‹ Nouveau manuel complet du vétérinaire par m. LebeaudChapitre 75 sur 120 · DE PHARMACIE ET DE MATIÈRE MÉDICALE VÊT ERIK AI H ES · texte numérisé non relu

DE PHARMACIE ET DE MATIÈRE MÉDICALE VÊT ERIK AI H ES

Acétates. Sels formés de la combinaison de l'acide acétique (vinaigre) avec une base salifiable (voyez Acides, Sels). Ceux de ces sels dont la médecine vétérinaire fait le plus d'usage, sont : les acétates de plomb (extrait de Saturne), de cuivre (vert-de-gris), d'ammoniaque (esprit de mindérérus).

L'acétate de plomb est résolutif astringent, siccatif, répercussif; il fait la base de l'eau de Goulard et d'un grand nombre de compositions siccatives.

L'acétate de cuivre est un violent poison. Oa l'emploie à l'extérieur comme détersif. Il fait la base de la composition improprement appelée onguent œgyptiac, et entre dans une infinité de mélanges escharotiques, siccatifs, détersifs, etc.

L'acétate d'ammoniaque est diaphorétique et apéritif. Il S'administre intérieurement, à la dose de 60 à 125 grammes dans &n breuvage approprié, toutes les fois qu'il s'agit do porter à la peau ou aux urines.

Acides, Ce sont des corps doués d'une saveur aigre, de la propriété de rougir presque toutes les couleurs bleues végétales, de neutraliser la causticité des alcalis, et de se combiner avec les bases alcalines, terreuses ou métalliques, pour former des sels.

Ceux qui sont employés le plus souvent en nature sont : l'acide sulfurique ou huile de vitriol, l'acide nitrique, l'acide muriatique et l'acide acétique.

L'acide sulfurique, le plus fort des acides minéraux, qui sont eux-mêmes les plus énergiques de tous, est un puissant caustique, qui brûle et désorganise tous les corps organisés. Etendu dans une très-grande quantité d'eau, il sert à former des gargarismes et lotions détersives, des boissons acid,ulôcs, rafraîchissantes, antiputrides. Mêlé avec de l'csprit-de-vin, il forme l'acide sulfurique alcoolisé ou eau de Habel, dont les propriétés détersives et astringentes sont connues. Il entre dans plusieurs compositions esebarotiques et rubéfiantes.

L'acide nitrique ou eau-forte possède à peu près les mêmes propriétés générales que l'huile de vitriol; l'esprit de nitre du Ici (lé, ou acide nitrique alcoolisé, entre a la dose de 15 à 62 grammes dans les boissons tempérantes, diurétiques, ra-

fraîchissantes, antiputrides. L'esprit de nitre pur s'emploie à l'extérieur comme un puissant caustique; il entre dans la composition de l'onguent citrin.

L'acide muriatique s'emploie à l'extérieur à peu près dans les mêmes cas que le précèdent, mais plus rarement. Il entre dans plusieurs topiques escharotïques. L'acide muriatique oxygéné, ou chlore, est un des plus puissants moyens de déiinfection que l'on connaisse. Voyez, pour la manière de l'obtenir, le mot Fumigation.

Le gaz acide carbonique joue un très-grand rôle dans la nature; l'air atmosphérique eu contient toujours plus ou moins ; mais comme il s'emploie peu en nature dans la pharmacie vétérinaire, on n'en parle pas ici. Il n'eu est pas de même des carbonates.

L'acide acétique est le résultat de la décomposition des ii T queurs lermentées ; plusieurs autres substances en fournissent aussi. Le vinaigre ordinaire est rafraîchissant, diurétique, antiputride, aiguise l'appétit. On l'emploie à l'extérieur comme réfrigérant, légèrement détersif, répercussif et résolutif. Il entre dans la composition de beaucoup de médicaments, tant internes qu'externes : on en prépare l'aegyptiac, l'extrait de saturne, les oxymels simple et scillitiqaK, etc.; l'acide acétique concentré {vinaigre radical), quoique beaucoup moins énergique que les acides minéraux, peut s'employer comme caustique et rubéfiant.

Acidulor. Ajouter à une boisson suffisante quantité d'un acide quelconque, pour lui donner un degré d'acidité agréable au goût. Toutes les boissons acidulées participent des propriétés propres aux acides. Elles conviennent dans les maladies inflammatoires en général; dans le mal de feu, le vertige, les hémorrhagieSj le charbon, etc., etc. .

Adoucissants, Calmants, Béchiques, EmaUients, Médicaments qui ont la propriété de calmer l'irritation, apaiser la douleur, diminuer la tension des solides. Ces diverses dénominations sont à peu prés synonymes, de même que les substances médicamenteuses auxquelles elles s'appliquent ont des propriétés analogues entre elles; il y a pourtant quelques différences à établir : les adoucissants proprement dits et les béchiques (1) ont la propriété de lubréficren quelque sorte les surfaces irritées, et (l'atténuer d'autant l'action du ■ principe irritant : telles sont toutes les substances sucrées,

' (i) n 'haï'™ «ccpicr Ici Utthiquo iurUIfi, (eli <ibd la knatt ninfail, l'irîi d» 'Floreac», la tottr do uofre, eie.

VOCABULAIRE DE PHARHAC1E VÉTÉRINAIRE. 213 gommeuses, mucilagineuscs, lus huiles douces. La dénomination de calmantes s'applique plus spécialement aux substances qui paraissent posséder en outre des vertus légèrement narcotiques et propres à émousscr la sensibilité des organes affectés. Enlin, les substances éinollicntes ramollissent, détendent, diminuent la rigidité des fibres; ce sont : l'eau chaude, les fouilles de mauve, guimauve, pariétaire, betteraves, épinards, les racines de guimauve, la graine de lin. la mie de pain, les pulpes de fruits, etc., etc.; ces substances s'emploient, selon les circonstances, en décodions, fomentations, fumigations, cataplasmes, etc.

Alcalis. Ce sont des corps d'une saveur àcre, mineuse, caustique, solubles dans l'eau, verdissant tes couleurs bleues et rétablissant celles qui ont été altérées par les acides, neutralisant ces derniers corps pour former avec eux différents sels; avant en outre la propriété d'être neutralisés à leur tour par les corps gras, et de former avec eux des savons. Quoiqu'un assez grand nombre de substances offrent des caractères d'alcalinité, on reconnaît trois alcalis principaux, qui sont : l'ammoniaque, la potaspe et la sonde.

I/ammonia<[tie, autrefois alcali animal, fournit à la médecine vétérinaire l'alcali volatil, l'acétate et le carbonata d'ammoniaque. Voyez ces mots.

La potasse et la soude fournissent des savons, différents lels, et la pierre à cautère.

Alcali volatil. Voyez Ammoniaque.

Alcool. Voyez Esprit-de-vin.

Aloès. Suc extractif concret de diverses plantes de ce nom, qui nous arrive de plusieurs contrées méridionales d'outremer, en masses plus ou moins volumineuses, d'un brun jaune tirant quelquefois sur le rouge ou sur le vert. L'aioôs est un purgatif très-usité dans la pratique vétérinaire. On le donne à l'intérieur, à la dose de 31 à 62 grammes, eu pilules ou en breuvage, seul ou associé à d'autres purgatifs. La teinture d'aloès seule ou associée à celle de myrrhe est un bon détersif : l'alcès entre dans beaucoup de préparations internes et externes. On en trouve trois sortes dans le commerce : le succotrin, l'hépatique et le cabalin; la première est la plus estimée de toutes. ' .

Alun. Voyez Sulfate d'alumine.

Ammoniaque liquide ou caustique. Tout le monde coDnatt la liqueur alcaline nommée vulgairement alcali volatil, et

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que l'on obtient en saturant l'eau ordinaire d'ammoniaque gazeux. Administré à l'intérieur dans un breuvage approprié, à la dose de 8 à 31 grammes. l*dlcali volatil est un puissant diaphane tique qui s'emploie avec succès toutes les fois qu'il dut ou porter fortement à la peau, ou stimuler l'action de l'appareil digestif; mais il faut qu'il soit étendu dans un véhicule suffisant. A l'extérieur, il est, selon qu'on l'emploie seul, ou plus ou moins mitigé avec les huiles ou autres corps gras, caustique, rubéfiant, éminemment résolutif: on s'en sert avec succès pour cautériser les morsures et piqûres d'animaux suspects, résoudre les engorgements lymphatiques, fondre ou amener à suppuration les tumeurs indolentes, etc., etc. : il entre dans la composition d'un grand nombre de liniments, et forme la base de la pommade ammoniacale de Gondret. Voyez ce mot.

Angélique. Plante aromatique de nos climats, dont la tige, les racines et les graines sont employées dans un grand nombre de compositions cordiales, stomachiques, stimulantes. Voyez Aromates.

Anis. Cette semence aromatique, que tout le monde connaît, est éminemment carminative et antispasmodique. Elle entre cemme adjuvant ou correctif dans beaucoup de prescriptions.

Anodins. Médicaments dont la propriété principale parait être de calmer les douleurs, en émoussant, en paralysant en partie la faculté seusitive; ils ont, comme l'on voit, beaucoup d'analogie avec les narcotiques, et n'en différent peut-être que par un moindre degré d'action. Les adoucissants et émollients s'associent très-bien aux anodins.

Antimoine. Métal que l'on rencontre rarement pur dans la nature, et qui, par les diverses combinaisons dont il est susceptible, fournit une classe nombreuse de médicaments dont la médecine vétérinaire fait un fréquent usage. Les plus usités sont : l'antimoine cru, l'antimoine diapkorétique, le foie d'antimoine ou crocus, le kermès, l'émétique. Toutes les préparations antimoniales jouissent, à divers degrés, de propriétés incisives, fondantes, diaphoniques, vcimifuges.

L'antimoine cru, ou sulfure d'antimoine, s'emploie fréquemment comme fondant, dépuratif; mais ses propriétés sont très-faibles. On le donne à la dose de 31 grammes et plus dans toutes les maladies de peau.

L'oxyde d'antimoine demi-vitreux, foie d'antimoine, crocus, possède les mêmes propriétés que le précédent, à un degré

plus éminent; il est en outre un peu purgatif; on le donne à la dose de 31 â 62 grammes dans les maladies de peau et pour combattre les vers.

