‹ Nouveau manuel de l'anatomiste, comprenant la description succincte de toutes les parties du corps humain et la manière de les préparer; suivie de préceptes sur la confection des pièces de cabinet et sur leur conservationChapitre 258 sur 297 · OS : EXCARNATION ET BLANCHIMENT · texte numérisé non relu

OS : EXCARNATION ET BLANCHIMENT

prolongée pendant trois à quatre heures dans une forte dissolution de savon. Les os ainsi traités acquièrent, dit- on, une blancheur éclatante.

Pour permettre à la moelle de sortir plus facilement des os, quelques anatomistés font une ouverture à chacune des extrémités des os longs avant de les faire macérer; ce moyen réussit, mais la forme des surfaces articulaires en souffre.

Les os préparés par la macération ou l'ébullition, ont ordinairement une teinte jaunâtre ou brunâtre, qu'il faut leur enlever par le blanchiment. A cet égard on remarque que, surtout parmi les os que Ton a fait macérer, ceux qui ont été les plus noirs en les sortant de l'eau, sont ceux qui deviennent les plus fclancs, quand leur préparation est terminée. Le meilleur moyen de blanchir les os consiste à les soumettre à Faction du soleil et de fa rosée, en les étalant sur des mannes d'osier, que Ton place sur un gazon à quelques pouces de terre. On retourne les os tous les quinze jours, afin qu'ils blanchissent d'une manière bien égale. Deux ou trois mois d'une semblable exposition suffisent, surtout au printemps, pour rendre les os parfaitement blancs,* observons cependant que la pluie prolongée nuit au succès de l'opération; aussi convient -il de mettre les os à couvert toutes les fois que Ton peut prévoir une pluie de longue durée. En été il est convenable de ne pas exposer les os aux rayons du soleil pendant les heures les plus chaudes de la journée. Dans cette saison on

{►eut beaucoup abréger la durée de l'opération , en faisant arroser es os, plusieurs fois par jour, avec de l'eau de pluie ou de rivière. Un gazon, quoique préférable à tout autre emplacement pour blanchir les os, n'est cependant pas indispensable; nous obtenons à Strasbourg des os qui laissent peu de chose à désirer quant à leur blancheur, en les exposant au soleil sur un balcon et en les faisant arroser plusieurs fois par jour.

On blanchit enfin les os en moins de temps , mais moins bien aussi, en les plongeant à différentes reprises dans une lessive qui tient du chlore en dissolution; et en continuant ainsi pendant une semaine et plus; mais il faut avoir soin de ne pas trop prolonger l'opération et de ne pas se servir d'une solution trop concentrée, sans quoi les os redeviendraient jaunes, en ce que la couche superficielle du phosphate calcaire est enlevée, et qu'alors l'os e^t recouvert d'une légère couche de gélatine, qui jaunit en se desséchant. On obtient un résultat analogue en étalant sur une claie les os préalablement imbibés d'eau, et en les recouvrant d'une toile serrée ou de taffetas gommé : on place

alors au-dessous de la claie un vase qui contient un mélange de muriate de soude et d'oxide noir de manganèse, auxquels on ajoute de temps en temps de l'acide sulfurique, pour dégager le chlore gazeux. Eçfin, on blanchit les os assez bien et à bon marché, en brûlant lentement du soufre sous la claie sur laquelle les os humectés sont disposés.

Il peut se faire que, malgré tous les soins, les os conservent une couleur jaune, due au suc médullaire qui est déposé dans leur intérieur, et qui quelquefois même suinte par leurs extrémités, en répandant une odeur infecte. Il faudrait alors essayer 4e les plonger dans une forte lessive alcaline, chauffée à 5o°; - ou bifti on les entoure de quelque poudre absorbante, par exemple d'os calcinés et pulvérisés, de craie ou de marne desséchées, et on les expose ainsi pendant quelques jours à la chaleur du soleil ou à une chaleur artificielle de 5o° et plus, après quoi on Jes lave dans une lessive aLealine, et on les blanchit sur le pré

Art. 8. De la désarticulation des os de la tête.

Ces os, solidement engrenés les uns avec les autres, ne se séparent pas par la simple macération, à moins que cène soit sur une tète de foetus ; il faut donc les disjoindre de vive force. Les tèles qui conviennent le mieux à ce genre de préparation, sont celles de sujets de quinze à vingt ans, parce qu'à cet âge les os ont en grande partie acquis leur développement, sans pour cela être unis d'une manière trop intime.

Les instrumens dont on se sert à cet effet, sont de fortes pinces , huit à dix ciseaux de différentes grandeurs et un petit inarteau. On fait bien de mettre des gants, pour ne pas être blessé par les pointes des os. Il convient, avant de commencer, de faire tremper la tête dans de l'eau, parce que les os mouillés sont moins sujets à se briser ; l'eau sert en outre à ramollir les parties fibreuses qui auraient pu rester entre les os individuels, et qui, desséchées, feraient office de colle. La séparation des os se fait en les ébranlant soit avec les doigts, soit au moyen de pinces, pu bien en enfonçant dans leurs sutures des ciseaux, que Ton fait agir tantôt à la manière des coins et tantôt comme des leviers. Souvent il ne suffit pas d ébranler un seul os ; mais il faut aussi agir sur ceux avec lesquels il est en connexion.

