CHAPITRE IL Du cou
Art. i.€r Région sus- hyoïdienne.
La peauj est en général fine, mince, extensible. Elle adhère fortement à la lame superficielle de la couche sous-cutanée, formée par un tissu cellulaire serré, souvent chargé de graisse % lequel adhère de son côté au muscle peaucier, en sorle que ce dernier est toujours compris dans les plis que l'on formerait de la peau. Au-dessous du muscle se trouve une couche de tissu cellulaire très-lâche, dépourvu de graisse : c'est à l'extensibilité de ce tissu qu'est due la mobilité de la peau du cou. Les veines jugulaires externes rampent dans cette couche celluleuse. Audessous d'elle on trouve une lame tantôt celluleuse, tantôt aponévrotique, qui se continue en bas avec le fascia du cou, et en haut avec la couche fibreuse qui revêt la parotide. On y distingue une lame superficielle qui se fixe au bord inférieur de la michoire, et une lame profonde, qui, après avoir fourni des gaînes aux glandes sous- maxillaire et sublinguale, se perd en s'amincissant dans la paroi inférieure de la bouche.
Les muscles de la région sont les élévateurs de l'os hyoïde
et les muscles de la langue. Quant à ces derniers, on a élevé la crainte que, dans l'amputation dn menton, le muscle génioglosse étant un des principaux dilatateurs du phaiynx, la déglutition ne pourrait plus se faire, parce que le muscle en question se, trouve séparé de son attache fixe. Mais j'ai vu la déglutition continuer à se faire aisément, malgré l'existence de cette circonstance en apparence défavorable. .
V artère faciale est dirigée suivant une ligne étendue entre l'extrémité de la grande corne de l'os hyoïde et le bord antérieur du masséter. Elle adhère i la parti? postérieure de la glande sous-maxillaire, qui lui .forme une gouttière, en sorte qu'il est presque impossible d'emporter la glande sans blesser le vaisseau. Cette artère est immédiatement recouverte par les muscles digastrique et stylo -hyoïdien, et par la veine faciale. L'artère lin-
rile est placée plus bas que la faciale de toute la hauteur de glande sous -maxillaire. Le nerf hypoglosse la croise d'abord en dehors, puis il se place sous l'artère. Bientôt elle est .recouverte en dehors par le muscle hyoglosse, qui ne forme toutefois qu'une couche très-mince. Quant aux veines, il importe surtout de se noter un plexus veineux que forme quelquefois la veine faciale antérieure en s'unissant à la jugulaire interne et à la jugulaire externe postérieure. Ce plexus est placé en dehors des artères faciale et linguale et de la glande maxillaire. Les glandes lymphatiques sont surtout nombreuses autour de la carotide et de ses branches, et autour de la glande sous -maxillaire.
Art. 2. Région sous -hyoïdienne.
La peau et la couche sous-cutanée ressemblent à celles de la région précédente; mais l'absence des peauciers sur la ligne médiane permet aux deux lames cellulaires de se réunir en une seule plus épaisse. Les veines jugulaires externe antérieure et postérieure sont placées sous le peaucier dans la lame sous-cutanée profonde; la postérieure, surtout dans la moitié supérieure du cou, est accompagnée par des rameaux nerveux du plexus cervical. Le fascia cervical, aponévrotique chez les sujets maigres, formé simplement d'un tissu cellulaire condensé chez beaucoup d'autres, se continue en haut avec le fascia que nous y avons vu exister; en bas il s'attache au sternum. Ce fascia envoie dans la profondeur un grand nombre de feuillets , dont les divisions et les réunions successives forment autant de gaîneç à tous les muscles, vaisseaux et nerfs du cou, à la thyroïde, â la trachée -artère, et dont des expansions s'étendent au devant