L'antimoine diaphonique (oxyde blanc d'antimoine, peroxyde d'antimoine) est fondant, incisif, diaphonique, diurétique même : il s'emploie â peu près dans les mêmes cas que le crocus, mais avec plus de succès et â moindres doses. On préfère pour les usages vétérinaires celui qu; n'a pas été lavé.

Le kermès minéral (oxyde d'antimoine hydrosulfuré rouge) est un remède dont on fait un fréquent usage dans les affections catarrhales passées à l'état chronique, la plupart des maladies de poitrine, le rhume, etc., etc. ; il est éminemment incisif, diaphoré tique, fondant. On l'administre â la dose de 8 à 31 grammes en opiat, pilules ou breuvages; il entre dans une foule de préparations magistrales ou officinales.

Le tartrate d'antimoine et de potasse (émétique, tartre stibiéj est un purgatif fondant, que l'on peut administrer au cheval à la dose de 2 à 4 grammes et au-delà; on l'associe ordinairement avec le savon, l'alocs ou diverses autres substances, et dans un véhicule approprié.

Aromatiques , Aromates. Substances végétales douées d'une odeur prononcée plus ou moins agréable, d'une saveur analogue, quelquefois àcre et chaude. Toutes les substances aromatiques sont Ioniques, cordiales, stomachiques, vulnéraires, plus ou moins stimulantes, et l'on peut remarquer généralement que l'énergie de leurs vertus comme niédicameuts est en raison directe de celle de leurs propriétés physiques. Le bas prix de nos plantes aromatiques indigènes les rend d'un usage très-fréquent dans la pratique vétérinaire : on en prépare des poudres, des opials, des teiutures ? des extraits, des breuvages, des fumigations, des onguents, etc., etc.

Âssa-fettda. Suc gommeux-réfiineux de la plante de ce nom, qui croit en abondance dans la Perse. Cette substance, d'une odeur fétide et d'une saveur amére, est éminemment anti-spasmodique, vermifuge, fondante, et très-propre à réveiller l'appétit. Ces propriétés la font employer avec succès dans le traitement des maladies de peau et des engorgements lymphatiques, du farcin; dans celui des maladies vermincuses, des alFections spasmodiques, du dégoût, des digestions défectueuses, etc : on la fait entrer à la dose de 16 a 62 grammes dans un grand nombre de formules, où elle est associée souvent aux préparations antimoniiles.

Astringents. Médicaments qui ont la propriété de resserrer les tissus relâchés et de redonner du ton aux solides. De es nombre sont: les écorces de grenades, de quinquina, de chêne, le brou de noix, la racine de bistorte, les noix de galle, l'alun •ru ou brûlé, les vitriols bleu, vert et blanc, les acides et certains sels minéraux, les caustiques en général, l'extrait de Saturne, le sel de cuisine, etc.

Les substances en question sont employées dans tous les cas où il y a quelque relâchement à combattre, tels que : hemprrhagics, diarrhées chroniques, infiltrations du tissu cellulaire, plaies baveuses et saignantes, etc., etc. Les substances dites styptiques ne différent des astringentes que par una intensité d'action beaucoup plus grande.

Âunêe. La racine de cette plante aromatique, qui croît en abondance dans nos climats, est-douée d'une saveur aromatique amère très-prononcée, chaude, cordiale, stomachique, appétissante, vermifuge, anti-venteuse. On l'emploie avec beaucoup de succès à la dose de 31 à 12â grammes dans tous les cas où il s'agit de stimuler l'action' de l'organe digestif et réveiller l'appétit, surtout à la suite de maladies. On l'emploie presque toujours en poudre délayée dans du vin, et on la fait entrer dans un grand nombre de préparations oordiales.

Baumes. On désigne en pharmacie, sous le nom de baumes naturels, des substances aromatiques et résineuses qui découlent naturellement de certains végétaux; mais l'on a étendu improprement cette dénomination à beaucoup de médicaments composés qui n'ont aucune analogie entre eux ni avec les baumes naturels, et on s'en sert généralement pour désigner tous les onguents dans lesquels on fait entrer des substances résineuses, comme aussi certaines préparations auxquelles on attribue des propriétés très-efficaces que souvent elles n'ont pas.

Quoi qu'il en soit, les diverses substances composées connues sous le nom de baume, dont la pharmacie vétérinaire fait le plus d'usage, sont :

Le baume on onguent d'arcéus, mélange de térébenthine, de résine élémi et de graisses. Très-bon pour déterger les plaies et favoriser la cicatrisation; il entre dans la composition du digestif.

Le baume nerval. Cet onguent, dans la composition duquel entrent plusieurs huiles essentielles et substances balsamiques, s'emploie avec beaucoup de succès en frictions, dans les foulures, les douleurs, et faiblesses d'articulations,

et dans tous les cas où il s'agit de fortifier tes systèmes nerveux on musculaire.

Lé baume de saturne, dont la base est l'essence de téré-, benthine digérée sur l'acétate de plomb, est un puissant dé*, tersif et siccatif pour les ulcères et les vieilles plaies.

Le baume de soufra est de l'essence de térébenthine tenant du soufre en dissolution. Il s'emploie à l'intérieur à la dose de quelques grammes, répétée plusieurs fois dans la journée, et dans un breuvage approprié, comme incisif et. anti-asthmatique.

Le baume tranquille n'est autre que de l'huile chargée des principes narcotiques et anodins de plusieurs végétaux. Il s'emploie à l'extérieur ou en lavements, comme calmant.

Bachiques. On désigne spécialement sous ce nom tous lus médicaments qui ont la propriété d'adoucir et calmer les irritations de la poitrine. (Voyez Adoucissants.) On les associe presque toujours aux calmants ou incisifs.

Bistorte. Racine annulée, tortueuse, ligneuse, d'une saveur, acerbe et astringente, (voyez Astringents.) Sa poudre s'administre quelquefois à l'intérieur à la dose de 62 à 125: grammes, comme tonique et astringente.

Boisson, Breuvage. On désigne plus spécialement sous le nom de boisson le liquide quelconque destiné a abreuver ou désaltérer l'animal; et sous celui de breuvage, un liquide; médicamenteux peu étendu et doué de propriétés plus ou. moins énergiques. La première, en général, n'est destinée: qu'à fournir à l'économie la quantité de Suides dont elle a, besoin, tandis que le breuvage doit agir plue spécialement comme médicament. L'eau blanchie, miellée, acidulée, les décoctions de. quelques végétaux, forment, selon les circonstances, la boisson ordinaire des animaux malades. Les breu-i vages se composent d'un véhicule qui est ordinairement la vin, l'eau, une infusion ou décoction quelconque, et d'une ou plusieurs substances médicamenteuses douées d'une certaine énergie; on y fait entrer, selon les circonstances, du miel, des poudres simples ou composées, des extraits, des électuaires, des sels, etc., etc.: leurdose ordinaire est d'environ un à deux litres, rarement plus, répétée dans le courant de la journée, autant de fois qu'il est nécessaire.

Bols ou Pilules. Médicaments internes de consistance plus ou moins solide, auxquels on donne la forme ronde ou ovale, afin qu'ils glissent dans le gosier sans se répandre dans la bouche. On emploie cette forme pour introduire dans l'esto-

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mac des substances que l'on aurait de la peine a faire avaler autrement, ou qui se délaieraient difficilement dans un breuvage; cependant ce dernier mode d'administration doit être préféré pour les chevaux, toutes les fois qu'il ne présente pas de trop grandes difficultés. Les pilules se composent de substances sèches ou molles, incorporées ordinairement avec du miel ou- de la térébenthine; il faut avoir soin de les faire assez peu volumineuses pour qu'elles puissent être avalées facilement, et de ne pas les préparer longtemps d'avance, parce qu'il y en a qui durcissent tellement en séchant, qu'elles ont beaucoup de -peine à se dissoudre dans l'estomac.

Calmants. La différence qui existe entre les médicaments de cet ordre et les narcotiques, lesémollients,les tempérants, les adoucissants, est si peu tranchée, qu'il est fort difficile de la saisir. Voyez ces divers mots.

Camomille. Les fleurs de cette plante jouissent à un haut degré des propriétés communes aux autres aromates; elles ■ont surtout très-propres à dissiper les vents, tuer les vers, antispasmodiques, résolutives. On l'administre au-dedans et au-dehors, en poudre, infusions, lotions, cataplasmes, lavements, etc.

Camphre. Substance très-aromatique, concrète, et regardée généralement comme une huile essentielle, puisqu'il en possède tous les caractères physiques (voyez Essences). A l'extérieur, dissous dans l'eau-de-vie ou incorporé dans des liniments, il est vulnéraire, antiputride, détersif, fortifiant, résolutif; administré à l'intérieur à petites doses, il est tempérant, antispasmodique, antiseptique; à plus forte dose, il devient tonique, échauffant, excitant, et môme fortement irrifant si la dose est très-forte; on l'associe fréquemment avec le nitre, l^pium, l'éthcr, le quinquina, etc., selon le cas pour lequel on l'emploie.

Cantharides . Tout lè monde connaît les propriétés ext rêmement vénéneuses, Acres et corrosives de ces insectes. Ils sont par cela môme d'un puissant secours toutes les fols qu'il faut produire une forte irritation à la peau. La poudre de cantharides, appliquée soit a nu, soit incorporée en suffisante quantité dans un onguent approprié, est rubéfiante, épispaslique, et fiiit lever des ampoules. La teinture que l'on en prépare, employée en frictions, est résolutive, fortifiante, très-propre à résoudre les engorgements froids, irritante et méme-rubéftante. On l'associe quelquefois avec le camphre.

Carbonates ou sous~carbonates. Sels résultant de l'union

de l'acide carbonique avec une base ; on nomme plus spécialement ces sels sons-carbonales, quand la baBe n'est saturée qu'incomplètement, et bicarbonates, ou simplement carbonates, quand elle l'est avec excès d'acide. Les plus usités dans la pharmacie vétérinaire sont les suivants :

Le sous-carbonale de potasse (sel de tartre) est un- sel alcalin d'une saveur acre, urineuse. Celui de 90«de présente à peu près les mêmes caractères physiques ; mate, comme il est moins acre, on le fait entrer dans les prescriptions de préférence à l'autre. Ces sels passent pour de puissants fondants, qui conviennent dans tous les engorgements lymphatiques et du farcin. On les associe" souvent comme correctifs aux purgatifs drastiques; ils entrent dans la composition des savone et fournissent plusieurs composés chimiques. La dose à laquelle on les administre en nature est de 8 à 31 grammes.

