ORGANES URI5AIBES ET G&IT. DE LEOMME; PROSTATE
composition. Enfin, dans l'acte 4e la copulation, le sperme passe dans l'urètre en traversant les conduits éjaculateurs.
Art. 5. Prostate.1
La prostate est un anneau dur et glanduleux, entourant le col de la vessie et le commencement de l'urètre, et qui a à peu près le volume et la forme d'une châtaigne. L'extrémité supérieure de la prostate est rétrécie et arrondie, l'inférieure est large et aplatie : là la prostate forme des deux côtés de légères saillies, qui constituent les lobes latéraux.
Le col de la vessie et le canal de l'urètre ne traversent pas le centre de la prostate : ils sont un peu plus rapprochés de son extrémité supérieure que de l'inférieure. Quelquefois même, mais plus rarement, le canal de l'urètre est simplement logé dans une gouttière profonde creusée dans la partie supérieure de la prostate.
Dans l'intérieur du col de la vessie on voit quelquefois proérainer une partie de la prostate, appelée son troisième lobe', ce lobe s'élève de la paroi inférieure du col de la vessie, et l'on conçoit qu'il peut en rétrécir et même oblitérer la cavité, s'il vient à se développer outre mesure.
Sur la paroi inférieure de la portion du canal de l'urètre qui traverse la prostate, on remarque une crête saillante, longitudinale, comprimée latéralement, continuée de la luette vésicale, et appelée vérumontanum ou crête urétrale; c'est au sommet de cette crête que s'ouvrent les canaux éjaculateurs , et des deux côtés il y a de petites fossettes, dans lesquelles s'ouvrent les conduits excréteurs de la prostate.
La prostate est enveloppée par un tissu cellulaire dense, entremêlé de fibres aponévrotiques ; les grains glanduleux qui la composent sont entourés par un tissu fibreux serré : ils donnent naissance à dix ou douze canaux excréteurs, qui s'ouvrent par de très-petits orifices dans les fossettes que l'on remarque des deux côtés du vérumontanum, et qui versent, pendant l'acte de la copulation, une humeur visqueuse, destinée à lubrifier les parties et à se mêler au sperme, auquel elle sert de véhicule.
1 E. Homi, On the discoçerjr of small a lobe ofthe prost. gland. Phil trans., 1806, pag. 195, avec fi g. — Ej.' Pract. obserç. on the treatment ofthe dis, of the prost. gl. Lond., 1811 , trad. par L. Marchaut. Paris, 1820.
34^ SPLANCB HOTOMIE.
Art. 6. Verge ou pénis. 1
La verge est l'organe de la copulation chez l'homme ; elle est située au devant des pubis et du stxotum. Dans l'état de flaccidité, la verge est à peu près cylindrique, et elle pend alors au devant des bourses; dans l'état d'érection , au contraire , elle prend la forme d'un prisme triangulaire, dont les bords sont arrondis, et elle est alors dirigée en haut et en avant, en décrivant une courbe , dont la convexité est dirigée en bas et en avant
La verge se compose en avant ou en haut de deux corps caverneux, et en bas ou en arrière du canal de V urètre, qui, par leur réunion, lui donnent sa forme prismatique. A son extrémité antérieure elle forme un renflement, qui est le gland. La verge est enveloppée par une peau mince, élastique; audessous de cette peau se trouve un tissu cellulaire soyeux et souple, dans lequel il ne se dépose jamais de graisse, et qui, par sa laxité, permet à cette enveloppe de se mouvoir facilement sur la verge. Cette peau , quand elle est arrivée près du gland, quitte la verge et se continue par-dessus le gland sans y adhérer, mais de manière â lui former un étui ouvert en avant, qu'on appelle prépuce. La peau de ce prépuce se replie sur elle-même vers l'intérieur, en changeant de caractère, et arrivée au gland, ejle le recouvre dans toute son étendue et lui adhère d'une manière intime; elle se réfléchit enfin dans l'intérieur du canal de l'urètre, en se continuant avec la membrane muqueuse qui le tapisse. Au-dessous du gland cette membrane forme un repli longitudinal, appelé frein du gland. Les deux lames qui forment le prépuce étant unies par un tissu cellulaire très-lâche, elles peuvent être écartées momentanément l'une de l'autre, ce qui permet de tirer le prépuce en arrière pour découvrir le gland.
On appelle dos de là verge, sa partie supérieure ou anté-
1 Fa. TiiDMUim, Ueber den schwammigen Kôrper der Ruthe des Fferdes. Meckel 's Archiv , tom. II, pag. 95.
Moreschi,. De uretra corporis gtandisque structura , elc. Milan, 1817. MeckeFs Archiv, tom. V, pag. 403.
J. Shaw, Ueber den Bau des hàutigen Theiles der ffarnrohre, dans Mèche? s Archiv, tom. V, pag. 393. — Le mémoire original te trouve dans Medicoehirurg. irans,, vol. X, 181 9, pag. 339, avec fi g.
Amussat, sur l'urètre de l'homme et de la femme. Arch. gén. de médecine, tom. JV, pag. 31 et 547, avec fig.
"VV. CowfEa, Gfandularum quœrund- nuper dêlecl. descr. Lond., 1702, iu-4.% avec fig.
