‹ Nouveau manuel de l'anatomiste, comprenant la description succincte de toutes les parties du corps humain et la manière de les préparer; suivie de préceptes sur la confection des pièces de cabinet et sur leur conservationChapitre 203 sur 297 · Artère linguale. Cette artère volumineuse naît de la · texte numérisé non relu

Artère linguale. Cette artère volumineuse naît de la

artère carotide externe. 449

partie antérieure de la carotide externe; rarement elle en provient en commun avec la faciale. Elle s'avance au-dessus de la grande corne de l'os hyoïde, entre le constricteur moyen et l'hyoglosse, en fournissant des rameaux musculaires; puis elle monte entre ce dernier muscle et le génioglosse vers la base de la langue, où elle donne une ou plusieurs artères dorsales de la langue, qui se distribuent au dos de cet organe et à l'épi-» glotte. L'artère linguale se divise ensuite en deux branches:

1) l'artère ranine, qui est la continuation du tronc, s'avance entre les muscles génioglosse et lingual vers la pointe de la langue, où elle s'anastomose avec la ranine du côté opposé;

2) X artère sublinguale, placée plus en dehors, passe entre les muscles génioglosse et mylo- hyoïdien, et se ramifie dans la glande sublinguale, dans lès muscles de la langue et dans la membrane muqueuse de la bouche.

4.° Artère faciale, maxillaire externe ou labiale. Elle naît communément du côté interne de la* carotide externe et audessus de la linguale; c'est la branche la plus considérable de la carotide; cependant elle présente une foule de variétés quant à son origine, son volume, et même relativement aux branches qu'elle fournit, et qui sont quelquefois remplacées par des ramifications des artères voisines.

L'artère faciale monte derrière le ventre postérieur du muscle digastrique, se loge dans une gouttière creusée dans la glande maxillaire, à laquelle elle donne plusieurs rameaux; puis elle se contourne en dehors sur la face externe de la mâchoire inférieure, au devant du muscle masséter.

Dès son origine, elle donne ordinairement V artère palatine ascendante, qui cependant est quelquefois fournie par la pharyngienne inférieure, d'autres fois par l'artère carotide externe. Cette artère palatine monte derrière le muscle stylo-pharyngien vers le voile du palais, et s'y ramifie, ainsi que dans les amygdales et dans les muscles ptérygoïdiens. Elle s'anastomose avec les artères palatines descendantes.

L'artère faciale envoie des rameaux aux muscles ptérygoïdien interne, digastrique, stylo -hyoïdien et à la glande maxillaire, et près du bord inférieur de la mâchoire elle fournit ïartère submentale, qui s'avance sur la face externe du mylo-hyoïdien, lui donne des rameaux, ainsi qu'au digastrique, et forme â la partie inférieure du menton des réseaux vasculaires, qui s'anastomosent avec les rameaux de l'artère dentaire inférieure.

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Du bord inférieur de la mâchoire, l'artère faciale s'avance vers l'angle de la bouche en formant de nombreuses flexuosités, dont partent des rameaux pour les muscles voisins; à l'angle de la bouche elle se divise en deux branches : 1) Y artère coronaire inférieure, qui s'avance le long du bord de la lèvre inférieure et s'anastomose avec celle du côté opposé; a) Y artère coronaire supérieure, qui suit une direction semblable le long du bord de la lèvre supérieure, et qui fournit en haut quelques rameaux, dont l'un, appelé artère antérieure de la cloison, monte vers la cloison du nez pour se ramifier dans la membrane pituitaire et sur le bout du nez. D'autres rameaux, appelés artères nasales latérales inférieures, montent sur l'aile du nez; d'autres, enfin, appelés artères dorsales du nez, ou artères nasales latérales supérieures, se jettent sur le dos de cet organe, où ils forment un plexus considérable; lune de ces artères arrive quelquefois jusqu'à l'angle interne de l'œil, où elle s'anastomose avec un rameau de l'artère ophthalmique.

5.° Artère occipitale. Cette artère naît du bord externe de la carotide, ordinairement au niveau de l'origine de la faciale ou de la linguale. Elle se porte d'abord en haut jusqu'à la partie postérieure de l'apophyse styloïde, puis elle se dirige en arrière entre l'apophyse transverse de l'atlas et l'apophyse mastoïde, cachée par le sterno-cléido-mastoïdiea, le splénius, le trapèze et le petit complexus; cette artère monte enfin en serpentant vers l'occiput, où elle s'anastomose avec les branches de la temporale, de l'auriculaire postérieure, et avec celles de l'occipitale du côté opposé.

