DE L APPAREIL DIGESTIF; BOUCHE
tout mues par un grand nombre de muscles, que nous avons déjà vus dans la my otoraie; tels sont les muscles orbiculaire de la bouche, moustachier y releveur de la lèvre supérieure et de Voile du nez , r éleveur propre de la lèvre supérieure, releueur de ï angle de la bouche , grand et petit zygomatùjue, buccinateur, triangulaire, carré et risçrius de Santorini.
Quand la membrane muqueuse a quitté les lèvres, elle se jette sur les rebords alvéolaires, où elle entoure exactement les dents et les maintient en position. Cette partie de la muqueuse est ferme, épaisse, et reçoit le nom de gencive.
Les dents sont des corps durs, blanchâtres, de nature osseuse suivant les uns, et de nature cornée suivant les autres; elles sont implantées dans les arcades alvéolaires des os maxillaires supérieur et inférieur. A chaque arcade on compte seize dents; savoir: quatre incisives, deux canines, quatre petites molaires et six grosses molaires; les premières sont tranchantes à leur sommet, les secondes, pointues; les troisièmes ont une couronne à deux tubercules* et les dernières, des couronnes à quatre tubercules. Nous avons parlé de leur structure dans l'ostéotomie.
Les parois latérales de la bouche sont formées par les joues, également recouvertes par la muqueuse, qjji les quitte pour se continuer sur la partie postérieure des rebords alvéolaires. Dans l'épaisseur des joues est logé le muscle buccinateur, qui leur donne la mobilité.
La langue forme la paroi inférieure de la bouche; la muqueuse qui quitte les gencives, vient la tapisser, en formant sous sa partie antérieure un repli, appelé It frein de la langue ou le filet,
La paroi supérieure de la bouche est formée par le palais, qui est placé entre elle et le plancher des fosses nasales. Il est recouvert par une -membrane muqueuse, dense, qui se continue avec celle des gencives. Le palais est partagé en deux moitiés latérales par une ligne peu saillante, qui se dirige d'arrière en avant, où elle se termine, derrière les dents incisives moyennes, par un petit tubercule.
En arrière, le palais se continue avec le voile du palais, qui forme la paroi postérieure de la bouche. Entre le bord inférieur du voile du palais et la base de la langue se voit une ouverture, appelée isthme du gosier, par où la bouche communique avec F arrière-bouche ou le pharynx.
An-dessous de la membrane muqueuse qui tapisse la bouche, on trouve un grand nombre de glandes muqueuses. On les rencontre surtout dans les lèvres, dans les joues, dans la langue et
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dans le palais; selon la place quelles occupent, elles portent les noms de glandes labiales , buccales, linguales ou palatines; elles * sont formées à peu près comme le sont les glandes sébacées : la muqueuse forme vers l'intérieur un petit cul-de-sac à col rétréci , et comme cette partie réfléchie a des fonctions spéciales à remplir, elle est plus épaisse et plus ppurvue de vaisseaux et de nerfs que le reste de la membrane, de manière à paraître composée du premier abord par un grain solide ; c'est dans l'intérieur de cette poche qu'est sécrété le mucus qui lubrifie la bouche, et on l'en voit ressortir par des orifices très-fins. Quelques-unes de ces glandes sont un peu plus composées, en ce que la poche qui les forme se sous-divise elle-même en plusieurs petites poches secondaires, au lieu d'être simple et arrondie, comme le sont les glandes sébacées.
Les artères de la bouche proviennent de la faciale, de la temporale, de la maxillaire interne, de rophthalmique , etc. Les nerfs tirent leur origine des maxillaires supérieur et inférieur, du facial et des nerfs cervicaux. Toutes ces parties seront examinées avec plus de détails dans langiotomie et la névrotomie.
Préparation. La majeure partie des objets dont nous ayons parlé, peuvent être aperças sans préparation des que la bouche est ouverte ; les freins des lèvres seront visibles , si Ton abaisse fortement la lèvre inférieure, en renversant sa face postérieure en avant, et si Ton élève la supérieure en la renversant de même. Le frein de la langue se voit dès qu'on tire en haut l'extrémité libre de celle-ci.
