‹ Nouveau manuel de l'anatomiste, comprenant la description succincte de toutes les parties du corps humain et la manière de les préparer; suivie de préceptes sur la confection des pièces de cabinet et sur leur conservationChapitre 126 sur 297 · CHAPITRE IIL Du nez, organe de F odorat l · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIL Du nez, organe de F odorat l

Sa portion extérieure forme la partie la plus saillante de la face; on Ta comparée à une pyramide triangulaire. Le sommet de cette pyramide, qui se continue avec le front, est appelé la racine du nez-, de ce point se dirige en bas et en avant une crête mousse, qui est le dos du nez, et dont la partie inférieure, mobile, est appelée le bout du nez ou le lobule. Des deux côtés de ce lobule se remarquent les ailes du nez, qui forment le bord externe des narines antérieures, garnies d'un grand nombre de poils (yibrissœ), et séparées sur la ligne médiane par la cloison, qui du lobule et du dos du nez se dirige en arrière.

La portion supérieure et solide dir nez est formée par les apophyses montantes des os maxillaires et par les os propres du nez. La partie inférieure, mobile, est formée par plusieurs cartilages: i.° Le cartilage de la cloison ou triangulaire. Il est verticalement enchâssé dans l'angle que forment le vomer et la lame perpendiculaire de l'ethmoïde. a.° Les cartilages latéraux. Ils sont également triangulaires, mais plus petits. Par leur bord antérieur ils s'unissent au bord antérieur du précédent; par leur bord postérieur ils sont insérés aux os propres du nez; par leur base ils s'unissent aux cartilages des ailes. 3.° Les cartilages des ailes forment le lobule et une grande partie des ailes du nez; ils «sont irréguliers, recourbés sur eux-mêmes, de manière à présenter leur convexité en avant et en dedans, où ils se touchent, en s'appuyant contre le cartilage de la cloison; par leur concavité ils circonscrivent les deux tiers antérieurs du contour des narines antérieures. Par leurs extrémités externes ils s'unissent à deux ou trois petites plaques cartilagineuses, qui complètent le contour des narines.

Dans la myotomie nous avons déjà parlé des muscles du nez, parmi lesquels le pyramidal, le relepeur et le transversal dilatent la narine, tandis que Yabaisseur et le moustackier l'abaissent

Les narines antérieures, qui sont dirigées en haut et en arrière, sont les orifices des fosses nasales ou narines internes, cavités séparées sur la ligne médiane .par une cloison, formée en avant par le cartilage de la cloison, et en arrière par le vomer

1 S. Th. SoeMMBuinc , Abbildungen des menschlichen Organs des Geruchs- Frauicf., 1809, in-fol.

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et la lame perpendiculaire de l'ethmoïde. En arrière les fosses nasales se terminent par deux ouvertures» appelées narines postérieures, conduisant dans le pharynx, et derrière lesquelles on remarque les orifices internes des trompes d'Eus tache, situés un peu vers le côté externe.

Les parois inférieure et interne des fosses nasales sont lisses et ne présentent rien de remarquable; mais à leur paroi externe on remarque trois éminences superposées les unes aux autres et appelées cornets. Tous ces cornets représentent des lames dirigées d'abord en dedans , puis en bas, puis un peu en dehors, de manière à offrir une convexité dirigée vers La cloison , et une concavité sur leur face opposée. U inférieur est formé par un os particulier, le moyen Test par l'ethmoïde; le supérieur, beaucoup plus petit, l'est également par cet os. Le cornet sphénoïdal est une lame mince, qui ferme en partie les sinus sphéooïdaux, niais qui ne fait pas saillie comme les autres cornets.

Ces cornets, en proéminant dans les fosses nasales, laissent an-dessous d'eux des espaces appelés méats; on en distingue trois : le méat inférieur, entre son cornet et le plancher des fosses nasales; le canal nasal vient s'y ouvrir; le moyen, entre le cornet moyen et l'inférieur; il reçoit en avant l'orifice de» cellules ethmoïdales antérieures et du sinus frontal, et en arrière celui du sinus maxillaire; le supérieur, entre le cornet supérieur et le moyen ; les cellules ethmoïdales postérieures et le sinus sphénoïdal s'y terminent.

