereuse. Voyez Rétention {Purins.

Maux d'yeux. Les yeux des chevaux sont, comme ceux de tous les autres animaux, sujets à une foule de maladies qui, peuvent résider uniquement dans les paupières et les parties voisines, ou intéresser le globe même de l'œil. Toutes ces maladies découlant en général de la même source, une inflammation générale ou locale, peuvent être foutes traitées d'après les mêmes principes, sauf quelques modifications nécessitées par les circonstances particulières de la maladie.

Ainsi, s'il 'n'y a qu'un simple gonflement des parties eité- - Heures avec ou sans larmoiement, on les bassinera fréquemment avec une décoction tiède d'herbes émollienfes ou de feuilles vertes de laitue, additionnée de laudanum ou d'Un

Ecu d'extrait de saturue, ou avec le collyre calmant résolutif, orsque l'ioflammation sera à. peu près dissipée, on substituerai ces lotions une légère infusion de sureau animée d'un ; peu d'eau-de-vie camphrée, pois enfin une légère solution de pierre divine ou de vitriol blanc, afin de redonner du ton aux parties : on peut même employer, sur la fin, de l'eau de puits bien fraîche; mais tant que l'inflammation est dans 1 sa force, il ne faut appliquer' aucun topique froid.

Si le globe de l'œil est fortement offensé, et si ces moyens locaux paraissent devoi» être insuffisants, il faut pratiquer une ou deux petites saignées aux .jugulaires, et appliquer concurremment les autres moyens généraux prescrits dans tous les autres cas d'inflammation. 'Voyez Fluxion: Lunati-

Mémarchure.yo^zEntorss.

MALADIES DES CHEYAOX. f87

Molette. Tumeur molle et synoviale située au-dessus du boulet, sur les côtés du teudon. Quand elle est récente on peut en tenter la résolution au moyen des lotions résolûmes fortement astringentes ; sinon il faut raser te poil, appliqueun vésicatoire, et si cela ne suffit pas, le feu.

Morfondure. Voyez Cotyza.

Morsures de bâtes venimeuses. Les chenaux sont exposés surtout à la campagne, à être mordus ou piqués par des animaux ou des insectes plus ou moins venimeux. Le mal s'annonce d'abord parunc tuméfaction douloureuse, accompagnée d une inflammation quelquefois assez considérable pour ■■ ;ill . L . r une véritable fièvre.

Dés que l'on s'aperçoit qu'un cheval a été mordu ou piqué par un animal suspect, il faut laver de suite la partie avec de la lessive ou de l'eau de savon tiède ; examiner s'il est resté un dard dans la piqûre, afin do l'arracher; élargir le plus que 1 on pourra l'ouverture de la plaie, et y faire couler de l'alcali volatil, ou du vinaigre radical ; frotter ensuite les parties environnantes avec un mélange d'alcali volatil et d'iiuile ■ les recouvrir d'un cataplasme de feuilles du rue pilées avec de 1 hmic, et s'il survient un abcès, le traiter à l'ordinaire (voyez Charbon, Tumeur) ; enfin, mettre le cheval à la diète, l'eau blanche, et lui donner quelques breuvage sudori/iques • entretenir la liberté, du ventre, et terminer, s'il est nécessaire par une ou deux purgations.

Dans le cas de morsure de la part d'un animal enragé, il faut enfoncer uu fer rouge dans les plaies, et ne pas négliger de te promener même sur les simples égralignures ; les recouvrir d'un emplâtre vésicatoire ou d'un cataplasme de moutarde et d'ail pilé, jusqu'à ce qu'elles soient en pleine suppuration; cl >iilislilu.?r alors le digestif, la térébenthine et les cataplasmes émollienls, aux autres topiques.

Mort». Maladie organique cancéreuse ou tuberculeuse do la membrane muqueuse des narines, qui se complique quelquefois d'une affection analogue des poumons. Ses rauses médiates et immédiates ne sont pas encore bien connues mais tout porte à croire que cette maladie est toujours le résultat, d'une irritation des membranes muqueuses, quelle que soit la cause originelle de celte irritation.

Il se fait par un des naseaux, rarement par les deux à la fois, un écoulement abondant de mucosités opaques, et quelquefois striées de quelques lilels'de sang. Un engorgement se manifeste dans tes glaudes de la ganache du côté du naseau affecté; l'œil du même côté est souvent larmoyant. L'écoule-

188 DEUXIÈME PÀtlTIE. CHAPITRE VII.

ment devient successivement purulent, jaunâtre ou verdàtre, et s'attaclie à l'orifice des narines; il diminue quelquefois , et s'arrête pour reparaître un peu plus tard. Les glandes engorgées deviennent dures, tantôt douloureuses, tantôt indolentes; la membrane muqueuse des narines prend une teinte blafarde, violacée, livide, et finit par s'ulcérer; l'affection gagne quelquefois les deux côtés ; il survient aussi parfois des hémorrhagies ; les os du nez et du chanfrein semblent boursoufllés et se soulèvent. Un des signes caractéristiques qui distinguent cette maladie de plusieurs autres avec lesquelles elle a beaucoup de ressemblance, c'est que le cheval morveux ne tousse pas, à moins qu'il n'y ait complication de

Ehthisie pulmonaire, et ne perd ni l'appétit ni sa vivacité haituelle, à moins que la maladie ne soit parvenue a sa dernière période; car alors l'appétit est nul, l'abattement extrême, la toux fréquente, les jambes enflées, les flancs retroussés, et le cheval meurt de consomption.

La morve est encore considérée comme une maladie incurable. Quand le mal n'est parvenu qu'à son premier, ou, au plus, au deuxième degré, on peut essayer le traitement suivant. Nourriture substantielle, composée principalement de carottes, orge écrasée, paille hachée, avoine, eau blanche pour boisson ; vie active sans être trop fatigante , température douce, écurie saine et aérée; soins minutieux de propreté, pansage régulier, frictions fortes et réitérées sur toute la surface du corps, frictions de pommade d'hydriodate de potasse sur les glandes de la ganache ; fumigations émollientes, puis successivement détersives et légèrement stimulantes, dirigées dans les naseaux. A l'intérieur, foudre d'au- Bée et de gentiane alliée au kermès ou à l'antimoine diaphorétique ; lavements simples , purgatifs doux répétés à intervalle.», plus ou moins éloignés. On peut aussi pratiquer dans les narines des fumigations émollientes, puis astrin-

g: m tes , auxquelles on substituera de l'eau de chaux ou de oûlard.

