INTRODUCTION
C'est de l'union de ces tissus diversement combinés que résultent tous les organes , et ceux-ci varient dans leur structure suivant le nombre de ces tissus élémentaires qni concourent à leur formation, suivant la proportion dans laquelle chacun d'eux entre dans leur composition, et suivant le mode d'arrangement de leurs fibres. Nous n'examinerons pas ici ces divers tissus plus en détail ; il en sera question dans la suite de cet ouvrage, où nous les retrouverons, soit dans leurs diverses combinaisons, soit isolément et considérés d'une manière générale.
Préceptes généraux sur la manière de disséquer.
On ne peut disséquer avec fruit, qu'autant qu'on se rend raison d'avance de ce que Ton va faire : il est donc essentiel de commencer par lire la description des organes et la manière de les isoler; ceoi qui négligent cette précaution, s'exposent à couper des parties que la lecture du Manuel leur aurait enseigné à ménager.
La durée des dissections est nécessairement subordonnée à une foule de circonstances; mais il est de fait qu'il fout pouvoir y consacrer am moins deux heures consécutives; car si Ton n'a qu'une heure, on en .perd la moitié en préparatifs, et certes on ne fera jamais grand'chose dans une demi-heure : aussi ai- je toujours remarqué que ceux qui n'avaient qu'un temps aussi court à consacrer aux dissections, Baissaient par s'en dégoûter. D'un autre côté, il me semble que six heures de dissection par jour, partagées en deux séances, sont le maximum du temps que Ton doive y consacrer; car il faut encore avoir le temps de relire ehex toi dans un ouvrage plus étendu, les préparations dont on s'est occupé dans la journée. Mais en général, si un élève dissèque deux heures le matin et autant l'après-midi, s'il dissèque avec soin et avec méthode, il retirera de son travail tout le fruit désirable.
Cest encore par des raisons hygiéniques dictées par la prudence qu'on ne doit pas faire, un séjour trop prolongé dans les salles de dissection ; car on ne peut pas disconvenir que les travaux anatomiqnes De soient préjudiciables à la santé : aussi tous ceux qui passent leur journée dans les amphithéâtres, sans mettre en usage les précautions que nous allons indiquer, finissent -ils par éprouver des symptômes gastriques que Ton est obligé de combattre par les vomitifs ou lés laxatifs administrés suivant les indications. Néanmoins on a beaucoup exagéré les mauvais effets de ee séjour, et il est de fait qu'une nourriture de bonne qualité, un exercice modéré en plein air après le travail et les, soins de propreté, suffisent ordinairement pour préserver le corps de cette influence nuisible.
On parvient à assainir les salles de dissection en neutralisant les émanations putrides au moyen du chlorure de calcium, que Ton emploie en dissolution (1 partie sur i5o a 200 parties d'eau), pour en laver les préparations on pour les y plonger; k peine les préparations sont-elles en contact avec cette liqueur, que la mauvaise odeur est immédiatement dissipée. On se sert encore de ce chlorure en poudre, que Ton place dans un vase en verre à large ouverture, et que Ton peut ouvrir on
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fermer à voromé* pour graduer le dégagement du ge*t Cett on profefseur Maetrrra que IV» doit la première connaissance de* ce précieuc moyen d'assainissement. Le chlorure de sodium, plue; cher, n'a sur celai du cal ci a m aucun avantage comme moyen désinfectant.
Use précaution que Yon ne devrait jamais négliger, ne lût- ce que par égard pour* le* personnes avec lesquelles on est en contact pe«dsat fa reste de la journée , c'est d'avoir on habit spécial de disseo* tion. On Jeit bien d'en garnir les manches de cnir mince et souple, le tsfeias gommé et même la percale cirée que Ton emploie ordmftfremeqt pour cet usage, ayant l'inconvénient de se déohirer trop facilement.