Pendant ce trajet, l'artère occipitale fournit: 1) de nombreux rameaux au sterno-cléido-mastoïdien et aux muscles de la nuque; a) un rameau qui accompagne la veine jugulaire et passe dans la dure-mère en traversant le trou déchiré postérieur; 3)1 'artère stylo-mastoïdienne (quelquefois fournie par l'auriculaire postérieure), qui pénètre dans le tympan et dans le labyrinthe, en traversant le trou stylo-mastoïdien; 4) un ou plusieurs rameaux qui traversent les trous mastoïdiens postérieurs et se ramifient dans la dure-mère; 5) une branche assez considérable qui descend profondément entre les muscles de la nuque, dans lesquels elle se distribue; quelques-uns de ses rameaux s'anastomosent avec des rameaux de l'artère vertébrale et des artères cervicales ascendantes.

6.° Artère auriculaire postérieure. Elle naît de la partie postérieure de la carotide externe, à peu de distance au-dessus de l'occipitale, dont elle est quelquefois une branche. Cette artère donne des rameaux au muscle di gastrique, à la glande parotide, et se distribue dans la partie postérieure du pavillon de l'oreille et sur l'apophyse mastoïde; elle fournit quelquefois l'artère stylomastoïdienne.

7.° Artères parotidienhes. Ces petites artères sont en nombre indéterminé, et se perdent dans la glande parotide.

8.° Artère maxillaire interne. Cette branche très-considérable s'enfonce dans la profondeur, derrière la mâchoire inférieure; nous en parlerons au chapitre suivant

9.° Artère transverse de la face. Elle provient de la partie antérieure de la carotide, passe transversalement sur la branche de la mâchoire avec le conduit de S tenon, et se ramifie dans les muscles orbiculaire de la paupière, zygomatiques et buccmateur; elle s'anastomose avec l'artère sous-orbitaire, la buccale et la faciale.

10.° J^rtère auriculaire inférieure. Souvent elle est double. Elle naît de la partie postérieure de la carotide, vis-àvis de la précédente, et se distribue à la partie inférieure et antérieure du pavillon de l'oreille. Un de ses rameaux traverse la fente de Glaser et pénètre dans le tympan.

ii.° Artère temporale. Quand la carotide externe est arrivée au niveau de l'arcade zygoma tique, elle prend le nom d'artère temporale '. Cette artère se divise ordinairement en quatre branches :

î) artère temporale profonde. Se détachant du tronc, quelquefois au-dessous de l'apophyse zygomatique ; elle perce l'aponévrose temporale et se ramifie dans le muscle de ce nom, en communiquant avec les artères temporales profondes de la maxillaire interne.

2) artère auriculaire supérieure. Elle se ramifie dans la

1 Quelques auteurs donnent le nom d'artère temporale a l'extrémité de la carotide externe dès que l'artère maxillaire interne t'en est séparée; d'après cette synonymie, la transverse de la face et l'auriculaire inférieure seraient des branches de la temporale.

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partie supérieure et antérieure du pavillon et dans le muscle supérieur de l'oreille , en communiquant avec l'auriculaire postérieure et avec l'inférieure.

3) Branche occipitale. Cette branche se dirige en arrière et en haut, vers l'occiput et sur le sommet de la tète» où elle forme un grand nombre de ramifications qui s'anastomosent avec l'artère occipitale, l'auriculaire postérieure et avec la branche frontale.

4) Branche frontale. Elle se porte en avant, se ramifie sur le front et sur le sommet de la tète, et s'y anastomose avec la branche occipitale et avec les artères frontales.

Prépàhàtiow. La carotide externe se distribuant à la majeure partie du cou et de la tête , on enlève successivement la peau de ces régions, ce qui sera facilité parles coupes préparatoires suivantes: une première incision cutanée s'étend depuis le menton jusqu'à la partie inférieure du cou (où Ton a déjà fait une incision transversale le long des clavicules pour la préparation des vaisseaux profonds de la poitrine); une deuxième incision transversale et très-peu profonde commence au menton , longe le bord de la mâchoire inférieure et passe de là jusqu'à la partie inférieure de l'occiput; une troisième incision verticale et peu profonde va depuis l'angle de la mâchoire jusqu'à la tempe, en passant au devant de l'oreille; une quatrième, enfin, se dirige transversalement depuis l'oreille jusqu'à l'angle externe de l'œil. On obtient ainsi deux lambeaux carrés, qui seront successivement disséqués, l'inférieur en arrière et le supérieur en ayant, et deux lambeaux triangulaires, dont l'inférieur sera disséqué en arrière et en dehors, et le supérieur en avant et en haut.