Le sous-carbonate d'ammoniaque est très employé comme fondant, diaphorétique, dépuratif, tonique; c'est un puissant stimulant du système lymphatique, que l'on emploie avec succès dans le traitement du farcin, des engorgements froids et chroniques, de la plupart des maladies de peau, etc. etc. On l'emploie à la dose de 8 à 16 grammes.

Le carbonate de fer. Voyez Oxyde brun de fer.

Le carbonate de magnésie (magnésie blanche, magnésie carbonatée) est très-peu usité dans la pratique vétérinaire.

Carminatifs. On désigne sous cette dénomination collective les substances qui ont la propriété de chasser les vents contenus dans l'estomac et les intestins ; telles sont les fleurs de camomille, les semences d'anis, de coriandre, l'angélique, la menthe, la lavande et presque toutes les plantes aromatiques; le camphre, l'éther, l'alcali volatil, la teintuie de valériane composée. Mais quelle que soit celle de ces substancei que l'on choisisse, elle ne peut convenir qu'en l'absence de tous symptômes inflammatoires.

Cataplasmes. Médicaments externes, mous, de consistance pâteuse, destinés à être appliqués pendant un laps de temps plus ou moins long, sur une partie quelconque du corps. Ces topiques peuvent être émollients, relâchants, adoucissants, calmants, résolutifs, maturatifs, répercussifs, anodins, antiseptiques, toniques, fortiûants, astringents, irritants et rubé-~ fiants. Les farines de lin, d'orge, de seigle, de fèves, l'eau pure, les décoctions émollientes de têtes de pavots, les infusions de camomille et de sureau, forment la base et le véhicule de la plupart des cataplasmes. On y ajoute souvent de l'extrait de Fiturne ou du vinaigre pour les rendre plus ré-

"soliitlfs; des poudres de camomille ou de sureau dans le mémo but; de l'opium, du laudanum, de l'extrait de pavot, du camphre, du baume tranquille, de popnléum, pour augmenter leur propriété calmante et narcotique; des onguents,, des graisses, des huiles, des ognons cuits, pour les rendre "maturàlifs et suppuratifs. On fait des cataplasmes fortifiante, antiputrides, astringents, avec des poudres de quinquina, d'écorec de chêne ou de grenades, de plante s aromatiques, etc., incorporées dans un cataplasme résolutif ou délayées avec le '▼in ou les décoctions aromatiques. Enfin, on fait des cata- 'plasmes rubéfiants avec la farine de moutarde délayée à froid avec le vinaigre; ou y ajoute, au besoin, des gousses d'ail "écrasées, du sel de cuisine, des poudres de cantharides, d'euphorbe, etc., etc. La plupart das cataplasmes sont cuits et l'appliquent chauds ; quelques-uns sont crus et s'appliquent froids.

Les cataplasmes doivent être bien cuits, bien liés, homogènes, sans grumeaux, de bonne consistance; il faut les renouveler à mesure qu'ils commencent à sécher ou à se refroidir si on les applique chauds.

Caustiques. Substances àcres qui ont la propriété de brûler et désorganiser les chairs, en laissant une croûte noire ou eschare qui se détache par la suppuration et donne lieu à une plaie vive, ce qui les a faifc nommer aussi escharoliques. tes caustiques s'emploient à l'extérieur pour cautériser les morsures venimeuses, pour consumer les chaires molles et baveuses, ranimer les plaies indolentes, détacher les eschares -gangrène use s, ramener les ulcères à l'état des plaies simples, 'ouvrir certaines tumeurs, etc. Les caustiques les plus usitél Sont : l'alun brûlé, le sulfate de cuivre (vitriol bleu), le sniriimé corrosif, l'arsenic, le beurre d'antimoiue, la pierre infernale, la potasse ou la soude caustique (pierre à cautère), les acides nitrique, sulfurîque, mumtique, le feu.

Céruse (sous-carbonate de plomb, oxyde blanc de plomb). Elle s'emploie à l'extérieur comme siccative et astringente; elle forme la base de plusieurs onguents et poudres siccatives.

Charge. On nomme ainsi une sorte de médicaments externes particuliers à la pratique vétérinaire, et qui tiennent le milieu, pour la composition et la consistance, entre les cataplasmes et les pommades ou onguents. Ce sont, en général, des préparations fortifiantes et résolutives dans lesquelles on fait entrer des onguents, de la poix, de la térébenthine, rla savon, des essences, de l'eau-de-vie camphrée, etc. Le meilleur mode de les appliquer est de bien frictionner la partie

malade et d'y laisser des étoupes enduites de la composition employée.

Cinabre (sulfure ronge de mercure). Cette poudre s'emploie à l'intérieur comme fondante, dépurative, diaphonique, particulièrement dans lea maladies ds peau ; et à l'extérieur pour ranimer les chairs molles et baveuses. Le cinabre entre dans «ne foule de préparations antifarcineuses, antipsoriques, antidartreuses ; on le donne intérieurement à la dose de 8 à 31 grammes.

Ciguë. Cette plante très-vénéneuse est employée à. l'estérieur comme fondante, résolutive, anlicancôreuse. On pilo la plante froide avec de l'huile, et on l'applique en guise do cataplasmes sur les morsures venimeuses ou sur les tumeurs squirrbeuses, ou bien on incorpore la poudre dans les cataplasmes résolutifs.

Colcotar (oxyde rouge de fer).

Collyres. C'est le nom que l'on donne à tous les médicaments destinés à être appliqués sur les yeux; il y en a de liquides, de mous, de secs et de gras. En général, on rend les collyres liquides, émollicnts et calmants, résolutifs et fortifiants, seloa les diverses périodes de l'affection qu'ils sont destinés à combattre; lés premiers se composent ordinairement de décoctions émollientes dans lesquelles on ajoute souvent des*tétes de pavots ou du laudanum, et s'appliquent lièdes; les infusions de sureau, de mélilot, de camomille, forment la base ordinaire des collyres résolutifs; on peut y ajouter, selon les circonstances, l'extrait de saturne; le camphre, le vitriol bleu, l'alun ou la pierre divine dissous dans l'eau, composent la plupart des collyres fortiliants.

Les collyres secs sont des poudres légèrement corrosives et astringentes que l'on insuffle dans l'œil pour détruire une taie ou redonner du ton à cet organe dans certaines affections chroniques ; de ce nombre sont : le sucre, l'alun, le vitriol blanc ou bleu, la tutie, le sel ammoniac, etc. Les collyres mous sont des cataplasmes ; enfin, les collyres gras sont des. pommades que l'on place dans l'angle des paupières aiin que le clignotement des yeux les étende.

Confection d'hyacinthe. Voyei Eleduaires.

Cordiaux. Expression vicieuse par laquelle on désigne vulgairement une série nombreuse de substances simples ou composées., qui, dans l'enfance de l'art, étaient censées fortifier le cœur, mais qui, au fait, exercent une action stimu-

lante plus ou moins prononcée sur l'ensemble de l'économie animale; d'où s'ensuit que ce mot peut être considéré comme synonyme de tonique, fortifiant, corroborant, si ce n'est que les cordiaux proprement dits n'agissent qu'à l'intérieur. Voyei Stomachiques, Toniques.

Coriandre. Les propriétés de cette graine sont, à très-peu de chose près, les mêmes que celles de l'anis.

Crème de tartre (tartrate acidulé de potasse). Ce sel est rafraîchissant, diurétique, tempérant; à plus haute dose il devient purgatif minoratif. On l'administre, selon l'effet que l'on en veut obtenir, à la dose de 31 à 125 grammes, et même plus.

Cristal minéral. On -appelle ainsi le sel de nitre fonda. Crocus. Voyez Foie d'antimoine.

Dépuratifs. On a nomme ainsi des médicaments auxquels on attribuait la propriété spéciale Be -purifier le sang; tels Sont les incisifs et les fondants, les diaphoniques, diurétiques, purgatifs. Ceux des médicaments auxquels on peut attribuer pins spécialement la propriété dépurative, sont : le savon, l'assa-fétidd, la gomme ammoniaque, l'aides, la rïfubarbe, Jes amers ci-dessus désignés, l'oxyde demi-vitreux, èt surtout l'oxyde blanc d'antimoine, le kermès, le soufre, le •carbonate d'ammoniaque, celui de potasse ou de soude, le' cinabre, le mercure doux, etc., etc.

■Dessiccaf/lfs. Médicaments externes de nature plus m moins astringente, qui, appliqués sur les plaies, ont la propriété de s'opposer à la sécrétion du pus et de les dessécher; tels sont la céruse, l'extrait de saturne et toutes les préparations de plomb ; en un mot, toutes les substances légèrement astringentes. Il est dangereux de faire trop tôt usage des dessiccatifs, surtout pour les plaies accompagnées de perte de substances et pour toutes celles qui ont évidemment besoin de suppurer. Voyèz, chapitre précédent, Plaies.

Diapftorétiqties,Sudbrifiques. Ces deux mots "sont à peu près synonymes, et désignent les médicaments qui ont la propriété d'accroître la transpiration ; toute la différence entre eux consiste en ce que l'action des sudorifiques est plus énergique que celle des diaphoniques. Quoi qu'il en soit,'les médicaments de ce genre les plus usités sont : les infusions chaudes de sureau, de sauge ou de quelque plaiite aromatique que ce -soit; les décoctions en poudre degajac, sasàa-

fras, squine, salsepareille, bois de genévrier; les préparations antimoniales, l'alcali volatil à plus haute dose, l'esprit de Mindérérus, toutes les substances aromatiques, sous quelque forme que ce soit, la thériaque dans le vin, l'cau-de-vie, etc. Ces substances étant toutes plus ou moius échauffantes, on doit s'en abstenir toutes les fois qu'il y a des symptômes inflammatoires ou que l'on doit les craindre.

Détersifs. Médicaments qui ont la propriété de déterger ou nettoyer les plaies; tels sont, pour les ulcérations superficielles, l'eau d'orge acidulée, le miel rosat, l'oxymel, l'eau de Babel ; pour les plaies, l'eau-de-vle camphrée, les teintures de myrrhe et d'aloès camphrées ou non, le miellé, les infusions aromatiques, les suppuratifs, etc., etc.