On ne touchera les cadavres qu'autant que cela sera absolument nécessaire; toutes les fois qu'on aura été obligé* de le faire et que les mains auront été! salies, il convient de le» laver immédiatement. Pour enlever la mauvaise odeur 'des mains, on les frotte de vinaigre ou de dissolution de chlorure de chaux, après le» avoir lavées.
Les blessures que Pon se fait en disséquant peuvent donner lieu à des accidens pins ou mota* graves. Si Ton s'est fait une Ooapore supei<neietle, il suffit de faire fortement saigner la plaie, après s'être lavé dans de Peau savonneuse, et de la recouvrir ensuite pour empêcher qu'elle ne soit souillée. Les piqûres, si file* sent négligées, peuvent donner lieu h des gonflemens considérable* de tout le membre et à. des dépôts poruleus. Le meilleur moyeu de prévenir ces* accidens, c'est de sucer la plaie , a6n de la faire saigner pendant quelque temps $ d'autres conseillent de la débrider et de la cautériser ensuite aVec le nitrate d'argent fondu : le premier procédé suffît dans la majeure partie des cas. Si cependant le gouvernent du bras s'était déclaré, il faudrait s'empresser d'y faire des fomentations d'eau de Goulard avec un* peu de Laudanum ; suivant le besoin on pratiquera àtt saignées locales, et Ton administrera à Prnterieor du oalomel avec de l'opium : les gonftemens peu considérables cèdent ordinairement aux cataplasmes émoit- Heus et ans saignées locale*. On e'écorche souvent à> des pointes osseuses, h celles des cote», par exemple; ces sortes de blessures donnent fréquemment lieu à des tubercules d'un rouge violacé et très-sensible* nu toucher; ce qui a surtout rien en faisant l'autopsie d'un phthlsrque. En les examinant avec attention, on trouve ces tubercules composes d'eue série d'ouvertures fistulesse* k bords calleux, qui donnent le relief a la tumeur et qui sont remplies d'une humeur tribumiueuse et transparente. Ces tumeurs* sont extrêmement rebelles, et l'on ne r>eut s'en rendre mettre que par la cautérisation : j'en ai vu guérir aprèsplusieurs apprktatkms de potasser caustique; d'autres ont cède à des application* reitérée* de sublimé corrosif en poudre ou de nitrate d'argent fondu, suivies de l'usage long- temps continué des cataplasmes émoIKen** H importe de ne pas trop hâter la cicatrisation, les tubereuks ayant alors une tendance k se reproduire. Depuis que je suis attentif h ces sortes de lésions» j'ai toujours pu les prévenir en lavant lu pisse arec une forte dissolution de subrimé, ou en y appliquant ce •el en pondre , selon la profondeur de la blessure.
Chaque élève doit avoir une botte à dissection, renfermant, t.° six scalpels, dont deux droits pour les dissections fines, et quatre convexes: ces derniers seront faits sur le modèle anglais, le scalpel convexe firan»
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cals à ferme de bistouri étant d'un usage trop incommode; ».° un Cousteau à cartilage de forme anglaise ; 3.° des ciseaux : une des lames terminée en pointe , l'autre mousse ; 4*° deux paires de pinces : pour réunir dans ces instrumens la légèreté à la solidité, j'en fais faire le talon large de six lignes; depuis ce point l'instrument diminue sensiblement en largeur, pour augmenter de nouveau vers l'endroit où les doigts le saisissent; la pointe a un tiers de ligne de largeur. Une de ces pinces pourrait Are un peu plus forte , pour saisir la peau , pour extraire des esquilles osseuses , etc. ; 5.* une sonde cannelée en acier; 6.° un petit stylet en baleine; 7.0 un syphon garni d'un robinet; 8.° deux érignes doubles; 9.° deux érignes à anneau; io.° âts aiguilles droites et courbes.
