‹ Nouveau manuel de l'anatomiste, comprenant la description succincte de toutes les parties du corps humain et la manière de les préparer; suivie de préceptes sur la confection des pièces de cabinet et sur leur conservationChapitre 130 sur 297 · OREILLE , ORGAKE DE L AUDITION. %± S · texte numérisé non relu

OREILLE , ORGAKE DE L AUDITION. %± S

sens opposé} dirigée obliquement en bas et en dedans; elle forme en dehors l'extrémité interne et (à raison de sa position oblique) vne partie de la paroi supérieure du conduit auditif; en dedans elle forme la majeure partie de la paroi externe de la caisse du tympaq. Elle est enchâssée circulairejpent dqpis une rainure formée par V extrémité interne du conduit auditif; dans le fœtus cette portion est remplacée par ui* anneau osseux séparé. La face externe de la membrane du tympau est recouvre p^r le prolongement cutané qui revêt le conduit auditif; sa face interne l'est par la muqueuse qui tapisse la cavité du tympan, en sorte qu'elle se compose de trois lames. Le manche du marteau est enchâssé entre la lame moyenne et l'interne. Quant au trou qu'on a vu an centre de la memlrone du tympan, il n'existe p$s dans l'état naturel.

La membrane du tympan, par ses vibrations, transmet le* sons qui viennent la frapper, à l'oreille interne, soit en communiquant ses vibrations à l'air quç renferme la caisse, soit par l'intermédiaire de a chaîne des qssçlets. <fc I'quïç, do^t le dériviez appuie sur I3 fenêtre ovale,

3/ Osselets be louïe (Planche HI, fig. 1 > 1) Marteau? placé sur I3 face intente de la membrane du tympan. Son extré-* mité supérieure, arrondie, portç lç nom de tête: elle particule en arrière avec l'enclume. Ay-dessous 4e la tète, l'os se rétrécit pour former le cqI, qui doni*e naissance en avant à V apophyse grêle ou de fiaw; cette apophyse se ternpne près de la partie antérieure de la r^mpe qui reçoit la membrane du tympan, par une extrémité aplatie à laquelle s'attache le tendon du muscle antérieur du marteau. Au-dessous de son col, l'os redevient plus épais, et porte le nom de manche; cette partie se termine en

Cïinte, et adhère à la face interne de U membrane du tympan. . es sajk origine le manche donne naissance, par sa, face externe» à une apophyse courte et plus épaisse, qui donne attache an muscle externe du marteau..

a) Enclume;, on le divise en un corps et deux branches : le corps offre une poulie qui s'articule avec la tète du marteau; une des branches est courte et épaisse; elle se dirige horizontalement vers les cçllules mastoïdite*, où elle est retenue par des fibres, ligamenteuses; Vautre est longue, grêle, recourb.ee; elle se dirige en bas, pour s'articuler avec l'os lenticulaire»

3) Os lenticulaire; extrêmement petit; son nom indiqua à peu pris sa forme; iL s'articule avec la longue branche de l'enclume

2+6 SPLANCHNOTOMIE,

et la tète de l'étrier. Il se sonde souvent à Fenchnne, en sorte qu'on a été jusqu'à penser dans ces derniers temps qu'il nest qu'une apophyse de ce dernier os.

4) Élrier; cet os en a assez bien la forme; on le divise en tête, en branches et en base. Lai tète, dirigée en dehors, s'articule avec l'os lenticulaire; elle est placée sur un col ayant la même largeur que la tète, mais rétréci de haut en bas par suite de la présence d'une fossette qui est placée à sa face supérieure et dans laquelle s'implante le muscle de l'étrier. Des deux branches, l'antérieure est moins courbe que la postérieure. La base, dirigée en dedans et un peu en haut, est appliquée contre la fenêtre ovale.

Les osselets. sont unis entre eux par des ligamens, et recouverts par une continuation de la membrane muqueuse du tympan, qui leur sert de périoste.

4.° Muscles des osselets de l'ouïe (Planche II, fig. 2, 3 , 4 ). 1) Muscle interne du marteau ou tenseur de la membrane du tympan; mince et alongé. Il naît de la paroi supérieure de la trompe d'Eustache, se dirige en arrière le long de la paroi supérieure du tympan, et forme un tendon qui, après s'être réfléchi en dehors sur l'extrémité du bec de cuiller, tomme sur une poulie, s'insère à la partie inférieure du col du marteau.

