ORGANES DE LA DIGESTION
#n réassit à l'obtenir, soit en coupant le calcancuro au moyen de tenailles incisives, soit en désarticulant successivement les os de la jambe et le çalcanéum à mesure que la peau est disséquée. Le tissu cellulaire et le tissu graisseux peuvent être conservés dans un alcool très -affaibli dans lequel on fait dissoudre du nitrate d'alumine. J'ai réussi à faire sécher la peau avec le tissu cellulaire graisseux sous-jacent en lui conservant son aspect naturel, après lavoir fait macérer pendant deux mois dans une dissolution alcoolique de térébenthine de Strasbourg. On conserve quelquefois le tissu cellulaire par insufflation, et l'on choisit alors pour cette préparation le dartos encore recouvert de la peau; on retient l'air au moyen d'une ligature placée à la base du scrotum. Quand la pièce est desséchée, on y fait différentes coupes.
Art. 3. Organes de la digestion.
S'il ne s'agit que de faire voir la forme du canal digestif, on peut en conserver l'ensemble par dessiccation, après l'avoir fait séjourner dans le mélange d'alcool et d'essence de térébenthine; mais les préparations qui doivent servir à la démonstration de la structure de. ces parties, doivent être gardées dans l'alcool.
On conserve très-bien par dessiccation les cavités buccale et pharyngienne, avec leurs muscles et avec les glandes salivaires, que l'on prépare comme nous l'avons indiqué en parlant séparément do ces partiel; seulement faut-il tâcher de les laisser toutes en rapport autant que possible, et de ne sacrifier une partie pour en préparer une autre, qu'autant que cela est absolument nécessaire ; pour cela on peut disséquer d'un côté les parties situées superficiellement, et de l'autre les parties profondes: on conçoit que la préparation devra rester attachée à la tête.
Les glandes salivaires conservent très-bien leur aspect granuleux, si on les sèche après les avoir fait séjourner dans le mélange d'alcool et d'essence. D'autres fois on les remplit de mercure par leurs conduits excréteurs, on les sépare avec précaution des parties voisines, et on les fait sécher complètement, pour les conserver ensuite dans l'essence de térébenthine, qui, donnant de la transparence à la pièce, permet de voir jusqu'aux moindres ramifications du conduit. La glande parotide ne doit jamais être séparée avant l'injection, parce qu'elle envoie dans les interstices musculaires voisins une foule de prolongcraens que Ton n'aperçoit qu'après l'injection, et qui, étant coupés, laisseraient échapper le mercure. Si l'on venait à diviser un de ces pro*
longemens pendant la séparation de la glande, il faudrait place* de suite une ligature pouf s'opposer à la sortie du mercure.
La plupart des préparations sur la langue' doivent être placées dans l'alcool ; il convient en général de ne conserver cet oigane qu'après l'avoir parfaitement rempli de matière à injection ordinaire, afin de s'opposer au racornissement de son tissu: parb même raison , l'alcool dans lequel on plonge la langue ne doit pas être trop fort. On rend visible la disposition plus ou moto compliquée des glandes muqueuses qui s'ouvrent sur la base de la langue, en les injectant de mercure par leurs orifices: ces derniers seront aisément reconnus par le mucus que la pressioi a fait sortir. On empêche que le mercure ne s'échappe après <jw l'on a retiré le tube à injection, en remplaçant ce dernier par un petit bouchon conique en papier roulé. Cette préparation sera conservée par dessiccation.
Les préparations sur le péritoine doivent être conservées dais l'alcool; on choisit pour les faire, des fœtus ou bien des enfans en bas-âge, et l'on fait sur l'abdomen les différentes coupes qm sont nécessaires pour bien faire apercevoir la distribution de la séreuse.
On conserve dans l'alcool les préparations sur les tuniques de l'estomac et des intestins , que nous avons indiquées en parlant de ces parties. D'autres préparations consistent à faire sécher ces parties , et à les ouvrir ensuite dans diverses directions pour en voir l'intérieur; si les pièces ont été préalablement plongées dans le mélange d'alcool et de térébenthine, les valvules du pylore et du coccum, et les valvules connivenles de l'intestii grêle, sont parfaitement visibles. Par le même mode de conservation on fait des préparations très-instructives sur les estomacs desruminans, que l'on ouvrçdans différera points quand ib sont bien séchés ; on distingue alors parfaitement la configuration de la tunique interne.
