‹ Nouveau manuel de l'anatomiste, comprenant la description succincte de toutes les parties du corps humain et la manière de les préparer; suivie de préceptes sur la confection des pièces de cabinet et sur leur conservationChapitre 268 sur 297 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Préparations concernant les vaisseaux.

La préparation la plus importante que Ton fesse sur les vaisseaux, c'est leur injections sans elle, en effet, la dissection de ces parties serait très-difficile, et les recherches sur leur dernière distribution même impossibles. On entend par injection, la ré-

Jtlétion d'un vaisseau (ou même d'une cavité quelconque) par un iquide appelé masse ou matière à injection. Les matières à injection sont les unes susceptibles de se figer par le refroidissement, de se coaguler par des réactifs chimiques on de se desséeher par l'évaporation du véhicule; les autres restent liquides. Le plus souvent on donne aux matières à injection des couleurs qui servent à faire distinguer jusqu'aux dernières ramifications vascnlaires dans lesquelles ce liquide a pénétré.

Suivant le but dans lequel on fait les injections, on les divise en deux espèces: i.° les injections évacuatwes se font ordinairement à l'eau tiède, afin d'entraîner le sang dont les vaisseaux sont gorgés; 2.° les injections réplétives sont celles dont nous nous occuperons plus spécialement, parce que c'est par leur moyen qu'on obtient les résultats que nous avons indiqués plus haut Les injections réplétives sont de différentes sortes: i) injections communes : par leur moyen on ne se propose ordinairement que de remplir les principales branches vasculaires; 2) injections fines : elles doivent pénétrer jusque dans le résetat capillaire des organes; 3) injections à corrosion: nous en parlerons plus bas ; 4) injections conservatrices: effet servent à in*

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troduire dans les vaisseaux des liqueurs destinées à s'opposer i la décomposition putride du corps; il eu sera question en. parlant de la conservation des parties.

Les injections se font en général suivant deux méthodes différentes ; Tune est plus spécialement appliquée aux vaisseaux sa*> gains, l'autre Test ordinairement aux vaisseaux lymphatiques; c'est sous ce double point de vue que nous en parlerons.

ART. i." De F injection et de la préparation des vaisseaux

sanguins.

Les vaisseaux sanguins, la plupart des canaux excréteurs , certaines cavités du corps et même quelquefois les gros troncs lymphatiques, seront injectés par les procédés que nous allons décrire.

*.° Instrument*

Les seringues que Ton emploie sont ordinairement en laiton; leur capacité varie suivant les circonstances: pour l'injection du système artériel d'un adulte on se sert de seringues qui contiennent un litre de liquide; pour les injections partielles on en emploie dont la capacité varie depuis un demi jusqu'à un seizième de litre. On conseille de munir le canon de la seringue d'un robinet; mais je ne vois pas à quoi il peut servir, parce que le piston devant être exactement calibre, il fait office de robinet, rien ne pouvant sortir de la seringue, à moins qu'il ne soit poussé. Pour ne pas se bruelr en saisissant la seringue, on la garnit souvent d'un cercle eu fer, auquel sont fixés deux manches en bois; mais cette addition est incommode, et l'on obtient les mènes résultats, si l'on enveloppe la seringue de linges avant de s'en servir. Les canons de toutes les seringues doivent avoir le même calibre à leur extrémité, afin de pouvoir indistinctement s'adapter à tous les tubes, ainsi qu'aux tubes d'ajustage. Pour les petites injections on se sert avec avantage de petites seringues ordinaires en étain, dont on entoure le canon d'un bourrelet de fil ciré, afin de l'adapter aux tubes.

Les tubes d'ajustage, en laiton et munis d'un robinet, servent à empêcher le reflux de la matière à injection que Ton a poussée dans les vaisseaux; il fout en avoir plusieurs, un pour chaque vaisseau qu$, l'on injecte : on n'en a pas besoin pour les veines des extrémités, dont les valvules s'opposent en grande partie i la sortie de l'injection, en sorte qu'il suffit alors de fermer le tube avec un bouchon. Une des extrémités des tubes d'ajustage*

conique intérieurement, doit s'adapter aux canons des seringues; l'autre extrémité, conique extérieurement, s'adapte de même à tous les tubes.

Il est indispensable d'avoir une grande quantité de tubes > dont les plus gros sont garnis de robinets. Tous seront exactement calibrés par lune de leurs extrémités, qui doit recevoir indistinctement tantôt le canon des seringues, tantôt l'extrémité des tubes d'ajustage. Deux anses saillantes, placées à cette extrémité, servent à arrêter les ligatures. L'autre extrémité des tubes variera en diamètre ; mais nous croyons devoir surtout insister à ce qu'il y en ait un grand nombre du diamètre d'une ligne et au-dessous. Le bout des tubes sera terminé par une vive arête, destinée à mieux fixer la ligature qui les retient dans les vaisseaux : les gros tubes doivent avoir deux vives arêtes ; les tubes très-fins pourront ne pas en avoir; mais alors il faut d'autant mieux fixer les ligatures contre les anses de l'autre extré* mité. Quelques-uns des gros tubes seront un peu recourbés pour

{ermettre d'injecter plus facilement dans la profondeur. Les tubes iiurqués dont on se servait pour l'injection des veines, sont inutiles et incommodes.

Les tubes à injecter ordinaires» en laiton , sont très-pesans,. en sorte qu'ils déchirent souvent les vaisseaux, surtout si ceux-ci sont fins. Pour remédier à cet inconvénient, Duméril a proposé de se servir de tubes formés, comme les sondes élastiques, d'une chaîne de soie ou de laine, et imprégnés d'une huile grasse et siccative: on peut s'en procurer de tous les calibres. Pour leur donner plus de solidité, on arme chacune de leurs extrémités d'une virole métallique; l'une marquée d'un anneau en creux pour arrêter dessus le vaisseau; l'autre, intérieurement conique, pour recevoir le tuyau d'ajustage. Je me suis plusieurs fois servi de fragmens de tubes à baromètre, tirés à la lampe, quand j'avais besoin de tubes très -fins.

Il n'est pas inutile peut-être de recommander de nettoyer l'appareil à injection chaque fois qu'on s'en est servi, afin qu'il soit prêt dès qu'on en aura jie nouveau besoin. La plupart des matières à injection qui les obstruent, s'enlèvent facilement dans l'eau chauffée à quarante degrés ; les injections résineuses seront enlevées avec de l'essence de térébenthine,

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