‹ Nouveau manuel de l'anatomiste, comprenant la description succincte de toutes les parties du corps humain et la manière de les préparer; suivie de préceptes sur la confection des pièces de cabinet et sur leur conservationChapitre 157 sur 297 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Mamelles.

Les mamelles sont des organes situés sur les parties latérales de la poitrine, un peu vers la face antérieure; elles ont une forme à peu près demi-sphérique, se prolongeant légèrement en cône par leur partie mojenne.

La mamelle est formée par la glande mammaire, entourée d'une grande quantité de graisse et lecouverte par une peau fine, qui prend une teinte rosée vers le milieu de la mamelle, en y formant un cercle, appelé aréole. Dans les femmes adultes la couleur de l'aréole passe du rose au rouge-brun. Au-dessous de l'aréole on voit souvent proéminer des granulations, qui sont des glandes sébacées, destinées à oindre la peau fine de cette partie. Au sommet de l'aréole on remarque le mamelon ou la papille, tubercule très-peu prononcé dans les filles, et plus ou moins alongé dans les* femmes qui ont allaité. Cest sur cette papille que viennent s'ouvrir les conduits excréteurs de la glande. Le tissu de la papille et de l'aréole est spongieux, ce qui rend ces parties susceptibles d'entrer en érection..

La glande mammaire se compose de quinze à dix-huit lobes, unis entre eux de telle sorte qu'il est impossible de les distinguer au premier aspect. Chacun de ces lobes se compose d'une foule de granulations, semblables à celles des glandes salivaires, et dont les conduits excréteurs vont s'unir pour former un conduit commun, appelé vaisseau galactophore ou lactijere, qui ne communique en aucune façon avec les conduits des autres lobes. Il y a donc autant de conduits galactophores que de lobes de la glande mammaire. Ces conduits sont extrêmement minces et extensibles; ils ont une marche très-tortueuse, et arrivés près dé la base du mamçlon, ils y forment une dilatation ou sinus, qui s'ouvre à l'extrémité du mamelon par un canal très-étroit

Les artères des mamelles proviennent des mammaires internes, des intercostales et des thoraciques. Les veine* suivent la même marche; mais, en outre, elles forment des réseaux superficiels qui communiquent avec les jugulaires externes et les céphaliques.

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Les lymphatiques se rendent les uns dans les glandes axillairesfles autres accompagnent les vaisseaux mammaires internes. Les nerfs proviennent des intercostaux et des thoraciques.

Cette description ne se rapporte qu'à la femme; car dans l'homme la mamelle n'est que rudimentaire. Au lieu de glande» on ne trouve le -plus souvent qu'un peu de tissu cellulaire soyeux sous l'aréole : celle-ci est ordinairement assez développée; mais le mamelon est extrêmement petit.

Les glandes mammaires sont les organes sécréteurs du lait. Si l'aréole et le mamelon entrent en érection sur une femme qui allaite, on voit le lait jaillir an loin, en formant des jets, dont le nombre dépend de celui des conduits galactopWes.

Préparation. Après avoir étudié la conformation extérieure des mamelles, on procède a l'étude de leur organisation intérieure: on enlève à Cet effet la peau et la graisse de dessus une des mamelles pour découvrir la glande et ses conduits excréteurs ; ceux-ci sont très-minces , eu sorte qu'il est bien difficile de les trouver ; le meilleur moyen pour les mettre à découvert, c'est l'injection. Pour cela on détache une ma-' melle , en emportant toutes les parties molles qui recouvrent un côté de la poitrine jusque vers Paissélle , et on la plonge dans de Peau tiède. Après l'y avoir laissée pendant quelque temps, on lave très-exactement l'extrémité du mamelon avec de l'eau savonneuse pour en. enlever toute la matière sébacée qui bouche les orifices des conduits, etPon introduit dans chacun de ces orifices une soie de porc qui servira a les distinguer les uns des autres, chaque conduit devant être injecté séparément. On place ensuite un tube fin dans un des orifices en le maintenant avec les doigts, etPon injecte $ quand la matière à injection est figée» on passe a un second conduit, et ainsi de suite. Cette manière de procéder permet toujours de distinguer les conduits injectés de ceux qui ne le sont pas encore, parce que les soies sont introduites dans ces derniers. En plaçant les tubes , il faut avoir soin de ne pas les enfoncer trop profondément» de crainte de déchirer les conduits. On passe ensuite à la dissection de la glande en travaillant avec beaucoup de précaution là où se trouvent les conduits, dont la marche est très-tortueuse, ce qui les expose a être facilement coupés. Si tous les conduite de la glande n'ont pas été injectés, on voit alors les lobes injectés de la glande alterner avec ceux qui ne le sont pas, ce qui prouve bien que les conduits ne communiquent pas entre eux.

On peut encore injecter les vaisseaux galactophores, après avoir placé des soies dans les conduits, si Pon enlève avec précaution la peau fine de l'aréole; on distinguera en cet endroit les vaisseaux par les soies qui y ont été introduites; on les ouvre pour y placer des tubes, que Pon fixe comme dans les injections ordinaires.

Pour l'injection des artères et des veines , on choisira une femme morte pendant l'allaitement: ces vaiss eaux sent alors beaucoup plus développés que dans l'état ordinaire.

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