ÂRTICyLATIONS RADIO- CARPIEN3E et CUBITO-CARPIENNE
Ces articulations, qui se feront par deux attaches, ne doivent être montées qu'après que toute la main l'aura été. Faites, à cet effet, une, ouverture dirigée de la partie moyenne de la facette du radius, qui se joint au scaphoïde, au milieu de la gouttière du même os, qui reçoit les tendons des muscles radiaux externes; passez un fil métallique .dans le petit anneau qui surmonte l'os scaphoïde, formez-en une anse dont vous introduisez les extrémités réunies, et de bas en haut; dans le trou que vous venez de pratiquer an radius; tirez les extrémités de l'anse et fixez- les par une double boucle; employez le même procéda pour unir le cubitus à l'os pyramidal.
21.° Articulation coxo-femorale. Percez un trou depuis la partie moyenne de la tète du fémur, jusqu'à la partie postérieure de la base de son col; introduisez par l'orifice supérieur de ce trou les deux extrémités d'une ause de fil métallique, que vous retiendrez par une double boucle; la partie moyenne dit fil doit former au-dessus.de la tète du fémur une anse trèsalongée de six à huit lignes de longueur; on pratique au fond
658 PRÉPARATIONS DB CABIftET. *
de la cavité cotyloïde une ouverture, par laquelle on fait passer cette anse , afin de la retenir dans l'excavation pelvienne m moyen d'une grosse agrafe.
22.° Articulation* FéMORo-freiALE. Percez transversalement les deux condyles du fémur, d'une ouverture qui oeeapele centre des mouvemens de Parti culat ion, et qui doit répondre de l'un et de l'autre côté un peu au-dessous des tubérosités de eet os. Pratiquez au tibia deux ouvertures qui s'étendent 'de h pairtic postérieure de chacune des facettes articulaires de cet as, à la partie supérieure de sa face postérieure, -et qui sont distantes de six lignes l'une de l'autre à leur partie supérieure. Prenez un gros fil métallique, tordez-le par la partie moyenne sur une broche d'acier, en lui faisant exécuter sept ou huit spiral» très-rapprochées les unes des autres, comme pour en faire m ressort en boudin ; portez ces spirales au fond de la cavité qui sépare les deux condyles du fémur, et faites-les traverser par mie grosse goupille, que vbus introduisez dans l'ouverture taraudée dans les condyles de l'os, et que Vous rivez sur ks côtés de Tirticuiation. Les spirales étant ainsi fixées par la goupille entre les condyles, saisissez les extrémités du fil qui les forme, introduisez-les de haut en bas dans les ouvertures pratiquées sur la surface articulaire du tibia , et retenez-les chacune par une bonde au niveau de la face postérieure de cet os. Au lieu d'un fil retourné en spirale, on emploie quelquefois une lame métatfiqne longue de quatre pouces et large de trois quarts de ponce, qie l'on replie sur elle-même dans son milieu, de manière à en former à cet endroit un canal par où passe la goupille qui traverse les condyles du fémur ; les deux extrémités retîntes de- la lamesot* enfoncées dans le tibia.
On peut, enfin, articuler ces deux os au moyen de deux James métalliques longues de deux à trois pouces, arrondies à leur partie supérieure , et que Fon enfonce verticalement dans les ca*e de chacune des deux facettes ovales de la surface articulaire1'* tibia. On les retient dans cette position par deux goupilles <pi les traversent toutes. les deux; on fait ensuite sur chaque condyle du fémur une incision verticale qui n'intéresse que sa partie inférieure et postérieure, et qui s'étend au-delà du centre te mouvemens ; ces incisions , qui correspondent aux deux lames etfoncées dans le tibia , sont destinées à les recevoir. Quand les os sont suffisamment rapprochés, on passe le forêt dans fouvrf* ture faite suivant l'axe des mouvemens pour percer les deuxla**»
0$ : SQUELETTES ÀftTIFIGIEIiS. 65^
pots en le retirant on le remplace par nne grosse goupille que l'on rive sur les côtés de l'articulation.