Digestifs. Médicaments externes qui ont la propriété de favoriser le travail de la suppuration et la formation des chairs. Le plus simple de tous est la térébenthine ; on lui associe au besoin le basilicum si la suppuration a besoin d'être excitée, le styrax, l'onguent d'arcœus, de camphre, les teintures de myrrhe et d'aloès, l'essence de térébenthine.

Diurétiques. Médicaments propres à augmenter la sécrétion et l'excrétion des urines, ce qui les rend très-propres a seconder l'action des autres dépuratifs. Les diurétiques les plus usités sont : le sel de nitre, le camphre à très-petites doses, les carbonates de potasse et de soude, l'esprit de nitre dulciflé, l'antimoine diaphorétique non lavé; la crème de tartre, le savon; parmi les substances végétales, la' scille, les racines de fraisier, d'asperge, de chiendent; l'oxymel simple bu scillitique, la térébenthine, le vin blanc, etc. Ces diverses lubstances s emploient suivant les circonstances et selon le choix du praticien, soit une a une, soit associées dans divers mélanges.

Eau. L'eau est non-seulement le véhicule le plus ordinaire des médicaments liquides, mais elle possède encore par ellemême des propriétés médicales assez marquées; l'eau trèsfroide ou glacée est employée en médecine comme un trèsbon résolutif clans les contusions récentes et dans plusieurs autres circonstances analogues ; l'eau chaude employée en fomentations ou à l'état de vapeur, est émoltiente.

Eau-de-vie. Voyez Esprit-de-Vin.

Eau-de-Rabel. Voyez Acide sulfurique.

Eau-forte. Voyez Acide nitrique.

Eau-de-vie camphrée. Elle est essentiellement résolutive, vulnéraire, fortifiante, antiputride; on l'emploie à l'extérieur pour résoudre les engorgements, fortifier les muscles et tendons, déterger les plaies, combattre la gangrène; elle entre dans beaucoup de topiques résolutifs et antiseptiques; on l'administre aussi quelquefois à l'intérieur. Voyez Camphre.

Eau-de-vie cte sfliwi.. L'eau-de-v4c ordinaire ou camphrée, ehargée de savon, est un très-bon résolutif employé avec succès dans les écarts, entorses, faiblesses d'articulations, engorgements froids.

Eau végéto-minérale (eau blanche, eau de Goulard). C'est un mélange d'extrait de saturne et d'eau-de-vie; elle est résolutive, siccative, répercussive, rafraîchissante, et s'emploie avec succès dans le traitement des contusions graves, de certaines tumeurs, des brûlures et des vieilles plaies. On ne l'administre pas à l'intérieur.

Eau ou esprit vulnéraire. Mêmes propriétés à peu près que l'eau-de-vie camphrée.

Ecorce de chêne. Elle possède plusieurs des propriétés du quinquina, mais a un moindre degré. On en prépare des décoctions astringentes et antiseptiques; on en saupoudre quelquefois les plaies qui ont des dispositions à la gangrène.

Ecorce d'orange, de citron. Leur propriété, très-aromatique, les fait admettre au nombre des substances cordiales, stomachiques, carminatives.

Electuatres. On donne le nom d'électuaires, opiats, confections, à des médicaments composés, mous, qui ont le miel pour excipient, et s'administrent ordinairement sous forme de bol ou délayés dans un breuvage. Comme ces préparations se composent, en général, de substances énergiques réunies en assez grand nombre, on leur attribue de trèsgrandes propriétés; il est peu de substances que Tonne puisse y faire entrer. Les électuaires officinaux les plus usités dans la pratique vétérinaire sont la thériaque et la confection d'hyacinthe ; mais on donne cette forme à une foule de prescriptions magistrales.

Quoique la thériaque ait beaucoup perdu de son ancienne célébrité, elle est encore un des médicaments les plus précieux que l'on puisse employer dans la médecine des chevaux. La thériaque bien préparée est stomachique, légèrement diaphorétique et astringente, vermifuge, carminative. On l'emploie avec beaucoup de succès à la suite des maladies longues,

VOCABULAIRE DE PHARMACIE Y ÉTÉ n IN A IRE. 225

dans toutei les circonstances où il s'agit de réveiller l'appétit et de fortiGcr l'estomac; dans les maladies épidémiques, ■tharbonneuses, vermineuses, les diarrhées chroniques, les arrêts de transpiration, les indigestions, les piqûres et morsures suspectes, etc., etc. On l'administre en bol, mais le plus souvent délayée dans le vin ou dans une infHsiou aromatique, à la dose de 31 à 62 grammes par jour, quelquefois davantage. Cet électuaire peut-être regardé comme le cordial par excellence, et remplacer la plupart des autres préparations analogues.

La confectien d'hyacinthe possède à peu près les mêmes propriétés que la tbériaque, mais à un degré un peu moindre; elfe est employée plus spécialement pour absorber les acides de L'estomac: on l'administre à la même dose et de même manière que la thériaque.

Du reste, Il est peu de médicaments sur lesquels la cupidité s'exerce autant que sur les électuaires, en raison de la facilité qu'ils rretent aux falsifications.

Eméliqm. Voyez Antimoine.

Emollients. Un appelle ainsi des médicaments qui wt la propriété de ramollir, de relâcher les fibres, de détendre les tissus; ils ont beaucoup d'analogie avec les adoucissants et les calmants. Les meilleurs émollients sont : l'eau chaude et sa vapeur, les feuilles, fleurs et racines do mauve, de guimauve, de bouillon blanc, les feuilles de laitue, de pariétaire, de marelle, de bourrache, d'épinards, de betterave, les semences de lin, les pulpes de pommes de terre, de carotte et de plusieurs autres racines, un grand nombre de farines. Les émollients conviennent toutes les fois que la peau a besoin d'être ramollie, humectée, détendue, et qu'il y a des symptômes inflammatoires à combattre tant au dehors qu'au-dedans. Lès médicaments de cette classe s'administrent en lotions, inmigations, fomentations, cataplasmes, boissons et lavements.

Ils opèrent beaucoup mieux a l'aide d'une chaleur douce et humide qu'à froid.

Encens. Voyez Ilésine.

Epispastiques. Substances qui, appliquées à l'extérieur, ont la propriété de soulever l'épiderme et de produire des ampoules remplies de sérosités, avec tous les symptômes d'une véritable brûlure. LeB éplspastiques les plus usités sont les cantharides et leurs diverses préparations, telles que l'onguent véslcatolre et la teinture; l'alcali volatil, et surtout 1a pommade ammoniacale ; on peut y joindre la moutarde.

le site d'ognon, les liquides bouillants, en un mot, toutes les substances propres à produire une irritation prompte et rive, les épispastiques ou vésicants brûlent à la manière des caustiques, avec la différence que ces derniers produisent, au lieu d'ampoules, des eschares qui persistent plus ou moins longtemps.

Espèces. Nom générique que l'on donne à des substances de mêmes nature et propriété, que l'on mélange ensemble afin de leur donner réciproquement plus de vertus. Ainsi, ou prépare dans toutes les pharmacies des espèces émollientes, amères, vulnéraires, vermifuges, pectorales, etc., etc., qui ne sont autre chose que des réunions de plantes ayant les mêmes propriétés, coupées -menues et mélangées ensemble. On doit avoir l'attention, e« préparant ces mélanges, de n'y admettre que des substances ayant à peu près la môme pesanteur, et divisées en fragments à peu près égaux. Ces espèces s'emploient de la même manière que les plantes qui entrent dans leur composition; les poudres composées sont infiniment préférables aux espèces proprement dites.

Espril-de-vin. L'osprit-de-vin ou alcool est une liqueur beaucoup plus légère que l'eau, volatile, très-inflammable, d'une saveur très-chaude, mais agréable, que l'on retire par le procédé de la distillation du vin ou de tonte autre liqueur fermentée. Ses propriétés médicales sont éminemment cordiales, Vulnéraires, antiputrides, sudorifiques ; ses usages sont très-multipliés. On s'en sert- pour dissoudre les résines et gommes- résines, les huiles essentielles, le camphre, quelques bulles grasses, pour fabriquer les éthers, l'eau de Rabel, les esprits de nitre et de sel dulcifiés, les eaux aromatiques spirituelles, les teintures, et une foule de préparations officinales ou magistrales. La liqueur si connue sous le nom d'eaude-vie n'est autre chose que l'esprit-de-vin allongé d'eau; elle jouit des mêmes propriétés, mais a un degré plus faible.

Esprit de nitre, de sel. Voyez Acides,

Esprit de Mindérérus (acétate d'ammoniaque). C'est une tombtnaison de l'ammoniaque avec l'acide acétique (vinaigre distillé). II est employé fréquemment comme diurétique, diaphonique et dépuratif. On le donne, selon la force de l'animal et selon l'effet que l'on veut obtenir, à la dose de 31 à 125 grammes dans un breuvage approprié.

Ether sulfurique. L'étlier suîfurique, le seul dont on fasse un usage fréquent dans la médecine des animaux, est un li-

VOCABULAIRE DE PHARMACIE VÉTÉRINAIRE. 227 quidc blanc, plus léger et plus inflammable que l'esprit-devin, d'une odeur suave très-pénétrante; appliqué sur la peau, il se volatilise incontinent en laissant une sensation froide très-prononcée. L'éther est un puissant antispasmodique et calmant ; à plus liaute dose il devient excitant. On en fait un grand usage dans toutes les affections spasmodiques, les coliques venteuses et aulres, les suites d'Indigestion, les convalescences difficiles. On l'administre, selon les circonstances, à la dose de 31 gram. et plus, dans un breuvage ou antispasmodique, ou fortifiant. La propriété qu'il a d'absorber instantanément le calorique de tous les corps qu'il touche, pour se volatiliser, en fait un très-bon remède contre lu brûlure.

Euphorbe. C'est un suc gommo-résineux concret, d'une saveur extrêmement acre, que l'on n'emploie ordinairement que daus les préparations irritantes- destinées à l'usage externe. La teinture d'euphorbe est un très-bon résolutif et s'emploie en outre avec succès pourdéterger les vieux ulcères.

Extraits. On nomme ainsi les principes solubtes des végétaux obtenus par expression et rapprochés en consistance presque solide par l'évaporaflon de l'humidité.

Les extraits que la médecine vétérinaire emploie le plus fréquemment, sont ceux do genièvre, de rhubarbe, de gentiane, d'aunée, de pavot, de séné, etc.; l'opium, l'aloès et plusieurs autres substances exotiques sont de véritables extraits.