Quand les ulcères des narines sont bien détergés, la membrane muqueuse peu ou point enflammée, et l'écoulement à peu près arrêté, il faut, surtout si la maladie a été longue et opiniâtre, adjoindre aux injections toniques des fumigations aromatiques, mercuriclles et résineuses : à cet effet, on projettera soir et matin sur des charbons ardents, et par petites portions , 31 ou 62 grammes de poudre de gayac, dont on recevra la vapeur dans un entonnoir renversé et muni d'un tube asseï long pour porter ces vapeurs jusque dans les narines. On a conseillé de faire respirer de temps à autre du charbon en poudre très-fine pour dôterger les ulcères.

La morve est regardée presque généralement non sculcmeut comme contagieuse, mais encore comme héréditaire. En attendant que cette double question, sur laquelle on est encore partagé, soit résolue d'une manière positive, il est prudent d'isoler les chevaux morveux et de ne pas s'en servir pour la reproduction. Les propriétaires ne doivent point ignorer qu'ils ne peuvent traiter un cheval morv ( enx ou suspecté de l'être, sans préalablement avoir l'ait leur déclaration au maire de leur commune. Ils ne peuvent non plus les faire travailler, les vendre ou les exposer en vente.

Musaraigne. Voyez Charbon.

Nerf-ferrure. Gonflement de la région tendineuse du canon occasionné par un coup sur celte partie, ou par toute autre cause extérieure. Des fomentations émollicntcs , s'il y a inflammation . et les toniques spiritueux ou astringents employés en frictions suffisent ordinairement po:jr dissiper la nerf-ferrure, surtout quand la peau n'est pas entamée. La nerf-ferrure négligée peut donner naissance au ganglion.-

Œdème. Hydropisic du tissu cellulaire. Tuméfaction molle, indolente, froide, circonscrite, due à l'accumulation de sérosités dans le tissu cellulaire sous-cutané de la partie où elle se montre. La peau est comme soulevée, dépourvue d'élasticité; en appuyant le doigt dessus, la pression en reste marquée et ne s'ellkce que lentement. II ne faut pas confondre l'œdème avec les tumeurs phlegmoucuses ou charbonneuses. Voyez Phlegmon et Charbon.

L'œdème se montre assez souvent sous la poitrine, sons le ventre, au scrotum, au fourreau. Celui qui résulte d'une contusion, d'une opération chirurgicale , d'une compression , se dissipe volontiers de lui-même, lorsque la cause ne subsisto plus. On favorise ïa disparition par des frictions spiritueuses, des boissons nltrées et la promenade. S'il tient h une atonio générale du sujet, on donne des aliments substantiels, on administre quelques toniques ; quand il est symptomatique d'une autre maladie, il ne se guérit qu'avec l'a'fection dont il dépend. Lorsqu'il persiste après la cessalion de la maladie principale, on y remédie par des frictions sèches, spiritueuses, des applications d'argile , de terre glaise ou de blanc d'Espagne délayés dans du vinaigre. Si ces moyens ne suffisent pas, on fait des scarifications dans l'épaisseur de la tumeur, afin de favoriser le dégorgement. Dans certains cas, .on se trouve très-bien de l'application du feu en pointes pénétrantes. Des diurétiques et des purgatifs sont parfois nécessaires.

Oignon. Ezubérance de la soie des quartiers, le plus -souvent des pieds de devant, et qui est due à une tuméfaction de la face inférieure de l'os du pied. La ferrure est le seul moyen qui puisse remédier à cette maladie; le fer doit ûtre couvert et bombé à l'endroit de la tumeur : ii faut peu parer la sole à cet endroit.

Ophthalmie. Maladie inflammatoire de l'œil, qui s'annonce par le gonflement des paupières, la rougeur de la conjonctive, le larmoiement, et l'impression douloureuse que la lumière parait produire sur cet organe. Les collyres et cataplasmes emollienls anodins doivent être employés dès le début; on les rendra un peu stimulants, en y faisant entrer successivement l'infusion de fleur de sureau, l'eau-dc-vie camphrée, le vitriol blanc ou bleu, etc., à mesure que l'inflammation tombera. Le collyre avec le sulfate de zinc pourra êtra employé dans le cas d'ophthalmies chroniques et de relâchement des paupières. On joindra aux moyens ci-dessus la saignée et le régime antipbiogiftique , quand la gravité des symptômes l'exigera.

OreiUe {Mal d']. Il survient quelquefois dans l'intérieur de l'oreille , par suite d'un coup ou sans cause apparente , une tumeur qui obstrue le conduit auditif. 11 faut la percer à sa maturité, et injecter dans la plaie du vin chaud , ou toute autre liqueur propre à la déterger, et cicatriser promptement.

Osselets. Petites tumeurs osseuses, de même nature que les ■uros. Ils ont leur siège sur le canon, près du boulet. Ceux qui ne s'approchent point de l'articulation de cette partie ne nuisent en rien au service de l'animal. Pour le traitement, voyez Suros.

Peignes. Eruption de même nature que les arêtes on grappes, qui a son siège autour de la couronne. Voyez Arêtes.

Piqûras d'insectes. Voyez Morsures.

Pissement de sang. Les chevaux et le gros bétail sont exposés à cette maladie, surtout dans les grandes chaleurs et les temps orageux. L'eau blanche nitrée en abondance et la diète suffisent ordinairement pour la dissiper, sinon il faut appliquer le traitement autiphlogistique dans toute son étendue.

Plaie. Solution de continuité des solides, avec ou sans perte de substance. Les plaies, en général , sont produites par Tac-

lUt.AH! ES DES CHEVAUX. 191

lion mécanique et accidentelle d'un corps tranchant, piquant, contondant; par l'action chimique d'un corps capable de désorganiser les tissus; par l'ouverture d'un abcès, ou par l'effet d'une cause interne qui occasionne l'ulcération de la peau. Elles sont simples ou composées : simples, quand il n'y a que la peau ou les chairs de divisées; composées, quand quelquo partie essentielle, telle qu'un viscère, une artère, un tendon, un os, se trouve lésée.

Les plaies compliquées de déchirures, perte de substance ou contusions, sont les plus difficiles à guérir : aussi celles qui proviennent d'un tranchant bien aigu sont les plus simples de toutes; elles n'offensent aucune partie essentielle, parcs que les parties ne sont que divisées sans être déchirées; tandis que dans les plaies d'armes à feu et autres corps mousses, il 7 a tout à la lois déchirure et contusion.

