‹ Nouveau manuel complet du vétérinaire par m. LebeaudChapitre 98 sur 120 · DE LA BRIDE, DU MORS, ET DE LEURS DIVERS EFFETS · texte numérisé non relu

DE LA BRIDE, DU MORS, ET DE LEURS DIVERS EFFETS

La bride doit être, dans la main d'un habile éouyer, non un instrument de contrainte, mais une aide et nu moyen d'avertissement. Elle se compose de quatre parties principales, qui sont : le inors, les branches, la gourmette et les rênes ; les brides françaises ont en outre une muserolle, une sous-gorge, un A'ontail et une têtière. Les brides anglaises ont quatre rênes au lieu de deux, un bridon indépendamment du mors, et point de muserolle.

Le mors ou embouchure est un morceau de fer tantôt droit, recourbé ou articulé, que l'on met dans la bouche du cheval. Cette pièce se nomme le canon; les deux extrémités, où sont attachées les branches, les fonceaux; et la partie qui appuie directement sur les barres, le talon.

A près avoir beaucoup diversifié la forme des mors, on s'est arrête à trois principales, qui sont généralement adoptées aujourd'hui, savoir : le mors simple, brisé dans le milieu, ce qui le rend la plus douce des embouchures; le mors à trompe, ou d'une seule pièce légèrement courbée à angle obtus, qui est le plus dur de tous; le mors à gorge de pigeon ou liberté de langue, assez courbé pour que la langue puisse se loger dans J'espace vide du milieu. Celui-ci est le plus généralement usité; le mors à canon, simple ou brisé, convient davantage aux jeunes chevaux qui ne sont pas encore bien habitués à sentir le fer dans la bouche. Itien n'est plus important pour un cavalier que de connaître l'effet des différents mors sur la bouche de son cheval; car c'est de la manière dont cette partie de fa bride est ordonnée, que dépend l'obéissance du cheval, et souvent la-sùretê du cavalier. Cette connaissance, ne s'acquiert que par l'habitude; on attribue souvent a l'insuffisance du mors ce qui n'est que l'effet de l'ignorance du cavalier.

Les branches sont deux montants de fer auxquels le canon est attaché parles fonceaux; c'est par elles- que le mors tient à la bride, et que la main du cavalier fait jouer l'embouchure.

On faisait autrefois des brandies contournées de diverses manières et très-compliquées; aujourd'hui on se sert généralement de branches toutes droites, ou à l'anglaise. On y distingue trois parties principales : l'œil, qui est un trou placé au bout de la courte extrémité ; le corps ou banquet, où s'attachont les fonceaux; l'anneau du tourct, à l'opposé de l'œil. L'écartemeut des branches, et par conséquent la longueur de l'embouchure, doivent être proportionnés à la conformation de la bouche du cheval. Le porte-mors, ou montant de la bride, est une petite courroie qui part de chaque œil et va s'attacher aux rênes.

La gourmette est une chaîne de fer composée de mailles, de maillons, d'une S et d'un crochet, qui passe derrière la barbe et s'attache à l'œil de chaque branche.

Les rênes sont deux longues courroies qui, d'un bout, s'attachent au touret, et se joignent de l'autre dans la main du cavalier. Dans la bride anglaise, la seconde paire de rênes s'attache au bridon.

En récapitulant ce qui vient d'être dit sur les quatre parties de la bride, on voit qu'elle se compose : d'un mors destiné à appuyer sur les barres à un doigt au-dessus du crochet, afin de faire connaître au cheval, par les divers degrés de pression imprimée à cette partie très-sensible de la bouche, la volonté de son cavalier : de deux branches, qui sont les leviers moteurs de ce mors ■ d'une gourmette, qui en augmente l'action et la seconde en pressant elle-même la barbe chaque fois que le cavalier fait sentir le mors; enfin, des rênes, qui sont les moteurs de toutes les autres parties de la bride.

Le bridon est une sorte de canon brisé fort mince, monté sans branches, sans muserolle et sans gourmette, et qui porte plutôt sur les lèvres que sur les barres; oti s'en sert pour les jeunes chevaux que l'on commence à dresser et a qui l'on n'a pas encore mis le fer dans la bouche. Le bridon, que l'on ajoute généralement aujourd'hui à la bride ordinaire,est presque indispensable, en ce que, si la bride éprouve un accident qni la rende inutile, le cavalier recourt de suite au bridon et n'est pas à la merci de son cheval. IL offre d'ailleurs le moyen de soulager la bouche , en se servant alternativement de la bride et du bridon.

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