Les médicaments en question possèdent, sous un moindre volume, la plupart des propriétés de la' plante d'où ils sont tirés ; leur consistance molle permet de les employer en boli ou en breuvages; on les administre généralement à la dose de 31 à 93 ou 125 grammes.

Farines. On désigne ainsi la plupart des semences réduites en poudre, surtout les semences dites farineuses. Les plus usitées sont celles de lin, de seigle, d'orge, de fèves, de lupins. Elles sont toutes plus ou moins émollientes et résolutives; o» les emploie principalement à faire des cataplasmes; les farines proprement dites servent à blanchir la boisson des chevaux malades, afin de la rendre émolliente et adoucissante. La poudre ou farine de moutarde sert à faire des cataplasmes rubéfiants.

Fenouil. Cette semence aromatique jouit des mêmes propriétés que celles d'anis et de coriandre.

Fer. Cù métal a figuré pendant longtemps parmi les mé-

dicaments les plus héroïques; on le considérait comme la tonique par excellence. Quoiqu'il ait perdu beaucoup de son. ancienne renommée, il fournit encore à la matière médicale i dpi nombreux produits, dont les propriétés toniques, apéritiVes, astringentes, ne sont pas à dédaigner.

La limaille de fer porphyrisée se donne a la dose de 62 k - 125 grammes, en bols ou en opiat, dms l'hydropisie et la plu-: part des maladies provenant du relâchement des solides.

' Le safran de mars apéritif {oxyde brun de fer) etl'éthiops martial (oxyde noir) possèdent, à un degré supérieur, les-, mêmes propriétés que !a limaille; on les administre dans les. mêmes cas, à la dose de 31 à 62 grammes ; le safran de mars est le pins usité; on l'associe parfois au 'quinquina.

La préparation connue sous le nom de boule de Nancy est un tartrate de potasse et de fer; on l'emploie comme vulnéraire, résolutive et astringente.

Foie d'antimoine. Voyez Crocus.

Foie de soufre. Voyez Sulfure de potasse.

Fomentation, emfirocation , lotion. On donne ces divers, noms à des liquides médicamenteux destinés aTusage externe. L'application, au moyen de compresses ou d'étoupes, d'un liquide aijuenx et chaud, s'appelle fomentation; c'est une ernbrocation si le liquide est froid. On emploie souvent pour ce dernier usage des solutions salines, de l'eau-de-vîe cam-r phréc, des huiles, des mélanges divers. Enfin, la simple lotion consiste à laver et bassiner plus ou moins fréquemment la partie malade; tous les liquides faisant la matière desfomentations et embrocations peuvent également servir en, Jotions. En général, les fomentations sont émollientes, quelquefois antiseptiques; les embrocations', plus souvent résolutives, répercusstves, astringentes; les lotions, détersives, siccatives, astringentes.

Formule. Voyez Médicament.

Fortifiants. On doit comprendre sous ce nom toutes substances médicamenteuses ou alimentaires susceptibles de relover les forces générales de l'économie animale. Ce mot pourrait être considéré comme synonyme de tonique, si ce n'est que l'action des toniques proprement dits parait être: plus locale et moins étendue que celle des fortifiants..

Fougère mate. La racine de cette plante, amère, astringente, est un vermifuge que l'on peut donner au cheval àJa

dose de 31 à 125 grammes, en poudre, soit seule, soit -combinée avec quelques autres anthelminthiques.

Fumigation. On entend par ce mot, ou l'action de diriger certaines vapeurs sur une partie du corps, à l'effet d'y produire une médication quelconque, ou un moyen de désinfecter les lieux insalubres. Les vapeurs d'eau ou de décoctions chaudeSj et les fumées d'aromates que l'on fuit brûler lentement, sont la matière ordinaire des fumigations ; on les rend, à volonté, émollïeutes, détersives, aromatiques, etc. Ces émanations sont conduites par les moyens convenables, dans la gorge ou les naseaux.

Les fumigations désinfectantes se bornent ordinairement à faire brûler des substances aromatiques ; mais ce moyen est fort illusoire, en ce qu'il ne fait que masquer les mauvaises odeurs sans détruire les miasmes contagieux. Le procédé suivant est beaucoup plu3 efficace : après avoir évacué et nettoyé l'écurie que l'on veut désinfecter, on en calfeutre les fenêtres ; on place au milieu une petite terrine de grès contenant 500 grammes de sel marin, 78 grammes de manganèse et 250 grammes d'eau; on verse sur le mélange 250 grammes d'acide sulfurique concentré ; on se retire précipitamment, et l'on ferme la porte, en ayant soin de ne rentrer dans l'écurie qu'au bout de dix a douze heures, et de n'y ramener les chevaux qu'après l'avoir bien aérée. Les doses ci-dessus indiquées suffisent aisément pour une écurie de trente chevaux et plus ; il faudrait les augmenter si elle était beaucoup plus grande.

Galanga. Cette racine, qui nous vient de l'étranger, possède à un très-haut degré les propriétés stimulantes des aromates énergiques. Elle entre dans la plupart des poudres et confections cordiales. On peut la faire entrer dans les prescriptions, à la dose de 31 grammes et purs.

Gargarismes. Médicaments liquides destinés à injecter ou éluver l'intérieur de la bouche et de la gorge. L'eau d'orge ou de guimauve miellée et quelquefois acidulée, forme la base la plus ordinaire des gargarismes adoucissants; on les rend quelquefois plus détersifs par l'addition du miel rosat, de l'eau de Rabel, de l'eau-de-vie camphrée, etc.

Gayac. Voyez Sudoriflques.

Genévrier. Cet arbrisseau, très-commun dans nos climats, jouit d'une très-grande réputation en médecine. Son bois est un très-bon sudorifique, qui pourrait suppléer le gayac si . Vétérinaire. 20

celui-ci n'était déjà à très-bon marché ; ses baies, très-aromatiques, sont cordiales, stomachiques sans être irritantes; on en prépare une poudre et un extrait qui sont très-usités. On peut administrer l'uDe ou l'autre de ces préparations à la dose de 31 à 125 grammes, toutes les fois qu'il s'agit de réveiller les [orras digestives sans trop échauffer.

Gentiane. Cette racine, extrêmement amère, est éminemment stomachique, tonique, fébrifuge, anti-vermineuse, dépurative, légèrement diaphorétique, échauffante. Son usage dans le traitement des maladies des chevaux est extrêmement répandu ; on l'associe souvent aux préparations antimoniales et aux autres dépuratifs, à la dose de 62 à 125 grammes et au-dessus.

Gingembre. Aromate énergique dont les propriétés, trèsstimulantes sont analogues à celles du galanga.

Gomme arabique. Cette gomme est très-adoucissante, pectorale, émollicnlc, calmante ; on l'emploie avec succès dans toutes les maladies qui proviennent de l'irritation des voies aériennes, et dans le traitement des affections inflammatoires en général; on en compose des breuvages et opiats, dans lesquels on peut la faire entrer à la dose de plusieurs onces parjour. Les gommes de nos climats jouissent à. peu de chose près des mêmes vertus, et coûtent moins cher.

Gomme-gutte. Purgatif drastique que l'on ne doit employer, qu'avec ménagement; on la donne à la dose de S à 31 grammes, rarement seule.

Gommes-résines. Les gommes-résines sont des sucs laiteux qui découlent de certains végétaux et durcissent à l'air. Elles se' dissolvent assez bien dans l'eau-de-vie faible, mais mal dans l'esprit-de-vin ou dans l'eau. Les plus employées dans la pratique vétérinaire sont l'assa-fétida [voyez ce mot), la gomme ammoniaque, le galbanum, l'euphorbe, la, myrrhe et l'encens.

Quoique la gomme ammoniaque ne présente pas tout-a-faiti les.mèmes caractères physiques que. l'assa-tétida, elle jouit à. peu près des mêmes propriétés et s'emploie du la même manière et dans les mêmes cas, particulièrement dans le. traiter ment du farcin et des maladies analogues.

Goudron. Cette racine s'emploie souvent à l'extérieur comme résolutive, nervalo, fortifiante ; elle entre dans la plupart des charges, et dans quelques préparations ouguentaires.

VOCABULAIRE DE PHARMACIE VÉTÉRINAIRE. SSi

Graisse. La graisse récente est émolliente, adoucissante, onctueuse, provoque la suppuration, surtout quand elle est chaude; on l'emploie en nature pour nourrir la corne, lui donner du liant et l'empêcher de se fendre; elle forme la .base et l'excipient de tous les onguents; on la fait aussi entrer dans les, cataplasmes maturatifs; les graisses les plus usitées sont celles de porc ou saindoux et le suif de mouton.

Guimauve. Les diverses parties de cette plante entrent dans la plupart, des prescriptions émollientcs, tant internes qu'exr ternes. La poudre de la racine est d'un usage presque général ; on la donne aux jeunes chevaux qui jettent leur gourme ; on en compose avec le miel des masligadours adoucissants; 'on la fait entrer dans presque tous les breuvages ou opiats 'adoucissants; ou la fait manger avec le son, ou on la lui donne "en boisson aux moindres signes de rhume, etc. Voyez Poudres.

Huiles. Les huiles se divisent en deux grandes classes : en -huiles grasses ou fixes, et en huiles volatiles ou essentielles. •Les premières, fournies par les règnes végétal et animal, sont 'des liquides gras, onctueux, combustibles, se combinant avec Tes alcalis pour former de véritables savons : telles sont lés huiles d'olive, d'amande douce, de lin, de noix, de colza, de poisson, d'os, etc. ; elles possèdent, à peu de chose près,-lês mêmes propriétés médicales que les graisses, et servent à une foule d'usages pharmaceutiques; on en compose des savons, des onguents, des emplâtres, des liniments el embrocatiôns ; on les fait entrer dans des cataplasmes, des lavements, etc. Comme les vertus de ces huiles diffèrent peu entre elles, on choisit de préférence les moins chères pour les usages vétérinaires. Cependant les huiles animales sont généralement plus "grasses et plus onctueuses que celles que l'on retire du règne végétal; cette de lin est résolutive el siccative.