On commence par enlever les os propres du nez et les os de la pommette; puis on ébranle un peu les os maxillaires, pour retirer les os unguis et les cornets inférieurs; on enlève ensuite les temporaux, l'occipital et Jes pariétaux. On détache le vomer

en réparant un peu les os palatins; puis, en. plaçant avec beaucoup de ménagement les «seaux dans les sutures de ces derniers os avec les maxillaires supérieurs et le sphénoïde, et en les ébranlant doucement tantôt à tel endroit et tantôt à tel autre, on finit, à force de patience, par les isoler, ainsi que les os maxillaires. Il ne reste plus alors que le frontal, le sphénoïde et l'ethraoïde, que Von disjoint en enfonçant successivement des ciseaux dans tons les endroits où ces os sont unis. Cest la séparation des os du palais, dn sphénoïde et de l'ethmoïde, qui présente le plus de difficultés ; faisons donc observer qu'un seul mouvement d'impatience peut suffire quelquefois pour abîmer la préparation. On réussit souvent à disjoindre les os de la tète, en remplissant exactement la cavité du crâne de pois ou de haricots secs, que Ton y retient en fermant le trou occipital au moyen d'un bouchon de liège; on trempe la tète dans de Peau, et les graines qui la remplissent, venant à se gonfler, exercent une pression très-forte sur son intérieur, en sorte que la plupart des sutures finissent par s'écarter. Mais cette méthode, qui est la seule qui soit applicable aux tètes des sujets avancés en âge, a l'inconvénient de fournir rarement tous les os dans un parfait état d'intégrité; le plus souvent la lame criblée de l'ethmoïde est enfoncée à cause de son peu de résistance, et les petites ailes du sphénoïde sont fréquemment brisées, en sorte qu'il vaut mieux, en général, de séparer les os de la tète par la méthode plus pénible, mais plus sûre, que nous avons indiquée en premier lieu. On peut éviter la disjonction trop violente des os du crâne, et prévenir par conséquent la rupture de quelques-uns d'entre eux (à l'exception de la lame criblée de l'ethmoïde), en entourant exactement la tète de tours de bande serrés, avant de la plonger dans l'eau : les os sont alors seulement ébranlés au lieu d'être écartés.

Art. 9. Squelettes artificiels.

Les squelettes artificiels sont ceux dont les os, désunis par la macération, sont de nouveau rapprochés les uns des autres, retenus en place par des liens de diverse nature, et disposés de manière à permettre aux articulations d'être mues, autant que possible, comme dans l'état naturel. La confection de cts squelettes est donc plutôt du ressort du mécanicien que de celui de l'anatomiste. Nous empruntons en grande partie la description des procédés à employer, à la thèse de J. Cloquet; la plupart de

6* 4 PREPARATIONS DE CABINET.

ceux qu'il décrit nous paraissant être supérieurs à ceux que Fon net communément en usage.

1.* Instrumeks. Les instrumens particuliers dont on a besoin pour ce genre de préparations, sont:

î) Des forets de différentes dimensions, faits avec des tiges en acier flexible, aplatis au marteau à Tune de leurs extrémités; puis aiguisés en fer de lance et trempés pour augmenter lenr dureté. Ces forets servent à pratiquer des trous dans les os: si ceux-ci sont mous, on les fait à la main avec des forets montés sur un manche; mais si l'os est dur et épais, on adapte le foret sur un tour à arbre, que Ton fait mouvoir au moyen du pied. Le tour à arbre peut cependant fort bien être remplacé par un tour à archet, fixé sur une table au moyen d'un étau.

a) Des pinces à mors aplatis et qui sont destinées à tordre les fils métalliques qui ont une certaine épaisseur. Des pinces à mors coniques, trempés et taillés en limes sur leurs faces correspondantes; elles sont destinées à faire les boucles spirales à l'extrémité des goupilles de fil métallique qui traversent les os. On fait ces boucles de la manière suivante : saisissez l'extrémité du fij métallique avec le bout des mors, tordez-le en demi-cercle sur le mors inférieur de la pince, ressaisissez-le à l'endroit où commence la torsion, et répétez le même mouvement pour obtenir un anneau complet, qui entoure toujours le mors inférieur de la pince. En continuant à le tordre de la sorte, on forme une boucle de deux ou trois spirales accolées, semblables à une petite portion de ressort en boudin. Mais il faut avoir soin de tordre le fil de manière à ce que la première spirale regarde l'extrémité du mors de la pince, et que les spirales suivantes soient placées \ers la jonction de l'instrument.

3) Des tenailles incisives.

4) Des emporte-pièces en acier, destinés à découper des paillettes de cuivre, que doivent traverser les fils métalliques et que Ton place à l'entrée des ouvertures faites sur les os, afin d'empêcher les boucles de les user par leur frottement.

Les substances que l'on emploie pour retenir les os en position, sont de diverse nature : on a tour à tour employé des cordes à boyaux, des cordes de chanvre ou de soie, des fils de fer, de laiton et d'argent, des plaques en corne, en plomb, en fer-blanc, en laiton, en cuivre ou en argent laminé; mais plusieurs de ces substances n'étant pas assez solides et d'autres étant sujettes à la rouille, on ne se sert plus guère aujourd'hui que de liens en lai-

ton, en cuivre on en argent. Nous employons de préférence des plaques en laiton laminé et des fils en cuivre argenté, que Ton peut se procurer de tons les calibres.

