‹ Nouveau manuel de l'anatomiste, comprenant la description succincte de toutes les parties du corps humain et la manière de les préparer; suivie de préceptes sur la confection des pièces de cabinet et sur leur conservationChapitre 247 sur 297 · BU TRONC · texte numérisé non relu

BU TRONC

de l'urètre, et risquerait d'être ouvert si ce dernier Tenait à être incisé transversalement.

Le sommet de la vessie étant placé pins haut que chez l'homme , on arrive pins aisément à ce réservoir dans l'opération de la taille hypogastrique. Le bas-fond de la vessie repose directement sur la paroi antérieure du vagin; aucun vaisseau important se trouve dans cet endroit, surtout sur la ligne médiane; le cul-de* sac que forme le péritoine entre la vessie et la matrice, ne descend pas plus bas, dans la règle, que jusqu'au col utérin. Le culde-sac recto-vaginal, au contraire, est beaucoup plus profond, et c'est dans lui que s'enfoncent les intestins dans- les hernies périnéales ou dans certaines hernies vaginales.

Si, dans l'extirpation du col de Y utérus, on veut éviter des accidens, il convient de se rappeler que l'on risque de pénétrer en arrière dans la cavité péritonéale; en avant, au contraire, cet accident est moins à redouter; l'ouverture de la vessie est moins encore à craindre.

Art. 8. Régions vertébrale et sacrée.

La peau est très-épaisse, et d'autant plus qu'on l'examine plus bas, en sorte que celle des lombes est la plus épaisse du corps; elle s'amincit de nouveau en s'approchant du coccyx. Cette membrane est dense, fibreuse, peu extensible, plus adhérente sur les saillies du sacrum et sur les épines des vertèbres que sur les côtés. L'absence de parties molles entre la peau et l'os sacrum, explique la facilité avec laquelle les tégumens se gangrènent lorsque le décubitus sur cette partie se prolonge. La couche souscutanée, très-dense aussi, de nature lamelleuse et fibreuse, contient des vésicules adipeuses, à l'exception toutefois de la région sacrée, qui n'en offre que fort peu; elle adhère très-fortement à la peau; l'union de la couche sous-cutanée aux parties sous-jacentes se fait d'une manière lâche, si ce n'est le long du ligament cervical et des épines, ainsi que dans presque toute retendue du sacrum, points auxquels elle adhère fortement. Les collections de liquides qui se -forment sous elle ne peuvent donc pas se porter d'un côté à l'autre, et elles s'étendent facilement cfn longueur, au lieu de se porter au dehors. L'aponévrose, qui n'a pas partout la même épaisseur et le même aspect fibreux, forme dans la moitié supérieure de la région des gaines aux muscles larges, dont elle tapisse les denx faces, et se continue d'une part avec celle du cou, d'autre part avec celle du grand dorsal ; elle est surtout robuste à la nuque, sur la ligne médiane, où elle constitue le ligament

' SSo ANATOMIE DES PRINCIPALES REGIONS.

cervical; ail dos son feuillet profond unit les dentelés postérieurs au splénius, et sépare ainsi les muscles superficiels des muscles profonds. Ce feuillet profond cesse peu à peu d'être recouvert de muscles dans la région lombaire et sacrée, où il devient extrè» mement robuste; c'est lui qui bride les muscles profonds du dos, et qui se confond en bas avec les ligamens du sacrum et avec le périoste. Dans la région lombaire cette lame donne naissance aux muscles grand dorsal , oblique interne et transverse. Les apophyses transverses des vertèbres lombaires donnent en outre attache à deux autres feuillets aponévrotiques : l'un d'eux, mince, garni de larges ouvertures, passe derrière le carré des lombes; 1 autre, plus mince encore, passe devant ce muscle : il en résulte, que le pus qui se forme sous la lame profonde qui recouvre le sacro- lombaire, traverse aisément les autres lames, et se porte de préférence vers la cavité abdominale. Les muscles, larges, renforcés par les gaines cellulo- fibreuses dont nous venons de parler, sont séparés par du tissu cellulaire peu abondant et trèsfiche, en sorte que les collections de pus peuvent aisément fuser dans leurs intervalles et s'étendre au loin. Près de l'angle inférieur de l'omoplate on remarque un petit espace circonscrit par le grand dorsal, le rhomboïde et le bord inférieur du grand dentelé, par où le tissu cellulaire sous-cutané du dos communique avec celui de l'aisselle. Les muscles profonds ne donnent pas lieu à des considérations pratiques.

Les vaisseaux et nerfs sont en gépéral peu volumineux, et ne donnent pas lieu à des considérations pratiques particulières,

Dans l'examen du squelette, il importe de ne pas perdre de vue qu'il y a à l'état normal une légère déviation dans la partie supérieure de la colonne dorsale, de manière à offrir une concavité dirigée â gauche. La multiplicité des articulations, le nombre et la force des liens ligamenteux qui les entourent, et qui bornent les mouvemens du rachis, rendent raison de la difficulté avec laquelle se font les luxations de cette partie; encore ces déplacemens ne sont -ils guère possibles que dans la région cervicale, surtout dans l'articulation de la tète avec les deux premières vertèbres. La présence de la moelle alongée expb'que la mort immédiate qui est la suite ordinaire de ces dernières luxations. Malgré la grande mobilité de la colonne lombaire, les luttions y sont rendues impossibles, tant â cause de la multiplicité et de la direction des facettes articulaires, qu'à cause de la force des ligamens. Quant aux fractures, elles sont également rares; l# apophyses épineuses saillantes de la septième vertèbre cervicale

DU TfcOKC. 58l

et des premières dorsales, y sont le plus exposées; les autres parties de l'épine en sont garanties par les muscles qui les matelassent, ou par les omoplates qui les protègent, ou par la construction plus solide des vertèbres, à mesure qu'on les examine plus bas, à moins que la cause fracturante n'ait été trèsintense. La compression de la moelle rend du reste raison de la gravité de ces fractures, laquelle diffère toutefois suivant la hauteur où elles ont eu lieu. Il n'y a donc pas lieu d'ôtre étonné qu'il y a des accidens moins graves lors des fractures de la colonne lombaire ou du sacrum; en effet, la moelle s'arrête à la deuxième vertèbre des lombes, et les nerfs de la queue de cheval, qui partent de ce point, se distribuent à des organes moins indis-

E ensables à la conservation de la vie, que cela n'a lieu pour îs parties supérieures. Il est à remarquer que la moelle de l'épine, protégée par des os dans toute sa longueur, n'est recouverte que de parties molles entre l'occipital et l'atlas.

Page 1