CHAPITRE XI
Organes urinaires et génitaux de F homme. l
Les voies urinaires et les organes de la génération étant étroitement unis, nous croyons devoir les décrire ensemble.
Art. 1.** Capsules surrénales ou atrabilaires.
Ces corps, au nombre de deux, sont placés sur les côtés de la colonne vertébrale, au-dessus des reins; leur figure est celle d'un casque aplati; leurs faces antérieure et. postérieure, qui sont les plus grandes, n'offrent rien de particulier; leur face in* férieure, qui est la plus petite, est un peu concave et appuie sur l'extrémité supérieure des reins.
Les capsules surrénales sont jaunâtres au dehors, brunes i l'intérieur; leur tissu est granuleux; elles renferment une cavité aplatie, contenant une liqueur brunâtre, que l'on désignait autrefois sous le nom iïatràbile.
Les capsules surrénales n'ont pas de conduit excréteur; leurs artères viennent de l'aorte et des rénales; leurs veines s'unissent â la veine cave et aux veines rénales ; leurs nerfs proviennent des plexus rénaux.
Les usages de ces corps sont entièrement ignorés; mais ils paraissent surtout en avoir dans le fœtus, parce que chez lui ils sont proportionnellement beaucoup plus développés.
Art. a. Reins.2
Les reins sont deux organes d'un rouge brun, placés sur les côtés de la colonne lombaire, derrière le péritoine, et enveloppés par une grande quantité d'un tissu cellulaire graisseux, connu sous le nom de membrane adipeuse du rein : le rein gauche est ordinairement situé un peu plus haut que le droit; d'ailleurs ces organes présentent beaucoup de variétés, relativement à leur situation; quelquefois ils sont réunis en fer à cheval par leurs extrémités inférieures. Le rein a la forme d'une fève, en sorte qu'on y distingue deux faces, un bord convexe et un bord cou-
1 J. Wilsow, Lectures on tke structure and physioL ofthe mole urinasy and genit. organs, ofthe human body. Lond-, 1821.
2 Scbumlahsky, De structura renum. Strasbourg, 1782, in- 4.* •▼«€ fi g.
C. W. Eybehh ardt , De structura renum microscopica. Berl., 1818. — Idem, Meckets 4rchipy tom. VIII, pag. 218.
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cave; à ce dernier on remarque le hile ou la scissure du rein, par où pénètrent les vaisseaux.
Le rein est enveloppé par une tunique propre, de nature fibreuse, qui, arrivée à la scissure du rein, se réfléchit sur les vaisseaux qui y pénètrent, et en accompagne la distribution dans l'intérieur de ce viscère.
Les artères rénales se séparent de l'aorte à angle droit : elles sont souvent doubles, quelquefois quadruples; les veines s'unissent à la veine cave; il n'est pas rare non plus de les voir multiples. Les lymphatiques forment une couche superficielle, qui se compose de très-peu de vaisseaux, et une couche profonde plus considérable; ils s'unissent aux lymphatiques du plexus lombaire. Les nerfs proviennent du petit splanchnique et du plexus solaire.