La paroi supérieure des fosses nasales est rélrécie; elle correspond à la lame criblée de l'ethmoïde, et c'est par là que descendent les filets du nerf olfactif.

Quelque étendue que soit la surface des cavités nasales, elle est encore augmentée par des cavités accessoires, qui communiquent avec elles et qu'on appelle sinus.

i." Le sinus maxillaire ou antre dHighmor est une vaste caverne, creusée dans l'intérieur de l'os maxillaire supérieur. A la partie supérieure et interne de ce sinus il y a une ouverture, par laquelle il communique avec la partie postérieure du méat moyen des fosses nasales. Sa paroi inférieure correspond au bord alvéolaire, et souvent les racines de la première ou deuxième dent grosse molaire proéminent jusque dans l'intérieur de cette cavité.

2.° Le sinus sphénoïdal-, cavité creusée dans le corps de l'os sphénoïde , et séparée en deux par une cloison médiane. Ce sinus sphénoïdal s'ouvre dans le méat supérieur du nez.

238 SPLANCHNOTOMIE.

3.° Le sinus frontal ; situé entre les deux lames de l'os frontal. II s'ouvre par un petit orifice dans la partie antérieure du méat moyen, en commun avec les cellules ethmoïdales antérieures.

4.0 Les cellules ethmoïdales. Outre les cornets, l'os éthmoïde présente d'autres anfractuosités, dont les antérieures s'ouvrent dans le méat moyen, en commun avec le sinus frontal, et les postérieures dans le méat supérieur.

Toutes ces parties que l'on remarque dans les fosses nasales, sont recouvertes par une membrane muqueuse, appelée membrane pituitaire ou membrane de Schneider. Elle est épaisse, molle, pulpeuse, humide; sur sa face libre on remarqué beaucoup de petites ouvertures, qui semblent être les orifices par lesquels le mucus nasal est excrété; sa face interne, adhérente, est fibreuse; elle se détache facilement des os sur lesquels elle est étendue. En dehors elle se continue, par les narines antérieures, avec la peau extérieure; en passant par les narines postérieures, elle communique avec la membrane muqueuse qui tapisse le pharynx; dans l'intérieur du canal nasal elle se continue avec le prolongement de la conjonctive; enfin die envoie dans les différens sinus des pcolongemens qui en tapissent l'intérieur, et qui y dégénèrent en des membranes excessivement minces.

Les artères des fosses nasales sont les nasales postérieures, fourmes par la maxillaire interne;. elles y arrivent par le trou sphéno-palatin ; les nasales supérieures ou ethmoïdales sont données par la carotide interne et rophthalmique ; les unes passent par les trous de la lame criblée et les autres traversent les trous orbitaires internes; les nasales intérieures sont fournies les unes par la sous-orbitaire et entrent dans le nez par les trous des os propres du nez; les autres, plus volumineuses, viennent de l'artère antérieure de la cloison. Toutes ce* artères forment sur la membrane de Schneider dé nombreux réseaux, en s'anaslomosant les unes avec les autres.

Parmi les nerfs, les uns proviennent du nerf olfactif t\ traversent en grand nombre les trous de la lame criblée ; les antres, fournis par le nerf nasal de l'ophthalroique de Willis, traversent le trou orbitaire interne; les nerfs nasaux postérieurs naissent du ganglion sphéno-palatin et du nerf palatin postérieur; les antérieurs proviennent du sous-orbitaire.

Préparation'. Après avoir enlevé la peau du nez par une section 1 Si l'on veut étudier toute la splanchnologie sur un seul cadavre, » nft

NEZ, ORGANE DE l' ODORAT. 22g

longitudinale, on en dissèque les muscles comme nous l'avons indiqué dans la myotomie. Après ceux-ci on procède à la dissection des carti- Uges , qu'il est facile d'apercevoir , si l'on enlève avec soin le tissu cellulaire qui les entoure; comme ils sont unis entre eux par des membranes, il faut de temps en temps les mouvoir les uns sur les autres pour en 'voir exactement les limites. En enlevant la peau de dessus l'aile du nez, il faut surtout faire attention de n'en pas couper le cartilage, qui y est assez mince et adhèrent. Le cartilage triangulaire ne sera étudié qu'avec l'intérieur du nez.