Pour articuler la rotule de telle sorte qu'elle conserve toujours ses rapports avec l'articulation, enfoncez dans la partie inférieure de cet os une lame métallique longue de trois pouces, large de cinq lignes, et dont vous fixerez l'extrémité inférieure dans une fente pratiquée sur la tubérosité du tibia qui reçoit l'insertion du ligament rotulien.
23/ Articulation péronjéo-tibiale. On fixe l'extrémité supérieure du péroné contre la partie correspondante du tibia 9 par une anse de fil qui traverse la tète du premier os, la tubérosité externe du second, et dont les extrémités sont fixées en boucle à la partie postérieure de l'articulation. Les extrémités inférieures du tibia et du péroné seront réunies par une goupille transversale, mais qui ne devra être placée que quand le pied aura été articulé à la jambe
• 24.° Articulations tarsiennes, métatarsiennes et phalangiennes. .L'astragale sera réuni au calcanéum au moyen d'un fil qui passera par la partie supérieure de son col, viendra sortir par la partie inférieure de la petite apophyse du calcanéum, et dont les extrémités seront retenues en haut et en bas) chacune par une boucle. Les trois os cunéiformes et . le cuboïde seront maintenus les uns contre les autres au moyen d'un fil qui les traversera dans une direction transversale, et dont les extrémités seront retenues par des boucles, l'une à la face interne du premier cunéiforme , l'autre dans la gouttière du cuboïde qui reçoit le tendon du long péronier latéral.
Le cuboïde sera fixé au. calcanéum par deux fils dont les extrémités postérieures sortiront par la face inférieure du calcanéum , et les antérieures, par les deux facettes du cuboïde qui se joignent au quatrième et au cinquième os du métatarse. Les extrémités de ces fils seront fixées en arriére par des boucles; en avant elles seront conservées pour servir à l'articulation du métatarse.
On articule le scapkoïde en arrière avec la tète de l'astragale, et en avant avec les trois os cunéiformes, au* moyen de trois fils garnis de boucles en arrière. Le premier de ces fils passe par la partie externe du col de l'astragale, traverse d'avant en arrière la partie externe du scaphoïde, la partie moyenne du troisième cunéiforme, par la face antérieure duquel il ressort; le second pénètre par la face -supérieure du col de l'astragale, et travers*
&6o PRÉPAaATIOSS DE CABIXDT.
successivement d'arrière en avant la partie moyenne du scaphoîde et le second os cunéiforme, au-delà duquel il se prolonge; le troisième, enfin, pénètre par la partie interhe du col de l'astragale , traverse d'avant en arrière la partie correspondante du scnphoïde, passe à travers le premier cunéiforme, et ressort par sa lace antérieure.
Les os *lu tarse étant articulés entre eux, on leur réunit ceux du métatarse au moyen des fils métalliques qui sortent par les faces antérieures des trois os cunéiformes et du cuboïde, ensuivant le procédé indiqué pour les articulations carpo-mélacarpiennei Quant aux autres articulations du pied, on les monte de la même manière que celles de la main.