Quand on est appelé à panser une plaie récente, il faut commencer par raser le poil tout autour; presser les bords pour faire sortir le sang caillé ou extravasé : laver la partis avec l'eau additionnée d'eau-dc-vic , d'eau vulnéraire, ou avec une décoction émolliente tiède s'il y a déjà inflammation; enlever avec soin lu terre et tous les corps étrangers; ménager tous les lambeaux de chair ou de peau dont on pourra espérer le recollement, couper ceux qui seraient trop meurtris et déchirés pour pouvoir être conservés; sonder la plais si elle est profonde, alin de s'assurer qu'il n'y soit resté aucua corps étranger, et voir s'il n'y a pas quelque os attaqué; fairt la ligature des artères coupées, et employer tels autres moyens que la circonstance exigera pour préveuir ou arrêter l'hémorrhagie. Cela fait, on rapprochera et remettra soigneusement en place tous les lambeaux conservés, afin de tacher d'en obtenir le recollement; si l'ouverture est très-longue, on en recoudra ce que l'on pourra au moyen d'une aigu'lle courhe, enGléë d'un fil plut ciré et ployé en plusieurs doubles, et l'on achèvera le pansement selon les indications résultant de la nature de la plaie.

Les plaies superficielles ne demandent qu'à être cicatrisées le plus promptement possible ; il suffit, pour cela, de les étuver avec du -vin chaud miellé ou avec une des lotions résolutives prescrites pour les contusion», et de les garantir du contact de l'air en les recouvrant d'étoupes fines. Les plaies de tête sont les moins dangereuses de toutes quand le crâne n'est pas intéressé ; elles demandent à être cicatrisées promptement; mais quand elles sont le résultat de contusions violentes, elles exigent la saignée et la diète, afin de piévenir les désordres qui pourraient en être la suite.

Pour les plaies causées par un instrument tranchant qui : n'a fait que diviser les chairs, il faut rapprocher les bords le plus exactement possible, et tacher de les maintenir dans cet' état au moyen de la suture ou d'un agglulinatif quelconque. Les plaies de ce genre ont rarement besoin de suppurer.

11 n'en est pas de même de celles qui sont accompagnées de perte de substance, ou qui pénètrent très-avant dans les chairs, parce qu'une bonne suppuration peut seule favoriser la reproduction dans les unes, et que, si les autres se cicatrisent trop tût, il pourrait se former dans leur intérieur des foyers de pus que l'on serait obligé d'ouvrir plus tard. On ; doit panser ces plaies avec des plumasseaux enduits d'onguent suppuratif. On recouvrira l'appareil d'un cataplasme émoilient, si les environs de la plaie sont enflammés ou que la suppuration ait de la peine à s'établir.

11 faut cicatriser le plus promptement possible les plaies des jointures, parce qu'il serait dangereux do laisser l'articulation à découvert, et en second lieu, parce que la soppu-. ration pourrait offenser les ligaments et cartilages, ou produire la carie de l'os. Les plaies de ce genre exigent les soins d'un homme habile, surtout quand elles sont trèsgraves; il eu est de même de. celles des tendons : les uneset les autres sont ordinairement fort difficiles à guérir. 11 arrive souvent que lorsque les capsules synoviales qui entourent L'articulation ont été lésées, soit par l'instrument qui a produit la blessure, soit par l'effet de la suppuration, il en découle une humeur onctueuse vulgairement appelée graisse des jointures, et plus connue sous le nom de synovie qui lui est propre; il faut, dans ce cas, se hâter d'appliquer le feu avec beaucoup de prudence, et se conduire ensuite comme datis'toute plaie d'articulation.

Les plaies composées, ou, pour mieux dire, compliquées, demandent des soins tout particuliers. Si un gros vaisseau a été coupé, on s'occupera avant tout d'arrêter l'hémorrhagie, et l'on ne songera plus qu'à rapprocher les chairs s'il n'y a pas perte de substance. Si un os a été brisé, il faudra retirer avec soin toutes les esquilles , dont la présence produirait sans cesse une complication fâcheuse; si l'os a été simplement mis à nu, il faudra le recouvrir. d'étoupes enduites de térébenthine, afin do prévenir la carie et de hâter la cicatrisation.

Il faut toujours tenter la voie de la réunion la plus prompte dans les cas de plaies simples ; en conséquence on emploiera, de préférence aux .corps gras, les spiritueux et les vulnéraires balsamiques; l'on ne lèvera le premier appareil qu'au

bout de quelques jours. Si cependant l'on apercevait de la chaleur et de la tuméfaction autour de la plaie, on la recouvrirait d'un cataplasme résolutif; mais dans le cas où ces symptômes iraient en augmentant, il n'y aurait plus d'autre parti à prendre que de favoriser la suppuration. Après la levée du premier appareil il suIOl de panser une fois par jour, et même plus rarement, à moins que la suppuration ne soit très-abondante et de mauvaise qualité ; en exposant les plaies plus souvent à l'air, on ne ferait que retarder la guèrison.

I! faut panser avec ménagement, promptitude, propreté ; la malpropreté atLire des mouclies, cause des démangeaisons, et dispose à la gangrené; ne pas fouiller les plaies sam nécessité; les garanti]' du contact de l'air; éviter de déchirer la cicatrice en enlevant l'appareil; les laver et injecter selon les besoins; détruire avec le bistouri les brides, fistules et sinuosités, emporter de même les productions blanches dites filandres ou os de graissa et les cautériser légèrement.

Si la plaie s'enflamme par suite d'une suppuration trop abondante ou d'un pansement négligé, il faut laver souvent avec de l'eau légèrement acidulée: si, au contraire, elle offre une couleur pale, des chairs molles, il faut redonner du ton au moyen des suppuratifs, des digestifs animés, et de l'eaude-vie camphrée plus ou moins étendue d'eau. L'alun calciné, le vitriol vert ou bleu, serout opposés avec succès à la reproduction des chairs baveuses; quelquefois aussi les bords deviennent durs et calleux, soit parce qu'ils aurontété comprimés par des tentes ou tampons de filasse, soit partout* autre cause. Comme ces callosités rendent toute réunion impossible, il faut les emporter avec le bistouri, et panser avec les suppuratifs.

Les moyens locaux suffisent presque toujours pour les plaies de peu d'importance; quant aux autres, elles exigent en même temps un traitement général propre il prévenir ou modérer l'inflammation. Ainsi on débutera, dans le traitement de toutes les plaies graves, par une ou plusieurs saignées, selon les circonstances, tant pour diminuer les chances d'hémorrhagie que pour rendre-la fièvre de suppuration motni forte et la gangrène moius à craindre. On n'oubliera pas l'eau bknche, les lavements, la diète; on mettra le cheval à l'orge et à la paille à mesure que l'état de la plaie permettra de lui rendre la nourriture solide, et on terminera, s'il est nécessaire, le traitement par une ou deux purgatious. Si, au contraire, le cheval est déjà exténué, soit par une maladie antérieure, soit par toute autre cause; si la plaie est pâle, violacée.