Les huiles essentielles ou essences se distinguent des précédentes par leur volatilité, leur odeur aromatique et leur saveur chaude; elles sont aussi bien plus inflammables, se dissolvent parfaitement dans l'alcool et les huiles grasses, et : ne'se combinent qu'incomplètement avec les alcalis; on les retire par expression ou distillation des végétaux aromatitraes. Les plus usitées dans la pharmacie vétérinaire sont lés essences de térébenthine, de lavande, de romarin ; elles sont très-pénétrantes, résolutives, fortifiantes. On les emploie fréquemment en frictions dans les foulures des tendons, faiblesses d'articulations, efforts, engorgements froids, etc.; l'essence do térébenthine, plus active que les autres, a l'inconvénient de faire tomber les poils; elle est très-employée

dans les pansements comme digestivc, détersive, et propre à arrêter les progrès do la gangrène. Les essences d'anîs et. autres semences aromatiques,de camomille, de genièvre, etc., sont stomachiques, antispasmodiques et anti-venteuses. Les essences ci-dessus désignées entrent dans la plupart des liniments, charges, et autres topiques fortifiants et nervlns.

. Huile de laurier. C'est une huile épaisse comme du beurre, fournie par les baies du laurier eommun, et qui tient des huiles grasses et dw sessences ; on en fait un fréquent usage à cause de ses propriétés à la fois résolutives, nervales, fortifiantes et émollientes.

Huile de rade. Elle s'obtient par la combustion d'une espèce de genévrier; elle est épaisse, noire, d'une odeur analogue à celle du goudron, et s'emploie principalement dans le traitement de la gale.

Huile empyreumatique. C'est un des produits de la décomposition des matières animales par le feu. C'est un puissant vermifuge et antispasmodique, dont on fait un fréquent usage, principalement dans le traitement des maladies vermineuses; on s'en sert aussi dans le traitement de la gale. La dose est de 16 à 62 grammes; en en prépare un savon dont l'usage est beaucoup plus commode que celui de l'huile en nature.

Incisifs. Médicaments dont l'action principale parait être de diviser et détacher les mucosités qui s'attachent aux membranes muqueuses des organes de la respiration, et de faciliter l'expulsion de ces humeurs. Tous les médicaments susceptibles de stimuler légèrement lesdites membranes, peuvent être considérés comme de bons incisifs. Tels sont, dans l'ordre de leur énergie, les poudres de guimauve, réglisse, iris, aunée, scille ; le savon, la gomme ammoniaque, l'assa-fétida, Koxymel simple et le scillitique, le kermès et la plupart des autres préparations d'antimoine; l'émétique à petites doses.

Jalap. La racine de cette plante etson extrait résineux sont un purgatif drastique que l'on emploie rarement seul pour le cheval, mais que Ton associe quelquefois aux autres purgatifs comme adjuvant.

Kermès. Voyez Antimoine.

Lavande. Cette plante .jouit des mêmes propriétés que la plupart des autres aromates ; le bas prix de son huile essentielle la rend d'un fréquent usage dans la pratique vétérinaire. Voyez Huiles essentielles.

TOCAB0LAIRE DE PHARMACIE VÉTÉRIMAHIE. i233

lavements. Médicaments liquides destinés à ôtre introduits dans le rectum. Voyez, au chapitre précèdent, le mot Lavement.

Laxatif. Synonyme de purgatifs doux. Le miel à hautes doses, les boissons émollientes chaudes, la manne grasse et la crème de tartre sont les plus usités.

'-Laudanum. On appelle ainsi la teinture d'opium composée; "c'est un très-bon calmant que l'on emploie d'une infinité de ^manières différentes. La dose à l'intérieur est de 16 à t& grammes.

Liniments. Médicaments externes d'une consistance moyenne entre les huiles et les onguents, et destinés à être employés sous forme de frictions. Le savon, les huile», onguents et autres corps gras, forment la base des liniments ; on y ajoute, selon les indications, des essences, de l'ammoniaque liquide, de la teinture de cantharides, quelquefois des acides concentrés, etc., êtç.

Lotion. Voyei Fomentation.

Mastigadour. Médicament de consistance plus ou moins solide que l'on roule'daus une toile en forme de boudin, afin de le suspendre dans ia bouche du cheval. On administre ainsi des substances destinées. à stimuler l'action de? glandes salivaires, ou des médicaments adoucissants que l'on veut faire couler lentement dans la gorge. Les poudres aromati- 'ques et plus ou moins irritantes forment ordinairement la base des premiers; celles de guimauve ou de réglisse composent la plupart des mastigadours adoucissants ; le miel est l'excipiènt le plus ordinaire de ces diverses compositions; on emploie souveut les mastigadours chez les chevaux dégoûtés ou dans les affections de ia gorge.

Menthe poivrée. Cette plante est antispasmodique, vulnéraire, cordiale, an ti venteuse, et possède à un haut degré toutes les autres propriétés des plantes aromatiques en général; elle s'administre de même en infusion ; sa poudre entre dans plusieurs composés. La mélisse possède les mômes propriétés à un degré moins énergique.

Mercure. Ce métal fournit à la médecine une foule de mé- 'dicaments héroïques, notamment le mercure doux, le sublimé corrosif, l'éthiops minéral (sulfure noir de mercure), le cinabre, le précipité rouge ou blanc; mais la plus usitée de ses préparations est l'onguent mercuriel. Voyez ces divers mots.

234 DEUXIÈME PAHTIK. CHAPITRE THT.

Mercure doux (muriate ou hydrochlorate de mercure). Ce sel est un puissant fondant, vermifuge, purgatif et dépuratif; on le donne à la dose de 4 à 16 grammes, particulièrement pour le traitement du farcin, des maladies vermineuses et de peau, de la morve, etc.

Miel. Il n'a par lui-même d'autres propriétés médicales que d'être très-adoucissant, légèrement purgatif; il eDtre dans tous les breuvages pectoraux, incisifs, dans les électuaires, les bols, etc. Il convient beaucoup dans le traitement de toutes les maladies d'irritation.

Mariâtes Sels formés de l'union de l'acide muriatique avec une base ; la médecine vétérinaire emploie les muriates de soude (sel marin), d'ammoniaque (sel ammoniac), de mercure doux et corrosif, etc., etc.

NicotUme. Voyez Tabac.

Nitrates. La médecine vétérinaire fait un fréquent usage des nitrates de potasse et d'argent fondu. Voyez Sel de nitre et Pierre infernale.

Oliban ou encens. L'oiiban et la myrrhe sont deux gommesrésines que l'on fait entrer dans beaucoup de fumigations aromatiques et de teintures détersives et vulnéraires.

Onguents. Ce sont des médicaments composés, de consistance molle, destinés à l'usage externe, et qui ont pour base des corps gras; on donne pourtant ce nom à l'aegyptîac, quoiqu'il ne soit autre chose qu'un oxymel de cuivre. Ces compositions participent toutes plus on moins des propriétés médicales des corps gras en général (voyez Graisse), sauf relies qu'elles empruntent des substances qui entrent dans leur composition. Quoique la liste des onguents employés dans l'art vétérinaire soit encore assez nombreuse, on peut réduire aux suivants le petit nombre de ceux dont l'utilité ne peut être révoquée

Onguent de pied. Il est destiné à nourrir la corne du sabot et à en entretenir la souplesse. Il résulte d'un mélange à chaud de parties égales d'axonge, de cire et de térébenthine.

Onguent mercuriel. Excellent fondant que l'on emploie avec le plus grand succès dans le traitement de tous les engorgements, celui du farcin, de la gale et de toutes les maladies cutanées; il a de plus l'avantage de favoriser la crue du poil et de le rendre lisse et luisant, loin de l'altérer.

Oytunt vésicaloire. Résolutif énergique irrilant fini

Onownr de tarier. C'est un très-bon remède nui nossède toutes les propriétés de l'huile de laurier. Voya ™e mot

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sta'n?» S m Ï7 CZ EMwIres. Comme presque toutes les subcTtfe tri ï. a,1 ;,™ teu ; e ! P eu,enl « re administrées son. Sni I. ZH d h aille l lr8 'rts-commodo, on peut multiplier à linlmi e nombre des préparations de ce genre ■ elles sont

dicaSS' SS' Sommo^étineui du pavot oriental. Ce mêr£££î££ I P S ; éro ' l 'l» l!s 1™ 1'»» connaisse, possède Stoml T ? propriétés négatives ; il est essentiellement due nro„iïï P f a ° 1 ' nar , c °"l»< ! . stupéfiant, autispasmodlles\™iX .lf m °° SSC .'' la sensi ™« i engourdir toulel

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L opium est la base du laudanum et do la plupart des pré- IK..? 8 ï™ 11 '!"^ et calmantes; on l'administre sous toutes les formes; mais comme il est d'un prix très-éleve, on us remplace souvent par l'extrait de pavot indigène, en ayant soin de doubler ou de tripler la dose, afin d'obtenir les mûmes résultats.

Oxydes. Produits de la combinaison de l'oxygène avec un

236 DECXÏÈÎtE PARTIE. CHAPITRE TOI.

corps simple; ces corps fournissent à la médecine vétérinaire et humaine une série nombreuse de médicaments, dont les principaux sont :

Les divers oxydes d'antimoine, de fer, de mercure, de plomb. Voyez ces divers mots.

Oxygène (air vital). Fluide élastique et invisible qui forme la partie respirable de l'air atmosphérique, cl qui joue un très-grand rôle daus la. nature, par la variété de ses combilnaisons avec les corps.

Oxymel. Liquide sirupeux composé de vinaigre et de miel. On en use de trois sortes : le simple, le scillitiquo et l'oxymel de cuivre.

Les deux premiers s'emploient à l'intérieur, à la dose de 62 à Ï2b grammes répétée plusieurs fois dans la journée, comme rafraîchissant, tempérant, incisif et diurétique; ces deux dernières propriétés appartiennent plus spécialement a l'oxymel scillitique.

L'oxymel de cuivre, plus corinu sous le nom d'onguent œgyptiac, quoiqu'il n'ait aucun caractère des onguents, ne s'emploie qu'au dehors, comme rongeant, détersif et cicatrisant.

'Pavot. Les diverses parties de cette plante possèdent les mêmes propriétés que l'opium, quoiqu'à un degré moins prononcé; les têtes ou capsules qui renferment Ja graine sont fréquemment employées dans les boissons, cataplasmes, lavements calmants et anodins. L'extrait que l'on en prépare peut remplacer celui du pavot d'Orient.

Pectoraux. Voyez Béchiques.

Pétrole. C'est une huile minérale bitumineuse; elle entre dans les charges et autres topiques fortifiants.