On emploie souvent des fils métalliques tournés en spirale , convertis en ressorts en boudin, semblables à ceux dont on se sert pour les bretelles, afin de tenir certaiucs parties rapprochées ou éloignées les unes des autres, de permettre ou d'empêcher certains mouvemens.

Des pièces de peau de buffle, de forme et de grandeur variables, suivant les articulations, servent à remplacer les cartilages intervertébraux et celui de la symphyse des pubis.

On se procure une tige de fer de deux pieds six à huit pouces de longueur; elle est destinée à donner de la solidité à la colonne vertébrale, dans le canal de laquelle on la fixe. Cette tige doit présenter des courbures prises sur celles du rachis avant son excarnation, et porter dans sa longueur des ouvertures destinées à recevoir des fils métalliques. Son extrémité supérieure doit traverser la cavité du crine, ressortir par une petite ou* verture faite â la réunion des sutures sagittale et coronale, et être taillée en pas de vis pour recevoir un écrou à oreille. Son extrémité inférieure sera aplatie, pointue, et ne devra descendre que jusqu'à la partie inférieure du canal sacré, ou bien se prolongera à quelques pouces au dehors, en descendant verticalement, selon l'espèce de support dont on voudra faire usage.

Enfin, pour soutenir le squelette, on fait construire un support qui se compose d'un plateau en bois de chêne, de quinze pouces carrés environ, et que Ton peut monter sur des roulettes. Vers le milieu de l'un des bords du plateau s'élève verticalement une lige en bois de chêne, dont la hauteur varie suivant la taille du squelette, et qui est percée dans le centre de son extrémité supérieure d'un trou qui sert à recevoir la pointe prolongée de la tige de fer qui traverse le canal rachidieu, et que l'on fixe au moyen de petits coins en bois.

Cloquet fait connaître un autre support, plus commode, en ce qu'il est mobile et qu'il peut s'adapter aux squelettes de diverses grandeurs. 11 se compose d'un plateau en bois de chêne et d'une tige verticale en fer, longue de trois pieds, et à laquelle s'articule une branche horizontale mobile, terminée par des mors de pince courbes, qui embrassent la colonne vertébrale vers la onzième vertèbre dorsale. A la place de cet appareil, nous proposons d'en employer un autre, construit à peu près comme le fixateur, que nous dé cri vous en parlant de l'in-

646 PREPARATIONS DE CABINET.

jection des vaisseaux lymphatiques, mais dont le bras horizon!? I sera naturellement raccourci de beaucoup, et dont les autres proportions seront en rapport avec l'objet auquel on le destine. On obtiendrait enfin un appareil fort simple et néanmoins mobile , en donnant à la tige de fer qui se prolonge an dehors du canal vertébral, une figure régulièrement cylindrique. Ce cylindre, bien poli, est destiné à être reçu dans un cylindre creux en laiton , logé dans le haut de la tige du support : la première de ces pièces se mouvant à frottement doux dans la seconde, le squelette peut être tourné circulairement suivant un axe vertical.

2.° De la manière de monter les articulations en général. Il faut, dans la construction des squelettes, ne point multiplier inutilement le nombre des fils, qui nuisent toujours plus ou moins â la beauté de la préparation; il faut les arrêter le plus solidement possible, en les fixant dans les endroits où les os ont le plus d'épaisseur et sont moins susceptibles de se laisser détiuire par les froUemens. On doit proportionner le volume des fils à celui des articulations ; mais il vaut mieux les employer trop gros que trop petits, sans quoi ils auraient l'inconvénient de mal assujettir les os, de les couper et de se briser avec facililc. Les fils métalliques doivent remplir parfaitement les ouvertures que l'on a pratiquées sur les os; il faut en arrêter les extrémités en faisant des boucles bien régulières, à trois ou quatre tours de spirale au plus, et les cacher autant que possible dans les parties profondes, daas l'intérieur des cavités, etc. On doit faire une des boucles avant de passer le fil dans l'os, dont ou séparera toujours les boucles par des paillettes.

Pour les articulations orbiculaires ou vagues, on doit faire passer la goupille dans la direction du col qui supporte la tête, et la faire ressortir par le milieu de cette dernière partie. Cependant, par ce procédé, l'articulation est loin de jouir de mouvemens aussi étendus que ceux qu'elle exécute dans l'état naturel, la tête de l'os ne pouvant glisser sur la cavité qui la reçoit. Pour obvier autant que possible à cet inconvénient, Cloquet a employé avec succès le procédé suivant, qui consiste à faire du centre de la tète de l'os le centre des mouvemens. Pour cela, faites dans la tête de l'os une incision cruciale au moyen de deux traits de scie, qui se coupent à angles droits et pénètrent jusqu'au centre de la tète, de l'humérus, par exemple; prenez une goupille articulée dans son milieu au moyen de deux anneanx qui se pénètrent réciproquement; percez au-dessous de la grosse