On met à découvert les fosses nasales au moyen d'une section verticale de la tête, qui passe immédiatement en dehors de la cloison du ne*. Par la les sinus frontal et sphénoïdal sont également ouverts. Ou commence par étudier la membrane pitui taire, puis, en enlevant celleci de dessus la partie antérieure de la cloison, on voit le cartilage triangulaire.

L? orifice du canal nasal ne peut être vu qu'en renversant en haut le cornet inférieur, en le cassant un pen, sans l'arracher en entier; par un procédé semblable on parvient a découvrir sous le cornet moyen Vorijice du sinus frontal et du sinus maxillaire. Pe« soies introduites dans ces orifices, et que l'on fait cheminer jusque dans Tes sinus, permettent de saisir d'un seul coup d'œil tontes ces dispositions.

On ouvre le sinus maxillaire par sa face externe, en enlevant, au moyen du ciseau et du marteau, la portion de l'os maxillaire supérieur qui a voisine en arriére la fosse canine; on observera, quand l'os est enlevé, la continuation de la membrane pituitaire qui revêt le sinus. Quand cette membrane est incisée, on voit la cavité; on remarque encore l'orifice très-éiroit qui fait communiquer ce sinus avec le méat moyen.

Le sinus sphénoïdal y ouvert par la coupe verticale que nous avons indiquée , peut encore l'être par sa face supérieure , si l'on enfo.nce avec le ciseau la selle turcique du sphénoïde.

Les sinus frontaux sont presque toujours ouverts quand on fait la section horizontale du crâne; on peut encore très-bien les voir, en enlevant avec le ciseau la table externe du frontal au-dessus de la racine , du nez, sur une tète où cette partie est très-bombée.

Les cellules ethmoïdales seront parfaitement visibles par une coupe horizontale qui passe en avant au-dessus des os unguis, traverse le sinus sphénoïdal, et se termine en arrière à quelques lignes au-dessous de rextrémité supérieure des apophyses clinoïdes postérieures.

Enfin , on prend une très-bonne idée des rapports des fosses nasales et de toutes leurs annexes, quand on divise une tête en travers par une série découpes verticales transversales, dont la première traverse le sac lacrymal, et 'dont la dernière passe au devant des apophyses clinoïdes antérieures.

La dissection des artères et des nerfs est à peu prés la même pour les unes comme pour les autres. Les vaisseaux ou nerfs qui fournissent les rdmeaux qui se rendent au nez, doivent être préalablement disséqués;

Jaot passer à l'étude du nez, et surtout à celle des fosses nasales . qu'après aïoir disséqué la langue, le voile du palais et le pharynx.

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puis on scie U tête verticalement d'ayant en arriére, en laissant intacte la cloison du nez, du coté on Ton vent faire la préparation; on enlevé la moqueuse qui recouvre cette cloison , et Ton brise peu à peu la lame perpendiculaire de l'ethmoïde ainsi que le Yomer, pour arriver à la membrane muqueuse qui tapisse cette cloison du côté opposé ; c'est là qu'on ▼oit facilement la distribution des artères on des nerfs. Pour apercevoir leurs ramifications sur les cornets, on sépare* du plancher des fosses nasales la muqueuse qui tapisse la cloison du côté où l'on travaille, et on la replie en haut, où on la laisse attachée. Pour bien voir le passage des vaisseaux et nerfs dans les fosses nasales^ il faut naturellement an peu agrandir les trous par où ils passent. Relativement an nerf olfactif, ils est à observer, qu'étant très-mou, on ne peut bien en poursuive la distribution que sur la tête d'un jeune sujet, qu'on a laissé plonger pendant quelque temps dans l'alcool avec addition d'une très-petite quantité d'acide nitrique , ou bien dans nn mélange d'alcool et d'eaaeace de térébenthine.

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