CHAPITRE PREMIER De la masse encéphalo-rachidienne. l
Sons cette dénomination on comprend toute la partie centrale .du sjsième nerveux, contenue dans le crâne et dans le canal vertébral, et se composant du cerveau, du cervelet, de la moelle éJongée et de la moelle épimère.
Outre les tégumens, les muscles et les cavités osseuses qui protègent ces organes contre les lésions extérieures, ils sont encore plus spécialement entourés de trois membranes, comprises sous la dénomination générale de méninges, dont il importe de connaître la disposition.
Art. i.** Dure^ mère.
Elle est la plus extérieure et la plus forte des membranes qui eriourent le cerveau; elle a une couleur blanche, nacrée, et une facture fibreuse assex semblable aux aponévroses, mais elle est phs dense, et ses fibres sont entre-croisées dans tous les sens. {La fore-mère reçoit un grand nombre de vaisseaux sanguins et Irèspeo de lymphatiques; ses nerfs sont petits et peu nombreux. J
La dure-mère tapisse tout l'intérieur de la cavité crânienne et du canal vertébral ; elle adhère fortement aux os du crine, surtout vers la base; mais dans le canal vertébral elle n'est unie ni os que par du tissu cellulaire lâche. Xa face extérieure de b dure-mère est rendue inégale par une multitude de filamens cdlulenx et vasculaires, qui lui servent de moyen d'union aux
1 Consultes entre antres : Vicq d'Azya, Traité d'anal et de physiol. , avec é« pi coloriées. Paris, 1786, in-fol.
Us différent ouvrages de Call et Sfortxhii* , et spécialement leur anatomie « ftjsiologie du système nerveux en général et du cerveau en particulier, hns, Iftl0-l8l9, 4 vol. in-4.° avec pi. in-foL
J. «t C Wexzzl, De penitiori structura cerebri hominis et brutorum. Tutingw, î&tî, in-fol. avec fi g.
Cm série de Mémoires de J. C. Rjul, insérés dans Archiv fur Physiologie, "U,9et il, avecfig.
Ca. F. Bcsdacb, Font Boue und Leben des Gehirns. Leipzig, 2 vol. in-4.% *«19 «1822, avecfig.
Haticvs Hémoires du professeur Rolavdo , insérés dans le Dizionario periodico H nedicina. Turin, 1822 et suiv., et dans les Memorie délia H. Acad. dette se. à i Torino, tom. XXIX.
LâuanceT, Anatomie du cerveau dans les quatre classes d'animaux vertébrés, »■&• Paris, 1825, avec fig. .
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parties voisines ; sa surface intérieure, an contraire» est lisse, polie et recouverte par un prolongement de l'arachnoïde, comme nous le verrons plus bas. En divers endroits de la face interne de la dure-mère, mais surtout aux environs de la faux du cerveau, on trouve de petits corps granuleux jaunâtres , que l'on avait à tort pris pour des glandes» et que l'on appelle encore aujourd'hui glandes de Pacchioni
La dure -mère doit être considérée comme formée de deux lames intimement unies en beaucoup d'endroits» mais qui sont séparées dans d'autres. La lame extérieure est celle qui adhère aux os ; elle envoie par tous les trous du crâne des prolongement qui forment une enveloppe aux vaisseaux et nerfs qui les traversent, et qui, après avoir franchi l'épaisseur des os du crâne, se réfléchissent sur leur face extérieure pour se confondre avec le périoste. La lame interne de la dure- mère ,tqui, comme nous l'avons déjà fait observer» est recouverte par un feuillet émané de l'arachnoïde] forme des replis, qui proéminent librement dans l'intérieur de la* cavité crânienne.
Repus de la duee-mèhe. i) la faux du cerveau; elle forme une cloison falciforme» proéminant verticalement dans l'intérieur du crâne et attachée sur la ligne médiane aux os de la voàte crânienne» depuis l'apophyse crista-galli jusqu'à la protubérance occipitale interne. Cette iaux est moins large en avant qu'en arriére» où elle se confond par toute sa base avec la tente du cervelet. La faux du cerveau est tendue entre les hémisphères cérébraux» qu'elle maintient en position» et qu'elle empêche de peser l'un sur l'autre dans les diverses positions de la tète.
2) La tente du cervelet est un autre prolongement de la lame interne de la dure -mère» tendu transversalement comme une voûte entre les lobes: postérieurs du cerveau et le cervelet Elle a à peu près une forme semi-lunaire» en 'sorte qu'on y remarque deux circonférences» dont la plus grande» convexe» s'insère en arrière et latéralement à la protubérance occipitale interne» à la crête qui s'en détache en dehors» au bord supérieur du rocher et à l'apophyse clinoïde postérieure. La petite circonférence de la tente du cervelet» concave et libre, s'insère en avant à l'apophyse clinoïde antérieure, en croisant la direction des fibres du bord postérieur; elle circonscrit avec l'apophyse basilaire de l'occipital une ouverture ovalaire, dans laquelle est placée la protubérance annulaire.