25.° Articulation tibio-tàrsienhe. On conseille de déterminer le centre de l'articulation , et de faire passer de la malléole citerne* à la malléole interne une forte goupille qui traverse l'astragale, le retient, et lui permet de rouler dans l'espèce de mortaise que lui forment les os de la jambe ; mais j'ai trouvé qu'il était le plus souvent impossible d'exécuter ce procédé, du moins pour ce qui regarde la malléole interne, parce que celle-ci se trouve en dehors de l'axe des mouvemens, qui seront nécessairement gènes tontes les fois que la goupille traversera cette malléole. L'articulation de ces os se fait plus facilement au moyen d'une lame métallique enfoncée dans la surface articulaire du tibia , où elle est solidement retenue par une ou deux goupilles; cette lame est reçue dans une fente faite d'avant en arrière sur la poulie de l'astragale, au moyen d'une scie ; une grosse goupille placée dans le centre des mouvemens retient cette lame et permet à l'os de se mouvoir sur le tibia. Il est à observer que cette articulation est difficile à monter de cette manière, si le péroné est déjà uni au tibia, parce que la malléole externe, très-longue, empêche de river la 'goupille sur les côtés de l'astragale. On pourrait cependant mettre en usage le premier procédé, mais en le modifiant; c'est an» qu'il faudrait faire une ouverture qui de la face interne de la malléole interne se dirigerait en bas vers l'extrémité inférieure de cette malléole et un peu vers sa face externe; on passe par cette ouverture un gros fil métallique, qui est arrêté en haut par une boucle et qui forme en bas, soit un petit anneau, soit une boucle; mais dont l'ouverture est dirigée en travers: l'astragale est foré suivant l'axe des mouvemens, et cette ouverture est continuée à travers le péroné; l'articulation se fait ensuite an mo}** d'un grosse goupille qui traverse le péroné, l'astragale et le pel'*
SQUELETTES A RESSORT; COUPES DU SQUELETTE, CtC 66l
allneau que Ton a placé à l'extrémité de la malléole interne.
Art. 10. Des squelettes à ressort.
II est très-utile, pour étudier les luxations et la manière de les réduire/ de monter un squelette dont les os sont unis au mo} en de ressorts en boudin cousus dans de la peau molle , comme on le fait pour la confection des bretelles. Les ressorts seront disposés autour des articulations aux endroits où se trouvent les principaux ligamens qui les affermissent , seulement faut-il avoir soin de laisser ces liens artificiels un peu plus longs que ne le sont les ligamens dans l'état naturel. Le nombre et la force de ces ressorts seront proportionnés au volume et au poids des os qu'ils supportent Sur les squelettes ainsi préparés il est facile de déplacer les os dans toutes les directions voulues ; l'élasticité des ressorts les y retiendra d'une manière fixe. C'est, je crois, le professeur Seller , de Dresde , qui le premier a fait exécuter une pareille préparation ; j'ai pu me convaincre de son utilité lors de mon séjour en cette ville. Ceux qui désirent monter un squelette 4 ressorts consulteront avec fruit une notice que cet anatomiste a publiée il y a quelques années, le plan que je me suis tracé ne me permettant pas de m' étendre davantage sur cet objet-là.
Art. 11. Préparations et coupes servant à faire voir la configuration du squelette.
1.° De la coupe verticale bu squelette. On emploie à cet effet un squelette naturel desséché avec grand soin, afin que toutes les parties qui le composent aient conservé leur situation naturelle. On pratique cette coupe au moyen d'une scie ordinaire ' et d'une lame de scie de dix -huit à vingt pouces, terminée à chaque extrémité par un anneau dans lequel on puisse passer quatre doigts. Il faut être à deux pour se servir de ce dernier instrument.
On commence par tracer au crayon le trajet de la section, qui doit se faire exactement sur la ligne médiane, à l'exception de la partie antérieure de la tète» où on la fera soit un peu k droite, soit un peu à gauche, à cause de la cloison du nez, qui serait brisée. Avant donc que de tracer cette ligne sur la tète, on examinera la position de la cloison du nei: si elle n'est pas déjetée il est indifférent de faire la section à droite ou à gauche; dans le cas contraire, on opère un peu en dehors de ia ligne médiane et du côté de la concavité de la cloison. La ligne étant
66* PltÙ>ARATIONS DE CABINET.
tracée sur tout le corps, on commence par diviser le sternum, la symphyse des pubis, le coccyx et le sacrum, avec la scie ordinaire,- puis on continue de bas en baut la coupe de la colonne vertébrale , en se servant de la lame de scie ; la section de la tète se fait de baut en bas avec une scie ordinaire à lame trèsmince.