tubérosité on trou qui va aboutir précisément au centre de la tète 9 â l'endroit où les deux traits de scie se croisent dans leur partie profonde; introduisez la goupille de haut en bas, et faitesen ressortir l'extrémité par l'ouverture foTée au-dessous de la tubérosité; lorsque l'articulation des deux pièces de la goupille est parvenue au centre de l'os, ce dont vous vous assurez en faisant exécuter des mouvemens à la pièce supérieure, en la conduisant successivement dans chacun des sillons faits par la scie, arrêtez par une boucle la pièce inférieure; passez ensuite la pièce supérieure de la goupille par une autre ouverture, faite à la partie moyenne de la cavité glénoïde, et artètez-la par une boucle. Ce mode d'articulation permet à l'humérus d'exécuter des mouvemens très -étendus dans les quatre sens principaux, sans que la tète abandonne ses rapports avec la cavité glénoïde.

La première fois que l'on monte une articulation en ginglyme angulaire, on éprouve beaucoup de difficulté pour faire que les surfaces articulaires se trouvent toujours à égale distance l'une de l'autre dans les divers degrés d'extension et de flexion. Tantôt elles restent trop écartées dans l'extension et tellement rapprochées dans la flexion, qu'elles se touchent et arrêtent les mouvemens; tantôt un effet opposé est produit. Cet inconvénient se rencontre souvent pour les articulations fémoro-tibiale, métacarpo-phaJangienne, etc. II dépend de ce que la goupille sur laquelle tourne la lame métallique de la pièce inférieure, n'a point été placée précisément au centre des mouvemens; aussi pour y obvier faut- il, avant de percer le trou, déterminer ce centre pour y placer la goupille, qui doit servir, pour ainsi dire , d'axe â l'articulation. Pour cela, l'on appuie une des branches d'un compas sur l'un des côtés de l'os qui présente les condyles articulaires, et l'on voit si l'on peut suivre exactement la convexité du condyle avec l'autre branche, que Ton maintient â un certain degré d'écartement de la première ; si l'on n'a pas réussi' dans un premier essai, on en fait d'autres, soit en changeant le point qu'occupe la branche fixe du compas, soit en augmentant ou en diminuant l'écarlement de ses branches. Le centre du segment de cercle étant déterminé, on le marque par un point. On en fait autant de l'autre côté, et l'on passe le foret par les deux points indiqués.

Les articulations planiforraes, celles des os du carpe, des vertèbres, du tarse, par exemple, doivent être montées de telle sorte qu'un seul fil serve à réunir plusieurs de ces os.

648 PREPARATIONS DE CABINET.

3.° Articulation des dents. Après avoir nettoyé et blanchi ces organes, fixez- les dans leurs alvéoles, en imprégnant leurs racines d'ichtbyocolle liquide ou de gomme arabique dissoute. H est bien difficile de remplacer les dents qui se sont perdues pendant la macération , par des dents prises sur d'autres sujets ; le plus souvent il faudra employer la lime pour leur donner la forme nécessaire.

4.° Articulation temporo-maxillaire. Percez une ouverture, étendue de la partie postérieure du col de la mâchoire inférieure à la partie supérieure et moyenne du condyle de cet os; faites* -en une seconde, verticale, étendue du milieu de la fosse glénoïde à la partie* supérieure et moyenne de la base de l'apophyse zygomatique; passez un fil dans ces deux ouvertures et fixez -le par deux boucles. Percez deux ouvertures très -petites, Tune au sommet de l'apophyse coronoïde, l'autre passant de la partie postérieure de l'apophyse angulaire externe du coronal dans la cavité orbi taire; prenez un ressort en boudin, d'une ligne et demie de diamètre, long de deux pouces; fixez par une boucle son extrémité inférieure à l'apophyse coronoïde; passez par l'onveiture supérieure le fil qui le termine en haut, tirez-le et dévidez le ressort jusqu'à ce qu'il ait acquis un degré de tension convenable; fixez-le dans l'orbite par une seconde boucle. La mâchoire inférieure, étant articulée de cette manière, pourra être mue et abaissée avec facilité, et remontera d'elle-même s'appliquer contre la supérieure.

5.° Articulation du rachis. Il faut d'abord découper vingttrois rondelles de pean de buffle, ayant parfaitement la forme des fibro-cai tilages intervertébraux, qu'elles sont destinées â rem-

[)lacer. Pour cela, on applique chacune des vertèbres en particulier sur la peau, afin de découper ces pièces plus exactement; on donne à celles-ci plus d'épaisseur en avant qu'en arrière dans les régions cervicale et lombaire, et une épaisseur en sens inverse dans la région dorsale, pour qu'elles puissent s'accommoder aux courbures naturelles du rachis. Ces rondelles seront en outre d'autant plus épaisses qu'elles appartiendront à des vertèbres plus infërieurement situées. On perce successivement le corps de chaque vertèbre et chaque rondelle de pean, de deux ouvertures parallèles et latérales, qui les traversent directement de bas -en haut; deux ouvertures semblables sont percées de la surface articulaire du sacrum qui se joint au corps de la dernière vertèbre

lombaire, à la face antérieure de la première pièce de cet os. Les deux ouvertures de la seconde vertèbre cervicale sont pratiquées obliquement de telle manière, qu'elles s'étendent de la face inférieure à la face postérieure de son corps.