2) Muscle antérieur du marteau ou grand reldcheur de la membrane du tympan-, plus petit que le précédent. Il naît de l'apophyse épineuse du sphénoïde, et se convertit en un tendon grêle, qui, après avoir traversé la fente de Giaser, s'insère à l'extrémité de l'apophyse grêle du marteau.

3) Muscle externe du marteau ou petit reldcheur de la membrane du tympan; très-petit, et n'existant même pas toujours. Il naît du bord supérieur du conduit auditif, et se porte de là en dedans et en avant, pour s'insérer à la courte apophyse du marteau.

4) Muscle de l'étrier. Ce petit muscle naît dans l'aqueduc de Fallope; son corps est renfermé dans la cavité de la pyramide, et son tendon en sort par la petite ouverture que l'on remarque à son sommet, pour s'insérer dans la fossette que l'on remarque au col de l'étrier. Il semble presser l'extrémité externe de la base de l'étrier contre la fenêtre ovale.

Les osselets de l'ouïe ont pour usage de transmettre au labyrinthe les vibrations de la membrane du tympan. La disposition anguleuse dé cette chaîne d'osselets permet aux muscles qui les

OREILLE, ORGAKE DE L ÀUDITIOU 347

«eurent d'augmenter ou de diminuer la tension de la membrane tympanique, selon que les sons perçus ont plus ou moins d'intensité, sans que pour cela les rapports de la base de rétrier avec la fenêtre ovale soient changés.

5.* TftOMPE d'Eustache. Canal long de deux ponces environ, commençant par une extrémité étroite à la partie antérieure du tambour, au-dessous du bec de cuiller et du muscle interne du marteau, et se dirigeant de là en avant, en dedans et en bas, pour se terminer par une extrémité évasée dans la partie supérieure du pharynx, derrière les narines postérieures et à leur côté externe. Cette extrémité évasée porte le nom de pavillon de la trompe. Le conduit d'Eustache se compose d'une portion osseuse postérieure, plus petite x creusée dans le rocher du temporal, et d'une portion antérieure fibro - cartilagineuse plus longue; son intérieur est revêtu par une continuation de la membrane muqueuse du pharynx; cette même tunique, extrêmement mince, vient tapisser aussi l'intérieur de la caisse du tympan.

La trompe d'Eustache sert à établir une communication entre Fair contenu dans la caisse du tympan et l'air ambiant

PftépA&irtoH. On commence par étudier la disposition, de la cavité du tympan sur un temporal desséché; pour cela om l'ouvre par set laces supérieure et externe, en en/onçant avec le ciseau la partie de la face antérieure du rocher qui aroisioe la portion écailleuse du temporal; dés que l'instrument aura ou? ert une partie de cette cavité, on en enlèvera peu à peu la paroi supérieure; en avant, cependant» on la ménagera, pour ouvrir plutôt la paroi externe ; puis on enlève la majeure partie de la portion écailleuse du temporal au moyen de deux traits de scie, dont l'un, vertical, aboutira a la paroi postérieure du conduit auditif, et dont l'autre commence immédiatement en dehors de l'orifice du canal oui loge la trompe d'Eustache, en se terminant à la paroi inférieure du conduit auditif. Les parties de la caisse du tympan qui ne seraient pas encore bien ouverte*, le seront plus tard, au moyen du ciseau.

Qu peut obtenir plus facilement une coupe analogue au moyeu d'un trait de scie pratiqué sur la face antérieure du rocher, et dirigé d'avant ea arriére , depuis le tiers externe de l'orifice du canal qui loge la trompe d'Eustache, jusqu'à l'angle rentrant de l'échancrure pariétale da temporal. Cette coupe doit être conduite de manière a emporter avec U portion écailleuse du temporal, la paroi antérieure du conduit auditif , et la partie supérieure externe de l'apophyse mastoïde.

Enfin, on verrait déjà une grande portion de la caisse du tympan, si l'on se bornait à enlever la paroi antérieure et inférieure du conduit auditif, en cassant la cavité glénoïde du temporal.

Les éminences et les enfoncemens que nous avons décrits dans la \ du tympan , iy découvrent facilement, à l'exception fol* fenêtre

248 SPLAHCHKOTOMIE.

ronde; afin de voir celle-ci sons l'extrémité* postérieure et inférieure an .promontoire, il faut regarder d'arrière en ayant, autant que le permet la saillie de la paroi postérieure du conduit auditif. Mais ce qu'il y a de mieux à faire pour voir celte ouverture, dans le cas où l'on veut sacrifier un temporal, c'est de séparer la partie antérieure du rocher de sa partie postérieure, au moyen d'une coupe verticale et antéro-postérieure, pratiquée immédiatement au devant de la pyramide. Il est clair que, -pour se diriger dans cette coupe , il faut que le tympan soit d'abord ouvert par sa paroi supérieure.