Les préparations sur la rate seront, les unes conservées dus l'alcool, les autres desséchées; ces dernières se font de la nuniére suivante: on injecte une grande quantité d'eau tiède par l'artère splénique et on la laisse écouler par la veine; le parenchyme de l'organe étant ainsi lavé, on y pousse une injection d'alcool tenant du sublimé corrosif en dissolution. On lie ensuite la veine splénique , on insuffle la rate par l'artère , et l'on fait sécher. Quand la dessiccation de la rate est achevée, on y pratique différentes coupes, afin de voir l'intérieur de l'organe. D« préparations analogues seront faites comparativement sur des rates
ORGANES DE LA DtfiEftTIOS. 679
de chevaux on de ruminans. On fait sur la rate de fort jolies préparations corrodées.
■ On ne conserve pas ordinairement le foie dans la liqueur, à cause de son trop grand volume, à moins qu'il n'ait été pris sur un jeune sujet, et alors il convient d'injecter une grande quantité d'eau tiède par l'artère hépatique, par ia veine porte et plus lard par le canal hépatique, afin d'entraîner autant que possible le sang et la bile, qui coloreraient fortement l'esprit de vin. Après les injections d'eau, on pourrait en faire avec de l'alcool affaibli, et plus tard avec de l'alcool pur, qui contribuera à la conservation du viscère. Si l'on veut conserver le foie par dessiccation, il faut tâcher d'en remplir le plus de vaisseaux possible, afin de. s'opposer .à son racornissement : on injecte donc l'artère hépatique de matière rouge, la veine porte de matière bleue ou noire, les veines hépatiques de matière verte et le conduit hépatique de matière jaune ; on peut ajouter un peu de sublimé corrosif à la matière à injection que l'on pousse dans l'artère et dans la veine porte, puis on plonge la pièce dans une solution alcoolique de sublimé, et l'on dessèche. À en juger par des essais <jue j'ai faits avec des fragmens de substance du foie , ce viscère se conserve parfaitement bien par dessiccation, après l'avoir laissé séjourner dans une dissolution alcoolique de térébenthine de Strasbourg : peut-être conviendrait-il de commencer par pousser de Y alcool dans l'artère hépatique, puis d'y injecter une certaine quantité de la liqueur conservatrice dans laquelle on le plongera. On fait encore sur le foie des préparations corrodées > en poussant dans ses diffiérens vaisseaux des matières à injection appropriées et diversement coloriées.
Le pancréas, dont on aura bien injecté le canal excréteur, *era conservé dans l'alcool; le caual pancréatique devra être poursuivi dans l'organe. Cette glande peut aussi très- bien être préparée par corrosion en poussant une injection appropriée dans le canal. Les injections inercurielies faites d'une manière ana*logue à celle que nous avons indiquée - pour les autres glandes , Salivaires, réussissent moins bien, parce qne le pancréas, en se desséchant, perd beaucoup de son volume.
Art. 4« Organes de la respiration et de la voix. Le$ poumons recevant deux sortes de vaisseaux, savoir les pulmonaires et les bronchiques, il faut, pour les remplir tous»
iftipftAr nnf» ampt oranHp nArtie Au .«vatème saturnin. On C0T1-
l'aorte ven*
pulmonaires et les bronchiques, il faut, pour les remplir t injecter une assez grande partie du système sanguin. On saille à cet effet de pousser une injection fine dans l'aorte
68o rntPARATioss de cibizcet.
traie, afin de remplir, les veines pulmonaires et le» artères ba»chiques ; et d'injecter les artères pulmonaires et les veines bro* chiques par la veine cave inférieure. Afin de consommer moins de matière à injection, on conseille encore de lier préalablemeit les gros troncs artériels qui partent de la crosse de l'aorte. Cependant, si l'injection est très-pénétrante; elle se répandra dans la majeure partie du corps par les anastomoses artérielles, en sorte qu'il vaut mieux injecter alors le cadavre en entier, qui pourra encore servir à d'autres préparations; ou bien, si Ton ne tient qu'à remplir les vaisseaux pulmonaires, on les injecte directement en y fixant le tube.
