‹ Nouveau manuel de l'anatomiste, comprenant la description succincte de toutes les parties du corps humain et la manière de les préparer; suivie de préceptes sur la confection des pièces de cabinet et sur leur conservationChapitre 275 sur 297 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

De la conservation des parties.1

Les pièces d'anatomie sont conservées soit desséchées, soit dans une liqueur appropriée; c'est donc sous ce double rapport que nous aurons à envisager cet objet

Art. i.** Conservation par dessiccation.

Avant de dessécher les parties, on leur fait subir quelques préparations préliminaires, destinées soit à en favoriser la dessiccation, soit à en prévenir la putréfaction, soit à les préserver des attaques des insectes. Après en avoir obtenu la dessiccation, il convient encore de veiller à ce que ni les insectes, ni la poussière ne les dégradent; enfin, il faut lès disposer de manière à ce qu'elles puissent être maniées aisément sans qu'on ait â craindre leur destruction.

i.° Préparations préliminaires à la dessiccation. La pièce étant disséquée avec soin, on la fait dégorger pen-

1 G. Breschet;, De la dessiccation et des autres moyens de conserration des pièces analogiques. Paris, 1Ô19, iu-4.°

?36 PRÉPARATIONS DE CABIHET.

dant un on plusieurs jours, suivant la saison, dans de l'eau pure souvent renouvelée. Cette opération a pour- but de faire sortir le sang et la sérosité contenus dans les parties, et qui d'un cité les disposeraient à la décomposition 9 et d'un autre côté leur donneraient une couleur trop foncée quand elles sont desséchées. En faisant dégorger les pièces dans l'eau, on a encore l'avantage d'extraire les sels déliquescens contenus dans le corps et qui en rendent quelquefois la dessiccation plus difficile. Quand l'eau dans laquelle la pièce a été plongée ne rougit plus guère, 0 est temps de retirer celle-ci ; alors on la met sécher de suite, après l'avoir bien essuyée et exprimée, où bien on lui fait subir daulres préparations qui en favorisent la dessiccation.

Les pièces ainsi dégorgées étant imprégnées de beaucoup d'eau, on peut en favoriser la dessiccation en substituant à cette eau de l'alcool, dont l'évaporation est beaucoup plus facile, et qui prévient en même temps la décomposition. On fait donc séjourner la préparation dans de l'alcool , qu'on renouvelle même an hesoin une ou plusieurs fois, jusqu'à ce qu'il ne soutire plus i la pièce des quantités considérables d'eau.

On fait bien d'ajouter à cet alcool diverses substances capables de préserver dans la suite les pièces contre les attaques des insectes; tels que l'arsenic , le sublimé corrosif, l'essence de térébenthine, ou la térébenthine de Strasbourg, etc.

La préparation arsenicale que l'on emplolra avec le plus d'avantage, c'est l'arséniate acide de potasse, qui est très-soluble et nullement déliquescent Les pièces préparées de cette manière ne sont que rarement attaquées par les insectes.

Le sublimé corrosif présente le double avantage de préserver les pièces de la putréfaction et d'éloigner les insectes, qui pourraient les dégrader quand elles sont desséchées; sous ce dernier rapport, cependant, le sel en question n'est pas un préservatif complet, car j'ai plusieurs fois trouvé des insectes dans des pièces qui avaient été préparées par ce moyen; quoiqu'il soit vrai de dire que cela n'arrive pas en général. Le principal reproche que l'on puisse faire à l'emploi du sublimé, c'est qu'il racornit les préparations, et qu'il donne aux parties molles desséchées xme couleur noire désagréable. Quoiqu'il soit toujours préférable d'employer une dissolution alcoolique de sublimé, ce sel peut encore l'ètye avec avantage en dissolution aqueuse, surtout si l'on a un certain nombre de grandes préparations à. conserver. C'est ainsi que nous avons presque constamment une cuve remplie de pièces, que l'on laisse plongées dans cette dissolution

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