On distingue dans le rein deux substances : l'une, externe, corticale , glanduleuse ou granulée; l'autre, interne, médullaire ou tubuleuse. La substance corticale occupe tout l'extérieur du viscère; elle a environ deux lignes d'épaisseur, et elle forme vers l'intérieur du rein des cloisons qui embrassent la substance tu-, buleuse. La substance corticale est d'un rouge brun; elle se compose d'un lacis de vaisseaux artériels et veineux, entortillés les uns avec les autres, qui se ramifient sur des conduits excréteurs d'une excessive ténuité, également entortillés, appelés conduits de Ferrein On remarque en outre dans la substance corticale, des grains extrêmement petits, réunis en grappes, et que l'on avait, peut-être à tort, considérés comme des glandes. La substance tubuleuse est jaunâtre; elle forme douze à dix-huit cônes, dont la base, dirigée vers la périphérie du rein, est embrassée par les cloisons que lui forme la substance corticale, et dont les sommets sont dirigés vers le hile du rein, où ils se terminent par des mamelons, qui proéminent dans la cavité des calices. Ces mamelons avaient été décrits comme une substance distincte sous le nom de substance mamelonnée; mais à tort, parce qu'ils ne sont que la continuation de la tubuleuse. Cette substance tubuleuse se compose d'une multitude de conduits excréteurs, appelés conduits de Bellini, dont la direction est droite, et qui se continuent sans interruption avec les conduits de Ferrein; ils ne sont donc que les conduits de Ferrein redressés. Ceux de Bellini se réunissent peu à peu, à mesure qu'ils approchent de la pointe des mamelons, en sorte qu'ils y sont beaucoup moins nombreux qu'à la base des cônes. Non-seulement ces tubes s'unissent dans chaque cône , mais il n'est pas rare de voir deux ou trois de ces
5Î4 SPLANCHNOTOMIE.
derniers se confondre de manière à se terminer par un mamelon commun. ■
Les mamelons sont embrassés par des canaux membraneux , Appelés calices, dont le nombre varie de six à douze, parce que souvent deux mamelons s'ouvrent dans un même calice. Tous ces calices s'unissent pour former un réservoir, appelé bassinet, situé dans le bile du rein, et duquel se continue l'uretère, canal membraneux, du calibre d'une plume à écrire, qui descend de dehors en dedans pour s'enfoncer dans le petit bassin, où il pénètre dans le bas-fond de la vessie. Les uretères sont placés derrière le péritoine; ils passent par-dessus les muscles psoas, croisent la direction des cordons spermatiques, et ne s'ouvrent dans la vessie qu'après avoir cheminé pendant l'espace d'un pouce, entre les membranes musculeuse et muqueuse de ce réservoir. Les calices, le bassinet et l'uretère se composent de deux tuniques: l'externe est forte et fibreuse; l'interne, muqueuse, est lisse, mince, et se continue en bas avec la muqueuse de la vessie; en haut elle envoie des prolongemens extrêmement déliés dans chacun des orifices des conduits de Bellini, qui se remarquent sur l'extrémité des mamelons.
Les reins sont les organes sécréteurs de l'urine; cette sécrétion paraît se faire dans la substance corticale; des conduits de Ferrein elle passe dans ceux de Bellini , et elle suinte de l'extrémité de ces conduits dans les calices, comme on peut s'en assurer par la pression, qui en fait sortir des gouttelettes. Des calices, l'urine passe par les bassinets et les uretères dans la vessie.
Art. 3. Vessie.
La vessie est un réservoir membraneux, situé dans le petit bassin, derrière les pubis, devant et au-dessus du rectum La vessie a une forme ovoïde; son extrémité la plus large, appelée le bas-fond, est dirigée en bas; c'est là que les uretères viennent s'y ouvrir. L'extrémité supérieure, ou lifond de la vessie, se continue avec un cordon fibreux, qui se dirige derrière la ligne blanche vers l'ombilic; ce cordon est le reste de Youraque, canal qui n'existe que dans l'embryon. Deux autres cordons ligamenteux se voient sur les faces latérales de la vessie; ils sont les restes des artères ombilicales, par lesquelles se faisait la circulation fœtale; comme l'ouraque, elles se dirigent vers l'ombilic La face postérieure et une petite portion des faces latérales sont tapissées par le péritoine, qui du rectum remonte vers la
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paroi antérieure de l'abdomen. La face antérieure de la vessie n'est pas recouverte par le péritoine ; vers la partie inférieure de cette face les parois de ce réservoir s'épaississent, et se prolongent en entonnoir pour former le col de la vessie, qui n'est par conséquent point situé à la partie la plus déclive de cette poche.