Quand l'injection des vaisseaux sanguins est terminée, on anserve la pièce soit dans l'esprit de vin, soit par dessiccatioi et après 7 avoir fait différentes coupes, ou bien on laisse couler dans un rameau bronchique du mercure bien pur, qui distendra peu à peu les vésicules pulmonaires correspondantes. Si l'injection a été faite avec de la colle, il arrive souvent que cette substance transsude dans l'intérieur des bronches et empêche le mercure d'avancer ; alors il faut plonger la pièce pendant quelques instans dans l'eau tiède, qui dissout la colle et permet au métal de pénétrer jusque dans les extrémités du tube aérien. Le mercure sera retenu dans la bronche au moyen d'une ligature, et la pièce sera desséchée, ou bien conservée dans l'esprit de vin.
Un poumon entier ne pouvant être rempli de mercure*, qui 1* déchirerait par son poids, on peut avec avantage modifier le moi* de préparation : les vaisseaux sanguins de cet organe étant injectés, on le plonge dans un bocal assez grand pour le contenir dans son plus grand état de développement, et renfermant de l'esprit de vin pur; on injecte ensuite dans la trachée-artère de l'esprit de vin pur, de manière à distendre pen à peu le tissu du poumon, et foi retient ce liquide par une ligature. En laissant le poumtm pendait quelques jours soumis à l'action de l'alcool, son tissu se raffermit et se durcit, en sorte qu'on peut alors y pratiquer différentes cor pes avec un scalpel bien tranchant, sans*quon ait à craindre de le voir s'affaisser; mais pour cela il laut qu'il reste constamment plongé dans la liqueur, dans laquelle il devra aussi être eoo* serve. On prépare d'une manière analogue les poumons vésk*leux des reptiles, dont la cavité reste parfaitement béante, s'ils ont été soumis à l'action de l'alcool et si la coupe à été faite dans le vase même dans lequel la pièce devra être conservée.
Le poumon insufflé par la trachée-artère, peut être dessécMt soit qu'on en ait injecté les vaisseaux sanguins, soit qu'on ait
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bissé ces vaisseaux* vides; dans ce denier cas cependant il faut faire sortir le sang qu'ils contiennent» d'abord par une légère injection d'eau tiède, puis par une injection d'alcool tenant du sublimé corrosif en dissolution. Le poumon laissant facilement échapper l'air avec lequel on le distend, 11 faut ou bien renouveler fréquemment les insufflations, ou bien, mieux encore, mettre la trachée- artère en communication avec une vessie remplie «Tair , et que Ton charge d'un poids assez considérable pour maintenir le poumon dans un état permanent de dilatation.
Les préparations qui donnent la meilleure idée de la disposition «les vésicules pulmonaires, sont prises sur des portions de poumons de. fœtus ou d'animaux, dont les bronches sont remplies de mercure, et que l'on fait dessécher après les avoir collées sur une plaque de verre.
On trouve dans beaucoup de musées les préparations sur le larynx conservées par dessiccation; mais il me semble préférable de les tenir plongées dans l'alcool , parce que les cartilages perdent leur forme et leur volume eh se desséchant.
Art. 5. Cœur*
La plupart des préparations sur le coeur peuvent indistinctement être conservées dans l'alcool, ou bien être desséchées,' celles, cependant, sur lesquelles on veut faire voir la distribution des fibres musculaires, doivent être placées dans la liqueur.
Parmi les préparations sèches il en est peu qui soient aussi instructives que la séparation du coeur en deux moitiés, l'une artérielle, l'autre veineuse. Une pareille préparation, parfaitement exécutée par le D.r Sclzer, sur l'idée qui lui en avait été communiquée par feu le professeur Bérot, se trouve déposée dans le musée de notre Faculté. Pour la faire, on commence par remplir chaque moitié du coeur par de la matière à injection diversement coloriée; puis, peu à peu, on divise la cloison interventriculaire , en se guidant d'après les sillons longitudinaux supérieur et inférieur, et en déroulant successivement lés fibres musculaires de la cloison, soit avec le manche du scalpel, soit avec sa pointe. En faisant la première incision sut la face supérieure du coeur, il importe de se rappeler quç le ventricule droit recouvre un peu le ventricule gauche, et qu'il ne faut pas par conséquent inciser trop à droite, de crainte d'ouvrir ce ventricule, dont les parois sont très-minces. Quand on est arrivé à la base du cœur, on travaille dans le sillon qui sépare l'artère pulmonaire de l'artère aorte, et l'on pousse peu à peu ces deux
$** raÉPARATlOWS DE CABINET.