En détachant la peau de la face et du crâne , il faut avoir soin de l'enlever aussi mince que possible, parce que les artères de ces régions sont situées très -superficiellement; il vaut donc mieux, dans ce cas spécial, laisser du tissu cellulaire sur les parties sous-jacentes , qu'il sera facile de mettre au net avec les ciseaux ou le scalpel , après s'être débarrassé de la peau. Les artères qui sont les plus sujettes à être enlevées en même temps que la peau, sont, la transverse de la face , située sur le muscle masséter, et son Tara eau qui se dirige vers l'angle externe de l'œil; les artères dorsales du nez, les artères frontale, temporale, occipitale et auriculaire postérieure.

On dissèque les artères dans l'ordre suivant :

Carotide primitive. On en voit déjà l'origine dans la poitrine ; pour en voir le trajet le long du cou, il suffit de récliner un peu en arrière le sterno-cléido- mastoïdien, sans le couper; on écarte de même la veine jugulaire et les filets nerveux qui recouvrent l'artère, et l'on en. lève la gatne qui l'entoure , ainsi que les glandes lymphatiques qui sont placées sur elle. Il faut préparer l'artère à jour au-dessous de la clavicule. Quelquefois il convient de couper à leurs attaches in férié ares les muscles sterno-hyoïdien et sterno- thyroïdien.

Thyroïdienne supérieure. Elle est recouverte en partie par les mus-

clei omo-hyoïdien, sterno-hyoïdien et sterno-thyroïdien , qu'il suffit le plus souvent de préparer proprement eu les soulevant, sans les couper à leurs attaches.

La laryngée, qui est une branche de la thyroïdienne et qui quelquefois provient du tronc de la carotide externe , n'exige pas de préparation spéciale; mais pour en voir la distribution dans l'intérieur du larynx , il faut ouvrir cet organe en fendant le cartilage thyroïde sur la ligue médiane.

Faciale. On arrive plus facilement à cette artère, dont l'origine est un peu masquée par la mâchoire inférieure , après avoir placé un billot sous la nuque et avoir incliné la tête du côté opposé a. celui où Ton fait la préparation. Les muscles digastrique et stylo-hyoïdien, qui cachent en partie l'artère, seront soigneusement disséqués, et leurs rapports avec l'artère étudiés; plus tard, pour mieux mettre en évidence le trajet de l'artère, on pourra diviser le digastrique à son attache postérieure , et couper avec un ciseau l'apophyse styloïde près de sa base , de manière à la replier en avant avec tous les muscles qui s'y attachent, sans les couper. Afin de sortir l'artère faciale de la gouttière que lui fournit la glande maxillaire , il faut peu à peu renverser l'extrémité postérieure de cette glande vers l'os hyoïde , en ménageant les rameaux qu'elle reçoit. La marche tortueuse de l'artère dans ce point exige quelques précautions pendant la dissection. On ne peut voir pour le moment que l'origine de la palatine ascendante ; sa terminaison sera étudiée quand on préparera l'artère maxillaire interne. Pour voir toutes les branches de la submentale, il suffit de séparer un peu le ventre antérieur du digastrique, du muscle mylo - hyoïdien , sans le couper.

* On poursuivra la faciale dans la face , en ayant toujours égard à sa direction flexueuse , afin de ne pas la diviser en travers. Quelquefois on sera obligé de couper des muscles sur son trajet, par exemple le triangulaire. Près de la bouche, cependant, il faut disséquer attentivement, pour ne pas confondre avec les artères, des veines qui pourraient être injectées; ces veines sont très-volumineuses et très-multipliécs; on les distingue des artères, en ce qu'elles sont placées dans la couche sous- cutanée, tandis que les artères rampent dans la couche musculaire. Sur le nés , il faut enlever la peau avec beaucoup de soin , parce que les artères y sont très-superficielles. La préparation de la faciale est en général plus facile à faire avec des ciseaux fins qu'avec le scalpel.

Linguale. On divise les muscles mylo- hyoïdien et hyoglosse sur le trajet de l'artère ; puis on ouvre fortement la bouche et Ton tire la langue au dehors pour la fixer au moyen d'une érigne insérée au front. On enlève alors la membrane muqueuse qui tapisse la face inférieure de la langue , et Ton écarte légèrement les muscles génioglosse et lingual, pour mettre à découvert tout le trajet de la ranine, en travaillant de la pointe de la langue vers sa base, jusqu'à ce qu'on soit arrivé au point où l'artère avait été préparée du dehors. Il ne reste plus alors, pour découvrir facilement les artères dorsale de la langue et sublinguale, qu'a inciser la membrane muqueuse de la bouche, là où elle s'attache fc la mâchoire inférieure, de manière à laisser la glande