Vétérinaire. 17

1* By ftuOgL.''

livide, baveuse, la suppuration presque nulle,, la gangrène imminente, il faut, en môme temps que l'on applique les irritants à l'extérieur, ranimer les forces à l'aide de bons aliments et de quelques cordiaux.

Les plaies anciennes que l'on ne peut parvenir à cicatriser par les moyens ordinaires, dégénèrent en ulcères (voyez Ulcères). Celles qui sont frappées de glngrène demandent à être traitées comme il est dit ailleurs (voyez Gangrène).

Pleurésie, inflammation de la plèvre. Un arrêt subit de transpiration, l'eau très-froide bue pendant la sueur, la disparition subite et accidentelle d'une maladie cutanée, les coups sur la poitrine, etc., sont les causes les plus fréquentes de la pleurésie. Cette maladie et la péripneumonie marchent souvent de concert ou dégénèrent facilement l'une dans l'autre, car il est difficile que l'inflammation de la plèvre ne se communique pas au poumon, et réciproquement. Aussi ces deux affections ont-elles un grand nombre de points de ressemblance. Cependant, à mesure que la pleurésie se déclare, elle s'annonce par quelques signes particuliers : une toux sèche, la respiration est entrecoupée; l'inspiration courte et douloureuse, l'expiration lente et prolongée; le cheval témoigne une vive douleur quand on appuie la main sur la région de la poitrine. La maladie se termine par résolution vers le sixième ou septième jour, rarement par suppuration ou gangrène, quelquefois par l'hydropisie de poitrine, etc. La première terminaison étant évidemment la plus favorable, c'est vers elle que doivent tendre tous les efforts. L'apparition de sueurs copieuses ou d'urines abondantes, vers le troisième ou le quatrième jour, annonce une crise salutaire.

On peut arrêter dès son principe la pleurésie résultant d'une transpiration rentrée, en employant de suite les moyens propres a rétablir les fonctions de la peau, savoir : un l>ouebonnement vigoureux, l'usage de couvertures, de boissons chaudes, de breuvages diaphoré tiques, composés principalement d'infusions aromatiques miellées, additionnées de thériaquo ou de tout autre sudorifique doux. Mais si l'on a laissé aux symptômes inflammatoires le temps de se développer, il faudra procéder de suite par des saignées générales et locales; répétées pour ainsi dire coup sur coup, autant de fois que le cas l'exigera : on appliquera en môme temps des cataplasmes irritants sur la région de la poitrine ; on administrera quelques boissons mucitagineusee miellées, et un mélange de miel, de poudre de guimauve et de sel de nitre, dont on pourra composer des mastigadoùrs.

Si, malgré l'emploi de ces moyens, la maladie persiste au-

delà du septième jour, on parait tendre à la chronicité, il faut rendre un peu de nourriture, ni itérer les applications irritantes, les bouchonnemeiits, et administrer en outre quelques cordiaux doux, tels que les décoctions ou infusions aromatiques miellées, les poudres et extraits de genièvre, d'aunûe, la tbénaque, etc. Les se tons au poitrail ou sur les cotés de la poitrine ne sont pas a , dédaigner.

La terminaison par suppuration est toujours fâcheuse; la gangrène, qui en est quelquefois la suite, est mortelle (voyez Pneumonie).

Pleur o-pneumvnie, complication de la pleurésie et de la péripneumonie. Voyez ces deux maladies.

Pneumonie, inflammation de l'organe pulmonaire. Les causes, le diagnostic, le pronostic et le traitement de cette maladio sont, a peu de chose près, les mêmes que ceux de la pleurésie. Voyez Pleurésie.

La maladie s'annonce d'ahord par les signes généraux décrits à l'article de la Pleurésie.. L'on s'aperçoit bientôt que la toux est moins sèche, la douleur plus profonde, l'inspiration longue et prolongée, l'expiration courte et pénible ; le pouls est grand, plein, accéléré, quelquefois mou, déprimé, inégal. L'animal se plaint quand on veut lui élever la téte tient les membres antérieurs écartés, refuse de se coucher et de se mouvoir. L'intensité et la rapidité avec lesquelles ces symptômes se déclarent, varient selon que l'inflammation occupe un des cotés seulement du poumon, ou lus deux à la

fois.

Le traitement autiphlogistique prescrit pour la pleurésie doit être employé avec activité, surtout si l'animal est dans la force de l'âge, jusqu'à ce que la gène de la respiration et la plénitude du pouls soient sensiblement diminuées. Ce sera alors le cas d'appliquer, si les circonstances l'exigent, les vésicatoires, les cataplasmes de farine de moutarde, ou môiae lessétons au poitrail; ou emploiera, eu môme temps, les boissons adoucissantes, incisives, et le kermès à petites doses souvent répétées. A mesure que les symptômes inflammatoires se dissiperont, que la respiration deviendra plus libre, la toux plus fréquente, plus facile, plus grasse ; que la crise paraîtra s'effectuer par les urines et les excréments; alors, disons-nous, on modifiera peu à peu le traitement autiphlogistique, surtout si le sujet n'est pas trôs-vigoUrenx; et on alliera graduellement, les diaphoniques et les cordiaux doux aux remèdes indiqués ci-dessus. 11 faudrait mémo recourir aux excitants si la maladie paraissait tendre à la chronicité.

Au-deliors, les vésicatoires ; au-dedans, les amers, le camphre, le vin, les substances aromatiques, les fumigations émollientes dirigées dans les naseaux, sont très-utiles, surtout au moment où ils jettent.

La maladie se termine par résolution en douze ou quinze jours, par suppuration, par gangrène, par suffocation, par induration, etc. , etc.; la première de. ces terminaisons est la seule favorable ; quand les autres ne sont pas mortelles, elles altèrent la santé habituelle de l'animal et l'exposent à des rechutes fréquentes. La suppuration générale du poumon finit par détruire cet organe, et cause la mort; quand elle est partielle., elle jette l'animal dans cet état habituel connu sous le nom do vxeiUe courbature.

Pousse. Maladie qui a quelque analogie avec l'asthme. Les causes prédisposantes de cette maladie sont : te défaut habituel d'exercice coïncidant avec une nourriture trop forte, l'usage immodéré du foin et autres aliments échauffants, un travail violent immédiatement après des repas copieux, une nourriture habituellement trop sèche. On remarque eu effet que les chevaux qui, séjournant habituellement à l'écurie, ne travaillent pas et mangent beaucoup, que les chevaux de fatigue qui consomment beaucoup d'avoine, de foin, qui mangent beaucoup à la fois et travaillent immédiatement après, y sont les plus sujets de Ioub; tandis que les chevaux qui consomment beaucoup de carottes, navets et autres fourrages frais, deviennent rarement poussifs. LeB arrêts fréquents de transpiration peuvent être rangés au nombre des causes cidessus.