troncs en sens opposé, de manière à diviser en deux lame» la cloison inter-auriculaire. Cest cette dernière partie de la préparation qui exige le plus de patience et d'adresse ; en effet, on n'a qu a songer au peu d'épaisseur de la membrane qui feme le trou de Botal, pour se faire une idée de la difficulté de cette dissection. La séparation élant achevée» on fait sécher la pièce; puis on monte . chacune des moitiés du cœur sur un pied qui s'engrène avec l'autre, de manière à ce qu'étant réunies, tel deux moitiés du cœur soient appliquées l'une contre l'autre dans leur situation naturelle, et ne semblent former qu'un seul organe.
La séparation du cœur en deux moitiés est très-facile sur «a coeut que l'-on a fait bouillir dans du vinaigre ; mais l'organe perd beaucoup de son volume par la coction, et il n'est plus possible alors de le tenir dilaté par de la matière à injection. Néanmoins on fera bien d'exécuter cette préparation, qui doit être conservée dans la liqueur.
Pour conserver le cœur entier desséché, on en remplit le» cavités gauches de matière à injection rouge par une des veines pulmonaires, et les cavité$Vlroïtes de matière bleue ou verte par une des veines caves. Si l'on voulait également remplir Jesartères coronaires, il faudrait commencer par pousser de l'injection rouge par l'aorte, avant d'en faire passer par les veines pulmonaires. Le cœur acquérant par l'injection un poids considérable, il faut avoir soin de le fixer bien solidement sur un support à base large.
On dessèche aussi quelquefois le cœur pour en préparer les cavités ; pour cela on l'injecte de suif, et quand la pièce est par* Caitement desséchée, on y pratique les coupes nécessaires pour faire voir les cavités, et on l'expose a quelque distance du feo pour faire fondre le suif et le laisser écouler. On plonge ensuite le cœur dans l'essence de térébenthine, qui enlève le reste de graisse qui avait pénétré dans sa substance, et après l'avoir fait lécher de nouveau, on le vernit
Une méthode analogue pourrait être employée de préférence à celle que nous avons indiquée plus haut, pour conserver un cœur entier desséché ; il faudrait alprs, quand 1 injection est finie, ' placer des ligatures sur les troncs des vaisseaux coronaires; puisf quand la pièce est parfaitement desséchée, la chauffer assez pour permettre à la plus grande partie de la matière à injection de s'écouler p$r les ouvertures artérielles et veineuses du cœur, qn« l'on tournera Ae côté et d'autre pour faciliter l'écoulement do
0&GAKES UftlKAIRES ET GÉtflTAUX. 683
liquide. Un coeur ainsi préparé perdra beaucoup de^-son poids» et sera par conséquent plus facile à manier.
Art. 6. Organes urinaires.
La conservation de ces organes dans l'alcool ne présente aucune difficulté, et celle par dessiccation est également facile, après y avoir poussé une injection fine et avoir insufflé la vessie par le canal de l'urètre.
Les reins ne perdent que peu de leur volume par la dessic* cation , s'ils ont été préalablement pénétrés de matière à injection; on les sèche soit en entier, soit après les avoir divisés en deux. Les préparations corrodées que l'on fait sur les reins, réussissent presque toujours, et font un très-bon effet.
II. y a une manière de conserver la vessie et le canal de 1 urètre dans l'alcool, qui présente de grands avantages tant pour l'étude de leur disposition normale, que 'pour celle des maladies de ces organes; elle consiste à enlever soigneusement les parties que l'on ne veut pas conserver, de manière à ne plus garder que la ve$sie, la prostate, le canal de l'urètre et une tranche mince du corps du pubis d'un côté. On remplit la vessie d'alcool rectifié ( %), que 1 on y retient au moyen d'une ligature placée à la base du gland, et Ton plonge la pièce dans un vase contenant de l'alcool rectifié , en kii donnant de suite la position qu'elle devra conserver plus tard. Après quelques jours d'une pareille immersion, la pièce se durcit; on enlève ensuite d'un côté la moitié de la vessie et du canal de l'urètre, de manière à pouvoir apercevoir ces parties au moyen d'une coppe en profil» qui reste en rapport avec le corps du pubis. La pièce doit être suspendue avec soin dans un bocal aplati sur deux de ses cètés.