On se forme une idée nette de la disposition des cellules mastoïdiennes, soit en divisant l'apophyse mastoïde dans son milieu par un trait de scie vertical, soit en emportant avec la râpe ou avec le couteau- rugi ne toute la lame externe de l'apophyse, de manière a en voir l'intérieur, qui est tout-a-fait celluleuz.

Membrane du tympan. On a déjà pu la voir par sa face externe dans la préparation du conduit auditif; on la voit même sans préparation au fond de ce conduit, en tirant l'oreille en haut, de manière à redresser ce dernier, ce qui est d'autant plus facile, que l'individu est moins avancé en âge, en sorte que sur les fœtus cette membrane se trouve entièrement à découvert, dès qu'on a enlevé le pavillon de l'oreille avec le conduit cartilagineux. La face interne de la membrane se voit quand la paroi supérieure de la caisse du tympan est enlevée, en prenant toutefois garde , au cas que la même pièce dût servir à la préparation des muscles, de ne pas enlever en même temps le muscle interne du marteau, qui longe cette paroi supérieure. On aperçoit mieux encore la membrane , tout en conservant les rapports des osselets de l'ouïe, si, après avoir enlevé la paroi supérieure du tympan, on emporte le paroi interne de cette cavité (et par conséquent l'extrémité antérieure du rocher), en ne conservant en arrière que la fenêtre ovale et une trèspetite portion du promontoire qui la limite en bas et en avant. Cette préparation doit être faite en grande partie avec le ciseau, et eiige beaucoup de précaution.

Osselets. Par la précédente préparation on peut voir toute la chaîne des osselets ; mais on fera bien de les étudier d'abord séparément. Il est toujours facile de se procurer de ces osselets, parce que toute la préparation se réduit à enfoncer la paroi supérieure de la caisse du tympan $ mais dans les laboratoires d'anatomie on peut encore s'en procurer plus facilement et en grand nombre, si l'on a soin de les rechercher au fond des cuves dans lesquelles on a fait macérer des têtes de squelette. Quelquefois cependant l'élrier reste adhérent a la fenêtre ovale, et j'en ai déjà souvent trouvé de fort beaux, qu'il était facile d'extraire du conduit auditif, en les saisissant avec des pinces fines ou aveo un petit crochet. L'apophyse de Raw du marteau étant très-fragile, il faut user de beaucoup de précautions dans l'extraction de cet osselet, que l'on n'obtient jamais entier que sur des têtes bien macérées.

Muselé interne du marteau. On le voit dès qu'on a enfoncé la paroi supérieure du tympan; puis on le suit ea avant, en brisant avec précaution la lame osseuse qui le recouvre avant son entrée dans la caisse du tympan.

L'extrémité tympanique du muselé antérieur se voit par la même pré-

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paration , an devant et en dehors du précédent ; il faut alors le suivre a travers la fente de Glaser, en enlevant par petites parcelles, avec le ciseau, les parties osseuses qui sont placées en dehors de lui, de manière a obtenir dans la cavité glénoïtle du temporal une ouverture faite aux dépens des parties osseuses situées au devant ou en dehors de la fente de Glaser.

Muscle externe du marteau. Ce muscle est trèsvpetit, souvent il parait même manquer. Pour le voir, il faut couper le pavillon de l'oreille et le conduit auditif cartilagineux, ouvrir le conduit osseux par sa partie inférieure et antérieure, et détacher la membrane du tympan avec beaucoup de précaution, surtout vers sa partie supérieure, contre laquelle est appliqué le muscle. En enlevant la membrane, on fera attention de ■e pas déranger dans sa situation le marteau , qui lui est uni par son manche. Par cette même préparation on peut découvrir le trajet du muscle intérieur, et Ton voit dans l'intérieur de la caisse du tympan , le teodon du muscle interne du marteau se réfléchir autour de l'extrémité* du bec de cuiller.

Sur la même préparation on voit le tendon du muselé de Vitrier sortir de la pyramide. Pour apercevoir ce muscle en entier, il faut enlever l'extrémité interne de la paroi postérieure du conduit auditif, puis ouvrir avec précaution la pyramide , en suivant le trajet du muscle , à commencer de la partie visible de son tendon. Le tendon du muscle de Tétrier s'aperçoit aussi quand on ouvre le tympan par sa paroi supérieure ; mais alors il est difficile de découvrir tout le muscle.