Pierre infernale, pierre à cautère. Voyez Caustique.

Pilules. Voyez Bols.

Plomb. Ce ntélal fournit à la médecine plusieurs oxydés qui ont tons la propriété siccative et astringente ; de ce nombre sont l'oxyde rouge ou minium, la céruse, l'oxyde demivitréux ou litharge, qui servent à la préparation de l'acétate de plomb et à celte des onguents de consistance emplastique.

Poix blanche, poix grasse^ poix de Bourgogne. Voyez Térébenthine.

Poix noire. C'est un produit artificiel que l'on retire des

VOCABULAIRE DE PHARMACIE VÉTÉRINAIRE. 237 résidus de la térébenthine et de la poix naturelle. La poix noire est tris-usités comme fondante, maturative et fortifiante; elle entre dans la composition de plusieurs charges et onguents.

Potasse. Voyez Alcalis.

Poudres. Les poudres sont des substacces sèches, réduites en fragments aussi menus que possible ; il y en a de magistrales et d'officinales, de simples et de composées; celles-ci

Eeuvent être considérées comme des espèces (voyes ce mot), a pratique vétérinaire fait un fréquent usage des poudres de guimauve, de réglisse, d'aunéc, de gentiane, de rhubarbe, de gayac, de lin, de quinquina, de kermès, de genièvre, de diverses plantes aromatiques ; de poudres cordiales, vermifuges, et d'un grand nombre de préparations de ce genre, plus ou moins composées, et magistrales pour la plupart.

Les poudreï possèdent les propriétés de la substance qui les a fournies bu de celles qui entrent dans leur composition. Leur usage est très-ëtendu, parce qu'il est fort commode. On en compose des breuvages et boissons, des électuaires et opiats, des bols, des mastigadours, des cataplasmes, des mélanges de toutes formes ; délayées dans l'eau chaude, elles remplacent parfaitement les décoctions. Beaucoup de poudres s'administrent à l'intérieur, mélangées avec le son; celles dont la saveur serait trop forte, en breuvages ou en bols ; la plupart des poudres stomachiques et cordiales, délayées dans le miel. Le dose est subordonnée à la nature du médicament et aux. circonstances particulières, mais cils est le plus souvent de 61 à 125 grammes au plus, pour les poudres qui ne possèdent pas des propriétés très-énergiques.

Précipité. On nomme ainsi divers oxydes de mercure, le blanc, le jaune ou turbith minéral, le rouge. Ce dernier est le plus usité dans la pratique vétérinaire ; il est détersif, légèrement escharotique, el rongeant, peu employé au-dedans.

' Purgatifs. Médicaments qui ont la propriété de provoquer les évacuations intestinales. On les distingue, d'après leur degré plus ou moins prononcé d'énergie, en laxatifs ou simplement relâchants : ce sont les plus faibles ; en minoratifs ou lents; en drastiques ou actifs. Les purgatifs les plus usités dans la pratique vétérinaire, sont : la manne, la crème de tartre, le sel de Glauber, le séné, la rhubarbe, le mercure doux ou calomel, l'aloès, la gomme-gutte, le jalap. On associe souvent le savon aux drastiques, comme correctif.

238 DEUXIEME PARTIE. CHkPITKE VH1.

Quinquina. Cette écorce précieuse est d'un très-grand «sage, justifié par ses propriétés toniques, fébrifuges, antiputrides, astringentes, propriétés qu'aucune autre substance, soit amère, soit aromatique, ne possède à un degré aussi éminent. C'est le meilleur spécifique que l'on puisse employer dans les maladies gangréneuses, charbonneuses, épizootiqiies, les fièvres chroniques, et dans toutes les circonstances où les propriétés vitales ont besoin d'être proniptement relevées. Vn l'administre à L'intérieur, à la dose de 31 à 125 grammes, délayé dans le vin où dans tout autre liquide approprié, ou en forme de bols; à l'extérieur, on en saupoudre les plaies de mauvais caractère, et on le fait en trer dans les fomentations, cataplasmes et lavements antiseptiques. Ou l'associe souveét nu camphre, à l'opium, aux substances aromatiques, à l'éttier, etc.

Rafraîchissants. On donne ce nom aux substances médicamenteuses ou autres qui ont la propriété de diminuer ia chaleur surnaturelle du corps et de modérer la trop grande activité du sang. De ce nombre sont l'eau blanche, les décoctions émollientes, les boissons acidulées, l'oxymel simple, le seldenilre, la crème de larlre.

Réglisse. Cette racine, d'une saveur très-sucrée, est pectorale, incisive, légèrement diurétique, très-adoucissante; on l'emploie dans la plupart des préparations béchiques et incisives, presque toujours associée avec le miel et la poudre do guimauve.

Relâchants. On appelle ainsi les médicaments qui ont la propriété de diminuer la rigidité des solides, ou de rétablir la liberté du ventre. Ce mot est, en conséquence, synonyme de laxatif ou d'émollient. Voyez EmolUents, Laxatifs.

Résines. Ce sont des sucs concrets, plus ou moins odorants, qui découlent de certains végétaus, naturellement ou par des incisions pratiquées exprès. {Voyez Baumes, Gommes, Résines, Térébenthines.) Leur principal caractère distinctif est d'être inflammables, insolubles à l'eau, solubles dans l'alcool et les huiles. Ce sont des espèces d'huiles essentielles desséchées.

Résolutifs. On nomme ainsi les médicaments auxquels on attribue la propriété de diviser les humeurs accumulées sûr tin point quelconque de la surface du corps, et de faciliter leur rappel dans le système général de la circulation. Ils paraîtraient au premier abord être la môme chose que les fondants; mais ils en diffèrent d'une manière assez sensible, en

TOCABDUIHE DE PHARMACIE VÉTÉRIHAIRE. 239

ce que. ces derniers agissent spécialement sur les engorgements chroniques, tant au dedans qu'au dehors ; tandis que les résolutifs proprement dits sont employés contre les tumeurs et autres engorgements ayant un caractère inflammatoire. Les solutions salines,' les liquides spiritueux, l'eau de Goulard, la teinture de cantbarides, la glace, le vinaigre, sont des résolutifs; le savon, l'onguent mercuriel double, la poix noire et de Bourgogne, l'onguent vésïcatoire, l'assa-fétlda, la gomme ammoniaque, les préparations mercurielles et antimoniales, l'aloès, etc., sont considérés comme de v0-* tables fondants.

Rhubarbe. Cette racine exotique, d'une saveur àcre et aromatique, est un excellent purgatif tonique et vermifuge; mais on l'emploie bien plus souvent comme stomachique que comme évacuant, 4 moins que ce ne soit mélangée avec des purgatifs plus énergiques; elle est môme légèrement astringente quand elle ne purge pas.

On l'administre en poudre, à la dose de 16 a 62 grammes, selon l'effet que l'on s'en propose. Elle entre dans la plupart des compositions cordiales, stomachiques, vermifuges ; elle convient beaucoup dans les diarrhées chroniques, à la suits des indigestions et de la gras-fond ure.

Ricin. Les semences de cette plante, douées d'ij^ propriété purgative très-énergique, se donnent au cheval, à la dose de i à 8 grammes, pilées avec un peu de miel ; l'huile que l'on en retire, beaucoup plus douce, s'administre à la dose de 125 à 250 grammes,, et devient un très-bon laxatif.

Romarin. Cette plante possède à un très-haut degré les propriétés aromatiques, et s'emploie souvent, ainsi que son huile essentielle. Voyez Aromates, Huile essentielle.

Rue. Plante d'une saveur amère et désagréable et d'une odeur très-fétide. Elle est vermifuge, antivenlense, vulnéraire, antispasmodique, administrée à petites doses. Pilée avec de l'huile, on en compose des topiques résolutifs ; son huile essentielle.possède à un degré éminent ces diverses propriétés et s'emploie fréquemment à l'extérieur.

Sabine. Cette plante possède à peu près les mêmes propçiésque la précédente, quoique ne présentant pas les mêmes caractères, physiques. Ou l'emploie dans quelques poudres, composées.

Safran, & 1nar $, Voyez- Fer.

Sauge. Cette plante possède à peu près les mêmes propriétés que le romarin. On l'emploie souvent à l'intérieur, soit seule, soit associée à d'autres eicitints. L'infusion de sauge miellée est un très-bon sudorifique doux, très-propre à prévenir les suites des arrêts de transpiration.

Savon. La combinaison des alcalis avec les huiles et corpa gras, doDne naissance à divers produits auxquels on donne le nom de savons. 11 y en a de plusieurs sortes : le savon ordinaire s'emploie fréquemment, tant à l'intérieur qu'a l'exlériew, comme résolutif, fondant, dépuratif, diurétique. On en compose des liniments très-utiles dans les foulures des tendons; ses propriétés fondantes s'allient très-bien à celles de l'aloés, du mercure doux, de l'assa-fétida, de la gomme ammoniaque; ou l'adjoint comme correctif à un grand nombre de substances. L'eau de savon est le meilleur antidote des acides concentrés et des poisons minéraux. Le savon mou, ou savon vert, est préférable pour l'usage externe.

On compose avec l'huile empyreumatique animale, un savon qui en rend l'emploi à l'intérieur infiniment plus commode, et que l'on administre comme vermifuge, a la dose de 16 à 62 grammes.

Scille (ognon de). C'est une racine bulbeuse très-acre, et dont lej propriétés énergiques la font employer fréquemment comme diurétique, incisive, fondante. Elle cotre dans quelques composés officinaux ou magistraux ; mais le plus fréquent usage que l'on en fait est en forme d'oxymel.

Sels. On donne ce nom à des produits chimiques résultant de la combinaison des acides avec des terres, des alcalis et certains métaux. On nomme oases saliflables toutes les substances susceptibles de subir cette combinaison. Ces composés fournissent une série nombreuse de médicaments, parmi lesquels nous remarquerons les suivants :

Le sel marin (muriate de soude) est résolutif, fondant, diurétique, purgatif, administré à haute dose; on l'emploie souvent à l'intérieur pour aiguiser l'appétit, en mastigadour pour stimuler l'action des glandes salivaires dans les épizooties ; on le fait entrer dans des lotions résolutives et dans plusieurs préparations antipsoriques.

Le sel de Glavber (sulfate de soude) et le sel d'Epsom (sulfate de magnésie) s'emploient comme purgatifs minoratifs, à la dose de 125 grammes.