On fera bien de disséquer les muscles qui environnent la bouche , comme nous l'avons indiqué dans la myotomie , et en même temps on détachera la peau, en la repliant vers l'intérieur de la bouche, de manièie a voir comment elle se continue avec la muqueuse. Les deux couches de la muqueuse seront séparées soit par l'immersion dans l'eau chaude, soit par la macération ; on peut encore s'assurer de lenr existence sur soi-même , parce qu'il est facile d'enlever avec les dents , et sans douleur, des lambeaux de l'épiderme qui recouvre la muqueuse de la face postérieure des lèvres. Les papilles des lèvres se voieet dès que l'épiderme est enlevé; mais elles sont surtout bien, distinctes sur des lèvres parfaitement injectées, dont on a enlevé l'épiderme par la macération.
On trouve les glandes muqueuses, même sans en faire la dissection, en renversant au dehors une partie de la bouche, par exemple la lèvre inférieure ; dès qu'on la tend au moyen d'un doigt qui fait saillir la -muqueuse qui la tapisse , on voit les glandes former sous cette membrane de petites élévations; on sent encore très -bien ces glandes, si Ton froisse la lèvre inférieure contre les incisives de la' mâchoire correspondante. Enfin , on voit déjà a nu une partie des glandes buccales entre les fibres du muscle buccinateur, si ce muscle a été préparé-, pour voir les autres glandes, on enlève une partie de la muqueuse qui tapisse
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les létres, la joue la langue et le palais, et Ton trouve alors ces corps, qui restent insérés les uns sur la membrane et les autres sur les parties plus profondes.
Art. 2. Glandes salivaires.1
Elles se composent d'un amas de glandes, simples , asses semblables aux glandes muqueuses que nous avons vu exister dans la bouche, mais qui, au lieu de s'y ouvrir par des orifices séparés, s'unissent peu à peu à des canaux excréteurs communs; cet canaux se terminent dans la bouche par des orifices dans lesquels la muqueuse s'insinue pour en tapisser l'intérieur dans toutes leurs ramifications jusqu'aux derniers grains glanduleux. C'est à cause de cette structure composée que les glandes salivaires sont rangées parmi les glandes conglomérées; mais par ce que nous venons de dire, on voit qu'en dernière analyse la structure de ces glandes salivaires est la même que celle deà glandes muqueuses ; seulement le prolongement sacciforme de la muqueuse est-il simple dans celles-ci , tandis qu'il se ramifie considérablement dans celles-là.
Les glandes salivaires sont au nombre de trois de chaque côté.
1.° Glande pabotide. Elle est la plus volumineuse des trois, et située entre le conduit auditif, î'apophjse mastoïde et la branche de la mâchoire. En haut elle s'étend jusque vers la base de l'apophyse styloïde, et elle descend souvent jusqu'au niveau de l'angle de la mâchoire. Cette glande, s insinuant entre les diverses parties de cette région, a une forme irrégulière. Eu avant elle se replie un peu par-dessus la branche de la mâchoire, de manière à recouvrir une partie du muscle masséter; là elle donne naissance à son conduit excréteur, appelé canal de S tenon, qui se porte transversalement en avant, à quatre lignes à peu près au-dessous de l'arcade zygomatique, en décrivant une courbe à convexité externe et antérieure. Arrivé près du muscle buccinateur, le conduit le perce obliquement pour s'ouvrir dans la bouche, vis- a -vis de la seconde dent petite molaire supérieure ou de la première grosse molaire.
La glande parotide est traversée par les ramifications du nerf facial et par l'artère carotide externe, qui lui donnent des rameaux; quelquefois cependant cette dernière est simplement placée contre sa face interne.
in-4.
J. B. Siebolv, Hist. sysiematis saliçalis, phjsiol. et pathol. considérai i , u°aTec fig. Jén.,1797.
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*74 SPLAtfCHROTOMlE.