Trompe aTEustaehe. On en commence l'étude par son pavillon , que Ton voit très-bien sur une tête sciée d'avant en arriére. On introduit dans le canal une soie de porc ou une sonde fine, qui en feront connaître la direction , et permettront ainsi de le disséquer dans toute sa longueur , en l'isolant des parties voisines. Quand on aura mis à découvert toute la portion cartilagineuse de la trompe, on ouvre le canal osseux, soit par sa face inférieure, soit par sa face supérieure; avant même d'avoir ouvert ce canal, on aura pu distinguer l'orifice . tympanique de la trompe, dans un tympan ouvert par sa face supérieure , -si l'on fait pénétrer une soie de porc de la trompe dans cette cavité.

Art. 5. Labyrinthe ou oreille interne. (PI. III, fig. 1, 2.)

Situé dans l'épaisseur du rocher entre le tympan et le conduit auditif interne, le labyrinthe se compose de trois cavités communiquant ensemble, et qui sont le vestibule, placé au milieu; les canaux demi-circulaires, placés en arrière, et le limaçon, placé en avant II s'ouvre à l'extérieur par deux petits canaux appelés aqueducs, placés sur son côté interne.

1.* Vestibule. Il a la forme d'un ovoïde dont le long diamètre est dirigé transversalement La moitié interne du vestibule présente deux fossettes séparées par une crête qui va jusque

25ô SPLAUCHHOTOMIE.

vers la fenêtre ovale; la fossette placée en bas et en avant, est demi-spkérique ; l'autre, placée en haut et en arrière, est semielliptique. On remarque en outre dans le vestibule plusieurs ouvertures : i.° la fenêtre ovale, placée à la paroi externe; a.° les cinq orifices qui correspondent aux canaux semi-circulaires ; les supérieurs s'ouvrent dans la fossette semi- elliptique, les autres sont placés en bas et en arriére; 3.° vers sa paroi interne, plusieurs petits trous qui livrent passage à des nerfs; 4.0 à cette même paroi et très-près de l'orifice des deux canaux semi-circulaires verticaux, le petit orifice de l'aqueduc du vestibule; 5.° en avant et en bas, l'orifice de la rampe externe du limaçon.

2.° Canaux demi -circulaires, au nombre de trois, deux verticaux et un horizontal Le canal vertical antérieur, qui forme une saillie assez notable à la face supérieure du rocher, est le plus grand des trois; il est dirigé en avant et en dehors; la convexité de sa courbure regarde en hant Le canal vertical postérieur est placé plus bas que le précédent, et se porte en arrière et en dehors ; sa convexité est dirigée en arrière. Le canal horizontal est le plus petit des trois; il est placé dans l'angle que forment ensemble les deux canaux verticaux; sa convexité regarde en arrière.

Ces trois canaux ne s'ouvrent dans le vestibule que par cinq orifices, parce que les extrémités internes des deux verticaux sont réunies. Chacun de ces canaux présente une dilatation jovoïde ou ampoule à l'une de ses extrémités; pour les verticaux, l'ampoule se trouve à leurs extrémités isolées; l'horizontal la présente i son extrémité antérieure.

3.° Limaçon. C'est ua canal qui tourne autour d'un axe horizontal en formant deux tours et demi de spirale. L'intérieur du canal est sous-divisé en deux loges ou rampes, au moyen dune cloison spirale qui contourne l'axe comme le canal luimême. La partie de la cloison la plus rapprochée de Taxe est osseuse; l'autre est simplement membraneuse. Cette cloison n'arrive toutefois pas jusqu'à l'extrémité du canal, où les deux rampes communiquent par une petite ouverture arrondie, et même sa portion osseuse est plus courte que ne Test la partie membraneuse. La cloison est en outre disposée de façon à partager la cavité d'une manière inégale, en sorte que la rampe interne est d'abord la plus large, tandis que dans le reste de son étendue la rampe externe l'égale et La surpasse même en largeur. Cette

QAEILLE, ORGANE DE l'aUDITIOH. *" 2ÔI

rampe interne, inférieure, ou rampe du tympan% commence à la fenêtre ronde, qui, comme nous l'avons dit, est fermée par une membrane. Près de la fenêtre ronde on voit l'orifice de l'aqueduc du limaçon, qui s'ouvre dans cette rampe. La rampe externe, juipérieure, ou rampe du vestibule, s'ouvre dans la partie antérieure et inférieure du vestibule. L'axe autour duquel se contourne le limaçon est situé horizontalement en travers; il a la forme d'un cône dont la base correspond au fond du conduit auditif interne ; son sommet n'est plus qu'une lame mince prés du dernier tour de spire, et comme la cloison spirale continue à décrire une courbe régulière, elle abandonne nécessairement l'axe, en sorte que la séparation des deux rampes cesse d'exister à l'extrémité du limaçon. La petite cavité évasée, décrite sous le .nom A* entonnoir, n'est autre chose que l'ouverture de communication entre les deux rampes vue par l'extrémité du limaçon qui a été ouverte.