3) Lstfaux du cervelet; petit repli triangulaire, qui s'attache par sa base au milieu de la partie postérieure de la tente, et par
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vu de ses cités à la crête qui de la protubérance occipitale s'étend au bord postérieur du grand trou de ce nom; à cet endroit la feux du cervelet envoie en avant deux petits prolongemens qui contournent les bords du grand trou occipital Cette faux est placée entre les deux hémisphères du cervelet, qu'elle Maintient dais leur situation.
Snros de la dure-mère. Nous avons dit que les deux lames de la dure-mère sont séparées en plusieurs endroits; or, par ces écartemens il se forme des canaux de forme triangulaire, livrant passage à du sang veineux, et appelés sinus de la dure -mère; ces sinus sont destinés i recevoir le sang qui revient du cerveau, et Ton remarque à cet effet de nombreuses veines qui s'y abouchent, comme nous le verrons dans l'angiologie. L'intérieur des snm est parcourapar un assez grand nombre de brides filiformes et ligamenteuses. JNous n'indiquons ici que les principaux sinus ; leur énumération complète sera faite dans le troisième chapitre de la cinquième section.*^
1) Le sinus longitudinal supérieur, situé sur la ligne médiane, entre la lame externe de la dure-mère et le bord convexe on adhérent de là faux du cerveau. Il commence à l'apophyse crista-galli, et se continue vers la protubérance occipitale interne, dans un autre sinus plus considérable, appelé pressoir i Hérophile ; ce pressoir reçoit en outre le sinus droit, et donne naissance aux sinus latéraiix.
a) Le sinus longitudinal iifférieur% situé le long du bord inférieur ou concave de la faux du cerveau; il se termine dans le sinus droit
3) Le sinus droit; dirigé d'avant en arrière, situé sur le milieu de la tente du cervelet, entre elle et la base de la faux du cerveau. En avant il se continue avec le sinus longitudinal inférieur, en arrière il se termine dans le pressoir d'Hérophile.
4) Les sinus latéraux ou transverses; un de chaque côté; ils . s* continuent du pressoir d'Hérophiie, se portent de là en dehors dans la circonférence postérieure de la tente du cervelet jusque vers le rocher, puis descendent vers le trou déchiré postérieur.
5) Le sinus pétreux supérieur; un de chaque côté : il longe le bord supérieur du rocher, et s'ouvre en arrière dans le sinus itérai, en avant dans le sinus caverneux.
6) Le sinus pétreux inférieur; un de chaque côté; placé le «Kg du bord inférieur et postérieur du rocher; en arrière il se
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continue avec l'extrémité du sinus latéral, en avant avec le sinus caverneux.
7) Les sinus caverneux; situés sur les parties latérales de la selle turcique; en haut ils se continuent avec le sinus pétreux, en bas ils se terminent à l'orifice inférieur du canal carotidien , en avant ils envoient vers la fente sphénoïdale un prolongement appelé sinus ophthalmûjue» lis renferment dans leur intérieur l'artère carotide et le nerf de la sixième paire.
8) Le sinus circulaire de la selle turcique: ovalaire, entourant la glande pitui taire, il s'ouvre dans les sinus caverneux.
9) Le sinus transperse de la selle turcique; gros et court, placé derrière les apophyses clinoïdes postérieures; il se termine dans les deux sinus pétreux inférieurs.
On a aussi, mais à tort, donné le nom de sinus aux nombreuses veines qui sont placées en dehors de la dore-mère racbidienne.
Art. 2. arachnoïde.
Membrane séreuse, placée entre la dure-mère et la pie-mère; elle est très-mince, transparente; ses vaisseaux ne charient pas de sang rouge dans l'état naturel. Elle tapisse en dehors la piemère, et enveloppe ainsi le cerveau, sans cependant s enfoncer entre ses circonvolutions. L'arachnoïde est presque partout adhérente à la pie-mère, excepté à la base du cerveau, entre la protubérance annulaire et rentre-croisement des nerfs optiques, de même qu'entre la moelle alongée et le cervelet.
L'arachnoïde se réfléchit en outre sur la dure-mère, comme, par exemple, la plèvre pulmonaire se réfléchit sur les côtes; cela a Keu au moyen de prolongemens que l'arachnoïde envoie au dehors sur les vaisseaux et nerfs qui se détachent du cerveau; de cette manière elle leur forme des gaines, et, arrivée aux points où ceux-ci traversent la dure -mère, elle les quitte pour se réfléchir sur cette dernière membrane.
