ORGANES DE L'ODORAT ET DU TOUCHER. 67 S
3.° Orgake de l'odorat. La plupart des préparations sur l'organe de l'odorat peuvent être conservées par la dessiccation ; il est convenable de faire ces préparations sur des sujets bien injectés.
Ortre les coupes verticales, transversales et antéro-postérieure que nous avons indiquées, on pratique encore sur les fosses nasales des coupes horizontales , dont Tune dans le méat inférieur, immédiatement au-dessus de la paroi inférieure des fosses nasales; l'autre , dans le méat moyen , commençant au-dessous du bord inférieur des os propres du nez, et se dirigeant de là en arriére ' en passant sous la paroi inférieure des orbites; la troisième coupe doit commencer à la suture fronto-nasale ou un peu plus bas, et se diriger vers la partie antérieure de la fosse pi lui taire. Toutes ces coupes des fosses nasales doivent être faites sur des tètes d'individus de quarante ans au moins, parce que ce n'est qu'à cet ige que le cornet inférieur et le voraer sont solidement sondés aux os voisins.
Les préparations des cartilages dn nez doivent être conservées dans l'alcool ; il en est de jnème des préparations des filets du nerf olfactif. Celles des nerfs nasaux fournis par la cinquième paire, peuvent au contraire être desséchées.
4.° Organe du toucher ; tissu cellulaire. Les préparalions qui représentent les trois couches de la peau, doivent être conservées dans l'alcool Si Ton veut faire ces préparations par l'immersion de la peau dans l'eau chaude, il faut, d'après le conseil de Ruysch, commencer par l'étendre sur une planchette sur laquelle on la fixe avec des épingles, afin de s'opposer à son racornissement par la chaleur. La séparation des couches se fait alors facilement
L'épiderme peut être conservé sous la forme de pieds et de mains, soit dans l'alcool, soit par dessiccation; mais alors il faut le rembourrer de coton pour lui conserver sa forme. Les préparations sur les productions de l'épiderme, telles que les poils et les ongles, doivent être placées dans l'alcooL On obtient de trèsbelles préparations sur le tissu générateur du sabot du cheval et du boeuf, si l'on met macérer les pieds de ces animaux jusqu'à ce que les sabots puissent être séparés des tissus sous-jacens. On injecte alors les artères et les veines qui se rendent dans la partie, en ayant soin de détruire avec un stylet boutonné les valvules qui se rencontrent dans ces dernières. On voit sourdre la matière i injection de tonte la surface de la préparation; par*
CjG PRÉPÀRAtlONS DE CABINET.
qu'il y a toujours des vaisseaux qui se déchirent pendant qu'on enlève le sabot; il convient donc, quand les vaisseaux sont bien remplis , de plonger la pièce dans leau froide, en continuant à pousser l'injection tant dans les artères que dans les veines, jusqu'à ce que la niasse soit figée. Ces pièces sont ordinairement richement injectées; on en dissèque les principaux vaisseaux, puis on les conserve par dessiccation. D'autres le seront dans l'alcool, pour faire voir les nombreuses villosités vasculaires, qui sécrètent la corne.
Le derme sera conservé dans l'alcool ; mais s'il s'agit seulement de faire voir sa richesse vasculaire, il est plus convenable de le dessécher, parce que les vaisseaux deviennent beaucoup plus appareils alors: on conserve ainsi dans les musées la peau de la face, que l'on détache avec soin et que l'on rembourre ensuite exactement , pour la sécher d une manière bien égale et lui donner la forme d'un masque. Si les injections de la peau ont été faites avec une matière gélatineuse, on peut , après les avoir fait sécher, les conserver dans l'essence de térébenthine, qui augmente la transparence des tissus. Nous possédons des extrémité de for tus ainsi préparées. — Mous ne parlerons point de la conservation du derme par le tannage, l'hongroyage, le chamoisage , etc. ; la peau ainsi préparée ne pouvant plus servir aux études anatomiques.
La dissection des filets nerveux qui se rendent à l'organe du toucher , ne peut pas être faite avec tout le soin convenable si l'on suit la méthode ordinaire. La dernière distribution des nerf* sera examinée sur l'extrémité d'un doigt, où l'on cherchera à pour suivre les filets suivant une coupe en profil : la préparation devra être conservée dans l'eau-dc-vie avec addition d'un peu d'acide nitrique. Mais pour donner une ridée de l'ensemble de la distribution nerveuse dans la peau dé la main , il convient de l'enlever de dessus cet organe sous forme de gant, après l'avoir séparée du reste des téguroens par une incision circulaire audçssus du poignet. Le tissu cellulaire sous-cutané et les nerfs devront rester attachés à la peau, que l'on tâchera d'obtenir bien entière. C'est sur la face interne de la peau, qui maintenant est devenue extérieure, que l'on suit les nerfs aussi loin que possible, après avoir rembourré le gant pour lui rendre la forme de la main ; puis on sèche la pièce dans cette position. On choisira de préférence la peau d'un cadavre bien injecté. Une préparation semblable peut être faite sur le pied, où la saillie du caleanéum rend toutefois la séparation de la peau bien entière -plus difficile;