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snblinguale en rapport avec la langue. Il est à observer que l'artère dorsale manque quelquefois. On conseille, pour faciliter la dissection de ces artères, de diviser la mâchoire inférieure dans la symphyse ou. des deux côtés de la symphyse : cette coupe ne doit pas être faite si l'on veut préparer plus tard Partère maxillaire interne, parce qu'alors on aurait trop de peine a ouvrir le canal dentaire inférieur.

auriculaire postérieure. Cette artère, ainsi que les branches suivantes de la carotide externe, sont le plus souvent cachées par la glande parotide. 11 faut donc commencer par isoler cette glande dans toute sa circonférence, en la détachant peu à peu des parties voisines et surtout des artères qu'elle recouvre ; on aura soin toutefois de ménager les petites artères parotidiennes qui y entrent en nombre indéterminé; on conduira la préparation de manière à ce que la glande ne tienne plus qu'aux rameaux nourriciers, et en avant, a son canal excréteur. Dans cette dissection deux artères sont facilement divisées : en avant, la transverse de la face, et en arriére, V auriculaire postérieure, qui est souvent tout-à-fait enveloppée par la portion inférieure de la glande. Si, malgré toutes les précautions prises, cette artère avait été divisée et qu'on ne pût plus la retrouver dans l'intérieur de la glande, il faudrait la rechercher derrière l'oreille, que Pon tirerait eu avant en la fixant avec une érigne. En enlevant alors avec précaution la peau qui recouvre la partie postérieure du pavillon de l'oreille et l'apophyse mastoïde, on trouvera le réseau superficiel que forme l'artère en cet endroit, et il sera facile alors de parvenir au tronc, qui est souvent assez profondément situé dans le tissu cellulaire qui unit le conduit auditif à l'apophyse mastoïde. Cette artère fournit quelquefois la stylomastoïdienne. V

jfrtère occipitale» Elle est très-difficile à suivre dans son trajet entre l'atlas et l'apophyse mastoïde, où elle est profondément située sur la face inférieure de l'occiput. Il faut commencer par diviser le muscle sterno-cléido-mastoïdien dans son milieu, pour le récliner en haut. ( Quelques auteurs conseillent de le couper le plus près possible de ses attaches supérieures, ou bien même d'enlever l'apophyse mastoïde avec le ciseau ou la scie , pour la renverser vers le bas avec le muscle qui s'y insère; par ces deux procédés on arrive plus facilement a l'artère, mais on en détruit les rapports.) Après avoir replié le sterao-cléidomastoïdien en haut, on sépare le digastrique de son attache postérieure, et l'on coupe l'apophyse styloïde à sa base pour la replier en bas avec tous ses muscles, si cela n'a pas déjà été fait avant. Le trajet de l'artère est encore recouvert par le splénius et le petit complexus, qu'il faut couper le plus près possible de leurs attaches à la tête. Le splénius surtout envoie sur l'artère une quantité de fibres aponévrotâques qui la brident contre l'os, et qu'il faut diviser peu à peu pour arriver jusqu'à elle. Il m'a toujours paru plus facile de découvrir l'artère dans ce trajet, en allant des branches vers le tronc: dès que j'ai mis à découvert une branche principale de l'occipitale, je la suis en débridant la gatne fibreuse avec des ciseaux ; mais il faut faire attention de ne pas couper le tronc aux endroits où il s'en détache un rameau , parce que là il change toujours de direction eu formant des flexuosités considérables. Les branches de l'occipitale seront disséquées de manière

ii faire voir leurs anastomoses avec les antres artères qui rampent sur le crâne. L1 artère stylo-mastoïdienne est tantôt fournie par oette artère et tantôt par l'auriculaire postérieure ; on ne peut la suivre dans l'aqueduc de Fallope qu'après avoir terminé la dissection des autres artères ; la préparation sera faite avec le ciseau et le marteau, comme celle du nerf facial lors de son passage dans le rocher.

Pharyngienne inférieure. Elle était cachée par les muscles de l'apophyse styloïdc qui ont été renversés en bas; elle monte entre la carotide externe et l'interne. Les rameaux que cette artère donne à la trompe d'Eustache, à la caisse du tympan et à la dure-mère, ne peuvent être suivis qu'après avoir disséqué toutes les autres artères de la tète. Il convient alors de feodre la tête et le pharynx d'avant en arriére et sur la ligne médiane.

Transverse de La faee, 11 faut enlever la peau très-superficiellement sur son trajet, afin de ne pas eouper le tronc ou les branches de cette artère. Son volume varie beaucoup.

Auriculaire antérieure. On la dissèque après avoir tiré l'oreille en arriére ; elle est très-petite.

Temporale, On commencera par disséquer ses branches superficielles ; pour suivre la branche auriculaire , il faut replier l'oreille en bas et en arrière. On fend l'aponévrose temporale pour mettre à découvert la branche profonde.

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