Le squelette ainsi divisé sera fixé sur deux supports unis par des charnières, de manière à ce que les deux moitiés puissent être réunies ou séparées à volonté.
2.* Coupes de la tèté. Nous venons d'indiquer la manière de faire la coupe verticale antéro-poste'rieure ; la coupe horizontale se fait suivant une ligne qui part de la bosse nasale, à os pouce au-dessus de la suture fronto- nasale, passe sur la partie supérieure de la suture écailleuse , et se termine à un pouce on quinze lignes au-dessus de la protubérance occipitale externe. On trace cette ligne au crayon et on la suit exactement avec la sck, en tournant la tète à mesure que les os sont divisés dans tonte leur épaisseur. Les coupes verticales transversales seront faite dans différens points, de manière à partager le crâne en pinsieurs zones.
Nous possédons depuis longues années à Strasbourg deux tètes où sont réunies un grand nombre de coupes instructives , en sorte que Ton peut étudier sur chacune d'elles la tète dans son ensemble, la cavité crânienne, les fosses nasales et leurs dépendances, les cavités orbitaires et l'oreille interne.
Pour faire cette préparation, on choisit un sujet adulte, chef lequel la cloison du nez est parfaitement droite et qui ait tontes 'ses dents. On pousse dans les vaisseaux de la tète une injection pénétrante, faite avec dn vernis à l'alcool coloré par le vermillon. On sépare la tête, que Ton rugine avec soin ; on détacke la mâchoire inférieure, on fait la coupe horizontale ordinaire du crâne, et l'on enlève avec soin la dure-mère. Puis on W â la base du crâne ttois coupes d'avant en arrière : i.# Une postérieure située sur la ligne médiane et qui s étend depuis la pr°* tubérance occipitale jusqu'au grand trou de ce nom $ a.' *|B autres, antérieures , parallèles, situées de chaque côté de la Iip* médiane et distantes de quatre lignes l'une de l'autre. &* *«* dernières coupes devront comprendre une tranche épaisse 0e quatre lignes et qui se composera de toutes les parties qoisofl» situées près de la ligne médiane en avant du grand trou occipital. Toutes ces coupes seront préalablement tracées au ct*1on*
COUPES DU SQUELETTE, etc. 663
ât l'on y conduira la scie avec la plus grande attention. Les deux coupes antérieures se termineront entre les dents incisives latérales et moyennes. Par là, la base du crâne est séparée en trois pièces, une moyenne très-mjnc* et deux latérales. Ou conserve sur ces pièces la membrane pil ni taire avec tous ses prolongemens, et l'on prépare sur les pièces latérales la portion cartilagineuse de la trompe d'Eustache.
Sur la partie droite de la tète on prépare du côté de la cavité du crâne les canaux demi-circulaires, le limaçon, le vestibule, le tympan avec les osselets et leurs muscles. On fait encore du même côté une coupe transversale qui ouvre le sinus maxillaire, l'orbite, et divise transversalement les trois méats de la fosse nasale de ce côté : pour cela, le trait de scie doit passer entre la deuxième dent petite molaire et la première des grosses , par la crête qui sépare les fosses canine et zygoma tique, par la partie moyenne de l'os malaire et par l'échancrure ethmoïdale du coronal, â six lignes de son extrémité antérieure.
Sur la partie gauche de la tète on enlève une pièce triangulaire de l'os temporal au moyen de deux traits de scie: l'un, antérieur et transversal, passe par la racine horizontale de l'apophyse zygoma tique, la partie postérieure ' de la cavité glénoïde immédiatement au devant du conduit auditif osseux, et vient «tomber â la partie postérieure de. l'orifice inférieur du canal carotidien : l'autre trait de scie est postérieur et dirigé obliquement en avant et en dedans; il coupe l'apophyse mastoïde par sa par* lie moyçnue, tombe sur le trou stylo-mastoïdien, passe entre l'apo- .physe styloïde qui reste en dehors et la fosse jugulaire qui se trouve en dedans, et vient rencontrer le trait précédent entre Ja fasse jugulaire et le canal carotidien. Cette coupe permet de voir la membrane dn tympan , les cellules mastoïdiennes, l'aqueduc de Fallope, le limaçon et une partie de la caisse du tympan.
