‹ Nouveau manuel de l'anatomiste, comprenant la description succincte de toutes les parties du corps humain et la manière de les préparer; suivie de préceptes sur la confection des pièces de cabinet et sur leur conservationChapitre 266 sur 297 · ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME · texte numérisé non relu

ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME

Différentes -coupes longitudinales et transversales, faites sur des pénis dont les* corps caverneux et spongieux ont été insufflés et séchés , sont très-instructives pour faire voir ces parties dans leurs rapports mutuels. Une précaution qu'il ne faut jamais négliger avant d'injecter ou d'insuffler ces parties , c'est d'entraîner autant que possible le sang qu'elles contiennent , au moyen d'injections d'eau tiède, plusieurs fois répétées.

Art. 8. Organes génitaux de lafçmme.

Pour dessécher l'ensemble des organes génitaux de la femme et pour conserver parfaitement la forme des différens replis de la vulve et du vagin, de la cavité de ce dernier, ainsi que de celle de la matrice, il faut, après avoir soigneusement préparé la pièce, la faire séjourner dans le mélange d'essence de térébenthine et d'alcool, puis la suspendre de manière à ce que la vulve soit dirigée en haut et la matrice en bas ; les grandes lèvres pourront être fixées au moyen de quelques points de suture sur un anneau en baleine; ensuite, après avoir lié les trompes près de leur insertion à la matrice et le canal de l'urètre à l'endroit où il a été divisé , on verse dn mercure par l'orifice du vagin , de manière à en remplir les organes génitaux jusqu'au niveau de la vulve. Ce procédé est surtout mis en usage .pour conserver la forme de l'hymen. On conçoit qu'il faudra faire appuyer le fond de la matrice sur une couche de baleine râpée ou de toute autre substance molle, afin d'empêcher que le poids du mercure ne tire la préparation trop en longueur.

Le plexus rétiforme du vagin et le corps spongieux du canal de l'urètre, se remplissent assez bien quand on injecte les artères. Si l'on voulait en faire une injection spéciale, il faudrait la faire en plaçant un tube dans le corps spongieux de l'urètre, pendant que les parties sont encore en place, ou du moins avant que tous les rapports ne soient détruits ; on peut à cet effet enlever le corps des pubis. Pour faciliter le passage de la matière à injection, on place dans le vagin une éponge imbibée d'eau chaude.

Si les tissus spongieux du gland du clitoris et des nymphes ne sont pas remplis par les procédés que nous venons d'indiquer, il faut le faire directement avec de la matière à injection fine ou au mercure, en enfonçant le tube dans une des nymphes. Ce n'est guère qu'au moyen des injections mercurielles qu on peut remplir le tissu spongieux des trompes.

Les corps caverneux du clitoris seront injectés comme ceux du pénis, soit avec de la matière à injection ordinaire, soit avec

688 PREPARATIONS DE CABINET.

du mercure; dans tous les cas , si l'on a injecté sur la mène pièce l'urètre, le gland du clitoris et les nymphes, il faut choisir pour les corps caverneux une injection de couleur différente, afin de montrer que ces divers tissus spongieux ne communiquent pas entre eux.

Art. 9. Mamelles.

Ces organes se conservent fort bien dans l'alcool ; d'autres fois on les dessèche après les avoir fait macérer dans le mélange de térébenthine et «d'alcool. Par ce moyen les mamelles gardent assez bien leur aspect glanduleux, et elles ne perdent que peu de leur Tolume.

. On conserve souvent des glandes mammaires, dont les canaux excréteurs ont été remplis de mercure. Ces conduits ne communiquant pas entre eux, l'injection doit en être faite séparément; mais la préparation exige des soins infinis, parce que les canaux sont très-tortueux et que la glande envoie fréquemment dans la graisse voisine de petits prolongemens, qui, étant divisés, laissent échapper le mercure. Le métal sera retenu dans la glande au moyen d'une ligature, dont on entoure le mamelon. Quand on a enlevé autant de graisse que possible, on fait sécher la pièce ; puis on la conserve dans l'essence de térébenthine, qui, en rendant les tissus transparais, permet de distinguer parfaitement la distribution des canaux excréteurs jusque dans les grains de la glande.

Page 1