La pousse s'annonce par la gêne de la respiration, le battement irrégulier des flancs, surtout après l'exercice au trot, la toux sèche, quinteuse et sans rappel, quelquefois par l'émission de mucosités épaisses et blanchâtres par les naseaux ; mais le signe le plus caractéristique est le soubresaut ou contre-temps, qui se fait remarquer surtout dans l'expiration ; le mouvement d'abaissement du flanc est à peine commencé qu'il s'arrête subitement, s'interrompt pour recommencer, et achève de se faire tranquillement. C'est après l'exercice et pendant l'action de manger l'avoine que ce phénomène est plus facile à saisir. Quelquefois le cheval tombe dans l'amaigrissement tout en conservant l'appétit et les autres apparences de la santé ; le ventre devient volumineux, avalé; les côtes se dessinent fortement sous la peau.

La pousse confirmée est une maladie incurable. Rarement elle attaqua les jeunes chevaux ; c'est ordinairement après l'âge de six ans qu'elle se déclare; tous les aliments échauf-

HiLAMES DES CHEVAUX. 197

fants, très-nutritifs, l'augmentent. Lorsqu'elle ne fait que commencer, on peut en arrêter lus progrès en retirant le loin au cheval, le nourrissant principalement de paille el d'avoine et en le ménageant, sans pourtant le laisser oisif. Quoique' l'hérédité de la pousse ne soit pas encore prouvée, il n'est pas prudent d'employer à la propagation des chevaux atteints de cette maladie.

Pustules. Voyez Dartres.

Queues de rat. Voyez Arêtes.

Rage. Le cheval qui a contracté cette terrible maladie, par suite de morsures de la part d'un animal enragé, mord aa mangeoire, cherche à mordre tout ce qui l'approche, parait furieux et s'agite d'une manière extraordinaire; ses yeux, sont enflammés, sa bouche écumante. Il refuse la nourriture et surtout la boisson ; quelquefois, au contraire, il boit à outrance. Les moyens conseillés contre la morsure des animaux suspects peuvent prévenir la rage; mais quand la maladie est déclarée, il faut tuer le cheval et désinfecter son écurie. Voyez Contagion.

Reins [inflammation des ). Cette maladie, extrêmement dangereuse , qui se rencontre assez souvent chez le cheval, se reconnaît aux signes suivants : îa région des reins est chaude et sensible, le train de derrière faible et comme disloqué; les testicules rentrent et sortent fréquemment; le rectum est chaud et la vessie vide. Quoique l'animai se campe souvent, il ne rend bientôt plus que quelques gouttes de mucosités sanguiuolenles ; il trépigne des pieds de derrière, regarde ses lianes avec inquiétude. Des sueurs générales ou partielles et d'odeur urineuse, se déclarent; le pouls, de petit, dur et accéléré qu'il était, devient mou, lent, insensible, et l'animal finit par succomber s'il n'est promptement secouru.

Les saignées réitérées et copieuses, le régime antiphlogistique dans toute sa sévérité, se-ul les premiers moyens a mettre eu usage : on peut y joindre les boissons mucil agi neuses et émollientcs mit- liées, et lescalaplasmus émollients sur les reins, avec le soin de tenir toujours delà paille fraîche sous le ventre.

Ri'-tenticn d'urine. Cette maladie qui n'a pas besoin de dé- Unilion, provient ou d'une inflammation de la vessie, qui resserre le col de cet organe an point de ne plus permettre l'émission des urines, ou de la présence de pierres ou graviers. Dans le premier cas, on reconnaît une chaleur surna-

turelle en posant la main sur la région de la vessie entre les bourses et l'anus; dans le second, l'urine est mélangée de pus ou de sang, ou accompagnée de graviers plus ou moins abondants. Dans l'un ou l'autre, cas, le cheval se présente souvent pour uriner, frit des efforts inutiles, ou ne rend l'urine que goutte à goutte; la fièvre se déclare, l'animal meurt en peu de jours. •

La saignée, les lavements, le son mouillé et la paille pour toute nourriture, ou même la diète absolue; l'eau blanche ou la décoction de graine de lin blanchie pour boisson ordinaire, et en petite quantité; les fomentations émollientes suie.* reins et les frictions d'onguent d'althœa ou de populeum sur la région de la vessie, tels sont les moyens généraux les plus convenables dans cette - maladie. Les diurétiques feraient beaucoup plus de mal que de bien dans les cas de rétention, puisqu'ils augmenteraient la sécrétion de l'urine sans rendre son émission plus facile.

Rhumatisme. Toutes les causes capables d'arrêter la transpiration, mais surtout l'humidité froide, peuvent produire cette maladie chez les chevaux. Les boissons légèrement sudorifiques, le séjour d'une écurie saine et tempérée, les liniments savonneux camphréB, sont les moyens le plus généralement indiqués dans le traitement des rhumatismes. On doit y joindre un bon pansage.

Rhume. Voyez Morfondure.

Mouvieux. Sorte de gale invétérée à laquelle sont sujets les gros chevaux mal soignés, ou habitués à une nourriture échauffante et de mauvaise qualité. La propreté, les lotions émollientes combinées avec l'emploi des antipsoriques , les dépuratifs fondants et autres moyens indiqués pour la gale, le sont également pour le traitement du rouvieux.

Seimes. Quand la corne est naturellement sèche au le devient par une cause quelconque, il s'y forme des fentes qui descendent perpendiculairement de la couronne en bas et traversent quelquefois l'épaisseur de la muraille; tes fentes portent le nom de seimes. On appelle seimes en pied de boeuf celles qui viennent en pinces, et seimes quartes celles des quartiers. -

Quand la seime est récente et superficielle, il suffit quelquefois de tenir le pied gras pour la faire disparaître; sinon il faut diminuer l'épaisseur de ses bords avec la râpe et chercher à obtenir une avalure de bonne nature, en enlevant une petite portion de la corne au pord supérieur de la muraille,

maladies des chevaux. 199 près la couronne, et en pansant avec une étoupade, de manière à prévenir le développement des cerises. Lorsque la corne sera reveuue à l'endroit où elle a été enlevée, on recouvrira la surface de la scime d'un emplâtre d'onguent ds pied assnjéti avec des tours de bandes. Si la claudication est forte, s'il y a matière sous la muraille, et si ces accidents ne cèdent pas à l'application des cataplasmes de farine de lin, il faut avoir recours a l'enlèvement total des bords de la seime. Cette opération doit être faite par un habile vétérinaire. Le meilleur moyen de prévenir les seimes , est de graisser les pieds dont la corne est sèche etcassante, et d'empêcher les maréchaux de râper la corne en ferrant.