•RGAKES URIKAIRES ET GÉNITAUX DE I*'hOMME; VERGE. 343
rieure; on y remarque le ligament sus-penseur de la verge, lame fibreuse, triangulaire, qui d'une part s'attache aux pubis et se continue avec le pilier interne de l'anneau inguinal, et d'autre part s'insère sur la ligne médiane du dos de la verge.
Les corps caverneux forment la plus grande partie de la verge; écartés en arrière, où ils s'attachent par leurs racines à la branche montante de l'ischion et à la branche descendante du pubis, ils se collent l'un contre l'autre en avant, de manière à former, par leur réunion, «m cylindre aplati de haut en bas. En avant, les corps caverneux cessent i l'endroit où commence le gland, auquel ils adhèrent. Les corps caverneux sont entourés par une membrane Jibreuse dense et épaisse: là où ib sont placés l'un à côté de l'autre, ils sont néanmoins séparés par la membrane d'enveloppe, qui forme de cette manière la cloison des corps caverneux. Cette cloison n'est cependant pas complète; elle est criblée d'ouvertures qui font communiquer les deux corps caverneux. La membrane qui entoure les corps caverneux envoie dans leur intérieur une foule de lames, qui y forment des cloisons destinées à soutenir le tissu de ces corps. Ce tissu, appelé caverneux, spongieux ou érectile, est essentiellement vasculaire : les dernières extrémités des artères y forment des dilatations qui donnent naissance aux veines ; c'est dans ces dilatations, qui ont à tort été prises pour des cellules particulières, que le sang s'accumule pendant l'érection.
L1 urètre est un canal commençant au col de la vessie, Couvrant à l'extérieur au sommet du gland et servant à transmettre au dehors les urines et le sperme. On divise l'urètre en plusieurs portions : la première en partant de la vessie est la portion prostatique; elle a dix â quinze lignes de longueur; comme son nom l'indique, elle est entourée par le tissu de la prostate. Au devant de la partie prostatique on trouve la portion membraneuse, longue de huit à dix lignes, et placée à six lignes environ audessous de l'arcade des pubis, où elle traverse une cloison fibreuse étendue entre les branches de l'arcade. Après celle-ci vient la portion bulbeuse, qui forme un renflement considérable, dirigé en bas et en arrière, et dont l'extrémité est placée à dix ou douze lignes au devant de l'anus. Ce bulbe se continue en devant avec la portion spongieuse, en diminuant peu à peu de volume. Cette portion spongieuse est placée au-dessous des corps caverneux, dans une légère gouttière qui résulte de leur adossement. Tout* à-fait en avant la portion spongieuse augmente considérablement de volume pour former le gland; l'endroit où il commence est
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appelé la base ou la couronne du gland. Cette couronne présente diflérentes aspérités; les unes sont dues à des papilles sensitives, et les autres, beaucoup plus apparentes , appartiennent à des glandes sébacées qui sécrètent une humeur jaunâtre et odorante. Sur le sommet du gland est l'orifice de l'urètre, et au-dessous on trouve un sillon dans lequel est implanté le frein. Depuis le bulbe jusqu'à l'extrémité du gland , l'urètre a une longueur de 3 pouces 3 lignes jusqu'à 4 pouces 6 lignes. Toutes ces mesures sont prises sur l'urètre à l'état de flaccidité, non détaché du corps et non tiraillé, en sorte qu'alors la longueur totale du canal varie entre 5 pouces et 6 pouces et y, . Mais elle augmente beaucoup si l'on isole le canal et qu'on le tire en longueur.
Le canal de l'urètre est recouvert en dehors par une mem* brane fibreuse beaucoup plus mince que celle des corps caverneux; en dedans il est tapissé par une membrane muqueuse, qni se continue d'une part avec celle qui entoure le gland, et qui d'autre part se confond avec la muqueuse de la vessie et des canaux éjaculateurs. Entre ces deux membranes il existe un tissu spongieux, semblable à celui des corps caverneux, mais dont les dilatations vasculaires sont moins considérables et qui est parcouru par un nombre prodigieux de vaisseaux lymphatiques. Ce tissu spongieux ne se trouve pas dans la portion prostatique, et on l'aperçoit à peine dans la portion membraneuse; mais dans la portion spongieuse proprement dite il est très-développé, et il offre encore plus d'épaisseur à l'endroit où il forme le bulbe, de même qu'à son extrémité, où il grossit pour former le gland.
Entre le corps spongieux dont nous venons de parler et la membrane muqueuse, on trouve une couche très -mince d'un autre tissu également spongieux, mais qui ne communique pas avec le premier; il a reçu le nom de corps spongieux interne; on le trouve surtout dans la portion membraneuse de l'urètre.
L'intérieur du canal de l'urètre n'a pas partout les mêmes dimensions; évasé là où il se continue avec le col de la vessie, il se rétrécit bientôt, puisse dilate de nouveau dans la prostate; sa portion membraneuse est étroite, sa portion bulbeuse et spongieuse est de nouveau uniformément dilatée; au niveau de la base du gland commence un rétrécissement trèsrpeu apparent, suivi d'une dilatation appelée fosse luwiculaire, et qui communique à l'extérieur par une ouverture très-rétrécie.
La muqueuse qui revêt le canal de l'urètre est criblée de petites ouvertures appelées lacunes de Morgagni, et qui sont les «silices des glandes de LiUre, petits grains glanduleux qui y