Art. 7. Organes génitaux de Yhomme.
Tous ces organes peuvent être conservés soit dails l'alcool, soit par dessiccation, en Suivant les divers procédés que nous indiquerons en parlant de chacun d'eux en particulier.
Pour dessécher les diverses enveloppes du testicule, il faut se servir d'un sujet bien injecté: on sépare les tuniques les unes après les autres, en les fendant à la partie antérieure, et on les maintient étendues en membranes en laissant un intervalle entre chacune d'elles. La tunique vaginale ne doit être ouverte que dans un point, par lequel on la distend d'air et que l'on referme de suite an moyen d'une ligature. Quand la pièce est desséchée, on fait dans la tunique vaginale une coupe, afin de pouvoir aper^
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cevoir le testicule quelle f enferme; on peut aussi faire une onverture dans la tunique albuginée, afin de faire voir la substance du testicule.
Nous avons déjà indiqué plus haut la manière de conserver le dartos par l'insufflation; on conserve quelquefois aussi cette membrane simplement étendue sur une planchette, dans le but de faire voir Ja distribution irrégulière de ses vaisseaux.
Oh conserve dans l'alcool des testicules dont on a enlevé la tunique albuginée, et dont on a dévidé les vaisseaux séminifères; mais les préparations les plus instructives sur la texture du testicule, sont les injections mercurielles. Cependant ces préparations ne réussissent que très-rarement; le plus souvent le mercure s'arrête dans l'épididyme. On parvient plus souvent à faire pénétrer le métal dans la substance même de l'organe, si le sujet est très-jeune et si la préparation est faite peu de temps après la mort. Je commence par laisser macérer le testicule dans l'eau tiède pendant deux à trois heures, puis j'exprime avec soin lepididyme et surtout le canal déférent, pour en faire sortir le plus de sperme possible. Je plonge ensuite le testicule pendant trois à quatre heures dans du sous-carbonate d'ammoniaque liquide, on bien pendant huit à douze heures dans une solution concentrée de potasse du commerce, ou dans une légère solution de potasse caustique ; après quoi je tâche de nouveau d'exprimer le sperme contenu dans l'épididyme. L'injection du testicule se fait par le canal déférent Tant que le mercure marche dans l'épididyme, on emploie une pression moyenne de quinze pouces; on augmente ou l'on diminue la hauteur de la colonne selon la facilité avec laquelle le métal avance; en général, je m'attache i faire l'injection *avec la moindre pression possible, parce que je me mets ainsi plus facilement en garde contre les ruptures, que l'on évite le plus sûrement si la progression du métal est lente: dans certains cas, toutefois, j'ai été obligé d'employer une pression d'une atmosphère et demie, à laquelle j'ai ajouté la pression des doigts; mais dès que le mercure avance, je diminue de nouveau la hauteur de la colonne, ce qui s'obtient facilement par l'inclinaison du tube. Avant d'augmenter la hauteur de la colonne mercurielle, je tâche tonjours de lever l'obstacle qui se serait opposé à la progression du métal , en comprimant le point de l'épididyme où l'injection s'est arrêtée, ou bien la partie qui devra se remplir immédiatement après. Je comprime soit avec le doigt, soit avec le manche du scalpel; très-souvent cela réussit Mais oh conçoit que cette compression doit être faite avec quelque ménagement, sans quoi l'on
OKGANES GÉNITAUX DB LfiOMME. 685
s'exposerait à une rupture. La progression du mercure parait être favorisée par l'immersion du testicule dans l'eau tiède. Si le mercure a traversé tout l'épididyme, ce dont on s'assure par une dissection faite avec beaucoup de précaution, et si le métal corn* mence à pénétrer dans l'intérieur du testicule, ce qui a lieu dès qu'un seul conduit efférent s'est injecté, il faut diminuer subitement la pression et la réduire d'abord à cinq pouces; si le mercure ne descend pas, on élève peu à peu la colonne de demi-pouce en demi-pouce; mais il ne m'est jamais arrivé d'avoir vu une injection réussir, si j'avais été obligé d'élever la colonne au-delà de huit pouces: toujours il y avait alors des ruptures. Il importe de fermer le robinet toutes les fois que l'on ajoute du mercure. Pendant tout ce temps de l'opération il faut laisser le testicule en place, sans le toucher, de crainte de déterminer une rupture. Dans les oiseaux, les ctoqs, par exemple, l'injection dn testicule réussit très -aisément; mais dans la plupart des mammifères elle est plus difficile encore que chez l'homme. Si l'on ne voulait injecter que quelques conduits séminifères, on pourrait le faire comme l'indique A. Cooper, en introduisant un tube dans un des canaux du rete iestis: par ce procédé on peut même y faire pénétrer d'autres matières à injection, par exemple de la colle colorée; mais jamais on n'obtient de cette manière une injection complète du testicule.