La vessie est formée de plusieurs tuniques : la plus externe ou tunique péritonéale n'en recouvre que la face postérieure et une petite portion des faces latérales; elle adhère, par du tissu cellulaire très -lâche, à la tunique musculeuse, qui se compose elle-même de deux couches. Les fibres de l'externe sont longitudinales; elles étaient connues autrefois sous le nom de musculus detrusor urinœ : la couche interne est formée par des fibres transversales et obliques, surtout nombreuses vers le col de la vessie, où elles sont désignées sous le nom de muscle sphincter de la vessie. Sous la tonique musculeuse on trouve la celluleuse ou nerveuse, formée par un tissu cellulaire blanc et soyeux; elle est parcourue par beaucoup -de vaisseaux sanguins, et elle adhère fortement à la tunique musculeuse et à l'interne. La tunique interne, muqueuse ou veloutée, n'a reçu ce dernier nom que par analogie, car elle n'a pas de villosités; elle est molle, pulpeuse et lubrifiée par du mucus , qui est sécrété par de nombreuses glandes muqueuses. Ces glandes sont tellement petites, qu'on ne peut guère les apercevoir dans l'état sain ; mais elles deviennent très- apparentes quand elles viennent à se gonfler. La membrane interne de la vessie se continue en avant avec celle de l'urètre et en arrière avec celle qui tapisse les uretères. '
A l'intérieur, on remarque au bas-fond de la vessie un espace triangulaire et un peu saillant, appelé trigone vésical; les deux angles postérieurs du trigone correspondent aux orifices des uretères; son angle antérieur se prolonge dans le col de la vessie, et y forme une saillie arrondie, appelée luette vésicule, qui se continue plus en avant avec le vérumontanum, comme nous le dirons plus bas.
Les artères vésicales sont fournies par les hypogastriques; les veines forment le plexus vésical, très-considérable, qui se jette dans les veines hypogastriques. Les nerfs proviennent du plexus hypogastrique.
i Dan* les cat de rétention d'urine, il arrive souvent que les fibres de I* tunique musculeuse s'éraillent et permettent a la tunique celluleuse et a Tinterne de faire hernie au dehors. On remarque alors à la face externe de cet vessies -là des appendices diaphanes, arrondis, de différentes grandeurs, et qui deviennent très-apparens quand la vessie est insufflée.
336 SPLANCTOOTOMIE.
L'urine, dont la sécrétion se fait d'une manière continue, est retenue pendant quelque temps dans la vessie ; pendant ce séjour elle y devient plus concentrée par l'absorption d'une partie de son eau. L'urine est expulsée de la vessie par la contraction de la tunique musculeuse, à laquelle vient s'ajouter celle des mus* clés du bas-ventre ; mais en même temps les fibres musculeuses qui entourent le col de la vessie se relâchent, en sorle qu'il y a antagonisme d'action entre ces fibres et celles qui enveloppent le reste de l'organe.
Art. 4- Des testicules et de leurs annexes. l
Suspendus à la partie antérieure du bassin, au-dessous de la verge et entre les cuisses, les testicules sont entourés de plusieurs enveloppes.
1 .° Scrotum ou peau des bourses. Cette enveloppe extérieure est formée par la peau, qui se distingue par sa couleur foncée, par des rides transversales et par une ligne saillante étroite, située sur la ligne médiane , appelée raphé. Cette peau est trèsélastique; elle est recouverte par une assez grande quantité de poils.
a.0 Dartos. On appelle ainsi deux poches, formées par nu tissu cellulaire blanc, soyeux, élastique, très -contractile, toujours dépourvu de graisse; chacune de ces poches enveloppe son testicule, et sur Ta ligne médiane elles adhèrent l'une à l'autre, en y formant ainsi la cloison du dartos. Le dartos n'existe pas avant la descente du testicule, et il parait formé par l'épanouissement du gubernaculum testis y comme nous le dirons en parlant de l'anatomie du fœtus.