Outre ces instrumens, que je regarde comme indispensables, les élèves feront bien de se procurer les instrumens suive ns, qui, quoique d'un usage moins général, leur seront toujours utiles dans la suite; i.° uue petite scie avec quelques lames de rechange de diverses grandeurs; a.* une paire de ciseaux fins, dont les lames pointues n'ont qu'un pouce de longueur, celle des branches étant de trois pouces et demi ; 3.° des pinces dont les mors peuvent être maintenus rapprochés au moyen d'un couplant; 4-° un compas et un pied de roi; 5.° un. petit marteau et plu* sieurs petits ciseaux en acier : on en fait de très-bons avec de vieilles limes ou bien avec des bouts de fleurets; mais il faut que l'acier ne soit pas trop fortement trempé, sans quoi les ciseaux se casseraient au premier coup de marteau; 6.° des couteaux- rugines montés sur manche comme de gros scalpels; la 'lame doit être creusée en gouttière asset profonde d'un côté, tandis qu'eue est convexe de l'autre; le bout de la lame sera arrondi; il conviendrait d'en avoir de différentes grandeurs : ces instiumens peuvent servir, non -seulement à ruginer des os, mais même a en couper des portions, comme on est par exemple dans le cas de le faire , si l'on étudie l'oreille interne ; 7.0 une loupe. Enfin, il serait à désirer que chaque élève eût une pierre et un cuir i repasser, une éponge et une serviette dont il recouvrira sa préparation.
Il est difficile de donner des préceptes sur la manière de se servir des instrumens que nous venons d'énumérer; nous nous bornerons donc à dire, au sujet des scalpels et des pinces, qu'on les tient à peu près comme une plume à écrire, le scalpel à droite et les pinces à gauche; qu'il faut se garder de couper par saccades, mais que chaque coup de scalpel doit eue lent et précis. En général, on saisit avec les; pinces les parties à enlever ; les muscles et les petits rameaux nerveux et vasculaires que l'on prépare, ne devront pas être saisis avec cet instrument, qui les déchirerait. Le couteau a cartilage sert à couper la peau, les cartilages, et en général à faire les grandes incisions. JLes ciseaux sont surtout utiles pour travailler dans la profondeur; on s'en sert souvent pour achever prompte ment une préparation, mais il faut beaucoup d'habitude pour bien manier cet instrument. Le syphon sert à insuffler des cavités, des canaux, etc. Au moyen des érignes doubles, on fixe les parties dans certaines positions. Les érignes a anneau sont indispensables pour faire les préparations fines d'angiologie et surtout de nécrologie; elles servent à accrocher les filets nerveux; on les ra-
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tient au moyen «Tun des doigts de la main gauche que l'on passe par Tannean : oo emploie les pinces en même temps que les érignçs. Je pense qu'il est inutile d'expliquer l'usage des antres instrumens.
Ce <pïl faut recommander snrtont anx commcnçans , c'est de préparer proprement; il ne s'agit pas de travailler rite, la promptitude dans les dissections ne s'acquiert que par l'exercice- Outre qu'une prépantion sale et hachée n'est pas faite pour inspirer le goût de l'anar tonne, il est souvent bien difficile de se faire une idée exacte de U disposition des parties ainsi préparées. Enfin , ceux qui s'habituent à mettre de la précision dans leurs préparations anatomiques, acquièrent par ce moyen la dextérité nécessaire pourpratiquer facilement les opérations chirurgicales les plus délicates. jOn recommande quelquefois dans ce dernier but, de se servir de bistouris en guise de scalpels, et d'employer les doigts au lieu de pinces. Mais il suffit d'examiner 1* construction des bistouris ordinaires, pour rester convaincu que cet instrument est fait pour pratiquer de grandes incisions, et non pas pour disséquer ; car il est impossible d'exécuter une préparation délicate , si Poa tient cet instrument comme on recommande de le faire pour les opérations, et si on le t|eut comme une plume a écrire, il est difficile de ne pas se couper danj )es doigts. Aussi yoyons-nous les chirurgiens quitter le bistouri ordinaire et employer de véritables scalpels, toutes le* fois qu'il s'agit de foire des opérations minutieuses/?
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