Semence {écoulement de). Voyez Echauffcmenl des poulains.

Solandres, crevasses qui se forment dans le pli du jarret comme les mnlandres dans celui du genou (Voyez Mulandre).

Sole {affections de la) . La sole est exposée à être chauffé* ou même brûlée par l'application prolongée d'un fer trop chaud ; foulée par le fer ou par un corps dur qui se sera introduit entre lui et la sole; (nfin, blessée par une cause quelconque. Quand la brûlure est légère, il sufBl ordiuairemsnt de donner un peu de repos au cheval et de lui tenir le pied dans un cataplasme étnollieot saturné ; mais si l'action du feu a élé assez forte poMr enflammer le tissu velouté, i! faut enlever tonte la partie brûlée, panser la plaie avec des étoupes imbibées d'eau -de-vie étendue d'eau, et enduire le» alentours de populenm ou d'onguent d'altluea. Les pieds plats et combles, ou dont la sole est très-mince, sont sujets à cet accident.

Le traitement de la sole foulée ou battue consiste i enlever le corps qui a causé la meurtrissure, et à tenir le pied dans un cataplasme d'argile détrempée avec une forte solution da vitriol vert, ou de suie de cheminée avec du vinaigre. Si ces résolutifs ne sullisent pas pour arrêter le mal dans sa course, l'inflammation se manifestera avec plus ou moins d'intensité, et amènera la suppuration : il faudra enlever la portion da sole détachée, et pauser comme précédemment.

Squirrhe. Tumeur plus ou moins volumineuse, dure, insensible, sans augmentation de chaleur, d'un tissu serré, d'un blanc tirant sur le bleuâtre ou le gris dans son intérieur, et qui se manifeste particulièrement dans les parues où il y a beaucoup de glandes.

Quand le squirrhe est commençant, on peut tenter les ré-

200 DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE ni.

solutifc, tels qucle linimect savonneux camphré, le Uniment ammoniacal aussi camphré, ou même la pommade ammoniacale. Ces moyens amènent quelquefois la résolution ou au moins la suppuration; dues ce dernier cas, il faut détruire soigneusement toutes les brides et sinuosités, faire des injections détersives, légèrement stimulantes, et panser avec les digestifs; on administrera en même temps, à l'intérieur, quelques amers combinés avec les préparations antiinoniales ou le carbonate d'ammoniaque, et quelques purgatifs.

Lorsque l'on ne s'y prend pas à temps, ou que l'on ne peut s'opposer aux progrès du mal, il ne reste d'autre espoir de guèrison que d'extirper ou de vider la tumeur et d'en cauté- ■ riser l'intérieur, sans préjudice du traitement interne ci-dessus. Le régime devra être un peu stimulant.

Sueurs. Voyez, au chapitre qui traite de la nourriture, quelles peuvent être tes causes des sueurs surnaturelles cbei quelques chevaux.

Suppuration. Voyez Plaie, Tumeur.

Suros. Le suros est une tumeur dure, arrondie, de la nature de l'exostose, qui survient à la partie latérale de l'os du - canou; il prend le nom de fusée quand ila une forme allongée en manière de navette de tisserand.

Les suros, fusées, osselets, etc., demandent l'emploi prompt et réitéré des résolutifs les plus efficaces, l'onguent mercuriel double, la pommade ammoniacale, l'euphorbe ramollie dans Le vinaigre, te feu. Quelquefois môme ces moyens sont insuffisants ; mais comme les tumeurs en question n'alLèrent pas sensiblement la bonté de l'animal, à moins qu'elles ne soient placées de manière à le faire boiter, on peut continuer à s'en servir tel qu'il est.

Taupe. Voyez {Mal de).

Teignes. (Voyez Dartres, Gale, etc.) Les jeunes chevaux sont assez sujets à une sorte de teigne qui cède assez prompteinentaux frictions mercurielles.

Tétanos. Voyez Mal de cerf.

Toux. Expiration sonore, ordinairement courte, fréquente ou profonde, quelquefois suivie d'expectoration de mucosités. Elle reconnaît pour causes toutes celles capables de produire de l'irritation dans la gorge ou la poitrine. La toux n'est pas une maladie proprement dite, mais un symptôme commun a toutes celles dans lesquelles les organes de la respiration se

MALADIES, des chevaux. 201 trouvent intéressés.' la toux exige l'emploi des adoucissants et des calmants toutes les fois qu'elle est scelle, et de béchiques incisifs quand elle est grasse.

Tranchées ou Coliques. Douleurs du bas- ventre accompagnées de mouvements spasmodirmes ou convulsifs qui annoncent que le siège du mal est dans le tube digestif ou lei organes urinaire3. Les tranchées peuvent être divisées , en raison de la diversité de leurs causes, en sii classes principales : tranchées de froid, d'indigestion, de vents, d'échauffement, de vers, tranchées inflammatoires ou tranchées rouges.

Les tranchées s'annoncent généralement, sauf quelques modilî cations, par les sisnes suivants : le cheval est tourmenté, se remue de côté et d'autre, gratte et frappe la terre de son pied; fait quelquefois des efforts inutiles pourfienter, regarde son flanc, puis tombe dans des sueurs d'abord chaudes, puis froides; se couche et se lève fréquemment, se roule sur le dos, et finit quelquefois par être attaqué de convulsions affreuses.

Les tranchées présentent à peu près toutes les mêmes indications : détruire la cause première et calmer sur-le-champ les effets de l'irritation. On y parviendra plus sûrement par la diète, les adoucissants en boissons et en lavements, et en débarrassant les intestins, que par les stimulants, qui, appliqués sans discernement, ne feraient quelquefois que rendre le mal incurable. Ceux-ci du moins ne peuvent être utiles que quand les symptômes inflammatoires sont sensiblement diminués, ou avant qu'ils aient eu le temps de se développer avec une certaine intensité.

Quand les tranchées proviennent de refroidissemcnt.il faut couvrir le cheval, lui faire noire une bouteille de vin chaud miellé, ou de l'eau blanche chaude dans laquelle on mettra 125 grammes de teinture de valériane composée. Si, au bout de quelques instants, les accidents augmentent au lieu de diminuer, il faudra saigner le cheval, lui retirer les aliments, le mettre à l'usage de l'eau blanche chaude et des lavementi de graine de lin et de têtes de pavots additionnés de 125 à 250 grammes d'huile de noix, de lin ou d'œillet.