%* Glatos maxhlaire oh sous- haxiclaire. De formé ewalaire, beaucoup plu» petite que la parotide. Cette glande est placée au côté interne de l'angle de la mâchoire, entre le bord de cet os et le muscle digastrique; elle est en partie cachée par le muscle mylo- hyoïdien. Le conduit excréteur, appelé conduit àe Whmrton, se détache de la face interne de la glande, nn peu ▼ew son extrémité antérieure. Ce canal se porte vers la face interne do mylo- hyoïdien, en passant sont son bord postérieur; 8 se dfarigt en avant et en haut, croise ta direction du nerf lingual, passe sorts la* gfande suWmguale et s'ouvre dams la bouche au btfrd pettétfouf du» muselé génîoglosse. On aperçoit tirés-bien les orifice* des* conduits de Whattofr, à côté du frein de la langue, oè (te ferme** de petites papilles très-marquées.
3.° Glands sotunguale. Plus petite que la précédente, alongée, aplatie. Elle est située sous la partie antérieure de la langue, au devant de la glande maxillaire 9 et elle n*est séparée de la boucha que par la membrane muqueuse. Cette glande s'ouvre dans la bouche par six à huit conduits isolés, dont on voit les petits orifices à côté du frein de la langue. Quelquefois on trouve un conduit excréteur plus volumineux, formé par la réunion de quelques-un* des petits canaux partiels; H reçoit le nom de canal aè Rudnus ou- de Bariftulin.
Les glandes salivarres versent dam Fintérieur de la bouche une liqueur appelée satire, et qui est destinée à faire subir une première préparation auxaifanens, auxquels elle se mêle pendant la mastication;
PftépAftATiow. Parotide. Pour la mettre a découvert, oo fait une mefsion cutanée le long de l'arcade sygomatique ; une autre , parallèle à eellfr-ei, a* niveau de l'angle de la mâchoire, et une troisième qui le* réunit en passant verUcaleeeeet an devant de l'oreille. On dissèque en avant le lambeau ainsi dreoneerit. La. glande défient aussitôt visible; le conduit qui s'en détache en avant, est superficiellement situé sur le masséter , en sorte qu'il faut enlever la peau avec précaution pour ne pas le couper. Au devant du masséter le conduit s'enfonce dan* nn paqttet graisseux que Pon enlève peu à peu, et il traverse ensuite le buccinatenr ; on ne le peamoivra pas plus loin. On sépare alors U glande dee punies environnantes y et en ne hr laisse attachée qu'à sa partie supérieure. On fera bien de ménager la veine faoiale postérieure qui passe par-dessus la glande et l'artère carotide qui la traverse ; le nerf facial qui y entre au devant de l'apophyse mastoïde» sera également conservé en rapport avec la glande. 11 est ordinairement assea difficile de voir dan* la bouche L'orifice dn conduit) pour le tronvet plus aisément, on frit dans le conduit de S tenon une petite incision» par laquelle on Introduit une soie de porc que l'on fait glisser en avant»
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•4 elle ressort facilement par l'orifice baccal ; on peut alors faire rétrograder le bout opposé de la soie jusque dans la glande même, pour s'assurer de la manière dont le conduit en natt.
La glande maxillaire est en grande partie visible entre les deux rentres du digastrique et la mâchoire, dès que la peau et le peaucier sont détachés; pour préparer son conduit, qui est souvent difficile à troufer , parce qu'il ressemble asses a une artère , on sépare de la mâchoire le rentre antérieur dn digastrique* et Ton récltne un peu 1» glande en bas et en arrière, tout en la conservant en rapport avee Tartère faciale, qui est souvent logée dans une gouttière de la glande» et qui lui donne des rameaux. Le conduit de "Wharton se détache de là face interne de la glande, un peu vers l'extrémité antérieure, tout prés de l'endroit où elle reçoit un filet du nerf lingtfal , que Von conserve. On sépare le mvio-hvoïdien de la mâchoire pour voir la ce*-* tinuation du conduit, dans lequel on introduit ensuite nne soie, comme nous l'avons indiqué pour la parotide.
