CHAPITRE III
Préparations concernant la splanchnologie.
Art. i.çr Encéphale y moelle epinicre et enveloppes.
Les parties .du cerveau et de .la moelle épinière que Ton se propose de conserver» doivent être. préparées avec beaucoup de soin, de manière à ce qui! n'y ait ni coupure irrégulière ni déchirure, rjni .donneraient une idée .fausse de la partie que l'on expose. L'arachnoïde et la pie-mère devront être enlevées avec beaucoup de soin , afin -de faire apercevoir la conformation extérieure de Ja masse cérébrale. On peut conserver de cette manière l'encéphale entier, ou bien seulement des portions isolées de cet organe, représentant les diveeses coupes que nous avons indiquées en parlant du cerveau. Parmi ces coupes on n'oubliera pas d'en faite. une verticale, immédiatement à coté delà ligne médiane, el qui est très-importante. pour l'étude.
Les liquides les plus propres pour conserver l'encéphale, sont feau-de-vic à 200; l'eau-de-vie à laquelle on a ajouté une trèspetite quantité d'acide nitrique ou d'acide hydroch torique, oit bien encore l'eau-de-vie dans laquelle on a fait dissoudre du sucre, j L'eau-de-vie durcit le cerveau et le rend friable; on augmente cette dureté, par 1 addition de l'acide: la dissolution de sucre le durcit, mais lui conserve en même temps assez de souplesse pour qu'on puisse continuer sur Jui des recherches anatomiques. Ce dernier mode de conservation est dû au professeur Lobsteln. Avant de conserver lrencépbale dans l'eau-de-vie, quelques anslomistes le plongent dans une dissolution aqueuse ou alcoolique de sublimé corrosif, ou bien dans une dissolution aqueuse d'a'nn; mais je ne vois pas les avantages de cette manière de faire. Dans tous les cas il importe de donner exactement à la partie la position dans laquelle on veut la conserver, afin de ne pas la faire durcir dans une position vicieuse, qui' serait le plus souvent impossible de changer plus tard, fo'1' faisait ses recherches sur le cerveau après l'avoir fait durcir dans
mcéPHALE; MÉUUGGS. 67 1
de l'alcool tenant en dissolution de là potasse ou de Y ammoniaque: par ce moyen la pièce conserve une certaine ténacité font en devenant plus dure ; ta substance grise prend une teinte noirâtre, qui la distingue très-bien de la substance bhndie.
On peut aussi conserver F encéphale par dessiccation: pour cela il faut le faire bouillir dans l'hutte, ou bien le plonger pendant trois ou quatre semaines dans une solution alcoolique de sublimé corrosif. Après la dessiccation il conserve ttsez bien sa forme, mais il diminue en volume, et il prend une teinte uniformément brunâtre. Ce moyen de conservation n'est pas entièrement à rejeter, parce qu'il fait très-bien ressortir la direction des fibrefe.
En parlant de la dure -mère cérébrale, nous avons indiqué une manière de la préparer: cette pièee sera conservée par dessiccation; elle est surtout instructive si les sinus de la dure-mère ont été préalablement injectés. Si Ton veut rendre la pièce plus complète, on scie le crâne d'après les mêmes directions, mais de manière â ce que la dure-mère ne soit pas intéressée,- on fait alors sur l'nn des côtés une incision cruciale dans la méninge, afin de pouvoir retirer l'encéphale; de l'autre côté la dore-mère restera intacte. Une autre manière de préparer et de conserver la dure-mère, consiste à dépouiller une tète de toutes ses parties molles , et à réduire ensuite les os en fragmens avec un marteau ou une hachette mousse. Les os devront être brisés peu à peu, et en commençant par la voûte du crâne; on enlève les fragmens osseux à mesure qu'ils sont détachés. De cette manière on obtient enfin la dure-mère tout-â-fait séparée du crâne; on en extrait le cerveau par le trou occipital, on fait plusieurs injections d'eau dans la cavité, puis on la rembourre de baleine râpée pour la dessécher; on peut ensuite l'inciser par un des côtés, afin d'en faire voir l'intérieur.
La dure- mère rachidienne peut- être isolée d'rtn manière analogue en brisant les lames des vertèbres, et en divisant ensuite les nerfs vertébraux à leur entrée dans les trous de conjugaison: la moelle de l'épine peut en être extraite en tirant sur son extrémité supérieure. Il ne serait même pas difficile de faire une préparation de la dure-mère cérébrale et rachidienne réunies, ert combinant les divers procédés que nous avons indiqués ; l'encéphale et le cordon rachidien seront alors extraits au moyen d'une incision faite sur l'un des côtés de la dure-mère cérébrale.
On ne conserve ordinairement de l'arachnoïde que certaines parties où elle est séparée de la pie-mère, par exemple au devant du pont de Yarole, â l'entrée du canal arachnoïdien , près du
€j2 MLÉPAKATfOZtt DE CABlNtf'.
quatrième ventricule, etc.: ces.préparations seront laissées ei rapport avec les parties circonvoisines du cerveau; elles seront conservées dans l'alcool ou bien par dessiccation après les avoir fait durcir; mais en choisissant ce dernier mode de conservation, on fera bien d'injecter les vaisseaux artériels et veineux qui sont en rapport avec l'arachnoïde.
La pie-mère dont les vaisseaux ont été remplis par une injection fine, ne devrait jamais être conservée par dessiccation. On la laissera en rapport avec la substance cérébrale qu'elle recouvre; on pratiquera différentes coupes pour faire voir comment cette membrane se replie dans le fond des circonvolutions, ou bien on la sépare complètement de la substance cérébrale, que l'on détruit peu à peu en fa plaçant sous un filet d'eau, et on la suspend ensuite dans l'eau-de-vie.
Art. 2. Organes des sens.
1.° Organe Be la vue. On pratique sur la cavité orbitairc différentes coupes afin d'en connaître mieux la forme et U direction; c'est ainsi qu'on y fait une coupe verticale antéro-postérienre sur une tète dont la calotte est enlevée, et suivant une ligne qui du milieu du diamètre transverse de l'orbite se dirigerait en arrière en passant par le milieu du trou optique. D'antre* coupes , verticales et transversales, seront pratiquées sur différent points de l'orbite. La coupe horizontale se fait à la hauteur du milieu de l'os unguis et de l'os planum, et se dirige en arrière en passant par le trou optique. Une autre coupe consiste à enlever la partie supérieure de l'orbite sur une tète dont on a préalablement enlevé la calotte. On fait cette coupe moyennant deux traits de scie, qui commencent l'un à l'angle supérieur interne , et l'autre à l'angle supérieur externe de l'orbite, et qui se dirigent en arrière vers le trou optique.
En parlant de l'œil , nous avons indiqué les préparations à faire sur cet organe ; nous n'avons plus à nous occuper ici que de leur conservation. Les paupières et les voies lacr} maies seront conservées dans l'eau-de-vie; ces dernières pourront cependant l'être aussi par dessiccation, mode de conservation que Ton devra préférer pour les glandes de Meibomius injectées de mercure. La conjonctive pourra de même être desséchée: pour cela il faut la séparer autant que possible du globe de l'œil, vider celui-ci et le remplir <te cire fondue ou le rembourrer de coton, et dessécher la pièce en tirant les paupières en avant et en les fixant contre une planchette de manière à les tendre et i <*