4.* Aqueducs. On appelle ainsi deux canaux creusés dans le rocher, qui prennent naissance dans le labyrinthe par des orifices extrêmement étroits, et qui s'ouvrent à la face postérieure du rocher par des orifices évasés. La dure-mère s'insinue dans ces aqueducs, en formant leur paroi interne, membraneuse, et elle se continue de cette manière avec le périoste fin qui tapisse l'intérieur du labyrinthe.

L'aqueduc du vestibule commence à la partie postérieure de la paroi interne du vestibule, se dirige en arrière en se contour* nant en bas, et s'ouvre à la face postérieure du rocher, derrière le trou auditif interne, par une fente assez étroite. Cet orifice n'est cependant pas ouvert dans la cavité crânienne, mais il est encore recouvert par la lame interne de la dure-mère.

Y! aqueduc du limaçon commence dans la rampe du tambour, près de la fenêtre ronde, se porte en arrière et en bas, et se termine au bord postérieur du rocher, au-desspus du trou auditif interne, par une dilatation triangulaire également située entre les lames de la dure-mère.

L'existence de ces deux canaux dans le labyrinthe osseux ne peut pas être contestée, mais la plupart des anatomistes modernes révoquent en doute la réalité de la communication que ces conduits établiraient avec les cavités labyrinthiques : ils les considèrent simplement comme des canaux qui livrent passage à des vaisseaux et surtout à des veines. Je me suis moi-même assuré de la présence de ces vaisseaux dans l'intérieur des aqueducs, maïs je n'oserais, dès à présent, nier que ces conduits ne commit-

352 SPLANCHlf OTOMIE.

■iquenten outre arec l'intérieur du labyrinthe à l'état frais. On conçoit d'ailleurs que, cette communication n'existant pas, les aqueducs devraient . être assimilés aux nombreux canaux vasculaires innominés qui parcourent les os dans toutes les directions, et qu'ils . perdraient l'importance physiologique que l'on y avait attachée. On appelle improprement aqueduc de Fallope, un canal qui Uyre passage au nerf facial et dont nous parlerons plus bas.

5.° Membranes nerveuses (Planche III, fig. a). L'intérieur des, canaux demi -circulaires et du vestibule renferme des membranes extrêmement fines, pulpeuses, fubulées, et qui représentent toutes les formes des cavités qui les protègent, excepté que les membrançs sont moins grandes que les cavités» et que par conséquent il y a un espace libre entre elles et les os ; chaque canal renferme donc un tubç demi-circulaire très-étroit, g?n)j. d une ampoule; ces tubes s'ouvrent dans le sinus médian, placé dans la fossette semi-elliptique du vestibule, et ce sinus communique avec le sac logé dans la fossette demi-sphérique. L'espace qui sépare le labyrinthe membraneux du labyrinthe osseux, ainsi que l'intérieur des poches membraneuses, est rempli par un liquide appelé lymphe de Colurmi. Breschet a fait voir que le sinus médian et le sac renferment constamment de petits amas; de concrétions calcaires, qu'il appelle otoconies.

C'est sur' ces membranes que yiept se ramifier le nerf acoustique qui entre dans le rocher par le trou auditif interne, conjointement avec le nerf fascial. Le nerf acoustique forme bientôt un petit renflement grisâtre qui reçoit un filet de communication du facial ; puis le nerf acoustique donue plusieurs branches qui se dirigent, à travers des canaux osseux, dans, le vestibule e^ dans les canaux demi: circulaires; le tronc se porte ensuite dans le limaçon, où il se termine sur la cloison spirale, mais sans s'y épanouir en poches membraneuses comme dans les deux autres parties du labyrinthe. Le microscope ne nous fait découvrir dans les poches membraneuses du labyrinthe qu'un amas de corpuscules arrondis, eux-mêmes formés de globules plus petits.

