‹ Nouveau manuel de l'anatomiste, comprenant la description succincte de toutes les parties du corps humain et la manière de les préparer; suivie de préceptes sur la confection des pièces de cabinet et sur leur conservationChapitre 159 sur 297 · AT0MIE GÉNÉRALE DES NERFS · texte numérisé non relu

AT0MIE GÉNÉRALE DES NERFS

tl est difficile de savoir si les tubes nerveux restent isolés dan» tonte leur longueur : en n'examinant que les filets nerveux ou assemblages de tubes, on observe qu'ils s'unissent de distance en distance aux filets voisins; d'autres fois un filet unique se divise en deux. Mais la question est de savoir si les tubes euxmêmes se réunissent entre eux, ou se divisent de nouveau ; en un mot, s'il y a communication entre les cavités des tubes. Noua, n'avons jusqu'à présent rien observé de semblable dans nos propres recherches microscopiques ; mais Ehrenberg annonce avoir remarqué, rarement, il est vrai, des réunions ou des dichotomies des tubes qui composent la substance du cerveau.

Dans leur trajet, les nerfs se divisent en branches et en rameaux; ces divisions ne sont cependant que de simples séparations des cordons ou de$ filets qui composent le nerf, et l'on peut souvent les poursuivre beaucoup plus haut qu'elles ne paraissaient d'abord pouvoir se faire ; on ne peut donc pas comparer ces divisions à celles des vaisseaux. Le plus souvent les nerfs se divisent à angle très-aigu.

Les nerfs se réunissent de différentes manières : par les anastomoses, par lies plexus et par les ganglions.

L 'anastomose pst la réunion de deux nerfs entre eux, à angle plus ou moins aigu; cette réunion, suivant plusieurs anatomistes, n'est pas seulement une juxta-position des fibrilles élémentaires des nerfs, mais bien une communication réelle de plusieurs d'entre Mies. Les anastomoses qui se font en arcade, portent le, nom d'anses nerveuses.

Les plexus sont des anastomoses plus compliquées, en ce qu'elles se font entre un plus grand nombre de nerfs, et qu'il en part plusieurs troncs ou rameaux nerveux. La disposition des fibrilles nerveuses dans les plexus est d'ailleurs, dit-on, la même que dans les anastomoses.

Les ganglions sont des renflemens grisâtres que Ton rencontre sur le trajet de certains nerfs , et surtout là où ces derniers se réunissent <vi se divisent. On trouve dans leur intérieur un mélange très-intime de tubes à renflemens, de tubes cylindriques et de vaisseaux sanguins; dans leurs interstices on remarque des amas arrondis, assez considérables, d'une substance grumeleuse, et en outre dans ceux du grand sympathique de petits globules semblables à ceux du cerveau, disposés sans régularité. La couleur plus foncée des ganglions est sans doute due à la grande quantité de sang qu'ils reçoivent; leur aspect homogène l'est au mélange intime des tubes et à l'existence des globules. Quoi qu'il en soit,

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la substance grise des ganglions est assimilée par -les uns à celle du cerveau ; d'autres pensent que ce n'est qu'un tissu cellulaire particulier, dans les interstices duquel est déposée une pulpe gélatineuse, rougeâtre et cendrée, dont la couleur ne dépend pas uniquement, de la quantité de sang que reçoivent ces ganglions. Les ganglions sont entourés par une membrane vasculaire et fibreuse très-dense, qui est continuée du névrilèrae.

Les ganglions sont divisés par Béclard .en deux classes : les ganglions des nerfs encéphaJorachidiens et ceux des nerfs sympaihiques : la structure de ces derniers est beaucoup plus diffuse que celle des autres, et les filets des nerfs sympathiques, qui unissent ces ganglions, participent en grande partie de leur nature; ils sont grisâtres, transparens, mous, et il est très-difficile d'y distinguer des cordons et des filets particuliers , comme dans les autres nerfs.

La terminaison des nerfs n'est pas encore bien connue ; les uns pensent qu'ils se ramifient à l'infini , en sorte qu'il y aurait un ■filet nerveux qui entre dans la composition de chaque fibre élémentaire du corps; d'autres pensent, au contraire, qu'ils se terminent dans les organes par des extrémités libres, qui agissent à distance. D'un autre côté Prévost et Dumas ont annoncé que dans les muscles les dernières extrémités des nerfs forment avec les nerfs voisins des anses anastomotiques, dont la direction est perpendiculaire à celle des fibres musculaires.

Nos propres observations nous ont souvent mis à même de remarquer ces anses nerveuses ; mais d'autres fois il nous a été impossible d'apercevoir ce retour des filets vers les troncs ; nous avons remarqué rarement que les derniers filets sont perpendiculaires aux fibres musculaires, et jamais ils sont disposés à espaces réguliers, en sorte que la théorie physiologique basée sur les as* sertions de Prévost et Dumas nous paraît être loin encore de pouvoir être considérée comme probable. Dans la rétine et dans les membranes du labyrinthe, la terminaison des nerfs optique et acoustique se fait d'une manière toute différente, en ce qu'on n'y retrouve plus des tubes nerveux, mais seulement un amas de globules, dont le volume présente quelques variations.

Les nerfs reçoivent un grand nombre de vaisseaux sanguins, qui s'y divisent ordinairement en un rameau descendant et un autre ascendant, dont la direction est ondulée et qui se distribuent dans leur intérieur.

Les nerfs encéphato-rachidiens sont plus particulièrement des- 4 m «te à transmettre aux centres nerveux les impressions du dehors

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