‹ Nouveau manuel de l'anatomiste, comprenant la description succincte de toutes les parties du corps humain et la manière de les préparer; suivie de préceptes sur la confection des pièces de cabinet et sur leur conservationChapitre 24 sur 297 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Anaiomie générale des os et des ligamens.

1 ,° Tissu osseux. Les os , dont la réunion forme le squelette , sent les organes les phis durs et les plus roides du corps; ces qualités les rendent capables de supporter les antres parties. Leur couleur est d'un blanc rougeâtre à l'état frais; blanche, quand ils sont préparés.

Relativement à leur forme, les os présentent une foule de variations qui sont l'objet de l'ostéologie spéciale; ici nous n'allons nous en occuper que sous le point de vue général. On divise les os en longs, courts, larges et en mixtes; dans les premiers on distingue les deux extrémités et la partie moyenne ou corps, de Vos, diaphyse; dans les autres on distingue les faces y les bords, les angles et le corps , qui en est la partie la plus épaisse.

Toute éminence notable d'un os, est appelée apophyse; selon leur forme, les apophyses ont reçu différens noms: si elles sont larges, raboteuses, on les nomme tubérosités; plus petites, elles reçoivent le nom de tubercules; une apophyse pointue est nommée épineuse; encore plus alongée, on l'appelle apophyse styloïde. On appelle crête, le bord renflé et élevé d'un os; des éminences moins saillantes et linéaires ont reçu les noms de lignes âpres , d'arcades, etc.

1 On a publié ne grand nombre d'ouvrages sur l'ostéologie; les principaux •ont :

Al. Moit&o; Anatomy of the human bones and tierces, etc. , in-8.° Edimb. , 1726; traduit en français, par Sue, in -fol. atl., 1759, avec fi g.

B. S. Albikus, De ossibus corporis humani. Lgd. Bat., 17?6, in-8.° — Ej. Tabulât sceleti et musculorum corp. human. Lgd. Bat., 1747, fol. atl. — Ej. Tabulât ossium humanorum. Lgd, Bat., 1753, fol. atl. — > Ej. De seeleto hmmano liber. Lgd. Bal., 1762 , in-4.° — Ej. De constructione ossium, in Anna t. acad., lib. VII, cap. 17. Lgd. Bat., 1766, in-4.°

W. Chiseldeh, Osteographia , or the anat. ofthe bones, fol. atl. Lond., 1754.

Bertih, Traité d'ostéologie , in -8.° Paris, 1754.

J. G. Waltck, Abhandlung von trockenen Knochen. Berlin, 1763, av. fig.

J. F. But* EWBAcn , Geschichte und Beschreibung der Knochen. Gatt., 1706; î.'édit., 1812, in-8.°

M. Malpicbi, De ossium structura, op. posth. Venet. , 1743.

A- Scabpa, De penitiori ossium structura, in-4.° Lips., 1799, arec fig.

Le principal ouvrage sur la sjndesmologie, c'est J. Weitiricht, Syndes^ mologia, s. hist. ligament, corp. hum., c. fig. Petropoli, 1742, in-4.*

AKATOM1E GteÉBALE DES OS ET DES UGAMENS. J

: Les éminences osseuses, recouvertes de cartilages, reçoivent différentes dénominations : les têtes et les petites têtes sont globuleuses; les condyles ne sont arrondis que dans un sens et aplatis dans d'antres; les poulies sont deux éminences articulaires séparées par une gouttière, et le tout recouvert de cartilage. Les dentelures > les engrenures, servent aux articulations immobiles.

Les cavités des os sont de différentes espèces: on appellera?**, toute cavité profonde et irrégulière; une empreinte est une cavité superficielle; une cannelure (sillon ou demi-canal) se distingue dîne rainure ou éckancrure, en ce que le profil de la gouttière est arrondi dans les premiers et tranchant dans les autres. Une fente on fissure est une séparation étroite d un os dans toute son épaisseur; on trou est une ouverture qui passe perpendiculairement par l'épaisseur de l'os; un canal est un trou très-prolongé. On appelle sinus 9 caverne, sinuosité , cellule , une cavité pratiquée entre les deux lames d'un os, et qui communique ordinairement an dehors par une ouverture étroite.

