‹ Nouveau manuel de l'anatomiste, comprenant la description succincte de toutes les parties du corps humain et la manière de les préparer; suivie de préceptes sur la confection des pièces de cabinet et sur leur conservationChapitre 256 sur 297 · OS : ARTICULATIONS; SQUELETTES NATURELS · texte numérisé non relu

OS : ARTICULATIONS; SQUELETTES NATURELS

rembourré les capsules articulaires de crin imprégné d'une dissolution alcoolique de savon, ou après les avoir distendues d'air par une ouverture faite avec une aiguille, au moyen de laquelle on a obliquement traversé les parois de la capsule. Cependant, comme les ligamens perdent leur aspect fibreux par les moyens ordinaires de dessiccation , il convient de les laisser macérer dans un mélange d'alcool et d'essence de térébenthine ; par ce moyen les fibres deviennent très-distinctes, en sorte qu'après avoir desséché ces pièces, on peut les rendre très-belles et très -instructives, en les recouvrant d'une couche mince de couleur à l'huile, qui leur rend leur aspect naturel. Nous indiquons plus bas, en parlant de la conservation des parties par dessiccation , les moyens de conserver la souplesse aux articulations ; les ligamens perdant alors en partie leur aspect fibreux régulier, ces préparations ne doivent servir que pour la confection de squelettes naturels. Ces pièces flexibles, quoique exposées à être salies par la poussière, attendu qu'il ne faut pas les vernir, sont très-avantageuses pour l'étude des mouvemens.

Art. 6. Squelettes naturels.

Les squelettes naturels sont ceux où l'on a laissé les os unis par leurs ligamens. La préparation d'un pareil squelette étant longue et pénible, il faut, si cela est possible, ne pas le préparer en été, parce qu'alors la décomposition arriverait avant que la pièce n'ait pu se dégorger suffisamment du sang qu'elle contient 11 faut éviter de choisir pour la confection des squelettes naturels des sujets gras; ceux morts d'anasarque devront être préférés à tous les autres.

On commence par enlever les viscères abdominaux et thoraciques, en retirant ceux-ci par une ouverture faite au diaphragme. On vide la cavité crânienne, après avoir pratiqué à la partie moyenne du vertex un trou , soit avec le trépan, soit avec le ciseau et le marteau, et en retirant par là peu à peu le cerveau an moyen d'une curette. On introduit par la même ouverture une tige de fer flexible, dont l'extrémité, un peu aplatie au marteau, a été recourbée en forme de crochet Faisant parvenir cet instrument jusqu'à l'extrémité inférieure du canal vertébral, on triture la moelle épinière, et on la retire en partie, au moyen du crochet; mais comme on ne parvient pas ordinairement à enlever tonte la moelle par ce moyen, on fait à la partie inférieure du canal sacré une petite ouverture, qui pénètre jusque dans la cavité de la dure-mère rachidienne , et Ton pousse par là une in-

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jection faite avec une dissolution assez concentrée de carbonate <de potasse , et qui a pour but d'opérer la dissolution de la moelle et a en faciliter l'issue.

On dissèque ensuite les articulations, en suivant les règles que nous avons données en parlant de chacune d'elles en particulier, et en commençant par celles de la tète, de la colonne vertébrale, de la partie postérieure des côtes et du bassin. Après avoir préparé ces articulations, on en vient à celles des pieds et des mains, et l'on termine par la dissection des grandes articulations des membres et de la partie antérieure de la poitrine. En suivant cet ordre, les parties spongieuses du squelette resteront à macérer plus long-temps.

On ne doit découvrir les articulations qu'à mesure qu'on les prépare, afin de préserver de la décomposition celles qui seront disséquées plus tard. On enlève avec soin le périoste sur tonte l'étendue des os , après l'avoir incisé dans toute son épaisseur et en circonscrivant l'insertion de chacun des ligamens ; mais on conservera le périoste qui recouvre les cartilages des côtes et la partie des os voisine de leur insertion. Enfin on aura soin de laisser entières les capsules articulaires.

Pour avoir une belle préparation, il faut la préserver de la poussière et empêcher qu'elle ne se dessèche avant d'avoir été bien macérée ; et à cet effet, à mesure qu'une articulation est disséquée, on l'enveloppe d'un linge propre, trempé dans l'eau. Dans l'intervalle des séances on plonge le sujet, enveloppé d'une alèze, dans une cuve remplie d'eau , que Ton change tous les jours, afin de faire dégorger les os et les ligamens qui sont déjà préparés.

On a souvent beaucoup de peine à enlever des os les parties tendineuses qui y adhèrent, te qui a surtout lieu quand on en vient à préparer la tète ; on se facilite ce travail en imbibant les parties très-adhérentes d'une forte dissolution de potasse caustique, qu'on y applique au moyen d'un pinceau.