On plie en deux un bout de fil métallique long de quatre pieds, et l'on fait parvenir au fond de l'anse qu'il représente un morceau de ressort en boudin, dont la longueur doit être égale à la distance qui sépare les deux ouvertures de la face antérieure du sacrum: on engage de bas en haut, dans chacune de ces dernières, les deux extrémités de l'anse métallique, en faisant sortir celles-ci par la face supérieure du sacrum, et en les engageant successivement de bas en haut dans toutes les ouvertures pratiquées aux rondelles de buffle et aux corps des vertèbres. On les fait ressortir par la face postérieure de Taxis, en les tirant fortement avec les pinces plates, de manière à serrer les uns contre les autres, le sacrum, les corps des vertèbres et les rondelles qui les séparent. On retient chacune des extrémités de l'anse métallique par une boucle à la face postérieure de cette seconde vertèbre.

La portion de ressort en boudin que l'on a placée à la partie moyenne de l'anse, et qui est maintenant appliquée transversalement à la face antérieure du sacrum, est destinée à empêchée cet os d'être coupé par l'anse elle-même.

Les vertèbres sont par ces moyens déjà retenues les unes avec les autres ; mais leur extrême mobilité fait que le rachis ne présente aucune solidité; aussi, pour maintenir ces pièces dans leur position naturelle, donner à cette colonne flexible une plus grande fixité et assurer d'une manière stable la disposition de ses courbures, faut -il introduire dans le canal vertébral la tige de fer dont on a parlé à la page 645. On fixe cette tige au moyen de fils de laiton, qu'on passe dans les ouvertures dont elle est percée, et que l'on attache à la face postérieure du canal sacré et aux lames des vertèbres lombaires, dans lesquelles 6n a préalablement pratiqué de petits trous.

6.° Articulation atloïdo-axoïdienne. Pour conserver à cette articulation ses mouvemens de rotation, faites à la partie postérieure de la base de l'apophyse odontoïde, avec une petite lame de scie, une rainure demi-circulaire et transversale, profonde d'une ligne. Pratiquez deux ouvertures qui traversent directement d'avant en arrière le petit arc de l'atlas, et soient distantes l'une de l'autre de quatre lignes. Engagez d'arrière en

65o PREPARATIONS »E CABINET.

avant, dans ces deux ouvertures, les extrémités d'une anse de fil métallique; mettez la première vertèbre en place sur la seconde; tirez les extrémités de l'anse de telle sorle, que l'anneau Ju'elle représente en arrière du petit arc de Fat las, devienne e plus en plus petit, et s'engage enfin dans la rainure transversale de l'apophyse odontoïde; serrez fortement l'anse, et fixezen solidement les extrémités au moyen de deux boucles. L'apophyse odontoïde forme un axe, autour duquel l'anneau métallique et la première vertèbre tournent avec facilité. On donne plus de fixité à cette articulation, en embrassant en outre Tare postérieur de l'atlas par une anse de fil assez lâche, dont on fait passer les extrémités par un trou pratiqué verticalement dans la base dé l'apophyse fourchue de l'axis , à la partie inférieure de laquelle on les arrête par une double boucle. Dans lés mouvemens de rotation de la tête, l'arc postérieur de Fadas joue dans l'espèce d'anneau formé par cette anse métallique.

7.° Articulation sacro-coccigienne. On réunit les pièces du coccyx au moyen d'une lame triangulaire très- alongée, que Ton passe successivement dans leur intérieur, et dont on fait ressortir l'extrémité la plus large du sommet du sacrum à la partie voisine de sa face antérienre. On recourbe en anneau l'extrémité de cette lame au niveau de la dernière pièce du coccyx,- et la base sur la face antérieure du sacrum. Au Iieu.de cette lame on emploie souvent un ou deux fils métalliques, dont on traverse successivement les pièces du coccyx et la partie inférieure du sacrum, et que l'on arrête en haut et en bas par des boucles en spirale.

8.* Articulation de la poitrine. II faut d'abord articuler les côtes avec la colonne vertébrale, en commençant par monter les côtes inférieures; pour cela, on perce la tète de ces os d'avant en arrière, on engage à travers l'ouverture de la dernière côte droite un fil métallique , que l'on conduit transversalement à la partie postérieure de la substance intervertébrale correspondante; on en traverse la côte gauche, et Ton arrête de chaque côté les extrémités du fil au moyen (Tune boucle fort serrée. Ce fil a pour usage dé maintenir réunies aux vertèbres les tètes des deux côtes. On fixe à chaque apophyse transverse la partie correspondante de la côte, en les perçant toutes deux d'une ouverture, dans laquelle on engage un fil que Fon arrête au moyen de deux boucles, placées l'une en ayant sur la face antérieure

de la côte, et l'autre eu arrière sur la face postérieure de l'apophyse transverse. On pratiqué la même opération pour chaque côte que Ton monte ainsi par paire.

On articule les côtes avec le sternum, en pratiquant une ouverture à l'extrémité antérieure de chaque côte et à la partie correspondante des cartilages costaux, qui sont demeurés' unis au sternum. On engage, d'avant en arrière, dans ces ouvertures* les extrémités d'une anse de fil; on les fait ressortir par l'intérieur du thorax, on les serre et on les fixe par deux boucles qui se trouvent cachées dans la poitrine.