3.° Tunique fibreuse. Elle est située à l'intérieur du dartos ; ordinairement elle est très-mince, et ne devient bien apparente que dans les cas de hernie ou d'hydrocèle. Cette tunique se continue du pourtour de l'anneau inguinal, et parait formée par
1 J. E. Neu baveii, De tunicis vaginalibus testis et funiculi spermatici. Giesen, 1767, in-4.% avec fig.
A. Moimo , Description of the séminal vessels. Edimbourg. Essays and obser*. physiot. et litterary, vol. I, pag. 396, avec fi g. — Ej. De testibus et de semine in variis animalibus. Édimb. , 1755. — Ej. Of the séminal ducts; Obserç. anat. and physiol. wherein D. Hunier' s daim for some dise, is examined. Zfr., 1758.
A. Coofer , Observations on the structure and the diseases of the testis. Lond. , 1830, in-4.% arec fi g.
E. A. Làuth, Mémoire sur le testicule humain. Strasbourg, 1832, in-4.% avec fig.; extrait du Recueil des mémoires de la Société du muséum d'histoire naturelle de Strasbourg, tom. 1."
ORGANES URINÀJRES ET GÉHTT. DE L HOMME; TESTICULES. 33 j
les fibres de l'aponévrose du muscle oblique externe et par le fascia super ficialis > entraînés par le testicule pendant sa descente.
4.° Crémaster, tunique musculeuse ou èrythrpïde. Cette couche se compose de fibres rougeàtres, évidemment continuées du bord inférieur des muscles oblique interne et transverse ; quoique le crémaster soit* toujours visible» il est beaucoup plus apparent dans les cas de hernie.
5.* Tunique celluleuse ou tunique vaginale commune au cor* don et au testicule; placée en dedans du crémaster; extrême* ment mince dans l'état naturel, plus apparente dans les cas de hernie; elle se continue avec \t fascia transversalis et avec des fibres qui tapissent en dehors le péritoine, et qui ont reçu le nom de fascia propria.
6.° Tunique vaginale ou séreuse, tunique vaginale propre du testicule; mince, transparente, continuée du péritoine. Comme toutes les séreuses, elle se compose d'une poche sans ouverture, qui, après avoir entouré le testicule sans y adhérer, forme en arrière un pli proéminent dans la cavité et entre les feuillets duquel le testicule est placé avec l'épididyme, en sorte qu'ils ne sont pas réellement contenus dans la cavité On retrouve donc ici la même disposition que dans le péricarde, par exemple. Nous verrons dans l'embryotomie comment le testicule sort du bas-ventre ; il nous suffit de dire ici que la cavité de la tunique vaginale communiquait librement dans le principe avec celle du péritoine, en enveloppant le testicule et son cordon, mais que le canal qui résultait de cette disposition, s'est oblitéré peu à peu depuis l'anneau inguinal jusque vers le testicule, en sorte que dans l'adulte la tunique vaginale peut être considérée comme une séreuse séparée; on trouve cependant encore un filament celluleux, qui unit la tunique vaginale au péritoine en passant par l'anneau, et qui est la trace du canal oblitéré.
7/ Tunique albuginée. Elle est l'enveloppe propre du testicule; en dehors elle est recouverte par la lame réfléchie de la tunique vaginale, qui lui adhère fortement. La tunique albuginée est blanche, dense, fibreuse, épaisse; elle envoie dans l'intérieur du testicule des cloisons fibreuses et des filamens multipliés, destinés à soutenir les parties délicates qui entrent dans la composition de cet organe.