Lorsque l'injection est terminée, on passe à la dissection / qui, comme on le conçoit bien, exige les soins les plus minutieux pour qu'on ne soit pas exposé à couper un vaisseau injecté. Les testicules remplis de mercure étant des pièces extrêmement rares et précieuses, il faut prendre des soins tout particuliers pour leur conservation ; ainsi , si l'on veut les plonger dans l'esprit de vin , il convient de placer au fond du bocal destiné à les recevoir, une couche de coton cardé, sur lequel on laisse reposer la glande; ou bien, si, après les avoir séchés, on veut les conserver dans l'essence de térébenthine, il faut les disposer d'une manière analogue. J'ai toutefois mieux aimé dans les derniers temps, de placer les testicules sur des plaques en verre et de les y faire sécher : le tissu cellulaire glaireux qui se trouve dans l'organe fait office de colle et le fait adhérer au verre. Mais si le testicule avait séjourné pendant quelque temps dans l'alcool, l'adhérence ne s'établirait plus: il faut alors lui donner sur la plaque de verre la position voulue et l'imbiber ensuite d'une solution de colle de poisson, qui Fempèdie de se déranger pendant que la dessiccation ft'opère. Quand la pièce est sèche et que le mercure en sort con-
tinuejleinent par quelque petite ouverture, on peut fermer ce trou et empêcher la sortie du métal, en appliquant sur le point déchiré une goutte de forte solution de colle de poisson. On recouvre ensuite la préparation de plusieurs couches de vernis de copaL
Les injections fines, poussées dans l'artère sperroatique après avoir lié les veines du cordon, pénètrent très-bien dans l'intérieur du testicule; mais jamais elles ne passent dans les conduits séraînifères, dont on ne peut par conséquent obtenir la réplétion qu'en procédant de la manière que nous venons d'indiquer.
On peut dessécher les vésicules séminales, après les avoir insufflées par les conduits déférens et avoir jeté une ligature sur les canaux éjaculateurs. Différentes coupes que l'on fait ensuite sur ces vésicules, servent à en faire voir l'intérieur. •
Les corps caverneux ne se remplissent pas par J'injection des artères ; il faut toujours y pousser la matière à injection en plaçant le tube dans une de leurs racines ; ces corps ainsi distendus peuvent être desséchés on conservés dans l'alcool. Une autre méthode pour conserver les corps caverneux par dessiccation, consiste à les remplir d'air ou de mercure, après avoir bien injecté les artères caverneuses; quand ils sont desséchés, on les ouvre de côté, et après avoir laissé écouler le mercure, on voit très -bien la distribution de l'artère. On peut encore modifier cette préparation, en injectant les artères de colle colorée avec du cinabre, et en poussant du suif par une des racines des corps caverneux; quand la pièce est séchée, on y fait des deux cotés des ouvertures, et on l'approche du feu pour faire fondre ~le suif et le laisser écouler , ou bien on la plonge dans l'essence de térébenthine, qui dissout bientôt le suif. Celte pièce sera conservée dans l'essence de térébenthine bien limpide, qui permettra de voir parfaitement la disposition celluleuse des corps caverneux.
On injecte de cire le corps spongieux de l'urètre et le gland sur un pénis bien intact,. en plaçant le tube dans le bulbe et après avoir lié les veines qui rampent sur le dos de la verge, et qui se remplissent facilement de matière à injection ; puis on injecte de mercure le corps spongieux interne, en enfonçant un tube fin dans la portion membraneuse. On fait sécher et l'on étudie ensuite les rapports de ces deux espèces de corps spongieux, qui sont distingués par les différentes matières à injection dont on les a remplis. Pour compléter la pièce, on peut injecter les corps caverneux de cire dont la couleur diffère de celle qui a été poussée dans l'urètre.