Il est, enfin, nécessaire de maintenir les côtes à une égale distance les unes des autres des deux côtés,- pour cela, on les traverse toutes de bas en haut vers leur partie moyenne avec un fil métallique, qu'on passe successivement dans des ouvertures qu'on y a pratiquées. Entre chaque espace intercostal on enferme le fil dans un morceau de ressort en boudin, dont la longueur a été déterminée d'avance, et qui est destiné à s'opposer au rapprochement des côtes. L'extrémité supérieure du fil qui traverse toutes les côtes, est fixée par une boucle à la lame de la quatrième ou cinquième vertèbre cervicale; son extrémité inférieure se porte de la dernière côte à l'apophyse transverse de la seconde vertèbre lombaire. Comme par ce procédé on court risque de rompre les côtes, quelques anatomistes préfèrent de se servir d'une anse dé fil métallique dont la partie moyenne est engagée dans une ouverture pratiquée à l'apophyse transverse de là deuxième ou troisième vertèbre lombaire. Les deux fils sont en* suite tordus l'un sur l'autre jusqu'à ce qu'ils soient arrivés au bord inférieur de la douzième côte ; là ils se quittent pour passer l'un devant et l'autre derrière la côte; on les tord de nouveau dans l'espace intercostal pour les laisser successivement passer devant et derrière chaque côte, qui par là est comprise dans une anse métallique serrée, et séparée des côtes voisines par la portion tordue des fils. L'extrémité supérieure des fils est, comme dans le procédé précédemment décrit, fixée à une des vertèbres cervicales. Quelquefois on pratique dans la première et la dernière côte un trou par où l'on passe un des fils. Il serait, enfin, facile d'employer les ressorts en boudin, comme on le conseille dans le procédé décrit çn premier lieu, en s'abstenant de percer les côtes, à l'exception de la première et de la dernière, et en employant une anse de fil comme dans le second procédé, au lieu d'un fil simple, qui exige que les côtes soient toutes perforées.

9.6 Articulation du bassin. Faites de claque cité de la base du sacrum deux trous placés l'un au-dessus de l'autre, distans d'un pouce» et qui se portent de sa (ace antérieure obliquement en arrière et en dehors, pour ressortir par la surface articulaire que cet os présente latéralement; percez deux autres irons d'avant en arrière sur la partie correspondante de chacun des os iliaques; réunissez ces os par deux anses de fil dont la partie moyenne répond au sacrum, et dont les extrémités sont fixées par des boucles à la partie postérieure des os coxaux.

Taillez un morceau de peau de buffle qui ait une forme alongée et que vous placez entre les deux pubis; percez chacun de ces os de deux ouvertures qui en traversent toute l'épaisseur d'avant en arrière, ç\ qui soient situées à la même hauteur -de l'un et de l'autre côlé; passez une anse de fil dans les deux ouvertures inférieures; réunissez-en les extrémités à la partie postérieure de la symphyse; faites la même chose pour les deux ouvertures supérieures.

10.° Articulation occimo-ATLoïbiENNE. Enfoncez verticalement dans la partie antérieure de l'un et de l'autre condyle de l'occipital une vis à tête perdue; que l'extrémité inférieure de celle-ci, saillante de six lignes, soit reçue, comme une sorte de cheville, dans un trou creusé verticalement à la partie correspondante de la surface articulaire de l'atlas. Lorsqu'on veut articuler la tête avec la colonne vertébrale, on fait d'abord passer l'extrémité supérieure de la tige de fer qui soutient le rachis, par le grand trou occipital et par l'ouverture pratiquée à la partie supérieure du crâne; on introduit les deux chevilles de l'occipital dans les trous correspondant de l'atlas; puis on serre un écrou à oreille, dont est munie l'extrémité de la tige de fer. Cet écrou est destiné à retenir la tète appliquée sur la première vertèbre. L'articulation atloïdo-occipitale, étant préparée de cette manière, peut exécuter très-facilement ses inouvemens.

1 i.° Articulation scapulo-claviculaire. On réunit d'abord l'extrémité externe de la clavicule avec la partie correspondante de l'acromion, au moyen d'un fil métallique passé dans deux ouvertures verticales faites à ces os, et dont les extrémités sont tournées en boucles à la partie inférieure de l'articulation. On réunit ensuite la base de l'acromion avec la partie de la clavicule qui se trouve au-dessus» au moyen d'un gros fil dont les extrémités sont passées dans des ouvertures verticales pratiquées sur les deux

•s, et arrêtées par des boucles, Tune au-dessus de la clavicule, l'autre au-dessous de l'acromion. On empêche le rapprochement trop grand de ces deux parties, au moyen d'un petit cylindre de ressort en boudin.