Si les tranchées proviennent d'indigestion, il faut tacher de faire boire peu à peu au cheval quelques litres d'eau tiède et lui donner des lavements de savon jusqu'à ce que les évacuations copieuses s'ensuivent; alors seulement on pratique la saignée si elle est nécessaire. On pourra administrer l'un dei breuvages ci-dessus quand il n'existera aucun symptôme

inflammatoire : il sera bon de tenir le cheva! au régime pendant quelques jours.

Les tranchées d'échatiffemextt ou tranchées stercoralcs, faciles à reconnaître ù l'état de constipation qui les a précédées, ne demandent ordinairement que la diète, l'eau blanche chaude en abondance, et les lavements de graine de lin additionnés d'huile et rendus un peu purgatifs par le sel de Glauber, après avoir eu la précaution de vider préalablement l'intestin. Si ces moyens ne roussissent pas, il faudra recourir en outre aux purgatifs minoraiifs eu breuvages.

Les coliques venteuses sont toujours une suite du mauvais état des digestions, et se traitent à peu près comme celles d'indigestion. On peut promener le cheval, lui donner de 31 r à 62 grammes de teinture éthérée de valériane ou de teinture composée de la même plante, dans une décoction émolliente miellée, et pratiquer môme sur le ventre de fortes frictions avec le uniment ammoniacal. Si l'animal est sujet aux rechutes ou à de fréquentes indigestions, il faudra le soumettre à un meilleur régime, et le mettre pendant quelque temps à l'usage des cordiaux stomachiques, tels que les poudres d'aunée, de gentiane, la tliôriaque associée avec l'éther ou l'alcali volatil à petites doses, et administrés soit dans du viu, soit dans une infusion aromatique quelconque.

Des purgatifs violents, un poison ingéré dans l'estomac, les aliments échauffés et de mauvaise qualité, l'avoine nouvelle mangée avec excès, la préexistence d'une autre maladie aiguë, la violence extrême des symptômes, etc., sont autant de causes et d'indices des tranchées rougesouioflammatoires.il faut pratiquer de suite et coup sur coup plusieurs petites saignées, pourvu que l'estomac ne soit pas plein; faire boire force décoction de graiue de lin blanchie et miellée, et donner des lavements émoiîients. Si ces moyens ne suffisent pas, on donnera des breuvages et des lavements anodins; ces remèdes sont très-propres à dissiper l'état de spasme et d'irritation qui subsiste à la suite de violentes tranchées.

Les tranchées de vers demandent le même traitement que ia maladie principale. Voyez Vers.

Transpiration arrêtée. La transition subite de l'état de sueur au froid, à laquelle les chevaux sont très-exposés, est oné des causes les plus fréquentes de leurs maladies, et l'on ne saurait prendre trop do précautions pour en prévenir les suites. Lors donc qu'un cheval sera dans ce cas, il faudra lui faire avaler de suite 31 grammes de ' thériuque délayée dans une bouteille de vin on dans une infusion aromatique, s'il n'y a aucun signe d'inflammation; le bouchonner forte-

ment, le bien couvrir, et lui donner ensuite de l'eau blanche chaude.

fraversine. Crevasse qui se forme au-dessous et en travers da boulet aux pieds de derrière. Voyez Crevasse. Tumeur. Gonflement de la peau et des parties sous-jacentes, circonscrit dans un espace déterminé. Les tumeurs peuvent se diviser en deux grandes classes : tumeurs inflammatoires et tumeurs lymphatiques. Les premières, formées par la stagnation du sang dans les parties tuméfiées, sont toujours accompagnées de symptômes inflammatoires, et se subdivisent en tumeurs pliiegmoneuscs et en érysipélateuscs (voyez Inflammation). Les secondes sont produites par l'infiltration de la lymphe, et comprennent principalement les tumeurs œdémateuses, les tumeurs dures des glandes et tendons, Jes tumeurs sarcomateuses. Il y a aussi un autre genre de lu meurs formées par l'infiltration de la synovie, et que l'on nomma pour cela synoviales.

Les tumeurs inflammatoires se terminent comme toute autre inflammation eu général; les tumeurs œdémateuses se terminent par résolution ou induration ; les tumeurs dures, par résolution, ulcération ou induration; les tumeurs sarcomateuses hc disparaissent guère que par extirpation.

La résolution est la terminaison la plus favorable des tumeurs inflammatoires, surtout quand elles sont situées daDS quelque partie très-essentielle; on emploiera, pour l'obtenir, les moyens généraux et locaux prescrits ailleurs (voyez Inflammations et Contusions). Ou ne négligera pis surtout la Baignée, la diète et les autres moyens antiphlogistiques.

Les tumeurs critiques déterminées par udc maladie interne, et celles qui ne cèdent pas dès les premiers jours aux moyens ci-dessus désignés, doivent èire amenées promptement à suppuration, tant afin d'abréger les souffrances de l'animal que pour prévenir des désordres plus graves. Pour cela faire, ou pourra frotter la tumeur avec un onguent suppuralif, et la recouvrir d'un cataplasme de farine de moutarde que l'on aura soin de renouveler deux ou trois fois par jour : si le siège de la tumeur ne permet pas l'application de cataplasmes., on se contentera do frictions fréquentes avec l'onguent vésicatoire fondu ou le basilicum.

On reconnaît qu'une tnmeur se terminera par suppuration, lorsque la tension de la peau, la chaleur et le gonflement vont en augmentant : ces symptômes commencent ensuite à décroître quand l'abcès est formé, en sorte que l'on juge qu'il

est mùr quand son centre cède à la pression du doigt et que l'on sent île la fluctuation.

Il faut alors l'ouvrir à fond dans toute sa longueur, presser méthodiquement les bords de la plaie afin d'en expulser tout le pus, détruire toutes les brides et sinuosités, panser avec des plumasseaux secs ou enduits de térébenthine, et recouverts d'un cataplasme émoTUent ; se conduire absolument de môme que pour toute autre plaie en suppuration, mais avoir soin do ne pas la laisser cicatriser avant que le noyau de la tumeur ne soit entièrement fondu. 11 n'est pas moins dangereux d'ouvrir un abcès avant qu'il ne soit entièrement mur, que d'attendre trop lard, surtout s'il est situé dans le voisinage d'une articulation. Selon les cas qui peuvent se présenter, voyea Plate, Gangrène, Ulcère.

Les tumeurs des glandes demandent l'emploi des fondants à l'extérieur, et au-dedans celui des dépuratifs fondants, des diaphorêtiques et même des évacuants. Comme ces tumeurs proviennent souvent d'oisiveté, mauvaise nourriture, ou insalubrité des écuries, il faut avant tout éloigner la cause qui les a produites. .