Toutes ces pièces sont unies de la manière suivante: î.Vréu- .nissez la pièce osseuse qui a été enlevée au temporal gauche, au moyen de deux lames métalliques qui viennent s'enchâsser dans des entailles laites aux parties correspondantes de l'os voisin, «ou mieux encore par une vis qui traverse les deux portions de l'apophyse mastoïde, et qui soit retenue par un écrou. 2.0 Unis* «es les deux pièces de la coupe transversale du côté droit de la
1 Si le trait de scie passait ou milieu de la cavité glérïoide , on n'oftrrirait pas en avant la caisse dn tjmpan, et en outre on ne pourrait plus piacer l'eV trou 5«i derra fUer U niÀcaoire inférieure. '
664 WUÎFARÀTIOKS DE CABINET.
tète, d'abord par une cheville de cuivre firée dans la pièce téricurc. au-dessus de la deuxième dent molaire, et reçue dans un trou pratiqué sur la partie correspondante de l'os appartenant à la pièce postérieure ; joignez encore ces deux portions par une vis à tète perdue, fixée dans la partie antérieure au niveau de la coup'e faite à l'apophyse angulaire externe du coronal, et passant pcr une ouverture oblique pratiquée sur la pièce postérieure, pour ressortir dans la cavité du crâne , où Ton fixe son extrémité par un petit écron à queue. 3.° Les deux pièces précédentes étant réunies, on visse au niveau de la coupé antéro-postérieure de la pièce gauche de la tète quatre tenons en cuivre, qui, mis en place, doivent dépasser de sept lignes la surface de la coupe. Ces quatre tenons seront fixés horizontalement, et dans une direction parfaitement transversale : le premier au niveau de la suture qui réunit l'épine nasale à f os propre du nez, le second à la partie moyenne de l'apophyse basilaire, le troisième à la réunion dn tiers antérieur et des deux tiers postérieurs de l'apophyse palatine, le quatrième derrière le grand trou occipital Les trois premiers tenons doivent traverser la pièce moyenne qui supporte la cloison des narines, et s'engager au-delà dans des ouvertures étroites creusées sur la pièce du côté droit qu'ils retiennent; le quatrième réunit les deux pièces de l'occipital, qui sont forées pour le recevoir. Le troisième et le quatrième tenon sont formés d'une larac métallique large 'de deux lignes et épaisse d'une demiligne, ils portent une ouverture dans laquelle s'adapte une vis à queue; une de ces vis traverse une ouverture faite à la voûte palatine et fixe les pièces en avant ; l'autre les fixe en arrière, en traversant une ouverture pratiquée dans la moitié droite de l'occipital. 4.0 Toutes les pièces de la base du crâne étant réunies, on enfonce à la partie supérieure de chaque condyle de h mâchoire inférieure une vis qui doit traverser deux trous que l'on pratique au fond des cavités glénoïdes et que l'on retient dans le crâne au moyen d'écrous à queue. 5.° On articule la voète dn crâne avec sa base, au moyen d'une forte charnière retenue par trois vis sur la portion écailleuse du temporal droit, au-dessus de la base de l'apophyse zygomatique. Du côté opposé on ferme la pièce par un crochet.