: Pft*FA*ATiow. On s'exerce d'abord à faire cette préparation sur oa fottus oa sur an enfant très-jeune, où tonte la partie dm. rocher qui n'appartient pas an labyrinthe est encore molle et spongieuse, en sorte qu'on peut très-bien en entamer la substance avec un canif ou avec un scalpel à lame courte et étroite, ou bien encore arec un très-petit couteau - rugi ne. On commence par le canal demi -circulaire Tcrtical antérieur, qui forme vers le bord supérieur du rocher une saillie considérable, au devant de laquelle on remarque an enfoncement; là le

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«anal est à peu près à nu. On creuse ainsi autour des canaux semi-circulaires, en se guidant toujours d'après la plus ou moins grande résistance du tissu osseux. Dans le cours de la préparation on détachera peu à peu toute la portion écailleuse du temporal} oit finit par le lima* «on. Quand toutes les parties du labyrinthe sont préparées extérieurement , ou ouvre les canaux semi-circulaires et le limaçon , en les usant vers leurs bords convexes avec une lime fine. C'est surtout eu ouvrant le limaçon qu'il faut travailler avec précaution , pour ne pas briser la cloison des rampes.

.Lorsque le labyrinthe a été préparé sur un fœtus, cette pièce pourra servir de modèle à le préparer sur un temporal d'adulte, où les parties ■e sont guère plus grandes; mais elles y sont beaucoup plus difficiles » travailler", parce que la substance osseuse du rocher a fini par acquérir une dureté é bu ruée , presque égale à celle du labyrinthe lui-même. La lime est alors le meilleur instrument pour achever la préparation ; les parties les plus grandes pourront être travaillées au couteau-rugine et au ciseau, mais il faut beaucoup de mén^ment^fin que le dernier coup de marteau ne détruise pas Fouvrage d'une journée entière.

On ouvre le vestibule par sa face supérieure entre le trou auditif et le canal semi- circulaire vertical antérieur. On en ouvrira un autre par sa face externe, en détruisant la fenêtre ovale et la moitié saillante postérieure de la fenêtre ronde. Toutes ces préparations doivent être faites à la lime.

L'examen des membranes nerveuses du labyrinthe se fait sur des temporaux de fœtus, que l'on a laissé plonger pendant quelque temps dans de l'alcool, avec addition d'une très-petite quantité d'acide nitrique, pour donner plus de fermeté aux nerfs. On commence par enlever autour du labyrinthe la substance spongieuse du rocher, en conservant le conduit auditif interne avec les nerfs qui y entrent; puis on ouvre ce conduit par sa face supérieure ; on ouvre de même le vestibule et les canaux de mi -circulaires, en suivant toujours les ramifications du nerf. Le limaçon sera ouvert de la même manière pour y faire voir la distribution nerveuse. Cette préparation, qui exige àea soins infinis, doit être faite en grande partie avec la lime, et il sera en outre nécessaire de varier les coupes sur plusieurs labyrinthes, parce qu'il est à peu près impossible de voir toute la disposition sur une seule pièce.

Aqueducs. On commence par rechercher celui du vestibule % dont on reconnaît l'extrémité sur. une base de crâne encore recouverte dé la dure-mère, en promenant la pulpe du doigt d'arrière en avant sur la face postérieure du rocher; on sent dans cet endroit une rainure bornée en avant par une saillie sensible ; c'est là que se trouve l'extrémité évasée de l'aqueduc ; dès qu'on a enlevé la lame interne de la - dure-mère qui le recouvre, on tombe dans une petite cavité, et si l'on y introduit une soie prise au museau d'un renard ou d'un chat, on peut en (aire parvenir l'extrémité pointue jusque dans le vestibule. Ces soies •ont préférables aux soies de porc, parce qu'elles sont très-Gnes à une extrémité, et qu'elles augmentent peu à peu en épaisseur vers leur base, ce qui les rend assez raid es pour pouvoir être glissées dans un canal aussi étroit. Quand on veut sonder cet aqueduc dans une direction opposée ,

2 54 SPLAKCHSOTOMIE.

il faut le faire sur une pièce où le vestibule est ouvert par sa paroi esterne et par une petite portion de sa paroi supérieure.

