MOYENS DE DREFSER LES CHEVAUX
de l'encolure, et la gourmette suivant la sensibilité de la barbe.
Le mors doit porter sur les barres, à un doigt au plus des crochets de la mâchoire inférieure; car s'il portait plus liant, il froncerait les lèvres, ce qui aurait fort mauvaise grâce et d'ailleurs les meurtrirait. 11 faut, pour que l'embouchure soit bien assise en son lieu propre, que le talon soit tout droit depuis le banquet jusqu'à la naissance de la liberté de la langue, c'est-à-dire dans une longueur de 41 millimètres environ ; sinon l'action en serait fausse dans la bouche. 11 faut encore que l'appui se fasse à un demi-doigt de la naissance de cette liberté, autrement les barres et la langue seraient blessées ; que la lèvre du cheval soit si exactement logée, que l'on ne voie pas du tout l'embouchure; oofin, que toutes les pièces du mors soient bien polies et bien jointes. La gourmette doit porter à plat immédiatement au-dessous de l'os de la barbe ; car plus haut ou plus bas, son effet serait à peu près nul.
La force du mors doit être proportionnée à la grandeur de la bouche. Quand l'on donne trop de fer, c'est-à-dire un canon trop gros à une bouche peu fendue, il fait nécessairement froncer la lèvre ; si au contraire il n'est pas assez fort pour la fente de la'bouche, il entre trop avant, et l'on dit alors que le cheval boit sa bride.
Quoiqu'une borine bouche ne s'offense d'aucun mors, il vaut mieux lui en donner un doux, afin de la conserver longtemps en bon état. Quant aux. chevaux qui ont la bouche défectueuse ou qui s'arment, il faut corriger ces défauts par la forme particulière de leur embouchure.
On nomme bouches égarées ou trop sensibles, celles qui ne peuvent supporter l'action du mors. Celte excessive sensibilité, qui provient ou des barres trop élevées et tranchantes, ou de blessures causées par une mauvaise embouchure, fait qu'au moindre mouvement de bride, le cheval la secoue fortement comme pour s'en débarrasser, donne des coups de téte, et bat à la main. Les bouches naturellement sensibles demandent un mors brisé, avec les fonecaus un peu forts, les branches droites et la gourmette un peu lâche. Si cette sensibilité est accidentelle, le remède n'a pas besoin d'être indiqué.
La bouche forte est celle qui tire à la main et résiste à l'action du mors, soit parce que les barres étant rondes, charnues et trop basses, le mors appuie plus sur la langue que sur elles, soit parce que la trop grande épaisseur des lèvres et des gencives recouvre les barres. Le mors à gorge de pigeon est
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le plus convenable pour ces sortes de bouches, parce que la langue s'y trouve en liberté; et, afin de le rendre plus sen- 'sible, il faut le choisir un peu mince, surtout près des fooceaux.
Les bouches faibles, qui ne prennent que très-difficilement appui sur le mor3 'quelque doux qu'il soit, sans pourtant battre à la main, demandent le même genre d'embouchure que les bouches trop sensibles.
Les chevaux qui ont la tôte charnue, l'encolure épaisse, les barres et la langue grosses, pèsent à la main, c'est-à-dire s'appuieut beaucoup sur le mors. Il faut leur donner l'embouchure à gorge de pigeon ; avec peu, de fer, dont la liberté soit proportionnée au volume de la langue ; une gourmette mince et ud peu serrée, parce que les chevaux dont il s'agit ont ordinairement la barbe épaisse et peu sensible. Souvent aussi un cheval pèse à la main par faiblesse naturelle, soit des pieds, des reins ou des hanches; il cherche alors à se soutenir sur le mors; la conformation de la bride ne peut corriger ce défaut.
Les bouches trop fendues demandont une embouchure plus forte, dont la gourmette soit placée un peu bas; sans cette dernière précaution, la gourmette ne produirait aucun effet quand l'on voudrait ramener le cheval.
Les chevaux qui ont le cou long, effilé et très-souple ; ceux qui ont l'encolure renversée, le gosiér tendu, les muscles de cette partie très-gros, et la ganache serrée, sont su- - jets à. , s'armer de deux manières différentes, ce qui rend l'aetfon du mors à peu près nulle; c'est-à-dire que dans le premier cas, ils font le cou de cygne, haïssent la tête;, et appuient les branches contre le poitrail; et que, dans le second , ils portent la tête en avant sans baisser le front , et appuient contre le gosier, ce qui lâche eu même temps la gourmette. Il faut aux chevaux qui arment contre le poitrail, une embouchure très-douce, on même un simple bridon, et donner aux autres des branches, très-hardies. La pression trop forte de la gourmette suffit quelquefois pour faire prmer un cheval; il suffit, en ce cas, de détruire la cause pour faire cesser l'effet.
DE LA MANIÈRE DE BRIDER ET DÈDRlDEIt.
On se placera du côté du montoir, tenant la bride Sur le pli du bras gauche; on débouclera le licou pour dégager la tète de la muserolle. Ou saisira la têtière de la bride de la main droite; le mors de la bride et celui du bridon, de la