12.° Articulation strrno-claviculaire. Percez une ouverture étendue du milieu de la surface articulaire du sternum , à la face postérieure de cet os. Passez à travers, et de haut en bas, les deux extrémités d'une anse de fil; arrêtez-les en arrière par une double boucle; passez dans l'espèce d'anneau que forme en haut du sternum la partie libre de l'anse, un autre fil métallique, dont vous engagerez également les bouts dans une ouverture pratiquée sur la face correspondante de la clavicule. De cette manière, le sternum et la clavicule présentent deux anneaux qui se pénètrent mutuellement et permettent tous les mouvemens. Mais il faut aussi fixer l'épaule contre la poitrine. Pour cela, on ajuste aux angles inférieur et supérieur interne de l'omoplate, deux agrafes qui s'ouvrent à volonté, et traversent l'une la deuxième côte et l'autre la septième ou la huitième, dans les endroits qui correspondent aux angles.

13.° Articulation scapulo-dumérale. Il en a été question dans les généralités sur les articulations, pag. 646.

14.* Articulation bumiEro-cubitale. Percez un trou qui passe transversalement de la partie antérieure du condyle interne à la partie externe et moyenne de la petite têle de l'humérus; cette ouverture se trouve placée suivant Taxe des mouvemens de l'articulation. Faites avec une scie une fente verticale, dirigée d'avant en arrière, laquelle, suivant le sillon de séparation entre la poulie et l'éminence de l'humérus qui est reçue entre le cubitus et le radius, vient se terminer dans la fosse olécranienne. Faites avec un ciseau étroit une fente large de cinq lignes, profonde de huit à dix, à la partie moyenne de la crête saillante qui sépare en deux la grande échancrure sigmoïde dn cubitus. Enfoncez dans cette fente une lame métallique longue de quinze à dix-huit lignes, large de cinq; fixez cette lame dans le cubitus au moyen d'une goupille qui la traverse ainsi que l'os, en passant de la partie externe à la partie interne de la base de l'olécrane. Cette lame étant fixée, introduisez sa partie libre dans la fente de l'humérus, et lorsque le rapport des os est exact, passes un foret par le trou fait au devant du condyle interne ; perce»

65* PREPARATIONS DE CABINET,

la lame métallique» et remplacez le foret par une goupille i boucle. Cette goupille, passant par l'ouverture de la lame, retkat celle-ci et forme son axe.

16.° Articulation radio -cubitale. Afin de conservera cette articulation la liberté des raouvemens de pronation et de supination, percez transversalement un trou qui, partant delà partie supérieure de la face externe du cubitus (quatre lignes au-dessous de la petite cavité sigmoïde), vienne ressortir par la partie correspondante de la face interne de l'os. Passez de dehors en dedans par cette ouverture les deux extrémités d'âne anse 4e fil métallique, tirez-les, et formez avec la partie libre de l'anse un petit anneau d'une ligne de diamètre, placé verticalement au-dessous de la petite cavité sigraoïde. Arrêtez en dedans les extrémités de l'anse par une boucle commune. Percez ine ouverture transversale à la partie postérieure du col du radins, & la hauteur de l'anneau que présente le cubitus. Introduisez d'abord dans l'anneau du cubitus une anse métallique, dont vois faites ensuite passer les extrémités en sens contraire dans le tron du col du radius; après quoi, vous les arrêtez chacune par me boucle. Par ce procédé, le col du radius est embrassé en avant et transversalement, dans les trois quarts de sa circonférence, par un grand anneau métallique, qui passe dans le petit anneaH du cubitus, et permet à la tète du radius, qu'il retient, détourner avec facilité sur la petite cavité sigmoïde.

Pour l'articulation inférieure du radius et du cubitus, on dispose les liens en sens inverse, c'est-à-dire, qu'on fait porterie grand anneau horizontal au cubitus, et qu'on place le petit anneau vertical qui est destiné à le maintenir, sur la partie interne de l'extrémité inférieure du radius. Le procédé est le même qnc dans le cas précédent , il suffit de l'indiquer.

On obtient un résultat analogue, au moyen d'une anse de ni qui traverse le cubitus et dont les extrémités sont arrêtées à la face interne de cet os par deux boudes, tandis que la partje moyenne de lanse qui forme un petit anneau, se trouve placée dans le centre du radius, où on l'introduit par une fente pratiquée horizontalement vers la face interne du col de l'os; cette anse est fixée au moyen d'une goupille qui la traverse verticalement suivant l'axe du radius. A la place d'une anse de fil q^* ques anatomistes emploient une lame métallique que l'on dispos* de la même mauière.

OS : SQUELETTES ARTIttClELS. 655

16/ Articulations carpiennes. Pour monter les os du carpe, il faut d'abord articuler séparément entre eux ceux de chaque rangée; pour cela , percez transversalement le scaphoïde, le semilunaire, le pyramidal, et» d'avant en arrière, le pisiforme; ayez soin que vos trous se trouvent placés précisément à la parti* moyenne des surfaces articulaires correspondantes de ces os {passez successivement â travers chacun d'eux un fil métallique, que vo%s arrêterez par deux boucles placées l'une en dehors du scaphoïde, et l'autre en avant du pisiforme : la première rangée étant articulée, réunissez entre eux les os de la seconde, en perçant également dans une direction transversale, le trapèze, le trapézoïde, le grand os et l'os crochu, que Ton réunit par un fil commun, comme dans le cas précédent