Dès que le muscle m 7Î0- hyoïdien est détaché de Ta mâchoire, In glande sublinguale se voit au devant de ra glande maxillaire , à laquelle elle est qoeie/aefiols unie. Lee conduits excréteurs étant entré-* mènent £ns, on tâchera de les rendre apparent , en recherchant leurs orifices à côté du frein de la langue , et en y introduisant des soies déliées, ou bien en les injectant de mercure, que Ton retient dans leur intérieur au moyen de ligatures qui les embrassent près de* orifices. Il est plus facile de faire cette préparation après' avoir détaché la langue avec les glandes sublinguales.
Art. S. Langui, organe du goût.1
La langue est située sur ta paroi inférieure de la bouche, entre lés arcades alvéolaires et le palais. EHe a la forme d'une pyramide aplatie, dont la base, dirigée en bas, appuie sur Fos hyoïde,. et dont le sommet est dirigé en ayant
La langue se compose de deux parties : d'une enveloppe muqueuse, qui est le siège spécial du goût, et d'un assemblage de musctes- qui la meuvent
La membrane muqueuse enveloppe tout le dos de la langue, les bords et la partie antérieure de ta face inférieure; elle se continue avec ceHe des- gencives de fa mâchoire inférieure et avte celle dur voile du palais, <hi pharynx et dû larynx. Au moment où la muqueuse quitte ees parties pour sto jeter Sur la* tangua, die forme dfvers repli» r c'est ainsi que sou* m partie antérieure on voit le frein de la langue ou le filet-, deux autres replis par-
f Mauichi, De fin g ua. Bologne, 1665, in-12. - 8. Tn, SdSMWMaina., JVbildmngen der mentchlkmen 6 em&maek* uni tyrach* Organe. Fraoet, 1*06, io-fal.
Gudt, Discutions et propositions d'anatoinie, de physiologie et de pathologie. Paris, 1923, arec tif.
Îj6 SPLANCHNOTOMIE.
tent de la base de la langue vers le voile du palais : on les appelle piliers antérieurs du voile du palais; tout en arrière et en bas on trouve encore un repli, qui de la base de la langue se porte vers l'épiglotte : c'est le ligament glosso-épiglottique. . JLa muqueuse de la langue se compose de deux couches : l'une externe , continuée de l'épidémie, et appelée périglotte, se moule exactement sur la seconde membrane, qui est la continuation du derme, et que sa structure a fait appeler membrane papillaire. Cette dernière, outre un grand nombre de glandes muqueuses simples ou ramifiées qui sont placées sous elle, présente les objets suivans â remarquer : i.° Les papilles lenticulaires , qui sont des éminences, ordinairement au nombre de neuf, placées sur la base de la langue, où elles forment deux séries, disposées en Y. Ces deux séries se réunissent en arrière vers le trou borgne, petit cul-de-sac dans lequel s'ouvrent des glandes muqueuses. Le*.
Eapilles lenticulaires ont ordinairement un diamètre de plus d'une pie; elles semblent composées 4*un amas de glandes muqueuses. 2.0 Les papilles fungif ormes 9 disséminées sur les bords et la partie antérieure de la langue; on en voit très-peu sur sa partie postérieure; elles sont arrondies et adbèrent à la langue par un pédicule étroit 3.° Les papilles coniques sont les plus nombreuses et recouvrent presque toute la face supérieure de la langue; par leur base elles adbèrent à la langue et elles sont libres par leur sommet Près des bords de la langue ces papilles coniques deviennent extrêmement grêles, en sorte qu'on les y a nommées papilles filiformes.
Muscles de la langue.
i.° Sttloglosse. Muscle grêle, caché par le stylo-hyoïdien. 11 commence â la base de l'apophyse styloïde et au ligament stylo? maxillaire, se dirige en bas en avant et en dedans sur les côtés de la langue, en croisant la direction de l'hyoglosse, et se perd dans la pointe de cet organe, où il se confond avec le muscle du côté opposé. Usages. Il élève la langue en la tirant de côté, et en courbe la pointe en bas et de son côté ; les deux styloglosses la tirent en arrière, l'élargissent et en courbent la pointe directement en bas.
a.° Hyoolosse. Muscle mince et aplati, qui se porte de Fos hyoïde à la partie latérale de la langue. Il naît par trois portions, qui ont aussi 'été décrites comme trois muscles particuliers; savoir: le bosioglosse, provenant du corps de Vos hyoïde;