Les testicules sont deux corps ovoïdes, un peu comprimés latéralement, enveloppés dans les poches que nous avons décrites, et dont la tunique immédiate est l'albuginée On y distingue le testicule proprement dit, ovoïde, elVépididyine, corps
338 SPLAHCHNOTOMIE.
oblong recourbé, qui commence à la partie supérieure interné du testicule» descend jusqu'à sa partie inférieure le long du bord supérieur et postérieur, et se recourbe ensuite sur lui-même pour former le canal déférent
La substance du testicule est molle, pulpeuse, jaunâtre, formée par plus de 800 canaux très-ténus, entortillés les ilns avec les autres, en sorte qu'on peut les dévider comme des pelotons de fil. Ces canaux portent le nom de vaisseaux séminifères. Leur calibre moyen est de '/,4f de pouce lorsqu'ils sont injectés ' ; la longueur de chacun d'eux est, terme moyen, de a 5 pouces, la longueur de tous ces conduits supposés réunis serait donc dans un testicule du volume moyen, de 1750 pieds. Ces canaux ne sont toutefois pas isolés, mais ils forment entre eux une foule d'anastomoses, en sorte que leur réunion constitue un vaste réseau. Outre ces canaux séminifères on voit encore des vaisseaux sanguins et des nerfs pénétrer dans le testicule. L'artère sperroatique provient de l'aorte; la veine, de la veine rénale; les nerfs, des plexus rénaux et en partie, suivant quelques anatomistes, du plexus hypogastrique. Ces vaisseaux et nerfs concourent à la formation du cordon spermatique, qui descend de dedans en dehors, derrière le péritoine, en croisant l'uretère, et s'unit près de l'anneau inguinal interne au canal déférent : ce cordon traverse ensuite le canal inguinal et l'anneau inguinal externe, pub il se dirige en bas et un peu en dedans, pour se rendre à la partie supérieure du testicule. Les vaisseaux et nerfs se divisent à l'infini dans l'intérieur du testicule, en se ramifiant sur les parois des vaisseaux séminifères. Chacun des vaisseaux séminrfères est pelotonné sur lui-même, de manière à former un lobule; les lobules sont en partie séparés et soutenus par les prolongemens internes de l'albuginée. Ces vaisseaux séminifères se réunissent vers le bord supérieur du testicule en un nombre indéterminé, mais toujours considérable, de canaux très-courts, non infléchis, un peu plus gros que les vaisseaux séminifères, et appelés vaisseaux droits. Ceux-ci à leur tour se terminent dans le rete testis9 plexus formé par des conduits de */„ de pouce d'épaisseur environ. Ce rete occupe les % internes du bord supérieur du testicule, endroit où il est logé dans un prolongement blanc et fibreux que l'albuginée envoie vers l'intérieur de l'organe.
1 Le calibre moyen de ces conduits non injectés est de '/N de pouce. Tontes les autres mesures que nous donnons sont prises sur des canaux injectés tla mercure , et par conséquent un peu distendus.
ORGANES tJRINAIRES ET GOUT. DE l/ HO MME; TESTICULES. ZAg
L'ensemble du rete et du prolongement de l'albuginée qui le loge, a reçu le nom de corps dxHighmor.
L'extrémité interne du rete iestis donne naissance aux vais* seaux efférens, dont le nombre varie de 9 à 3o. Ces conduits, d'abord droits et du calibre de lju de pouce environ, s'infléchissent de plus en plus en se pelotonnant sur eux-mêmes, de manière à prendre chacun une forme conoïde dont le sommet correspond au rete et la base à l'épididyrae; aussi ont -ils reçu le nom de cônes vascalaires; mais le canal lui-même qui les constitue, loin de s'élargir en cône, se rétrécit an point de ne plus avoir à son insertion dans l'épididyme qu'un calibre moyen de '/l5tf de pouce. Chacun de ces cènes vascul aires, qui dans sa posn tion naturelle est à peine long de 6 lignes, aurait environ y pouces 4 lignes de longueur, s'il était redressé. Ces cènes vasculaires s'unissent successivement au canal de l'épididyme, non pas dans le même point, mais de manière à ce que, si les nombreuses inflexions de ce canal étaient redressées, il y aurait '/, jusqu'à 6 pouces d'intervalle entre chaque point d'insertion.