Chaque rangée des os du carpe étant articulée isolément, il s'agit de les réunir Tune à l'autre; pour cela, faites un trou qui , partant de l'extrémité supérieure du scaphoïde, vienne ressortir par la facette articulaire du même os qui est jointe au trapèce. Reportez le foret par l'ouverture supérieure du même trou, et faites-le sortir par la facette articulaire qui est unie au trapézoïde; percez de haut en bas, dais les endroits correspondais, le trapèze et le trapézoïde. Prenez une anse de fil métallique, introduisez par la partie supérieure du trou fait au scaphoïde, le» deux extrémités de cette anse, de telle sorte quelles s'écartent au milieu de l'os pour ressortir séparément par les deux ouvertures qui correspondent au trapèze et au trapézoïde; passez Tune des extrémités de l'anse à travers le trapézoïde et l'autre â travers le trapèze, et conservez-les sans les tordre, afin de vous en servir pour l'articulation de ces deux derniers os avec les deux premiers du métacarpe, tout comme le petit anneau qui surmonte le scaphoïde sera conservé pour l'articulation de cet os avec le radius.

Percez une ouverture de la partie moyenne de la face supérieure du semi-lunaire à la partie correspondante de sa face inférieure; continuez cette ouverture à travers toute la longueur du grand os, depuis la partie moyenne de la tète, jusqu'au niveau de la facette inférieure qui se joigt au troisième os métacarpien. Passez un fil à travers ces deux os, arrêtez son extrémité supérieure par une boucle, et conservez son extrémité inférieure pour l'articulation du troisième métacarpien avec le grand os.

Faites une ouverture qui, simple supérieurement, et commençant à la partie la plus élevée du pyramidal, se divise à sa partie inférieure en deux branches qui ressortent l'une à côté de

l'autre, par la surface de l'os qui est unie à l'os crochu. Creuses verticalement dans ce dernier os deux trous» qui, commençant à sa face supérieure, viennent ressortir, l'un par la facette qui le joint au quatrième os du métacarpe, et l'autre par la facette qui l'unit au cinquième. Passez de haut en bas dans l'ouverture bifurquée du pyramidal et dans les deux ouvertures de l'os crochu, les extrémités d'une anse de fil, comme nous l'avons indioué pour l'articulation du scaphoïde avec les deux premiers os de h deuxième rangée.

17.° Articulation carpo- métacarpienne. On pratique à l'extrémité supérieure de chacun des os du métacarpe, une ouverture oblique, qui, partant du milieu de leur surface articulaire carpienne, vienne ressortir, après six lignes de trajet, sur la ligne médiane de leur face palmaire. Introduisez dans chacun de ces trous les extrémités des fils métalliques qui ont servi à l'articulation des os de la première rangée avec ceux de la seconde, et qui ressortent par les faces inférieures du trapèze, du trapézoTde, dn grand os et de l'os crochu; arrêtez par une boude serrée l'extrémité de chacun de ces fils.

Les quatre derniers os du métacarpe doivent être réunis les uns aux autres à leur extrémité inférieure; pour cela, percez-les transversalement à ('endroit où leur tète se réunit avec leur corps ; passez un fil métallique successivement par chacun d'eux , en ayant soin, toutefois, de les tenir écartés à une distance convenable, par trois petits cylindres de ressort en boudin, que Ton place au niveau des espaces interosseux; arrêtez les extrémités du fil par deux boucles, placées, Tune en dehors du second os métacarpien, l'autre en dedans du cinquième.

18.° Articulations métacarpo-phalangiennes. Il faut conserver à ces articulations leurs mouvemens d'extension et de flexion; pour cela, faites sur la facette articulaire supérieure de la première phalange une petite fente dirigée d'avant en arrière sur la ligne médiane, et longue de deux lignes. Introduisez avec force dans cette fente, et à la profondeur de sept à huit lignes, une lame métallique large de trois lignes et longue de douze à quinze; percez transversalement la b^se delà phalange et la lame qui est dans son intérieur, et fixez celle-ci au moyen dune goupille que vous rivez sur les deux côtés de l'os; arrondissez avec des ciseaux l'extrémité de la lame métallique qui sort de la phalange et qui doit être reçue dans l'os du métacarpe. Faites avec

«ne lame de scie très -mince une fente qui s'étende depuis la partie inférieure et moyenne de la tète de l'os du métacarpe, jusque la partie antérieure de son corps, et .qui divise par conséquent la moitié antérieure de la tète de l'os. Déterminez le point central des mouvemens du l'articnlatjpn, comme nous, l'ayons indiqué; percez dans cet endroit» et transversalement , la tète de l'os, ainsi que la lame métallique de la première phalange, préalablement introduite dans cette fente; fixez- la par une goupille rivée sur les côtés "de l'articulation. L'articulation étant montée par ce procédé, la première phalange peut se fléchir à angle droit sur l'os du métacarpe correspondant, mais ne peut point être étendue au-delà de la direction de son axe, vu que la lame métallique se trouve arrêtée dans ce mouvement d'extension par la partie inférieure de la fente de l'os du métacarpe.

19.° Articulations pralangienkes. Ces articulations seront montées d'après le procédé qui vient d'être indiqué pour les articulations métacarpo-phalangiennes; mais il convient de remarquer qu'il est plus commode d'articuler d'abord les phalanges entre elles et avec les os du métacarpe, avant de réunir ceuxci entre eux et au carpe.

Page 1