J. Gloquet décrit une pièce analogue aux nôtres et préparée par DuvEBNEY ; nous avons donc cru pouvoir transcrire en grande partie ses propres expressions. La pièce dont parle Cloquet diffère de la nôtre, en ce qu'on y a laissé d'un côté de la tète le périoste richement injecté', et qu'on y a ouvert le canal dentaire
SEPARATION DU CftAllE, CtC. ; VERTÈBRES CRANIENNES. 665
inférieur par deux traits de scie, l'on étendu du bord parotidien de l'os au trou tnentonnier, et l'autre, obliquement en haut et en dedans, du bord inférieur du maxillaire à la même ouverture. La pièce qu'on détache , se trouve par sa forme enchâssée dans le corps de l'os, et un simple crochet, placé en dedans et en arrière , suffit pour la retenir.
3.° Séparation bu crâne et de la face. On emploie pour cela une tète d'un jeune sujet , comme pour la désarticulation de la tète, avec la différence qu'on n'enlèvera que les os propres du nez, ceux de la pommette, les os unguis, et les cornets inférieurs; puis, après avoir écarté les os maxillaires supérieurs par leur partie inférieure, on enfonce des ciseaux dans leur«uture avec le frontal pour les détacher doucement;. on en fait autant pour les os du palais, dans leur articulation avec le sphénoïde, et Ton finit par les enlever avec les os maxillaires et le vomer.
On articule de nouveau les os de la face entre eux, en les liant soit au moyen de goupilles en fil métallique , soit en leur interposant un peu de colle de poisson ou de gomme arabique. Cette préparation fait très-bien voir les rapports des os de la face avec ceux du crâne.
Pour étudier les «rapports de tous les os de la tête entre eux, ainsi que leur position relative, on fixe chaque os individuel d'une tète désarticulée à une certaine distance des os voisins, moyennant des tiges métalliques implantées sur un support et terminées par des espèces de pinces, qui peuvent être serrées par une vis ou par un coulant. On conçoit que des préparations analogues pourront être faites sur tous les autres os composant le squelette.
4.° Les vertèbres craniekres, admises par les anatomistes, seront démontrées au moyen de têtes désarticulées dont on aura de nouveau réuni les os individuels qui forment chaque zone vertébrale, tandis que chaque zone sera fixée sur un Support commun, de manière à être à un<; certaine distance des zones voisines. Ou bien chaque zone vertébrale sera disposée sur un support particulier, en même temps que les os qui la composent sont maintenus à une petite distance les uns des autres au moyen de tiges métalliques. Ou bien encore on se contente de peindre en couleurs différentes chaque zone vertébrale sur une tête entière : on fera bien alors de tracer en outre en noir les limites de séparation des vertèbres crâniennes.
M6 FftïtAAATIOlM DE CÀBWET.
Art. 13. Préparation des os <F embryon, de foetus ei de
jeunes sujets.
Ces préparations servent â l'étude du développement des as, et à cet effet on fait pour chaque espèce d'os des séries prises sur des sujets de différens âges, et on les expose sur des tablettes. Les os eux-mêmes seront préparés par macération et séchés avec soin. Comme les élèves ne peuvent pas toujours disposer de foetus humains, ils étudieront facilement le développement des os sur des embryons ou des fœtus d'animaux.
On examine le mode d'union des épiphyses avec le corps de Foc en y pratiquant une coupe longitudinale : ces pièces seront conservé* dans l'alcool. D'autres fois on conserve ces épiphyses par dessiccation, soit en ménageant un peu de périoste à l'endroit de l'union des différentes pièces, afin qu'elles restent accolées, soit en fixant ces épiphyses à une certaine distance du corps de f os *u moyen de fils métalliques qui les retiennent . Les injections que Ton fait sur les jeunes sujets, pénètrent avec facilité tout le tissu osseux, et nous possédons sur ces organes de fort belles préparations, qui sont déposées au musée de la faculté de médecine. Les préparations qui nous oqt paru être les plus instructives» sont celles où, le périoste ayant préalablement été enlevé , les os ont été soumis à l'action de l'acide hydrochlorique très-é tendu, pub desséchés et conservés dans l'essence de térébenthine : cette huile essentielle, en leur donnant la transparence du verre, permet de suivre parfaitement dans leur intérieur la distribution des vaisseaux. Sur plusieurs os longs on a conservé Je périoste, et les os eux-mêmes ont été divisés longitudinalement en plusieurs lames , dans la majeure partie de leur étendue, en sorte que l'on peut très-bien y voir la distribution *asculaire tant dans l'os que dans le cartilage : ces préparations sont conservées dans l'alcool. D'autres os de fœtus injectés , pourront être séchés avec le périoste et placés dans l'essence de térébenthine.
