‹ Nouveau manuel de l'anatomiste, comprenant la description succincte de toutes les parties du corps humain et la manière de les préparer; suivie de préceptes sur la confection des pièces de cabinet et sur leur conservationChapitre 255 sur 297 · OS : PARENCHYME GELATINEUX; VAISSEAUX · texte numérisé non relu

OS : PARENCHYME GELATINEUX; VAISSEAUX

le parenchyme gélatineux d'un crâne de manière à ce que tous les os restassent en rapport, il faudrait soumettre à de l'eau acidulée les os d une tète fraîche ; car en employant pour cela une tète sèche, les sutures se disjoindraient quand la substance terreuse serait extraite.

On prépare la substance terreuse des os en les calcinant, ou bien en les soumettant à une ébullition prolongée dans le digesr teur de Papin. Le premier procédé, plus facile et plus expéditif que l'autre, a l'inconvénient de les faire éclater. En suivant le dernier procédé, on ne doit retirer les os de l'eau que quand celle-ci est complètement refroidie, et que la graisse qui surnage est figée ; sans cela cette substance s'infiltrerait de nouveau dans les os au ntoment où on les retire. On les plonge alors pendant quelque temps dans l'eau chaude pour enlever la gélatine dissoute, qui, pendant l'opération, s'était infiltrée dans le tissu osseux, et était restée déposée dans ses cellules.

Art. 3. Vaisseaux des os.

Pour voir la distribution vasculaire dans la substance des os , il faut naturellement avoir des os parfaitement injectés, et sur lesquels on pratique différentes coupes, comme nous l'avons dit à la page 11. On conseille ordinairement de soumettre ces os à l'action d'un acide étendu, jusqu'à ce que tout le phosphate calcaire en soit extrait, de les sécher ensuite et dé les conserver dans l'essence de térébenthine, ou bien de les recouvrir d'un vernis. Par ce moyen les os deviennent parfaitement transparens, et l'on voit très-bien les vaisseaux qui rampent dans leur substance; mais il a l'inconvénient de les racornir, de détruire par là une partie des rapports des vaisseaux, et d'en faire paraître le nombre beaucoup plus considérable, relativement au volume de l'os dans lequel ils se distribuent. J'ai remédié à cet inconvénient en y procédant de la manière suivante; l'os recouvert de son périoste sera divisé par les coupes qui paraîtront les plus convenables ; on le fait macérer pendant deux ou trois jours dans de l'eau souvent renouvelée; puis on le plonge dans de l'eau, à laquelle on n'ajoute qu'une très-petite quantité d'acide hydrochlorique (à peu près un trentième). Le dégagement de l'acide carbonique n'est alors que très-faible, et souvent il ne se fait apercevoir que quelques minutes après l'immersion. Pendant le temps de l'immersion il faut souvent comprimer la substance spongieuse de l'os, afin de faire sortir la moelle qui -est contenue dans ses cellules; on lave de temps en temps la cavité médullaire avec

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une de ces brosses fines qui servent à peindre à l'huile, pour achever d'enlever la moelle qui s'y trouve; de cette manière on finira par voir ta membrane médullaire flotter dans l'eau avec le réseau vasculaire qui s'y ramifie. A mesure qu'une petite couche de phosphate calcaire se trouve dissoute à l'endroit où la section de Vos a été faite, on voit peu à peu de nombreux rameaux vasculairés partir du périoste , pour se distribuer dans l'intérieur de la substance osseuse. L'os restera plongé dans cette liqueur jusqu'à ce que son extrémité spongieuse commence à céder un peu sous la pression des doigts, ce qui a ordinairement lieu au bout d'un on de deux jours ; quand on juge qu'il a été suffisamment soumis à l'action de l'acide, on le met pendant un jour dans l'eau fraîche souvent renouvelée, après quoi on le dessèche lentement et on le vernit. Par ce procédé, la couche superficielle du phosphate calcaire est enlevée, tandis que les couches profondes restent ; l'os ne peut donc pas se racornir pendant la dessiccation , et il conserve sa couleur naturelle. On conçoit que si les vaisseaux des os avaient été remplis par une injection gélatineuse, il faudrait remplacer l'eau par de l'alcool dans lés procédés que nous venons d'indiquer.

Art. 4- Cartilages.

Pour séparer des os les cartilages qui leur sont très-adhérens, Cloquet indique le procédé suivant: on coupe une surface articulaire au niveau de son union avec l'os, la tète du fémur, par exemple, près de sa jonction avec le col ; avec un fort scalpel on creuse une cavité profonde dans le tissu spongieux de l'os, au niveau de la section ; on verse dans cette cavité un mélange de trois parties d'eau et d'une partie d'acide hjdrochlorique. Au bout d'un quart d'heure on plonge la pièce sous l'eau , et, avec le manche d'un scalpel, on gratte et l'on détache la portion d'os qui a été TamolKe par l'acide. En répétant plusieurs fois cette opération , on enlève entièrement l'os, de manière à obtenir le cartilage isolé sous la forme d'une calotte creuse. Cette préparation doit être conservée dans l'alcool.

Art. 5. Articulations.

Après avoir soigneusement préparc les ligamcns ainsi que les capsules synoviales , dont on évitera l'ouverture autant que possible, on fait dégorger ces parties dans de l'eau à laquelle on a ajouté une très-petite quantité d'acide hjdrochlorique. On les conserve dans l'alcool, ou bien on les dessèche, après avoir

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