Outre ces prolongemens extérieurs, l'arachnoïde en forme d'autres qui se portent vers l'intérieur du cerveau, pour en tapisser successivement tous les ventricules. C'est ce que l'on observe entre l'extrémité postérieure du corps calleux et la partie antérieure de la face supérieure du cervelet, oit l'arachnoïde du premier de ces points, au -lieu de passer directement sur le second, s'étend au contraire vers les parties profondes de l'encéphale, en se dirigeant en avant et en formant une espèce de canal, appelé aracknoïdien, canal qui est placé au-dessus des grandes
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fanes de Gatien, et pénètre sons la voûte dans le troisième yentriad«^n sorte que Ton découvre aisément l'orifice extérieur de ce canal an-dessous du genou postérieur du corps calleux. L'arachnoïde, après avoir tapissé le troisième ventricule, pénètre dans les ventricules latéraux derrière les piliers antérieurs de la voûte et ea recouvre également les parois.^
Art. 5. Pie-mere.
Celle troisième enveloppe du cerveau, qui le touche immédiatement, est mince et très-vasculeuse. Elle se distingue de l'arachnoïde en ce qu'elle tapisse toutes les sinuosités de la surface encéphalique, en s'enfonçant entre les circonvolutions. Cette membrane est spécialement destinée à conduire dans la substance cérébrale les vaisseaux sanguins déjà parvenus à un état de division considérable, et c'est même pour cela quelle s'engage dans tous les sillons.
Là pie -mère envoie en dehors des prolongemens qui enveloppent les nerfs partant du cerveau, et qui Tes accompagnent dans tout leur trajet, en se continuant avec leur enveloppe, appelée névrilème.
En dedans, la pie-mère forme des prolongemens qui se portent dans les ventricules du cerveau pour y conduire les vaisseaux sanguins ; ces prolongemens sont appelés plexus choroïdes. Deux d'entre eux entrent dans les ventricules latéraux derrière les caisses du cerveau; un autre pénètre dans le troisième ventricule sous le corps calleux et la voûte, et est appelé toile choroïdienne; enfin, il y en a un qui pénètre dans le quatrième ventricule, près du calamus scriptorius. Ces plexus choroïdes sont rougeatres, composés d'une grande quantité de vaisseaux fins, entortillés, et contenant souvent dans leur intérieur des glandes de Pacchioni.
La pie-mère, qui enveloppe la moelle épinière, s'enfonce entre les deux portions latérales dont cette dernière est composée, en sorte qu'on peut les séparer en partie. Vers l'extrémité inférieure de la moelle, la pie-mère se termine par un long filament, qui descend avec la queue de cheval jusqu'à l'extrémité inférieure in canal vertébral.
Art. 4- De la substance cérébrale en général.
tes organes qui nous occupent se composent de quatre substances, différentes par leur xoulènr.
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i.° Substance blanche ou médullaire. Elle constitue la partie interne du cerveau et du cenrelet; dans d'autres parties de l'encéphale, par exemple le pont de Varole, les cuisses du cerveau et du cervelet, les moelles alongée et épinière, etc., elle est placée au dehors. Toutes ces portions de substance blanche sont liées entre elles de manière à forma* un seul tout. La substance blanche, quoique assez molle, est tenace et un peu élastique; presque partout on y reconnaît à l'œil nu une structure évidemment fibreuse. Examinée au microscope, la substance médullaire des hémisphères apparaît formée d'une multitude de tuyaux, les uns cylindriques, les autres présentant d'espace en espace de petits renflemens réunis par des portions intermédiaires excessivement fines; ces tuyaux sont les uns parallèles, les autres entre-croisés; entre eux on trouve de petits corpuscules isolés, de forme arrondie ou ovoïde. Dans les fibres médullaires du pont de Varole, les tuyaux cylindriques ont été plus nombreux et plus gros que dans l'hémisphère; les tuyaux renflés sont plus rares; les corpuscules s'y trouvent en même nombre qu'au cerveau. La substance blanche reçoit beaucoup de vaisseaux; mais ils sont tous très-petits, parce qu'ils se sont préalablement divisés dans la piemère avant que d'y pénétrer; ces vaisseaux rampent presque tous parallèlement aux fibres. L'analyse chimique y démontre: eau, 80,00 ; matière grasse blanche, 4,53 ; matière grasse rougeâtre, 0,70; osmazome, 1,1a; albumine, 7,00; phosphore (uni aux matières grasses), i,5o; soufre et sels, 5,i5.
2.0 Substance grise ou corticale. Elle forme la couche externe du cerveau et du cervelet; dans d'autres parties, par exemple dans le pont de Yarole, les cuisses du cerveau et du cervelet^ dans les moelles alongée et épinière, etc., la substance grise est cachée dans l'intérieur, en sorte que sa disposition est telle qu'elle ne forme pas un tout continu; sa couleur est d'un gris tirant sur le rouge, ce qui est dû aux vaisseaux sanguins qui la parcourent , et qui y sont beaucoup plus nombreux que dans la substance blanche.- La substance grise est formée des mêmes éiémens que la substance blanche; mais les deux espèces de tuyaux y sont en moindre nombre, tandis que les corpuscules y sont extrêmement abondans. La substance grise a moins de consistance que la substance blanche, en sorte qu'elle a été comparée à une bouillie épaisse. L'analyse chimique démontre que cette substance diffère de la blanche en ce qu'elle ne contient pas de phosphore, et qu'elle renferme moins de graisse.