Relativement aux os rougis par l'usage de la garance, il convient de faire observer qu'ils doivent être conservés dans l'alcool et à l'abri de la lumière, qui les ferait bientôt pâlir. Les plus belles
réparations de ce genre que j'aie vues, se trouvent au musée de Hunteh; elles sont bke* sur des jeunes porcs. Dans ces ani- * «aaux la coloration est déjà très- intense au bout de quinze jours. Le développement des dents sera étudié sur des séries de ces organes, pris à différentes époques de la vie et déposés sur des
OS ^EMBRYONS , DE ECBTUS ET WR JEUNES SUJEÎ& 667
tablettes de cire noire. C'est surtout sur clés foetus bien injectés que Ton observera les germes des dents: à cet effet, oit enlève toutes les parties molles et même le périoste qui recouvrent les os maxillaires supérieurs et inférieur, en ne conservant que la portion des gencives qni répond au bord alvéolaire; puis on emporte peu â peu avec un scalpel la table antérieure des os maxillaires vers le bord alvéolaire : on ne tardera pas À voir les germes des dents de lait, et même, sur des sujets un peu plus avança en âge, les germes des secondes dents. Sur l'os maxillaire inférieur on verra tout le trajet du canal dentaire inférieur, et il ne sera pas très-difficile d'isoler les rameaux artériels et nerveux qui se portent à chaque dent. À cause de la ténuité de tous ces objets, il est convenable de conserver la pièce- dans l'alcool.
II est, enfin, très-utile d'étudier le développement des dents sur les grands animaux, sur une tète de veau par exemple. 14 les dents sont très-volumineuses, ainsi que les germes qui les sécrètent : on fera bien d'injecter préalablement la tète avec soin. La préparation pourra être conservée par dessiccation. Si la dissection a été faite sur une tète non injectée, où d'àiiktirs les germes des dents sont très-visibles aussi, et parcourus d'utfe infinité de vaisseaux , il faudra conserver la préparation dans l'alcool. J ai vu dans les galeries d'anatomie comparée du Jardin du Roi plusieurs séries de préparations de ce genre parfaitement exécutées. ,
On ne fait jamais que des squelettes naturels d'embryons et de fœtus, et on les prépare à peu près comme ceux des adultes, excepté qu'il faut se garder d'enlever le périoste aux endroits où les épiphvses tiennent aux os. La macération ire doit durer qu'autant que l'eau rougit, et celle-ci sera renouvelée deux fois par jour, pour retarder autant que possible la putréfaction. Lé cerveau sera extrait par une incision que l'on pratique au ligament occipito-atlantoïdien postérieur; sa sortie sera facilitée si l'on incise la tente du cervelet au moyen d'un scalpel porté profondément dans la cavité crânienne. L'extraction de. la moelle épinière se fait par les trous de conjugaison. Comtne ces squelettes sont encore en grande partie cartilagineux, on ne devrait jamais les conserver que dans l'alcool,- cependant, si l'on se déterminait â les dessécher, il faudrait, pour s'opposer autant que passible au retrait des os par le racornissement des cartilages, rembourrer de baleine ripée les cavités * crânienne et tfaoracique, et même la cavité pelvienne ; il serait pn outre convenable d'empêcher la colonne vertébrale de se courber *en avant, en fixant i sa partie
668 Pft&ARATlOSS DE CABtNËT.
postérieure une pièce de bets qui s'adapte à sa forme et que Foi retient au moyen de plusieurs fils.