Le canal de l'épididyme est régulièrement replié sur lui-même au moyen de quatre séries d'inflexions. Il n'est nullement ramifié; redressé, il a nne longueur moyenne de 19 pieds 4 pouces. On distingue dans l'épididyme deux extrémités un peu plus épaisses que son corps: l'une, celle qui se continue avec le corps d'Highraor, porte le nom de tête; l'autre, celui de queue. Dans son corps, le canal de l'épididyme a un calibre moyen de '/„ de pouce; dans la queue le calibre n'est que de /y(5 de pouce, tandis que dans la tète il est souvent un* peu plus fort que dans le corps.
Le canal de l'épididyme reçoit assez souvent un appendice qui s'unit à lui vers sa fin : cet appendice commence par une extrémité borgne; il est le plus souvent entortillé sur lui-même et il renferme du mucus qu'il verse dans le canal de l'épididyme. J'ai rencontré jusqu'à deux et même trois de ces appendices.
Le conduit qui forme l'épididyme, arrivé à l'extrémité externe du testicule, y devient peu à peu plus volumineux, moins flexueux, change de direction en se portant directement en haut et prend le nom de canal déférent; ce canal quitte le testicule, devient entièrement droit, accompagne le cordon spermatique jusqu'à l'anneau inguinal interne, puis abandonne le cordon- et descend dans le fond du petit bassin, le long de la face latérale de la vessie, en convergeant vers le canal du côté opposé. A la partie inférieure de la vessie il donne naissance à la vésicule séminale.
340 SPLAHCHNOTOMIE.
Le, conduit déférent a une ligne de diamètre dans la majeure partie de son étendue, et davantage à sa partie inférieure; ses parois sont dures, épaisses, et son canal est assez fin. Il est formé de deux tuniques : une externe, dure, fibreuse, jaunâtre, et une interne, muqueuse, blanchâtre, qui se continue avec la muqueuse de l'urètre.
Les vésicules séminales, au nombre de deux, sont situées obliquement entre le bas-fond de la vessie et le rectum, au devant des uretères. Les vésicules séminales naissent du côté externe de la fin des canaux déférens; elles sont très-rapprochées l'une de l'autre à cet endroit; en arrière elles s'écartent Elles ont deux pouces à deux pouces et demi de longueur, sur six â huit lignes de largeur. Ces vésicules ne sont autre chose que des appendices des canaux déférens, longs de quatre à cinq pouces, terminés par un cul-de-sac un peu élargi , présentant de petites ramifications et formant des flexuosités, entre lesquelles se trouve du tissu cellulaire serré qui les retient, de manière à faire paraître ces appendices beaucoup plus courts qu'ils ne sont réellement. Ces flexuosités se reconnaissent au dehors par des bosselures. A l'intérieur les vésicules séminales présentent l'apparence d'une cavité irrégulière, formée de cellules adossées les unes aux autres, communiquant ensemble, et qui sont dnes aux flexuosités des canaux qui constituent ces réservoirs.
Le conduit qui donne naissance à la vésicule séminale se détache du canal déférent dans une direction rétrograde; mais du même point part un autre conduit, appelé canal éjaculateur, ,qui peut être considéré comme la continuation directe du canal déférent et de la vésicule séminale. Ce canal éjaculateur n'a que quelques lignes de long; il se porte en avant en convergeant avec cefui du côté opposé, traverse la glande prostate et s'ouvre dans le canal de l'urètre sur le sommet du vérumontanum , immédiatement vis-à-vis de celui du côté opposé. C'est par ces orifices que la membrane muqueuse de l'urètre pénètre dans les conduits déférens et dans les vésicules séminales , pour en tapisser l'intérieur.
Les testicules sont les organes sécréteurs du sperme; cette liqueur, après avoir parcouru toutes les circonvolutions des vaisseaux séminifères et de l'épididyme, est transmise aux vésicules séminales par les canaux déférens. Là le sperme séjourne jusqu'au moment de son émission; il y est mêlé aux mucosités sécrétées par ces réservoirs, et en même temps il y devient plus «Épais par l'absorption d'une partie de l'eau qui entre dans sa