On peut encore s'assurer de la position de l'orifice évasé de cet aqueduc, en laissant dessécher une base du crine , recouverte de sa duremère; toutes les autres portions de cette membrane auront déjà acquis de la transparence et une couleur brunâtre, que la portion qui correspond à l'aqueduc sera encore blanche et humide. Si Ton fait dessécher la pièce complètement , et qu'on incise alors la lame interne de la doremère là où elle recouvre l'orifice de l'aqueduc, on peut s'assurer de l'existence de la cavité évasée, et l'on pourra y faire passer une soie plus facilement qu'à l'état frais. On démontre enfin la petite cavité close de l'aqueduc du vestibule, en injectant du mercure par son orifice vestibuûire; le métal la remplira bientôt: si alors on la comprime avec le doigt , le mercure entre dans de petits rameaux veineux qui s'ouvrent les uns dans les veines de la dure-mère, les autres dans le sinus latéral.

L'orifice crânien <U Va^rttdttc du limaçon se trouve immédiatement au devant et au-dessus de l'endrdt où le nerf glosso-pharyngien traverse la dure-mère; on peut y introduire l*soie de la moustache d'un renard, en la dirigeant de dedans en deVors et un peu d'avant en arrière et de bas en haut. On peut encore démontrer l'existence de ce canal, en l'injectant de mercure, que l'on v.erra bientôt remplir la rampe interne du limaçon, et enfin tout le labyrinthe.

Sur des rochers de fœtus on peut poursuivre les aqueducs , comme les autres parties du labyrinthe , en enlevant peu à peu la substance spongieuse environnante ; mais cette préparation exige des soins infinis, parce que leurs parois sont extrêmement minces. On peut se faciliter cette préparation, si l'on introduit préalablement dans les aqueducs des soies dont la couleur noire paraîtra à travers les parois des canaux, et qui guideront ainsi l'anatomiste dans sa recherche.

Il ne suffit pas d'étudier le labyrinthe sur une pièce préparée comme nous l'avons indiqué précédemment; il est encore utile de le faire sur des rochers que l'on a sciés dans diverses directions, pouT voir les cavités de l'oreille interne dans des coupes plus ou moins variées. Pour se reconnaître plus facilement dans ces sortes de pièces, on a l'habitude de passer des soies de différentes couleurs dans les canaux qui viennent d'être ouverts, afin de les distinguer au premier coup d'oeil.

Des pièces très- instructives sont encore* celles où le labyrinthe a été préparé sur une tête d'adulte; les parties écailleuse et mastoïde du temporal seront conservées en rapport, le conduit auditif sera ouvert par sa face inférieure, mais en conservant son extrémité interne qui contient la membrane du tympan; enfin, on laissera dans la caisse du tympan la série des osselets dans leur position naturelle.

Art. 4- Traisseaux et nerfs de Toreille.

Les artères de l'oreille sont très-nombreuses : i .* V auriculaire postérieure se distribue au pavillon de l'oreille. 2.° La temporal* donne plusieurs rameaux à Foreille externe et au conduit auditif.

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et an rameau qui pénètre dans le tympan par la fente de Glaser et se distribue a la membrane du tympan et au muscle antérieur du marteau. 3.° La stylo -mastoïdienne donne des rameaux au conduit auditif, puis fournit une branche de communication , formant, avec un rameau de la temporale, X artère tympanique, qui se distribue sur la membrane du tympan et sur le périoste de la caisse La stylo- mastoïdienne entre ensuite dans l'aqueduc de Fallope par le trou stylo-mastoïdien, et y donne des rameaux aux cellules mastoïdiennes, au mude de rétrier, aux canaux demicirculaires et à la caisse du tympan. 4.0 La maxillaire interne fournit des rameaux au conduit auditif et à la trompe d'Eustache, et un rameau tympanique qui passe par la fente de Glaser. 5.° La branche pharyngienne de la maxillaire interne fournit encore un rameau à la trompe. 6.° Vartère méningée moyenne donne quelques rameaux qui traversent le rocher et se distribuent à la caisse du tympan et au muscle interne du marteau. 7.0 La carotide interne donne plusieurs rameaux qui percent le canal carotidien et se distribuent au tympan. 8.° L'artère auditive, branche de la basilaire , entre dans le rocher par le trou auditif interne, pour se distribuer à tout le labyrinthe.

Les veines qui correspondent â ces artères n'étant pas encore toutes assez exactement connues, nous nous dispenserons de les énumérer. Nous sommes dans une ignorance plus complète encore relativement aux lymphatiques de l'oreille interne; mais on connaît ceux de l'oreille externe : ils accompagnent les artères temporale et occipitale.