Une cavité osseuse, recouverte de cartilage et destinée à recevoir l'extrémité articulaire d'un os, est appelée cavité cotyloïde, ù die est profonde, et glenoïde, quand elle est superficielle. Si la surface articulaire est presque plane, on l'appelle facette.

On distingue dans les os deux substances, l'une extérieure, dure, qui est la substance compacte , corticale; l'autre, intérieure, a reçu de sa disposition les noms de substance spongieuse , aréolaire on réticulaire; on l'appelle substance diploïûue on diploë dans les os larges. Cependant cette distinction en deux substances n'est fondée que sur l'apparence; la structure de l'os est partout aréolaire, seulement ces aréoles sont tantôt écartées comme dans la substance spongieuse proprement dite , et tantôt comprimées les unes contre les autres, de manière â former une substance dure et en apparence homogène , comme nous parait la substance compacte. Pour mieux comprendre cela, qu'on se figure un os long, uniquement composé d'aréoles; qu'on suppose alors que dans le corps de l'os ces aréoles soient comprimées du centre vers la périphérie, et de la périphérie vers lé centre, on obtiendra la substance compacte et une cavité intérieure, tandis que les extrémités de l'os resteront spongieuses

Les aréoles des os sont formées par une multitude de lames, dont l'arrangement varie suivant les os; ces lames elles «mêmes sont composées de fibres, qui, examinées au microscope, sont elles-mêmes formées par des séries de globules. C'est par cette raison que la substance compacte des os elle-même a un aspect

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fibreux et lamelleux. Les aréoles communiquent les unes avec les autres, en sorte que les sucs quelles contiennent peuvent facilement passer d'une extrémité de l'os vers l'autre, et même transsuder à travers la substance compacte, en passant par les pores dont elle est criblée.

La substance réticnlaire ne se trouve que vers les extrémités des os longs; dans leur diaphyse on rencontre à sa place une cavité qui n'est que ça et là rendue inégale par quelques lames osseuses. Cette cavité est appelée cavité médullaire. Les os courts ne se composent dans leur intérieur que de substance réticulaire. Les os plats ont de la substance réticulaire dans les portions les plus épaisses; mais dans d'autres points, où ils sont très-minces, les deux tables de l'os sont immédiatement appliquées l'une sur l'autre, sans substance ni cavité intermédiaires.

D'après Berzelius, les os sont composés de gélatine 32,17, de substance animale insoluble 1,1 3, de phosphate de chaux 5 1,04, carbonate de chaux n,3o, fluate de chaux 3,00, phosphate de magnésie 1,16, soude et muriate de soude 1,20. Suivant d'autres chimistes , les os contiennent en outre une trèspetite quantité de fer, de manganèse, de silice, d'alumine et de phosphate d'ammoniaque.

PaipARATioN. Ou s'assure de la structure fibreuse des os, en examinant des os de fœtus, ou bien des os d'à doit es dont on a extrait la partie terreuse par un acide affaibli. La disposition lamelleuse devient évidente, en laissant macérer long-temps un os privé de son phosphate calcaire. Si Ton prolonge la macération , on finit par obtenir une masse spongieuse et a la fin une espèce de mucus. On découvre également bien la structure lamelleuse et fibreuse dans les os calcinés*

On étudie le tissu réticulaire des os en y pratiquant des coupes dans diverses directions. Pour les os longs on fait une coupe longitudinale , et à cet effet on trace au crayon la ligne que devra parcourir le trait de la scie en avant et en arriére de l'os j on fixe celui-ci dans un étau , en plaçant entre lui et les mors de l'instrument un carton , un peu de linge, ou tout autre corps analogue qui puisse empêcher Pos de se briser, puis on le divise en suivant exactement les lignes traoées. On se sert a cet effet d'une scie à main, ou mieux encore d'une scie à arbre, dont la lame mobile peut à volonté être fixée dans une direction oblique à l'arbre.

Enfin, on divise encore les os longs par des. coupes transversales, que Pon multiplie de manière à obtenir une série de rondelles* afin de pouvoir examiner les rapports des deux substances de Pos dans dw ▼ers points de sa longueur.

On étudie la structure des os larges en les sciant dans diverses directions, ou bien en enlevant une de leurs tables avec une râpe pour examiner leur tissu diploïque. Des préparations analogues seront exécutées sur les os courts, sur les différentes apophyses, etc.

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