Le sel ammoniac (muriate d'ammoniaque) sert à composer

des lotions résolutives ; on l'emploie à l'intérieur, à la dose de 16 à 31 grammes, comme fondant, diurétique, diaphonique; il est très-utile dans le traitumunt du farcin et de tous engorgements lymphatiques des glandes.

Le sel de chaux {muriate de chaux) possède à peu près les mêmes propriétés que !c piécédent, mais à un degré bien plus énergique ; il s'emploie dans les mêmes circonstances.

Le sel de nitre (nitrate de potasse) est diurétique, rafraîchissant, tempérant; on l'administre a la dose de 8 à 31 grammes et plus, dans les cas où les antiphlogistiques sont indiqués ; il est cependant bon de remarquer que ce médicament devient excitant quand on l'administre à trop haute dose.

Le se! de tartre n'est autre que le sous-carbonate de potasse. Voyez Alcalis.

Séné. Cette feuille entre, à la dose de 31 à 62 grammei, , dans plusieurs purgatifs composés. Mais elle n'agit pas asseï sur le tempérament du cheval pour être employée seule.

Soufre. Ce corps, par les nombreuses combinaisons qu'il est susceptible de subir, donne naissance à un très-grand nombre de composés, tous très-employés dans les arts. Il est l'origine des acides sulfurique et sulfureux, et par conséquent de la série nombreuse des sulfates et sulfures. La médecine l'emploie en nature comme antipsoriqne, incisif, dépuratif, diaphorôtique ; il entre dans une foule de prescriptions par lui ou par ses composés. On donne la fleur de soufre à l'intérieur, à la dose de 31 a 125 grammes.

Stimulants. On donne ce nom à toutes les substances qui, appliquées soit au-dedans, soit au-dehors, accroissent l'activité de la circulation; ils tiennent le milieu, quant à leur mode d'action, entre les fortifiants et les irritants. De ce nombre sont tous les spiritueux, les aromatiques sous quelque forme qu'on les administre, le camphre et les amsrsàhaut* dose, l'ammoniaque liquide, la teinture de canlharidcs en frictions, l'exercice un peu forcé, etc., etc. Les stimulants, en général, sont indiqués foutes las fois qu'il faut ranimer quelques-unes des propriétés vitales.

Sublimé corrosif (muriate sur-oxygéné de mercure) . Ce sel est un puissant escharotique, très-employé dans la chirurgie vétérinaire; sa dissolution est un tres-bon détersif pour les ulcérations farcineuses et dartreuses; on l'administre quelquefois à l'intérieur à la dose de 2 grammes à 2 grammes 13

Vétérinaire. » 21

centigrammes, dans le traitement des maladies cutanées rebelles et de la morve; on l'incorpore avec le savon, la gomme ammoniaque ou l'assa-fétida, pour le convertir en cols.

Sudoriflques. Voyez Diaphoniques.

Sulfates. Sels formés par l'acide sulfurique.

Sulfate d'alumine (alun). Ce sel possède une propriété astringente très-énergique, qui !e fait employer avec succès toutes les fois qu'il faut resserrer fortement et brusquement . les tissus relâchés On le fait entrer dans beaucoup de lotions ■ astringentes, et on en saupoudre les ulcérations légères et' lés plaies molles et baveuses ; mais on l'emploie rarement à l'intérieur.

Sulfate de soude, de potasse, etc. Voyez Sel de Glauber , d'Epson*.

Sulfates de fer, de cuivre, de zinc. Voyez Vitriol, Sulfures. Ce sont des corps composés résultant de l'union

du soufre avec les bases terreuses, alcalines ou métalliques.

Voyez Antimoine, Mercure.

Sulfure de potasse (foie de soufre). Il est employé avec succès à l'extérieur dans le traitement de la gale, des dartres, de plusieurs maladies de peau, et comme fondant. 11 sert à composer des lotions sulfureuses et des pommades antipsoriques.

Sureau. L'infusion des fleurs de cet arbrisseau s'emploie a l'extérieur comme résolutive, et au-dedans comme diaphore-: tique.

Tabac, On prépare avec les feuilles de cette plante des,., topiques résolutifs dans le genre de ceux de rue; avec une dé> ■ coetion additionnée d'huile de noix, des lavements purgatifs ; avec la môme décoction chargée de sel mariu, des lotions qui , employées à chaud , secondent très-bien les diverses . onctions daus le traitement de la gale et de toutes les mafadies de la peau. Administré à l'intérieur, même à petite dosBj. le tabac en poudre est un violent purgatif. Les diverses préparations de tabac sont très-bonnes pour détrnire la vermine, dont les animaux sont quelquefois dévorés, et pour écarter les mouches.

Tartre acidulé de potasse (crème de tartre). Elle est tempérante, rafraîchissante, diurétique, laxativejon la donne à, la dose de 60 à 125 grammes ou au-delà, selon l'effet que l'on veut obtenir.

VOCABULAIRE DE PHARMACIE VÉTÉRIÏtAlRE. 24î

Teinture. Les teintures De sont autre chose que de l'esprit plus ou moins affaibli, chargé de tous les principes solubles des corps. Celles dont l'usage est le plus répandu dans la ..pratique vétérinaire sont :

La teinture de cantharides. Voyez Cantharides.

La teinture de myrrhe est très-utile dans le traitement des lésions des tendons avec ou sans solution de continuité, et dans le pansement das plaies de mauvais caractère ; elle est 'digestïve, tonique, dètersive, cicatrisante, légèrement irritante, et favorise l'exfollatlon des parties cariées.

La teinture d'aloès possède à peu près les mêmes propriétés que la précédente; elle est en outre stomachique, <t s'emploie comme telle à la dose de 30 à 180 grammes, dans un breuvage approprié.

1 Teinture de valériane composée. Elle s'administre à la dose de'30 à 125 grammes dans les affections spasmodiques, vermineuses, les coliques venteuses et autres tranchées non inflammatoires, mais surtout dans les indigestions.

Térébenthine. C'est un suc résineux, fluide, qui découla naturellement ou par incision, du tronc de tous les arbres de la famille des pins. Elle est très-usitée dans la pratiqua vétérinaire; on l'administre quelquefois à l'intérieur comme diurétique, incisive et comme pectorale. Appliquée au-dehora, elle est digestive, résolutive, vulnéraire, fortifiante; on en compose des onguents, des charges et antres topiques analogues : on s'en sert pour le pansement des plaies simples.

Les substances connues sous le nom de pote grasse, poix 'de Bourgogne, poix-résine, ne diffèrent de la térébenthinn que par une consistance plus ou moins solide, qu'elles doivent à l'action de l'air ou des manipulations particulières qoi les ont privées plus ou moins complètement de cette huile essentielle à laquelle la térébenthine doit sa fluidité. Elles jouissent à peu de chose près des mêmes propriétés que |a 'térébenthine, et s'emploieDt fréquemment dans les charges ^et autres topiques fondants, résolutifs et fortifiants. La poilrésine est entièrement privée d'huile essentielle et sèche; on la pulvérise pour saupoudrer les plaies qui donnent du sang.

Thériaque. Voyez Eiectuaife.

Toniques. On nomme ainsi toutes les substances auxquelles on attribue la propriété d'accroître graduellement l'énergie des propriétés vitales, tant au-dedans qu'au-dehors. Ce mot est, par conséquent, à peu près synonyme de cordial, forti-

fiant, stimulant ; mais il y a quelques différences dans le mode et le degré d'action de ces divers ordres de substances; ainsi, par exemple, l'action des cordiaux proprement dits est plus Tire et plus passagère ; ils n'agissent d'ailleurs que du dedans au-dehors; celle des fortifiants est lente et soutenue. Les stimulants agissent encore plus vivement que les cordiaux et peuvent s'appliquer à l'extérieur comme a l'intérieur ; les toniques agissent à très-peu de chose près comme les fortifiants. Les substances auxquelles on accorde le plus généralement ces diverses propriétés, sont toutes celles désignées à l'article des stimulants : la thériaquc, les diverses préparations de genièvre, les préparations martiales, la glace, etc., etc. ; il faut y joindre les moyens hygiéniques. Les toniques sont nécessaires dans la plupart des convalescences, et toutes les fois que les forcis ont besoin d'être soutenues ou ranimées; mais l'on doit s'abstenir toutes les fols qu'il y a des signes d'inflammation.

Valériane. Cette racine, d'une saveur acre et d'une odeur extrêmement désagréable, est antispasmodique, tonique, tue Ipe vers et dissipe les vents. Elle forme la base de la teinture de valériane composée, dont il est parlé plus haut, et entre dans plusieurs mélanges.

Vermifuge. Voyez, au précédent chapitre, le mot Vers.

Vert-de-gris. Voyez Acétate de cuivre.

Vin. Cette liqueur n'est pas moins utile aux animaux dani leurs maladies, qu'aux hommes. Il est éminemment tonique, fortifiant; il est le véhicule de beaucoup de breuvages destinés à relever les forces, et s'administre à la dose d'un à deux litres. Le vin chaud miellé est un très-bon vulnéraire qui «ieatrise promptement le3 plaies légères et déterge les vieilles; celui dans lequel on a fait bouillir des plantes aromatiques est un puissant fortifiant. Enfin le vinaigre est résolutif, rafraîchissant, tempérant, et réveille l'appétit; il entre dans un grand nombre de composés magistraux ou officinaux.

Vitriol. Il y a trois sels vitrioliques : le blanc (sulfate de line), le vert (sulfate de fer), le bleu (sulfate de cuivre). Le premier est résolutif, astringent; il s'emploie dans les collyres et dans quelques préparations siccatives et astringentes. Le vitriol vert est très-astringent; il s'emploie a l'extérieur dans on grand nombre de préparations styptiques et fortement résolutives; on l'administre aussi au-dedans à la dose de 8 à 16 grammes et plus, comme apéritif, Unique et astringent.

FORMULES BBS PRÉPARATIONS MAGISTRALES. 2i5

Enfin le vitriol bleu, plus aetifque les deux autres, s'emploie Ss etloS C ° mme caustique J U entre aussi dans des cou>

Vulnéraires. Médicaments qui ont la propriété de ffuêrtr • les blessures; tels sont : le baume vulnéraire, l'eau-de-ïï ' î« mi ! hr f ' 1 eau d ° boule > Ies di ™*es liqueurs spiritueuses, les plantes aromatiques, etc., etc. ^*

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