Les nerfs de V oreille externe proviennent du maxillaire in* férieur, de la branche auriculaire postérieure du facial et du troisième nerf cervical. Il en sera question dans la névrotomie. En parlant des canaux nerveux du labyrinthe, nous avons déjà parlé du nerf auditif, en sorte qu'il ne nous teste plus qu'à indiquer les sources des nerfs de l'oreille moyenne; ceux-ci sont fournis par le nerf facial ou portion dure de la septième paire qui, pénétrant dans le rocher par le conduit auditif interne, parcourt Y aqueduc de Fallope, qui n'est autre chose qu'un canal recourbé de dedans en dehors et de haut en bas. Ce canal commence au fond du conduit auditif interne, passe au-dessus du vestibule, derrière la fenêtre ovale, et descend ensuite directement dans l'épaisseur du temporal, pour se terminer au trou stylo-mastoïdien. L'aqueduc de Fallope communique en haut avec Y hiatus de Fallope, et au-dessous de la pyramide il communique avec un autre petit canal, qui loge la corde du tympan. Dans ce trajet

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le nerf facial reçoit le nerf pétreux et fournit plusieurs filets, dont nous parlons dans la névrotomie. Enfin, nous avons encore à noter ici le rameau anastomotique de Jacobson, dont nous ferons connaître ailleurs la distribution. (Voyez, sur les nerfs de l'oreille, la IV.* section, chap. 3, 5, 6, 7 et 9.)

PftérAïUTioir. Prières. Les régies que nous avons indiquée* socce&si- Tcment pour préparer les diverses parties qui composent l'oreille, seront également appliquées à la recherche des vaisseaux qui £y distribuent ; on ouvrira donc peu a peu les différentes cavités qui composent l'oreille, en y suivant avec soin les artérioles qui tfy rendent. On conçoit que ces préparations ne peuvent se faire que sur des têtes parfaitement injectées.

Nerfs. Nous avons déjà indiqué la manière de suivre le nerf auditif ; pour ce qui regarde le facial, on commence par s'assurer du nerf pétreux, placé sur la face antérieure du rocher, et qui entre dans Yhiatus de Fallope ; puis on recherche le nerf lingual du maxillaire inférieur et la corde du tympan qui vient s'unir à lui. Quand ces deux préparations préliminaires sont achevées, on peut isoler le temporal des parties voisines au moyen de quelques traits de scie, et, pour pouvoir travailler plus commodément, on enlève la portion écailleuse au niveau de son union avec le rocher, puis on fixe la pièce dans on étau, parce que la majeure partie de la préparation se fera au moyen du ciseau et de la lime. Cest ainsi qu'on ouvre le conduit auditif interne par sa face supérieure, en ménageant toutefois la dure-mère, qui se réfléchit dans son intérieur, et qui servira très- bien à protéger les nerfs contre les atteintes du ciseau, s'il venait à pénétrer trop profondément; on enlève ensuite la lame osseuse qui forme la paroi supérieure du canal auquel aboutit l'hiatus de Fallope, et l'on poursuit ainsi le nerf pétreux jusqu'à son union avec le facial; puis, après avoir ouvert le tympan par sa face supérieure, et continuant à ouvrir l'aqueduc de Fallope par son côté externe, toujours en suivant le nerf facial, on parviendra à voir les rameaux qu'il envoie dans le tympan, et enfin la corde du tympan , qui s'en détache avant sa sortie de l'aqueduc. Dans cette préparation on enlèvera peu à peu la portion écâilleuse du temporal, et toute la partie externe du conduit auditif externe; mais on aura grand soin de conserver la portion du conduit qui avoisine la membrane du tympan, en dedans de laquelle on verra passer la corde du tympan ; enfin on élargit un peu la fente de Glaser pour voir la sortie du nerf.

Une préparation analogue peut être faite, si, au lieu d'ouvrir la portion inférieure de l'aqueduc de Fallope par sa face externe, on l'ouvre par ses faces supérieure et postérieure, en travaillant vers la base du rocher entre les canaux demi -circulaires et l'apophyse mastoïde. Les canaux demi -circulaires pourront le plus souvent être ménagés. La partie antérieure de la cavité du tympan ne sera ouverte qu'en dernier lieu.

Pour la dissection de V anastomose nerveuse de Jacobson, il faut enlever la partie antérieure de la paroi externe de la caisse du tympan

BU TISSU CELLULAIRE, DE LA PEAU, etc. 25j

et onrrir le canal carotique par sa face externe. Il faut en outre ouvrir un petit canal osseux placé su-dessus de celui que parcourt le muscle interne du marteau et parallèlement à lui. Cette préparation, une cTea plus délicates de Tanatomie, exige des soins infinis} car souvent, en détachant une esquille osseuse un peu trop grande, toute là préparalion se trouve abtmée.

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