Quand toutes les articulations sont préparées, on fait macérer le squelette pendant un temps plus ou moins long, suivant la saison, mais dans tous les cas jusqu'à ce que l'eau ne se colore plus. Si l'on a soin de renouveler l'eau tous les jours, et même deux fois par jour vers la fin de l'opération, on peut prolonger le temps <fe la macération jusqu'à quinze jours ou trois semaines en hiver. Dès qu'une assez grande quantité de bulles^d'air commence à couvrir la surface du liquide ou les ligamens, il est temps de dessécher le sujet; mais avant il est convenable de le laver

exactement avec de l'eau à laquelle on a ajouté de l'acide rauriatique, qui, en faisant périr les larves que les insectes pourraient avoir déposées sur les ligamens, contribue en outre à augmenter la blancheur des os. A la place de cet acide quelques anatomistes conseillent de plonger le squelette pendant deux jours dans une solution de carbonate de potasse, et de laver ensuite à grande eau.

On suspend le squelette dans un cadre de bois, formé d'une planche carrée, qui sert de base: des quatre angles de la planche s'élèvent des laUes, qui sont unies en haut paT des traverses. Ce cadre sera proportionné à la grandeur de la pièce; pour un squelette d'adulte, la base aura près de deux pieds carrés, et les lattes auront six pieds de haut. Pour fixer le squelette, on introduit dans l'ouverture faite au crâne, une cheville en bois, retenue vers son milieu par une corde que l'on attache à la partie supérieure du cadre; la cheville, prenant une direction transversale, arrête solidement la préparation. Deux autres cordes servent à fixer chaque calcanéum à la partie inférieure du cadre, auquel elles doivent être attachées solidement pour s'opposer au raccourcissement du squelette pendant la dessiccation. Puis, au moyen de ficelles diversement dirigées, on fixe toutes les parties dans la position qu'on veut leur donner.

On pratique ensuite au point le moins apparent des grandes capsules synoviales une petite ouverture, par laquelle on introduit de la baleine râpée, imprégnée d'une dissolution alcoolique de camphre et de savon; par là les capsules sont légèrement distendues, ce qui permet de donner une situation naturelle aux ligamens.

Quand le squelette est desséché, on fait bien d'enduire les articulations de quelque liqueur préservatrice, après quoi on le vernit pour le garantir de la poussière.

Art. 7. De r excarnation et du blanchiment des os.

Pour obtenir des os bien blancs, on choisit un cadavre maigre, provenant d'un sujet de vingt-cinq à quarante-cinq ans. On trouve ordinairement ces conditions réunies dans les cadavres de phthisiqnes et d'hydropiques, que l'on emploie le plus généralement â cet effet. En faisant choix d'un cadavre, il ne faut pas oublier qu'à volume égal des membres, les femmes sont ordinairement plus grasses que les hommes, qui souvent ne doivent le développement de leur corps qn'à celui de leur système musculaire. On conseille de s'assurer du degré de blancheur des os,

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en découvrant une petite portion de la surface interne du tibia 9 que Ton rugine: on peut espérer d'avoir unei>elle préparation y si le périoste se détache facilement, si le tissu de l'os est trèslisse, et présente une teinte blanche légèrement bleuâtre, que Ton reconnaît avec un peu d'habitude.

On enlève grossièrement toutes les' parties molles qui entourent les os, on détache les membres du tronc, si la cuve n'est pas assez longue pour recevoir fout le squelette en position, et Ton sépare la tète de la colonne vertébrale pour faciliter l'action de l'eau sur la cavité crânienne. Si l'on craignait de ne plus pouvoir reconnaître â quel côté appartiennent quelques os de la main qui, comme les os métacarpiens du pouce, les phalanges, les os pisiformes, sont peu différens d'un côté à l'autre, on éviterait toute méprise en renfermant chaque main dans un sac, et en marquant en outre par des fils de soie les trois phalanges de l'index, que l'on pourrait confondre avec celle? de l'annulaire. On divise les cartilages costaux à l'endroit de leur union avec les côtes, et on les met à part avec le sternum, auquel ils restent unis. Enfin on dépose tout le reste du squelette dans la cuve, qui doit être placée à l'ombre ; on la remplit d'eau de manière â ce que tous les os soient submergés, et on la recouvre de son Couvercle. Les cuves doivent avoir vers leur partie inférieure une ouverture munie d'un robinet, ou que l'on ferme au moyen d'un bondon. Cette ouverture sera percée à un demi -pouce environ au-dessus du fond, pour que les petits os qui se seraient détachés du squelette par la macération, ne soient pas entraînés par les eaux. L'eau dans laquelle on fait macérer le squelette, doit être renouvelée tous les jours pendant la première quinzaine, et plus tard au moins toutes les semaines. IL est vrai qu'on hâte le terme de la macération en laissant les os dans la même eau; mais ils deviennent moins blancs, et souvent les parties molles qui y adhèrent encore, se transforment en adipôcire; il est donc préférable de changer souvent d'eau, et même, si l'on avait à sa disposition une eau courante, on obtiendrait dés squelettes de toute beauté, en les y submergeant dans de grands paniers exactement fermés par des couvercles.

Pour abréger la durée de la macération et pour dégraisser plus complètement les os, nous sommes dans l'habitude de verser de l'eau bouillante sur ceux qui ont déjà été immergés dans l'eau froide pendant un mois; cette opération n'a pas besoin d'être répétée une seconde fois. Quand l'ean s'est refroidie, il surnage «ne grande quantité de graisse, qu'il faut enlever; on continue

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