Ulcères, sorte de plaie de mauvais caractère, que l'on ne peut parvenir à cicatriser par les moyens ordinaires, et d'où découle un pus de mauvaise qualité. Les ulcères proviennent d'une cause interne qui a produit l'ulcération de la peau, ou sont la suite d'une plaie ancienne. Ils diffèrent essentiellement de la plaie simple, par une carnation molle, baveuse, blauchàtre ou livide; par la matière liquide et do mauvaise tlouleur qui en découle; par la difficulté que l'on éprouve à les cicatriser. Ils attaquent toutes les parties solides sans exteption, et sont plus ou moins rebelles.

Le traitement des ulcères réclame souvent l'emploi, à l'intérieur, des médicaments susceptibles - de modifier l'économie en général. Voyez Gale, Farcin, Morve, etc.

lï convient de chercher à corriger la mauvaise qualité du pus, uéterger la plaie, obtenir une meilleure suppuration, qui peut seule amener la régénération et produire une bonne ■ «icatrice. On rentplira la première indication, d'où découlent naturellement toutes les autres, par l'emploi sagement combiné de quelques purgatifs toniques, d'un bon régime, et de dépuratifs dont la forre.„et le choix doivent être appropriés à la gravité des circonstances. . '

On pansera les plaies avec le digestif animé ou la térébenthine; on les bassinera fréquemment avec quelque décoction aromatique ou tonique, animée d'eau-de-vie camphrée; on détruira au fur et à mesure les chairs baveuses et les cal-

losilés avec les caustiques ou l'instrument tranchant. Si cei moyens ne produisent pas d'amendement sensible, on emploiera des détersifs plus énergiques, tels que rœgyptiae, les teintures de myrrlie et d'aloès, et l'on recouvrira l'appareil de plumasseaux charges du suppuratif. On achèvera la cure par des procédés ordinaires, quand la plaie sera devenue vive et la suppuration de bonne qualité.

Quand l'ulcère offre des sinuosités et des ramifications profondes, il fautles ouvrir dans toute leur longueur si on peut le faire sans danger pour les parties voisines, siuon introduire les médicaments jusqu'au fond de la cavité, sous forme d'injection. Si la plaie est fistuleuse, c'est-à-dire profonde et étroite d'ouverture, il faut la traiter comme fisluie. On ne doit songer à cicatriser les ulcères que lorsque la plaie est parfaitement nettoyée et en bon train de guérison. Toute tentative antérieure serait inutile et nuisible.

Varice. Dilatation surnaturelle d'une veine avec ou sans rupture de ce vaisseau. On donne plus spécialement ce nom, un marécbaleric, à un gonflement de la veine qui passe à la face interne du jarret. Ce mal étant produit par un relâchement des tissus, demande l'emploi de topiques fortement astringents.

Vers. Les signes de cette maladie ne sont pas faciles à saisir; elle existe même quelquefois longtemps avant que l'on puisse en soupçonner rexislcnce.il y u lieu deprésumer qu'on chenil a des vers, qinnd il est sujet à des tranchées auxquelles ou ne peut assigner aucune autre muse connue ; qu'il est d'un appétit irrégulicr, lanlôt voracc, tantôt nul; quand ou le voit lénher les murs, frotter sa queue contre les corps environnants, et In tenir dans une agitation perpétuelle ; baver copieusement, dépérir a vue d'ir.il ; il no reste plus d'incertitude quand l'on trouve des vers autour du fondement ou dans la fiente.

Quand la présenci; des vers est compliquée de tranchées, il faut d'abord combattre cet accident à l'aide de lavements composés d'huile de noix et de vin, etpar les autres moyens que pourront indiquer les circonstances (voyez Tranchées), et recourir ensuite aux médicaments propres soit à tuer les vers, soit à les expulser. Toutes les substances fortement amères, fétides, les purgatifs drastiques, les préparations mercO. rie Iles et anlimoniales, sout d'excellents vermifuges. De ce noinhre sont principalement : les poudres et décoctions de gentiane, absiRlhe, rue, sabine, valériane, semen-eontra, mousse de Corse, l'assa-fétida, la suie de cheminée, les huiles

Vétérinaire. t . 18

et savons empyreumntiques ; parmi les purgatifs, l'aloès, la rhubarbe, la gomme-gutte, le mercure doux, le cinabre, le sulfure noir et les autres préparations de mercure. Chacune de ces substances peut être employée seule ou combinée avec duc ou plusieurs autres; mais il est bon d'associer les amers eux mercuriels, et surtout aux purgatifs.

Verttgo ou Vertige. Sorte de délire, tantôt tranquille, tantôt furieux, occasionné par une irritation directe ou sympa" tbique du cerveau. On reconnaît -deux sortes de vertige, l'essentiel et le syraptomatique. Le premier résulte de la lésion directe du cerveau, soit par épanchemeut de sang ou de sérosités par suite de contusion à la tète, soit par l'inflammation des membranes qui le recouvrent et l'engorgement des vaisseaux de cet organe à la suite d'un coup de soleil, etc.; soit par toute autre cause locale. Dans le vertige syrnptomatique, au contraire, l'embarras du cerveau provient d'une cause plus éloignée, telle qu'une fièvre, ou l'obstruction des gros intestins par suite d'indigestion ou de constipation opiniâtre.

Le cheval frappé de vertige est triste, dégoûté, abattu; il laisse quelquefois tomber sa téte dans la mangeoire, ou la tient très-élevûe, le nei tendu vers le râtelier ; il s'appuie contre tout ce qui se trouve auprès de lui, comme pour ne pas tomber, se recule en tirant fortement sur sa longe, et se jette ensuite brusquement en avaut; ses yeux sont égarés, sa démarche chancelante, ses jambes raides ou tremblantes; il ne peut faire quelques pas sans risquer de tomber ; il se jette quelquefois lourdement à terre ou se heurte la téte violemment.

Cette maladie demande de prompts secours, particulièrement des saignées larges et réitérées, la diète, les boissons □Urées, les lavements. Si elle reconnaît pour cause la plénitude de l'estomac ou l'engorgement des intestins, il faut avant tout désemplir ces viscères, et ne recourir à la saignée, si elle est encore nécessaire, qu'après avoir rempli cette première indication. Après avoir administré les premiers secours, on fera bien, dans tous les cas, de passer un séton à chaque fesse et un à l'encolure. Il ne faudra pas négliger d'attacher le cheval de manière à ce qu'il ne puisse se blesser, et de garnir de paille tous les corps durs contre lesquels il pourrait se lieurter.

Yessigon. Tumeur synoviale, molle, qui survient entre l'os du .jarret et le bas du tibia, à la suite d'un effort ou de toute autre cause semblable. On le nomme simple quand Û

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